‹ Orpheus; histoire générale des religionsChapitre 241 sur 283 · L'AFFRANCHISSEMENT INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

L'AFFRANCHISSEMENT INTELLECTUEL

liberté d'enseignement et la loi Falloux.—Lts affaires religieuses sous Napoléon III.— Les réactions cléricales après i8j i. — Le boulangisme. — L'antisémitisme.— L'affaire Dreyfus.- La séparation de l'Église et deVÉtat.—Le protestantisme français. — La Suisse : guerre du Sonderbund. — Les jésuites depuis 18 14; leur influence en France et dans le monde catholique.— Les vieux catholiques allemands. — H. Loyson.— Politique de Léon XIII.— Pie X.—Le Sacré-Cœur, la Salette, Lourdes.— L'Église et le mysticisme.— Les médiums.— Condamnation du spiritisme.— Les néo-buddhistes, — Les Francs-Maçons — U Église et ie socialisme.

La philosophie religieuse : Schleiermacher, Vinet.— Le catholicisme évolutionniste : l'américanisme, le modernisme. — Les Missions étrangères— L'Église et V esclavage. —L'Église et la société polie. — Conclusion.

1. Le xvie siècle avait vu grandir l'esprit critique tt briser la toute-puissance de Rome en Europe. Le xviie siècle fut presque partout une période de réaction au profit du principe d'autorité. Le xvme siècle reprit l'œuvre du xvr8 siècle et émancipa l'esprit humain. On y vit philosopher des rois et régner des philosophes. L'ordre des jésuites fut aboli par la papauté elle-même. L'Inquisition devint ridicule et se cacha pour mourir. La liberté de la pensée, stimulée par la science en progrès, fit, dans les classes éclairées, des conquêtes définitives. Malheureusement, on ne songea pas assez que cette élite affranchie était peu nombreuse; faute d'un enseignement laïc, la grande majorité des hommes restaient ignorants et superstitieux. La Révolution française appela au pouvoir et à l'influence des classes qui n'y étaient pas préparées. Il en résulta, tant en France qu'ailleurs, la réaction du xixe siècle, ici catholique, là calviniste ou piétiste, ailleurs grecque orthodoxe. C'est la France qui eut l'honneur, au début du xxe siècle, de renouer en Eu-

rope une tradition glorieuse, en essayant de laïciser la société par la séparation des Églises et de l'État.

2. La France du xvme siècle n'est pas tout entière dans les salons de Paris et de Versailles, à la cour de Frédéric le Grand ou de Voltaire. Le pays resta profondément catholique, avec une nuance de jansénisme dans les hautes classes, surtout de robe. Il y eut, à Versailles, des cardinaux athées et, un peu partout, des abbés frivoles et incrédules; mais le clergé, la robe et le tiers état de France comptèrent même alors une foule de gens austères, catholiques sans autre inquiétude que de leur salut, et une foule bien plus grande encore de pauvres d'esprit en qui la religion du moyen âge survivait. Ces derniers formaient la réserve de la nation. Quand cette réserve donna, les idées du moyen âge reparurent à la surface et suscitèrent une réaction religieuse qui dure encore.

3. L'Encyclopédie commença à paraître en 1751. Voltaire, tranquille à Ferney, en fut l'âme, mais Diderot, le plus universel des lettrés, en resta vinqt ans la cheville ouvrière, malgré les rigueurs du Parlement et les incessantes menaces du clergé. Le manifeste de l'Encyclopédie est l'admirable préface qu'écrivit d'Alcmbcrt sur la classification de nos connaissances. Les articles de théologie, rédigés par un prêtre libéral, sont d'un ton irréprochable, bien qu'assez hostiles aux prétentions de la papauté. Mais les tendances irréligieuses du recueil se font jour dans les articles de

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