LA REVOLUTION FRANÇAISE
Convention, qui alla chanter avec le peuple, au temple de la Raison, l'hymne de liberté. Ces bouffonneries lurent imitées dans d'autres sections de Paris, où les temples de la Raison se multiplièrent. Robespierre, imprégné du déisme de Rousseau et de son intolérance, rit décréter par la Convention, comme par un concile, l'existence de l'Être suprême et l'immortalité de l'âme; les termes du décret furent inscrits sur les temples de la Raison (mai 1794).
14. Bientôt apparut la secte des Théophilanthropes, « amis de Dieu et des hommes », qui prétendaient remplacer toutes les religions par une croyance fondée sur la moraleseule. Protégés par La Revellière-Lépeaux, membre du Directoire, ils disposèrent, en 1797, des églises de Paris. Le culte était célébré par les fidèles à tour de rôle ; il consistait en sermons de morale et en cantiques chantés en français. Les théophilanthropes firent quelques progrès à Paris ; mais, comme ils étaient suspects de jacobinisme, les Consuls leur retirèrent les églises (oct. 1801) et la secte disparut après une existence un peu ridicule de cinq ans.
15. Les progrès de la libre pensée, du matérialisme et de l'athéisme au xvme siècle ont suscité, dans les pays protestants, des réactions dites réveils, généralement caractérisées par le mysticisme et une interprétation fantaisiste des livres saints. Ces mouvements se sont surtout produits en Angleterre et aux États- Unis, où ils ont continué au xixe siècle; mais l'Aile-
magne, la Suisse et la Hollande en ont connu de semblables, surtout après la réaction politique de 1815. En Angleterre et en Amérique, les réveils religieux se sont manifestés par la création de sectes nouvelles, auxquelles les luttes des partis, l'empiétement du temporel sur le spirituel ont également fourni des occasions.
16. Alors que le système presbytérien comporte l'élection du clergé par les fidèles, un droit de patronage, c'est-à-dire de nomination du clergé paroissial par la Couronne et les seigneurs, existait abusivement en Ecosse et fut confirmé en 1712 par un acte du Parlement britannique. Il en résulta (1733) une première scission, due à l'influence du pasteur Ebenezer Erskine de Stirling, et la constitution des Presbytériens réformés. En 1847, les communautés réformées, qui s'étaient beaucoup accrues, prirent le nom d'Église presbytérienne unie, pour se distinguer de l'Église d'État. Dans le sein de cette Église même une scission donna naissance à l'Église libre d'Ecosse (1843). En 1874, le Parlement abolit enfin les droits de patronage et, en 1900, l'Église libre et l'Église presbytérienne se fondirent sous la dénomination d'Église libre unie; mais une minorité, hostile à cette fusion, revendiqua tous les biens de l'Église libre et souleva ainsi de nouvelles difficultés. Les Églises d'Ecosse ont en commun un credo dit confession de Westminster (1647), atténue dans sa rigueur calviniste, par les actes déclaratoires de 1879 et de 1892.
17. Des sectes baptistes, qu'on a rattachées à tort au christianisme de la Bretagne romaine, paraissent en Angleterre au début du xvir0 siècle. Comme les