BAPTISTES ET MÉTHODISTES
mennonites, disciples du Hollandais Siraons Menno (t I55°)> qui s'appellent aussi anabaptistes, les baptistes condamnaient à l'origine le baptême des enfants, le serment et le service militaire. Leur rite distinctif est l'immersion totale dans le baptême, que reçoivent seulement les adultes. Le poète Milton a été revendiqué par cette secte, ainsi que Bunyan, l'auteur du célèbre» Voyage du Pèle rin » {Pilg ri m' s progress) , qui fut emprisonné pendant dix ans sous Charles II (i). Depuis 1689, les baptistesont joui de la tolérance et se sont répandus en Allemagne, aux États-Unis et ailleurs. L'Angleterre en compte 350 000, les États-Unis près de quatre millions; ils entretiennent des missions importantes, surtout en Afrique et en Asie. Les baptistes n'ont pas d'évêques, mais des anciens élus par les communautés, des docteurs chargés de la prédication et des serviteurs ou diacres. De toutes les sectes chrétiennes, c'est peut-être la seule où un chrétien de l'an 100 ne se sentirait pas trop dépaysé.
18. Plus de trente millions de protestants se disent aujourd'hui méthodistes. Cette secte puissante fut fondée en Angleterre, vers 1740, par un homme éloquent et énergique, le puritain John Wesley (f 1791), son frère Charles et son . ami Whitefield (f 1770), qui prêcha plus de 18.000 sermons. Ils se proposèrent d'abord pour seul but d'évangéliser ou de réveiller
(1) Milton était un « irregular and defedive baptist a; comme Bunyan et beaucoup d'autres esprits religieux de son temps, il appartint plutôt au groupe indépendant des non-conformistes, ni presbytériens, ni anglicans. Voir R. Hofmann, art. Baptisten, dans Hauck, p. 387.
l'Église anglicane par la lecture de la Bible, la régularité des observances et la purification de la vie morale. Le nom de méthodistes, qui se rencontre dès 1639 (1), désignait les prédicateurs qui enseignaient une méthode pour, arriver au bonheur par la vertu. Tout en cultivant surtout la prédication, aussi permise aux laïcs, les méthodistes provoquaient la création de sociétés religieuses, qui devinrent des centres de propagande. Le méthodisme offre quelques analogies avec le piétisme allemand; mais, à la différence de celui-ci, il s'adresse surtout aux grandes masses populaires qu'il veut élever religieusement et moralement. Un certain charlatanisme convulsionnaire a fait du tort aux grandes réunions méthodistes; mais ce sont de puissants instruments d'évangélisation et de conversion. Les missions méthodistes, qui s'étendent à toutes les parties du monde, disposent aujourd'hui d'un budget annuel de plusieurs millions.
19. Le méthodisme, depuis 1797, s'est divisé en sectes, les wesleyens, les chrétiens bibliques, etc., qui ne diffèrent que par des nuances d'opinion. La rupture avec l'Église anglicane, que Wesley voulait éviter, s'accomplit progressivement vers la fin du xviun siècle. Les méthodistes forment aujourd'hui une Église dissidente, qui se gouverne elle-même par une Conférence et possède une hiérarchie composée de clercs et de laïcs.
20. Introduit à New- York en 176?, le méthodisme fut bientôt propagé en Amérique par le missionnaire
(1) Hauck, art. Methodisten, p. 755.