Parmi les chants dont se compose l’Edda, les
plus importants célèbrent la gloire et les exploits du dieu Odin. L’un de ces chants, la Voluspa, mis dans la bouche d’une prophétesse, renferme une véritable cosmogonie (1). « Au commencement était le chaos,
entrela région du feu et celle des ténèbres, Miispillheim et Nifflheim. Le givre qui sort du Nifflheim est fécondépar lesétincelles jaillies duMuspillheim et ainsi
(1) Heinrich, Hist. de la litt. allemande, 1. 1, p.7 ss. (emprunts textuels). — Voluspa signifie « prophétie de la devineresse » ( volva ),
naît le géant Ymir, père des géants malfaisants. La gelée fondante donne naissance à une vache divine; elle lèche, pour se nourrir, la neige dans les creux des rochers et quatre fleuves de lait coulent de ses mamelles. Le premier jour, elle découvre sous la neige une chevelure, le second jour une tête, le troisième un corps : ce fut le dieu Bure. Les petits-fils de Bure sont Odin, Vili et Vé, les dieux de l’âge nouveau.