LE CULTE DES MORTS
leurs objets familiers. Le mot raj, commun à tous les Slaves, a .dû désigner l’autre monde avant d’être appliqué au Paradis chrétien. Les rites de l’inhumation et de l’incinération étaient également pratiqués; il arrivait que les veuves, comme les Hindoues, se brûlaient sur les bûchers de leurs maris. On célébrait des banquets en l’honneur des morts, qui étaient censés en manger les restes. Ces pratiques subsistent encore; à la fin du banquet on prononce une formule qui renvoie les « saints ancêtres » chez eux. Le démon des maladies est plus vorace encore que les défunts; ce sont de vrais festins que les malheureux moujiks russes, lors des dernières épidémies de choléra, préparaient à la tombée de la nuit pour le monstre, dans l’espoir qu’il les épargnerait après s’être gavé. Mourant de faim eux-mêmes, ils n’osaient pas toucher aux aliments destinés au redoutable mangeur d’hommes. On voit combien peu dix siècles de christianisme les ont éclairés.
BIBLIOGRAPHIE
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