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LES CHINOIS

Laotsé condamne la violence, la guerre; il veut réduire au minimum l’intervention de l’État. « Paie le mal avec la justice et la bonté avec la bonté. » Ce précepte n’est pas emprunté non plus à nos Saints Livres.

6. La religion fondée sur le Tao est le Taoïsme ; elle a bien dégénéré. Des influences buddhiques, un système compliqué de magie en ont altéré le caractère. La taoïsme a des exorcistes, des moines et des nonnes, un chef religieux qui est comme un pape (sans pouvoir temporel). Les rites sont plus archaïques que la doctrine, étant d’origine populaire. A la fête du printemps, on allume des feux, où les prêtres taoïstes, à moitié nus, jettent du riz et du sel, et qu’ils traversent nu-pieds en courant; c’est une survivance du culte solaire. L’eau est personnifiée par le roi des Dragons à qui l’on élève des temples sur les bords des lacs et des fleuves. Les morts doivent être assurés du repos dans la tombe, sans quoi ils molesteront les vivants. Des règles minutieuses président au choix des sépultures et des précautions infinies sont prises pour en empêcher la violation. Tout cela forme une science dite feng-shui, à laquelle les taoïstes dévots sont d’autant plus attachés qu’elle a mis longtemps obstacle aux travaux des ingénieurs européens.

7. A côté de ses législateurs religieux, la Chine eut des philosophes dont les uns prêchèrent l’amour du plaisir, les autres l’abstinence, tandis que d’autres encore s’occupaient de politique et de magie. Le grand philosophe de l’école de Confucius est Meng-tse ditMencius (371-288 av. J.-C.), dont la doctrine, tout

LE SHINTO

optimiste, admet la bonté primitive de l’humaine nature; l’homme, pour être bon, n’a qu’à le rester. Il ne manqua pas de pessimistes pour le contredire, ni d’éclectiques pour concilier les deux opinions.

Les Japonais.

1. La population de l’archipel japonais comprend aujourd’hui des shintoïstes, des buddhistes et des chrétiens. Buddhistes et shintoïstes vivent en paix. On voit enterrer avec le cérémonial buddhique des Japonais qui ont présenté leurs enfants au temple shinto.

2. Ce peuple intelligent est, quoi qu’on ait dit, très peu religieux. Sa seule religion profonde, comme sa seule passion violente, est le patriotisme; c’est l’aboutissant du culte des ancêtres, car dans la patrie, comme on l’a dit souvent, il y a beaucoup plus de morts que de vifs.

3. Suivant un écrivain compétent, neuf Japonais instruits entre dix, interrogés sur la vieille religion nationale dite Shinto (la voie), répondent qu’elle consiste dans le culte des ancêtres. Historiquement, cela n’est pas exact. Bien que les livres sacrés du Shinto ne remontent pas au delà du vii Ie siècle de notre ère, ils attestent que le fond de la religion est animiste et naturaliste, avec des survivances de totémisme. Le Shinto énumère des myriades d’esprits ou de dieux.

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