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CHAPITRE VI

Les Musulmans.

Sommaire. — l'Arabie avant l'Islam. — Les d|inn. — Allah et Al-Lât. — Fétiches et sacrifices totémiques. — Chrétiens et juifs en Arabie — Vie de Mahomet. — Institutions religieuses de l'Islam.— Fatalisme.— La i jeune Turquie ».— j le Koran.— Extension rapide de l'islamisme. — Tolérance des Musulmans . — Schisme des shiites. — Sectes shiites; le suffisme. — Sociétés secrètes; le Mahdi.— Tendances libérales.— La franc-maçonnerie en Turquie. — Le babisme en Perse.

1. Les textes classiques et surtout les inscriptions nous apportent quelques lumières sur les populations pastorales de l’Arabie avant l’ère musulmane, Minéens, Nabatéens, Himyarites (ou Homérites). Ces derniers se convertirent en partie au judaïsme et se montrèrent hostiles au christianisme, qui grandit au ive siècle dans le Yémen (Arabie Heureuse), avec l’appui des chrétiens d’Abyssinie.

2. La religion de l’Arabie avant Mahomet est un animisme polythéiste qui évolue vers le monothéisme sans effacer ses étapes antérieures. Les Arabes logeaient des esprits {djinn) dams des arbres, des pierres.

LES MUSULMANS

des images grossièrement taillées, le soleil, la lune, les astres; mais de tous ces dieux se dégageait l’idce d’un dieu par excellence qu’ils appelaient Allah (Al ilâh ) et dont ils faisaient le gardien de l’ordre moral. Trois déesses étaient adorées comme « filles d’Allâh » du temps de Mahomet; l’une d’elles, Al-Lât (la déesse), ■est déjà mentionnée par Hérodote (—450) sous le nom d’une Allâh femelle, Alilat.

3. Mahomet n’a pas fondé le monothéisme de l’Islam; il a simplement débarrassé Allah de ses compagnons et de ses compagnes, dont le crédit était déjà fort entamé par celui du dieu.

4. Il n’y avait pas de temples, mais des enceintes sacrées autour des fétiches et des images. Tous les êtres qui vivaient ou qui pénétraient même par hasard 'dans ces enceintes étaient tabous, devenaient propriété du dieu. Les sacrifices consistaient en offrandes de moutons et de chameaux. Saint Nil (ve siècle) nous a laissé le récit détaillé d’un sacrifice du chameau chez les Sarrasins, Arabes nomades de la presqu’île du Sinaï, qui a tous ldS caractères d’un sacrifice totémique de communion. Le sang et la chair de l’animal devaient être absorbés entièrement par les fidèles, à l’état cru, avant le lever du jour.

5. Les chrétiens étaient nombreux au nord-ouest de l’Arabie (Sinaï) et dans le Yémen; les juifs étaient répandus un peu partout. L’influence exercée par ces monothéistes fut pour quelque chose dans le discrédit des idoles et aussi— bien qu’il ait mal connu le christianisme et le judaïsme — dans la réforme de Mahomet. . On dit qu’il eut souvent l’occasion, dans sa jeunesse.

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