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LA RÉFORME DE MAHOMET

de causer avec des juifs et des moines chrétiens, surtout au cours d’un voyage qui le conduisit à Bostra (Syrie) . Il adopta même un esclave chrétien, Zaïd, le Séide du Mahomet de Voltaire, dont le nom est resté synonyme de dévouement fanatique. Mais un illettré, causant avec des demi-lettrés, ne peut guère apprendre d’eux que les éléments et les dehors de leur religion.

6. Outre le Koran, qui contient des allusions nombreuses aux événements de la vie de Mahomet, nous possédons plusieurs biographies détaillées du Prophète, écrites en arabe, dont la plus ancienne (vers 768) ne nous est connue que par un remaniement de 833. Le merveilleux, en particulier l'intervention des anges, les prédictions, etc., y tient déjà une grande place;, c’est assez dire qu’il convient de s’en méfier.

7. Mahomet, ou mieux Mohammed (« le loué »),. naquit à La Mecque, vers 571, d’une famille assez humble que l’on chercha plus tard à grandir. Pendant sa jeunesse, il fit des métiers divers, entre autres ceux de berger et de chamelier. Parvenu à la fortune par son mariage avec une veuve, plus âgée que lui de quinze ans, Khadîdja, il fut pris du désir de réformer les croyances en les simplifiant (612). La Mecque était une ville importante, où se tenait un grand marché annuel ; une pierre volcanique, encastrée dans la Ka’ba (cube) dite « maison d’ Allâh », était un centre de pèlerinages où la religion d’Allâh se développait. Mahomet entra bientôt en conflit avec la famille la plus noble de la cité, celle des Koreischites; après dix ans d’efforts, pendant lesquels il recruta peu de disciples, il renonça à soutenir une lutte inégale et partit pour Yatrib, qui

238 LES MUSULMANS

s’est depuis appelée Médine (la « ville » du Prophète). Il y avait là une communauté juive bien disposée pour la cause du monothéisme. Cette « fuite » de Mahomet est l'Hégire, commencement de l’ère musulmane (16 juillet 622). Mahomet avait alors 51 ans. C'était un homme éloquent, de belle apparence, mais sujet à des attaques d’épilepsie ou d’hystérie, qu’il savait, d’ailleurs, simuler en temps opportun. Son instruction littéraire était presque nulle.

8. De Médine, Mahomet dirigea des expéditions de pillage contre les marchands mecquois ; il osa même attaquer une caravane pendant le mois du grand marché, où les Bédouins obéissaient à la « trêve de Dieu ». Vainqueur au combat de Bedr (624), il fit cruellement massacrer des prisonniers. « Qui prendra soin de mes enfants? » demandait l’un d’eux. « Le feu de l’Enfer! » répondit l’énergumène (1). L’année d’après, la fortune le trahit; mais sa constance, secondée par les talents militaires de son meilleur lieutenant. Omar, ne se laissa pas rebuter par des échecs. En 629, il entra pacifiquement à La Mecque et y convertit même les plus acharnés de ses ennemis, contre lesquels il avait prêché la « guerre sainte », restée un des principes d’action de l’Islam. Partout il détruisit les idoles; s’il laissa subsister la Pierre Noire, c’est qu’il la mit en relation, par une fraude pieuse, avec un incident de l’histoire d’ Abraham. Une attaque qu’il tenta contre les Byzantins, à la frontière

(i) yuatremere, jcurn. Asial., n. s., t. XVI, p. 57 (d’après le KUab Alagdni, ; cf. C. de Perceval, Hist. des Arabes, t. III, p. 70).

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