‹ OrpheusChapitre 138 sur 359 · LE KORAN · texte numérisé non relu

LE KORAN

lement le fatalisme. Frappé par le malheur, même le plus injuste en apparence, l’Arabe dit : « C’était écrit! » ou « Allah est grand ! » Avec cette discipline, on fait des soldats héroïques, de bons travailleurs patients et résignés; mais fait-on des hommes de progrès? L’histoire répond.

12. Les «Jeunes Turcs », qui ont conquis le pouvoir politique en juillet 1908 et se sont montrés depuis les

es fanatiques, alléguèrent que leurs doctrines libéales, celles de la civilisation moderne, sont parfaitement compatibles avec le Koran. Mais ce n’est pas du Koran qu’ils les tenaient. La civilisation occidentale est la fille de la Renaissance du xvie siècle, ui retrouva et remit en honneur la sagesse des Grecs. Toute victoire nouvelle de la civilisation étend le domaine moral de l’hellénisme et restreint celui des religions orientales. Celles-ci' peuvent s’en accommoder, mais à la condition d’évoluer, comme l’ont ! ait le j udaïsme et le christianisme, dans un sens opposé à celui des vieilles théocraties.

13. Le Koran ( El-Qur’an , la lecture) se compose de 114 chapitres ou surates qui reproduisent, dans une langue devenue classique, les décisions du Prophète et ses discours. Du vivant de Mahomet, on les a mis en partie par écrit (il n’écrivait pas lui-même). L’édition définitive de ces fragments fut publiée en 650, sous le khalifat d’Othman. Depuis quelques années, des doutes graves se sont élevés sur l’authenticité du

exte;on y soupçonne des remaniements tendancieux,

14. Au point de vue littéraire, le Koran est un pauvre livre. Déclamations, répétitions, banalités,

LES MUSULMANS

manque de logique et de suite dans les idées y frappent à chaque pas le lecteur non prévenu. Il est humiliant pour l’esprit humain que cette médiocre littérature ait été l’objet d’innombrables commentaires et que des millions d’hommes perdent encore leur temps à s’en imprégner.

15. « Allâh est Dieu et Mahomet est son prophète! » Ce credo de l’Islam menaça de devenir celui du monde. Les successeurs de Mahomet ( Khalifes , c’est-à-dire vicaires) conquirent, en moins d’un siècle, la Syrie, l’Égypte, la Babylonie, la Perse, le Turkestan, l’Espagne, les îles de l’Archipel, l'Afrique du nord, la Sicile, le midi de la France (Septimanie) ; ils firent trembler Constantinople et résistèrent aux assauts furieux des Croisades. Si l’Empire arabe se divisa dès le vme siècle, la civilisation arabe, héritière des peuples vaincus, devint florissante à Bagdad et en Espagne; la religion, malgré les sectes, conserva toute sa vitalité expansive. Les Turcs Ottomans, originaires de l’Asie centrale, conquirent l’Asie Mineure et mirent fin, en 1453, par la prise de Constantinople, au dernier débris de l’Empire romain. Toute la péninsule des Balkans, presque toutes les îles, la Crimée, tombèrent aux mains de ces musulmans, qui conquirent encore la Syrie, l’Égypte, le Ycmen, l’Afrique du nord au cours du xviesiècle. Vers la même époque s’établit dans l’Inde le grand empire musulman des Mongols.

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