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CHAPITRE VI

Hébreux, Israélites et Juifs

Sommaire. — Hébreux , Israélites, Juifs. — Caractère mythique de leur histoire primitive. — Le canon biblique ; les traductions de la Bibie. — Inspiration, concordisme.— Valeur morale de l’Ancien Testament. — Noms divins. — Création et péché originel. — Polythéisme et Jahvéisme.—Baal, Sebaoth, Teraphim. — Tabous. — Totems. — Magie.— Eschatologie. — Fêtes. — Le Pentateuque. — Les Prophètes. — Le messianisme. — Psaumes, Proverbes, Job. — La Restauration et la fin de l’indépendance juive. — Le judaïsme depuis la ruine du temple de Jérusalem.

i. Les Hébreux apparaissent dans l’histoire comme des Bédouins nomades, adorateurs de génies ou esprits et de fétiches. Leur dieu suprême est lejahveh fulgurant du Sinaï, qui les conduit à la conquête de Chanaan. Ils deviennent alors agriculteurs et adoptent en partie les religions dés peuples vaincus; mais le sacerdoce tend à leur imposer le culte de son dieu exclusif. Il a pour auxiliaires, dans cette tâche, des prédicateurs ou prophètes, qui combattent les tendances polythéistes des rois et du peuple. Après la chute du royaume de Juda, le prophétisme l’emporte définitivement pendant la Captivité, et, lors du retour de

DESIGNATIONS ETHNIQUES

l’Exil, il fonde en Judée un régime théocratique. Mais le jahvéisme vainqueur est sourdement miné par le judaïsme gréco-alexandrin, qui s’inspire d’idées non pas nationales., mais universalistes, et par les survivances obscures des cultes populaires, mystiques et sacramentels. Cette double influence se manifeste dans la doctrine de saint Paul et se reflète dans toute l’histoire ultérieure du christianisme.

2. Israël (« Dieu combat »?) est le nom donné par Dieu à Jacob après l’épisode mythique de sa lutte corps à corps avec le patriarche ( Gen ., 32, 28). Les douze tribus prirent le nom collectif d’ Israélites {Ex., 3, 16); plus tard, il désigna les tribus qui formèrent, après Salomon, le royaume du nord ou d’Israël. Ceux des Hébreux qui revinrent de Babylonie en Judée prirent le nom d’Israélites, bien qu’ils appartinssent surtout à la tribu de Juda.

3- Juif ( Jehoadi en hébreu) est l’ethnique des habitants du royaume du sud ou de Juda. Après le retour de la Captivité, alors que l’ensemble du peuple s’appelait Israélites, les individus se disaient Juifs; leurs descendants ont continué à être désignés ainsi jusqu’à nos jours. Le nom de Judée, pour désigner le pays des juifs, est postérieur à l’Exil; au sens étroit, il signifie la région à l’ouest du Jourdain et au sud de Samarie.

4. Les Hébreux sont ou croient être les descendants d’ Abraham; cette appellation devint synonyme à’ Israélite, mais on dit.la langue hébraïque, V hébreu, et non pas Yisraélite ou le juif. Étymologiquement, les Hibri sont les « gens d’au delà », les immigrants venus

HÉBREUX, ISRAÉLITES ET JUIFS

de l’autre rive d’un fleuve, Euphrate ou Jourdain; ce nom leur fut donné par les indigènes de Chanaan, qui parlaient une langue voisine de l’hébreu.

5 . L’histoire positive commence, pour les Israélites, avec la constitution de la monarchie (Saül, vers noo), Tout ce qui précède, — déluge, dispersion des hommes. Abraham, Jacob, Joseph, captivité d’Égypte, Moïse, Josué, conquête du pays de Chanaan — est plus ou moins mythique; mais cette mythologie est entremêlée de traditions historiques et la part de celles-ci devient assez considérable à partir de la sortie des Hébreux d’Égypte.

6. La religion des Israélites avant J ésus-Christ nous, est connue par le recueil de leur littérature religieuse, qui fait partie de la Bible et qu’on appelle, dans son ensemble, l’Ancien Testament. Bible est le grec biblia,

« les livres » (par excellence), désignation qu’on trouve depuis le Ve siècle après Jésus-Christ; en France, la Bible, au sens de Bible juive, est souvent opposée, par un abus de langage, au Nouveau Testament. La distinction entre l’Ancien et le NouveauTestament, l’Ancienne et la Nouvelle Loi, est fondée sur un passage de saintPaul; mais le latin testamentum, dans Tertullien (vers 200), est une traduction incorrecte du grec diathêkê, qui signifie à la fois testament et alliance. Il s’agit, en réalité, des livres de l’« ancienne » et de la « nouvelle alliance » — entre la Divinité et le genre humain.

7. On appelle canon de l’Ancien Testament (du grec kanôn, règle), le recueil officiel des écrits qui le composent. Il y a plusieurs canons, qui diffèrent par le nombre et la nature des écrits reçus. Les juifs et

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