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LE CANON DE L’ANCIEN TESTAMENT

les protestants admettent moins de livres que les catholiques. Le canon juif comprend essentiellement ceux des livres réputés saints dont la synagogue, vers le Ier siècle avant notre ère , possédait le texte hébreu. Vers 150 avant Jésus-Christ, la plupart de ces livres avaient été traduits en grec, à l’usage des juifs d’Égypte qui ignoraient l’hébreu-; ^cette traduction est dite des Septante, à cause d’une légende qui l’attribue à 70 ou à 72 traducteurs. C’est sous cette forme que les livres de l’Ancien Testament sont ordinairement cités dans les Évangiles. On trouve, dans les Septante, des livres que les juifs et les protestants rejettent comme apocryphes, c’est-à-dire non inspirés de Dieu, par exemple ceux de Tobie et de Judith. Le canon de l’Église romaine fondé sur la traduction de la Bible en latin, dite Valgaie (fixée vers 400 après J.-C.) , est à peu près conforme à celui de la Bible grecque ou canon alexandrin, qui, d’ailleurs, manquait lui-même de précision; il admet Tobie, Judith, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Baruch, les livres I et II des Macchabées (mais non les deux derniers). Le concile de Trente, en 1546, a défendu de révoquer en doute l’inspiration divine de ces écrits, sans définir ce qu’il entendait par là.

8. Nos plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque ne sont pas antérieurs au Xe siècle après Jésus-Christ; mais le texte en avait été conservé avec soin dans les synagogues. Nouspossédons des manuscrits beaucoup plus anciens des traductions grecques et latines. Parmi les traductions faites en d’autres langues, on peut citer la Peschitto (« version simple i>) syriaque, peut-être

HÉBREUX, ISRAÉLITES ET JUIFS

antérieure à l’ère chrétienne, et la version gothique due à l’évêque Ulfilas (ive siècle), qui supprima les récits de beaucoup de guerres, trouvant que les Goths n’avaient pas besoin de pareils exemples, (i)

9. Les manuscrits de l’AncienTestament, enhébreuet surtout dans les autres langues, présentent un nombre infini de petites variantes; mais, dans ses grandes lignes, le texte est assuré, partout où il n’était pas déjà profondément altéré vers — 200. Les traducteurs grecs ont fait des contre-sens sur les passages difficiles du texte hébreu et saint Jérôme en a fait aussi dans la Vulgate, oeuvre grandiose, malgré ses défauts,, qui fut déclarée « authentique » par le concile de Trente et fait autorité dans l’Église romaine.

10. Du temps de J ésus-Christ, on distinguait, dans l’Ancien Testament, trois parties : la Loi, les Prophètes et les (autres) Écritures (2). La Loi comprenait les cinq livres attribués à Moïse (Genèse, Exode, Nombres,. Lévitique, Deutéronome) ; parmi les œuvres des Prophètes, on comptait, outre celles des trois grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel) et des douze petits prophètes, le livre de Josué, les livres de Samuel et ceux des Rois.

11. Les cinq premiers livres ou volumes (rouleaux) ont été appelés par les Grecs Penté teuchê, d’où Pcntateuque; ils sont, en réalité, inséparables du livre de Josué, ce qui fait que les modernes parlent de 1 ’Hexateuque ( hex , six, et teuchê, volumes), comme de la première section de l’Ancien Testament.

(i) Philostorge, Hist. Ecclés., II, 5.

(*) Plus exactement, les hagiographes (écrivains sacrés).

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