‹ OrpheusChapitre 155 sur 359 · La législation et la morale du Pentateuque · texte numérisé non relu

La législation et la morale du Pentateuque

sont encore imprégnées de tabous; il est intéressant de voir les idées morales s’en dégager et voisiner encore avec eux. Le sabbat est à l’origine un jour tabou, c’est-à-dire néfaste; personne ne doit travailler ce jour-là, ni faire travailler son serviteur ou sa bête de somme, parce qu’ils risqueraient de se blesser ou de gâcher leur ouvrage. Mais, dans la Bible, cette notion grossière est en voie de transformation; l’idée du jour de repos apparaît, avec celle de la bonté, de la pitié pour la fatigue d’autrui. Dans le Décalogue, on trouve, au milieu d’interdictions, ce précepte positif : « Honore ton père et ta mère, afin que tu vives longtemps. » (Ex., 20, 12). C’est la forme modifiée et

comme retournée d’un tabou avec menace de mort ; « Si tu frappes ton père ou ta mère, tu mourras. » Mais le tabou est devenu ainsi un commandement de moralité. On lit dans le Deutéronome (22) : « Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble. » Touchante pitié pour les animaux, disent les prédicateurs; l’âne, qui est faible, ne doit pas être soumis

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