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LES PRÊTRES JUIFS

conclu que le roman d’Esther était l’écho de quelque légende babylonienne. Mais cette légende n'a pas encore été retrouvée.

36. Parmi les autres fêtes juives, qui se règlent, comme les précédentes, sur le calendrier lunaire, on peut citer le Ier jour de l’année ou 1" du mois Tishri (Rosh-ha-shanah) ; le jour du Pardon (Yom-ha-Kippurim), avec jeûne et cessation absolue du travail, destiné au rachat des fautes, à l’effacement des souillures secrètes de l’année; l’Inauguration ( Hannukah ), en commémoration d’un événement du temps des Macchabées (I Macch., 4, 59).

37. La plupart des fêtes juives étaient marquées par des réjouissances, des processions et des danses; elles attiraient parfois un grand concours de peuple, chaque famille venant offrir une victime au Temple et apporter des cadeaux aux prêtres. Les sacrifices les plus solennels sont ceux où la victime est brûlée (holocaustes) ; elle est alors tout entière pour Jahveh qui, dans les sacrifices ordinaires, doit se contenter du sang dont on arrose l’autel. Depuis la ruine du Temple, les juifs ont renoncé aux sacrifices sanglants, non par suite d’une réforme religieuse, mais simplement parce que la loi deutéronomique ne permet pas de célébrer de sacrifices ailleurs.

38. Chez les Arabes nomades, il n’y a d’autre clergé que les gardiens des temples et ceux qui rendent les oracles; le culte est accompli généralement par les chefs de famille. Il doit en avoir été de même chez les Hébreux, où le nom du prêtre ( kohen ) est identique à celui du devin en arabe ( kahin ). Les grands temples

HEBREUX, ISRAELITES ET JUIFS

avaient des kohanim à côté des nebiim (prophètes), qui passaient les uns et les autres pour inspirés. Le sacerdoce hébraïque commença donc par la divination. De bonne heure, on tendit à réserver les emplois de devins aux Lévites de la famille de Moïse, considérés comme les descendants d’une tribu de Lévi (Gen., 29, 34), dont l’existence est d’ailleurs mal attestée. Les Lévites finirent par former une caste qui n’avait pas de territoire à elle, mais recevait une part des offrandes et exerçait sa juridiction dans 48 bourgs. Ils furent très puissants après le retour de l’Exil; mais, pour des raisons qui nous échappent, leur autorité déclina à tel point, qu’il n’en est presque plus question dans le Nouveau Testament.

39. Les descendants d’Aron, à en croire les Nombres (16, 33), jouèrent un rôle prépondérant dans le sacerdoce biblique; les Aronides seuls pouvaient approcher de l’autel. La personnalité même d’Aron est probablement mythique; on a fait observer que hd ârôn signifie l’arche sainte en hébreu.

40. La partie historique du Pentateuque comprend des morceaux extrêmement anciens, quelques-uns vides de sens et sans relations avec le contexte (comme le chant de Lamech), beaucoup d’autres témoignant d’un état de civilisation très primitif (ensevelissement dans les cavernes, ignorance du cheval, etc.). Il en est de môme du livre de Josué, où la férocité des mœurs est elle-même une trace irrécusable d’archaïsme (voir

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