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Vingt-sept petits écrits grecs, tous dus à des

3IP LES ORIGINES CHRÉTIENNES

chrétiens, composent ce qu’on appelle le canon (i) du Nouveau Testament. Ce sont les quatre Évangiles (2) dits canoniques (Évangiles suivant Matthieu, Marc, Luc et Jean), les actes des Apôtres, vingt et une lettres attribuées à des apôtres (Paul, Pierre, Jean, Jacques, Jude) et l’Apocalypse attribuée à saint Jean.

3. Ce canon était à peu près constitué vers 350,. après le concile de Nicée (325) et fut fixé pour l’Occident par saint Augustin en 397; il ne resta de doute que pour l’Apocalypse, encore suspecte en France au viiic siècle. Mais la première idée d’nn canon remonte à 150 : c’est Marcion, réputé hérétique, qui forma alors la première collection de ce genre, comprenant Luc et des épîtres de Paul. Jusque-là, les citations de 1* « Écriture », dans les œuvres des Pères apostoliques (ou anciens auteurs chrétiens orthodoxes), se rapportent presque exclusivement à l’Ancien Testament (3) .

4. Entre 150 et 200 se place un catalogue latin mutilé, découver, à Milan par l’érudit Muratori (1672- 1750) ; il énumère déjà las parties essentielles de notre canon, mais y ajoute l’Apocalypse de Pierre, retrouvée de nos jours en Égypte. Ce canon est probablement celui de l’Église de Rome au 11e siècle.

5. On pense que le canon définitif s’est formé de la réunion des écrits qui étaient lus dans la plupart des

(1) Canon, c’est-à-dire « règle ».

{2) Évangile, c’est-à-dire « bonne nouvelle ».

(3) « On peut assurer que ces écrivains (chrétiens de la première moitié du 11e siècle) ne connaissent pas nos Évangiles, ou, ce qui revient au même pour nous, que, s’ils les ont connus, ils n en parlent ni ne les citent jamais. » (Michel Nicolas, {-.tildes sur la- Bible, t. II, p. 5 )

LES EVANGELISTES

grandes Églises et considérés comme en accord avec les opinions moyennes de la chrétienté. D’un critérium scientifique, fondé sur l’origine et l’histoire de ces écrits, il ne pouvait pas alors être question. « S’il est vrai que l’Église ait usé d’une certaine critique dans le choix et l’acceptation des livres sacrés, cette critique n’était pas celle de l’historien moderne, mais un jugement inspiré par la foi et qui concernait la valeur de ces écrits au point de vue de la foi. » (i)

6. Matthieu ou Lévi était, suivant la tradition, un publicain ou fermier d’impôts qui s’attacha à Jésus. Marc aurait été le secrétaire de Pierre, qu’il suivit à Rome, et le fondateur de l’église d’Alexandrie. Un compagnon de saint Paul, Luc, médecin d’Antioche, écrivit, pour faire suite à son Évangile, les Actes des apôtres. Jean l’Évangéliste, fils de Zébédée, était un des douze apôtres, celui à qui Jésus, sur la croix, recommanda sa mère; après avoir vécu à Éphèse, il fut exilé à Patmos et c’est là que, très vieux, il aurait écrit l’Apocalypse.

Ainsi, s’il y avait quelque fondement dans la tradition, nous aurions les écrits de deux témoins de la vie de Jésus, Matthieu et Jean, et de deux amis intimes de Pierre et de Paul. Il importe peu que les Évangiles soient dits selon saint Matthieu, scion saint Luc; le prologue de l’Évangile de Luc montre assez que celui-ci se donne comme l’auteur, non comme l’inspirateur d^. son livre.

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