LES ACTES APOCRYPHES
un esprit de conciliation; en cela consiste l’originalité du rédacteur. Mais cette conciliation est œuvre de théologie, non d’histoire; le Paul des Épîtres est un tout autre homme que celui des Actes
46. Il nous reste toute une collection d’actes apocryphes des apôtres, comme Pierre, Paul, Thomas, Jean, André, Philippe. Ce sont des romans pleins de merveilleux, assez amusants d’ailleurs, et où parfois des détails précis attestent de bonnes connaissances géographiques et historiques. Ces textes nous sont parvenus en différentes langues, souvent remaniés dans des intérêts dogmatiques. L’Église permit de les lire comme les Évangiles apocryphes, mais à titre de curiosité seulement.
La plus jolie de ces histoires est celle de Thékla. D'une bonne famille d’Iconium, elle se convertit à la voix de saint Paul, se baptise elle-même, brave tous les périls et finit par prêcher le christianisme à Séleucie. Tertullien assure (vers 200) que ce roman a été fabriqué par un ancien d’Asie Mineure qui, soupçonné de fraude, avoua avoir écrit tout cela « par amour de Paul» (1). Mais ce prétendu aveu est bien suspect ; on a voulu déconsidérer ainsi un petit livre dont le fonds est très ancien, mais où l’Église voya t avec scandale une jeune fille prêcher et baptiser.
47. Le canon de KÉglise admet 14 Épîtres de saint Paul : 1 aux Romains, 2 aux Corinthiens, 1 aux
(1) Tertullien, De Dapt., 17.
LES ORIGINES CHRETIENNES
Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, 2 aux Thessaloniciens, 2 à Timothée, 1 à Tite 1 à Philémon, 1 aux Hébreux. Une école de critique née vers 1885 en Hollande, nie en bloc l’authenticité de ces documents. Son argument principal est que les communautés auxquelles Paul est censé s’adresser témoignent d’une complexité, d’une intensité de vie chrétienne qui serait inadmissible à cette époque. Mais que savons-nous de l’histoire primitive de ces communautés? Tout ce qu’on peut accorder dès l’abord comme vraisemblable, c’est que les Épîtres de Paul ne nous sont pas toutes parvenues dans leur rédaction originale.
48. L’épître aux Hébreux a le caractère d’une dissertation théologique sur les rapports de la Loi et de l’Évangile. L’attribution à Paul n’est qu’une hypothèse. Tertullien donnait cet écrit à Barnabe, l’ami de Paul, etOrigène avouait qu’on en ignorait l’auteur. Mais c’est une composition ancienne, probablement un peu antérieure à 70.