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LA VIE MONASTIQUE

dents chez les juifs et les païens : lesEsséniens du temps de Jésus et les Pythagoriciens de lTtalie méridionale vers 600 avaient vécu en véritables cénobites. A côté des couvents d’hommes, saint Pachôme ou Pachon (vers 340) en fonda pour des femmes qui furent appelées nonnes ( non nuptœ, non mariées). L’institution monastique gagna l’Occident vers la fin du ive siècle. Elle y prit d’ailleurs, en conformité avec le tempérament des peuples, un caractère moins contemplatif et plus pratique. Saint Benoît de Nursie (480-543) eut le mérite d’imposer aux cénobites, avec une discipline sévère, le travail manuel et la pauvreté; le couvent fondé par lui au mont Cassin est devenu le modèle des monastères bénédictins, où, suivant une formule célèbre, « celui qui travaille, prie ». La civilisation

doit aux moines d’Occident le défrichement d’une \

partie de l’Europe et la conservation de la littérature latine, dont on copiait les textes dans les couvents. Si les habitudes de paresse et de luxe tendirent sans cesse à s’introduire dans les monastères, malgré des efforts multipliés pour leur réforme, ce fut là un effet de la faiblesse humaine dont on ne peut rendre responsable l’institution. Au cours des siècles elle a fait du mal, mais, surtout au début, beaucoup plus de bien.

27. L’exemple des moines, joint à l’influence des doctrines manichéennes, gnostiques et montanistes, exalta la vieille idée populaire de la supériorité du. célibat. Dès 305, le concile espagnol d’Elvirc réclama

DE SAINT PAUL A JUSTINIEN

le célibat des prêtres. Cette doctrine ne triompha qu’au xne siècle, et aujourd’hui encore, dans l’Église romaine, le célibat ecclésiastique est une affaire de discipline, non de dogme. D’autres influences orientales,, plus importantes encore, modifièrent, au IVe siècle, l’organisation de l’Église. A l’exemple de l’Empire, elle adopta une hiérarchie rigoureuse; les évêques des grandes villes devinrent des préfets, présidant les conciles ou assemblées du clergé delà province. Rome, Antioche et Alexandrie, la première surtout, furent désormais comme des capitales chrétiennes; dès la fin du 11e siècle, un évêque de Rome menaçait de mettre les églises d’Asie Mineure « en dehors de l’unité catholique » (c’est-à-dire universelle), parce qu’elles différaient d’avis avec lui sur la fixation de la date de Pâque. Les rites furent compliqués par des emprunts mal dissimulés au paganisme; le baptême comporta l’exorcisme des démons' le culte des martyrs, origine du culte des saints, prit la place du culte des héros grecs, parfois même jusqu’à leurs noms et à leurs légendes. La fête de Noël ou de la naissance de Jésus, dont la date n’est pas indiquée par les Évangiles, fut fixée au 25 décembre, jour prétendu de la naissance de Mithra, identifié au soleil. Enfin, l’Église oublia de plus en plus ses origines juives et changea le caractère des fêtes qu’elle était obligée de conserver. Pâque devint la fête de la résurrection du Christ et la date en fut fixée de façon à ne pas coïncider avec la Pâque juive-; la Pentecôte qui, chez les juifs, commémorait le- don de la Loi à Moïse, rappela désormais l’effusion du Saint- Esprit sur les apôtres. Bien qu’hostile à l’hellénisme

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