DÉFENSE DE LIRE LA BIBLE A
pendant, qui fut la cause de cet établissement? Une religieuse de Liège, nonne de Moncornillon, qui s’imaginait voir toutes les nuits un trou à la lune. Elle eut ensuite une révélation qui lui apprit que la lune signifiait l’Église et le trou une fête qui manquait. Un moine, nommé J ean, composa avec elle l’office du Saint- Sacrement; la fête s’en établit à Liège et Urbain IV l’adopta pour toute l’Église (1264). » (1) Cette fête a été longtemps une source de troubles. A Paris, auxvie siècle, la populace catholique forçait à coups de pierre et de bâton les protestants à tendre leurs maisons, à s’agenouiller dans les rues. Un des crimes qui ont conduit le chevalier de La Barre sur l’échafaud, en 1766, était d’avoir passé, un jour de pluie, le chapeau sur la tête, à quelques pas d’une de ces processions (2).
50. La tendance de l’Église, après l’an 1000, est • de dominer au spirituel comme au temporel; le clergé doit penser et agir pour tous. Défense est faite aux laïcs de lire les livres saints (1229). « C’était insulter
au genre humain que d’oser lui dire : Nous voulons que vous ayez une croyance et nous ne voulons pas que vous lisiez le livre sur lequel cette croyance est fondée. » (3) Les prières devinrent des exercices presque mécaniques, appuyés, depuis le xne siècle, peut-être à l’exemple des musulmans, de l’usage du chapelet et du rosaire; on récite des centaines, des milliers d’Avs Maria en punition de la moindre faute. Exclue ainsi de la vie religieuse, qui est celle de la
(1) Voltaire.
(2) ld.
(3) ld.
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pensée encore naïve, la foule attachait d’autant plus -d’importance aux pratiques rituelles auxquelles elle était admise et même contrainte à: participer. Làdessus aussi l’Église légiféra; elle décida, au xne siècle, à. la suite de Pierre Lombard, qu’il y avait sept sacrements, ni plus ni moins, le Baptême, la Cène, le Mariage, la, Confirmation, l’Ordination, la Pénitence et l’Extrême-Onction. Inutile de dire que cette doctrine n’est pas et ne peut pas être fondée suri’ Évangile.
51. « Confessez-vous les uns les autres, » est-il écrit dans l’épître attribuée à saint Jacques. La primitive Église avait pratiqué les confessions publiques, dont les inconvénients étaient évidents. L’Église victorieuse vitdanslaconfession un puissant moyen d’action sur les âmes et substitua à la confession publique la -confession particulière faite à un prêtre. La confession
d’un péché comportait une pénitence, le plus souvent une bonne oeuvre ou un don aux églises. Mais l’Église, trésorière des mérites infinis de Jésus et des saints, pouvait tirer parti de ce trésor inépuisable, pour exempter le pénitent de tout ou d’une partie de la sanction que ses actes eussent méritée dans l’autre vie. Ainsi la confession mena, par une pente rapide, au trafic des peines du Purgatoire et des indulgences ecclésiastiques, qui fut une des causes déterminantes de la Réforme.
52. La conféssion personnelle, auriculaire, une fois au moins par an, futrendueobligatoiresouslnnocentlll en 1215. Le prêtre seul peut confesser; même l'abbesse du plus grand couvent de femmes ne jouit pas de ce droit, singulière injure faite par l’Église au sexe qui a. donné une mère au Sauveur.