JEAN WYCLEFF ET JEAN HUSS
de lumières. Dans son latin élégant, dont l’ironie fait songer à Voltaire, il se moque des superstitions, des abus et de l’ignorance des moines. Il publia pour la première fois le texte grec du Nouveau Testament, avec une traduction latine vraiment exacte, et recommanda, comme l'œuvre pieuse par excellence, la science scripturaire. L’étude philologique des textes sacrés, qui devait à la longue ruiner les prétentions de l’Église, reconnaît pour ses glorieux initiateurs Érasme et Reuchlin.
72. Plus encore que ces savants pleins d’esprit, deux hommes d’action, Jean Wyclefï et Jean Huss, ont mérité d’être appelés les Réformateurs avant la Réforme. Wyclefï, né en Angleterre (1320), forma un puissant parti contre la tyrannie et l’avidité des ordres monastiques, les empiétements de la Cour de Rome, bientôt aussi contre les croyances idolâtriques qu’elle propageait. « Ce que les Vaudois enseignaient en secret, il l’enseignait en public et, à peu de chose près, sa doctrine était celle des protestants qui parurent plus d’un siècle après lui. » (1) En 1380, il traduisit la Bible en langue vulgaire et prit par là un grand ascendant sur les foules. Mais ses opinions avancées inquiétèrent les nobles, qui l’obligèrent à quitter sa chaire d’Oxford et à se retirer dans une petite paroisse où il mourut (1384). Ses disciples, qu’on appela Lollards ou » marmotteurs », furent persécutés après sa mort.