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FUREURS INQUISITORIALES

sorcières ; elle se mit bassement au service des autorités politiques pour satisfaire leurs cupidités et leurs vengeances, comme lorsqu’elle fit brûler les templiers innocents, Jeanne d’Arc innocente; elle porta partout la désolation et la terreur, jusqu’à ce que les rois, dégoûtés de ses procédés autoritaires, lui eussent peu à peu interdit l’accès de leurs États. On se demande comment de pareilles horreurs ont pu être supportées, par une partie de l’Europe, pendant des siècles. Cela s’explique par l’idée que l’Église avait. enracinée profondément au cœur des populations : l’hérésie, crime contre Dieu, était le plus grand des crimes et exposait une ville, une province, une nation à la colère céleste, à la peste, à la famine, aux inondations, si elle n’était pas immédiatement et impitoyablement réprimée. L’hcrétique devait être traité comme un pestiféré, ou plutôt comme les vêtements d’un pestiféré qu’on jette au feu sans scrupule. D’autre part, le spectacle de ces exécutions solennelles, de ces carnages auxquels on accourait comme à des fêtes, endurcissait les cœurs, réveillait les instincts ataviques de férocité et rendait la populace indifférente au spectacle des souffrances d’autrui. A vrai dire, ce n’est pas la durée de l’institution inquisitoriale qui surprend, mais le fait qu’il ait été possible d’y mettre fin.

78. Sauf en Espagne, où elle commença à fleùrir. vers cette époque, l’Inquisition était fort discréditée; au début du xvie siècle; c’est une des raisons du succès relatif de la Réforme. S’ils s’étaient trouvés en présence des inquisiteurs tout-puissants du xme siècle, les Réformés auraient eu le même sort que les Albigeois.

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79. Satan est partout, au moyen âge, à la fois comme dieu du mal et comme distributeur des richesses terrestres. . Ce n’est pas l’Église qui a créé cette croyance, pas plus que l’opinion suivant laquelle certaines femmes, ayant fait un pacte avecle diable, se rendaient au sabbat sur des montures grotesques et y acquéraient des pouvoirs redoutables de maléfice. Il y a, dans ces superstitions tenaces, un vieux fonds païen et germanique. Maie l’Église, mieux instruite, n’aurait pas dû les partager. Non seulement elle les partagea, mais ses théologiens en firent un système et, se fondant sur un verset de l’Exode : « Tu ne laisseras pas vivre une magicienne », elle organisa, avec l’aide de l’Inquisition, la chasse aux sorcières, excitant le pouvoir civil à l’imiter. Dénoncées par des commérages, soumises à d’affreuses tortures, des malheureuses avouaient qu’elles avaient été au sabbat et racontaient des orgies imaginaires. On les brûlait en foule; les supplices échauffaient les imaginations et déliaient les langues. « Tous les inquisiteurs qui reçurent mandat d’étouffer la sorcellerie furent d’actifs missionnaires qui contribuèrent à la répandre. Les esprits se familiarisaient avec l’idée que les sorcières entouraient les hommes de leurs embûches et que la moindre infortune, le moindre accident résultaient de leur malignité. En quelque lieu que passât un inquisiteur; il se voyait accablé de dénonciations, accusant quiconque pouvait être présumé coupable, depuis les jeunesgensjusqu’aux vieilles femmes. L’épidémie reçut une impulsion formidable de la bulle Summis desiderantes, lancée par Innocent VTII le 5 décembre 1484. Le pape y constate

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