ABDICATION DE CHAR LES-QUINT
tistes qu’on trouva en Westphalie et dans les Pays-Bas furent noyés, étranglés ou brûlés. Pourtant, la secte subsista, mais désormais pacifique, confondue avec les unitaires, c’est-à-dire avec ceux « qui ne reconnaissent qu’un seul Dieu et qui, en révérant le Christ, vivent sans beaucoup de dogme et sans aucune dispute... Les anabaptistes commencèrent par la barbarie et ont fini par la douceur et la sagesse. » (i)
17. Les embarras de Charles- Quint, menacé par les Turcs, l’avaient empêché de prendre parti violemment contre la Réforme. Après la diète d’Augsbourg (1530),
les luthériens se constituèrent en union à Smalkalde
(1532) et Charles-Quint conclut avec eux un accord qui dura douze ans (1534).
18. Luther mort (1546), l’empereur, rassuré du côté de la Turquie et de la France, somma les protestants de dissoudre leur ligue et, sur leur refus, les écrasa à Mühlberg (1547). Cette victoire ne termina pas la guerre. Enfin, en 1552, la paix de Passau concéda aux protestants la liberté religieuse. Peu de temps après, Charles-Quint, découragé comme Dioclétien, abdiqua pour se retirer au monastère de Yuste, laissant l’empire à son frère Ferdinand et l’Espagne à son fils Philippe IL
19. En même temps que l’Allemagne, la Suisse avait pris feu. « Zwingli, curé de Zurich, alla plus loin
(1) Voltaire.
DE LUTHER A L’ENCYCLOPEDIE
encore que Luther; il n’admit point que Dieu entrât dans le pain et le vin. » (i) Le sénat de Zurich lui donna raison, Berne suivit Zurich (1528) et bientôt Œcolampade fit triompher la Réforme à Bâle. Mais Lucerne et quatre autres cantons, restés attachés à Rome, commencèrent la guerre; Zwingli fut vaincu et cué à Keppel (1531) ; les catholiques firent écarteler son corps et le jetèrent au feu. « La religion de Zwingli s’appela depuis le calvinisme. Calvin lui donna son nom, comme Améric Vespuce donna le sien au monde nouveau découvert par Colomb. » (2)
20. Les magistrats de Genève, suivant l’exemple de Zurich et de Berne, se livrèrent à un long examen des doctrines en conflit et finirent par proscrire le papisme; l’évêque dut fuir. Les Génevois, alliés avec Fribourg et Berne contre le duc de Savoie (1536), s’étaient appelés eidgenossen (alliés par le serment), d’où l’on a fait peut-être huguenots. Leur réforme eut un caractère de sévérité morale, d’austérité même. Elle trouva une sorte de pape en Calvin, né à Noyon en 1509, homme de mœurs irréprochables, aussi dur que Luther était violent, d’ailleurs bon écrivain, comme en témoigne Y Institution chrétienne (1536), et puissant par l’âpreté de sa conviction. Les jeux, les spectacles furent défendus. « Genève, pendant plus de cent ans, n’a pas souffert chez elle un instrument de musique. » La confession publique fut remise en honneur. Calvin «établit les synodes, les consistoires, lesdiacres; il réglala
(') Voltaire.
U) ld.