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LA REFORME EN FRANCE

c’est à la politique qu’il faut attribuer ces rigueurs Le pape Pie V, en excommuniant Élizabeth pendant que Marie était en prison, ne fit que rendre la reine d’Angleterre plus implacable. L’Écosse fut agitée par la guerre que se firent protestants et catholiques. Un prédicateur, John Knox, qui s’était jadis réfugié auprès de Calvin (1554), propagea le calvinisme en Écosse et l’y fit triompher après la fuite de la reine Marie, dont il réclamait la tête dès 1570. L’Irlande resta attachée à l’Église romaine, bravant les efforts d’ÉIizabeth, qui se montra tyrannique en imposant des prêtres anglicans aux paroisses. Cette malheureuse île fut plus maltraitée encore dans la suite et n’en resta pas moins fidèle à sa religion, parce qu’elle ne voulait pas et ne veut pas encore accepter celle de ses vainqueurs.

27. François Ier avait conclu en 1516, avec Léon X, un concordat qui laissait au roi la nomination des bénéfices et au pape le revenu de la première année, ce qui parut encore excessif au Parlement et à l’Université. La sœur du roi, Marguerite d’Alençon, depuis reine de Navarre, favorisa la propagande de Jacques Lefèvre d’Etaples (né en 1435), en faveur de doctrines augustiniennes qui ressemblaient à celles de Luther; parmi les élèves de Lefèvre fut Guillaume Farel, plus tard l’ami de Calvin, qui prêcha la Réforme à Neuchâtel et appela Calvin à Genève. Calvin lui-méme ne put rester en France; c’est à Bâle qu’il publia d’abord l’Institution chrétienne. Malgré l’influence de Mar-

DE LUTHER A L’ENCYCLOPÉDIE

guerite, les réformés furent horriblement persécutés en France. Jean le Clerc fut tenaillé, pour avoir parlé contre les images et contre les reliques; une vingtaine de réformés furent brûlés vifs. Pendant ce temps, François Ier se liguait avec les protestants d’Allemagne et même avec les Turcs contre Charles- Quint I Profondément indifférent en matière religieuse, il laissait faire les moines et les Parlements. La fin du règne fut marquée par un crime sans nom. Le Parlement de Provence décréta la peine du feu contre 19 Vaudois du bourg de Mérindol qui s’étaient rattachés à la Réforme; François Ier leur pardonna, à condition qu’ils abjureraient. Sur leur refus, le premier président du Parlement, d’Oppède, fit venir des troupes, qui brûlèrent et tuèrent tout. « Il ne restait dans le bourg fermé de Cabrières que 60 hommes et 30 femmes; ils se rendent, sous la promesse qu’on épargnera leur vie; mais, à peine rendus, on les massacre. Quelques femmes, réfugiées dans une église voisine, en sont tirées par l’ordre d'Oppède ; il les enferme dans une grange, à laquelle il fait mettre le feu. On compta vingt-deux bourgs mis en cendres. François Ier en eut horreur; l’arrêt dont il avait permis l’exécution portait seulement la mort de 19 hérétiques; d’Oppède et Guérin, avocat général, firent massacrer des milliers d’habitants. » (1) En mourant, le roi recommanda à son fils de faire justice de cette barbarie; le Parlement de Paris, saisi, condamna Guérin à mort, mais acquitta d’Oppède, qui était le plus coupable des deux.

(1) Voltaire.

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