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CHAPITRE XII

Le Christianisme

Sommaire. — Du XVI ’ au XX » siècle : Affranchissement de la pensée et réaction. — Persistance du sentiment religieux en France au X VII P siècle. — L'Encyclopédie.— Les philosophes.— Hostilité de Voltaire au christianisme.— « Écrasons l'infâme «.—Calas.— Expulsion des jésuites de Portugal et de France; suppression de l’ordre. — La sécularisation des biens du clergé par rAssemblèe Nationale.— La Constitution civile du clergé.— L'abolition du culte sous la Convention. — La déesse Raison. — Les Théophilanthropes.

Les Réveils dans les pays protestants et les sectes.— Les sectes en Écosse. — Les baptistes. — Les méthodistes. — Darbystes et Irvingiens. — Christian scientists.—Britisli Israélites.— Le traclarianisme. le puseyisme et le ritualisme. — Les unitaires.

Liberté des cultes aux États-Unis. — Les Mormons.

Joseph II et la réaction catholique en Autriche. — Le protestantisme en Autriche. — Les sectes en Russie; persécution des Polonais et des Uniates. — Mme de Krüdener.

Renaissance catholique sous le Directoire. — Le Concordat et ses suites.— Réaction commencée par Pie. VII , continuée par Pie IX. — Le Syllabus et le Concile du Vatican. — Fin du pouvoir temporel. — La réaction dans la littérature en France : Chateaubriand. Bonald, J. de Màistre et leurs successeurs. — Le catholicisme libéral : Lamennais, Lacordaire, Montalembert.- La réaction politique en France : la Terreur blanche, la Congrégation , la loi Ju sacrilège. — Indifférence religieuse. — La-

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liberté d'enseignement et la loi Falioux.—Les affaires religieuses sous Napoléon III. — Les réactions cléricales après 187 1 - Le boulangisme. — L'antisémitisme.— L'affaire Dreyfus. La séparation de l’Église et. de l'État. — Le protestantisme français. -La Suisse : guerre du Sonderbund. — Les jésuites depuis 1814; leur influence en France et dans le monde catholique. — Les vieux catholiques allemands. — H. Loyson. — Politique de Léon XIII.— Pie X.—Le Sacré-Cœur , la Salctte, Lourdes.— L'Église et le- mysticisme. — Les médiums. — Condamnation du spiritisme ,—I.es néo-buddhistes. — Les Francs-Maçons — ü Église et te socialisme.

La philosophie religieuse: Schleiermacher, Vinet. — Le catholicisme évolutionniste: l’américanisme, le modernisme. — Les Missions étrangères, -t- L’Eglise et l'esclavage. — L’Eglise et la société polie. — L’histoire- des religions dans . l’enseignement.

x. . Le XVIe siècle avait vu grandir l’esprit critique et briser la toute-puissance de Rome en Europe. Le xvne siècle fut presquejpartout une période de réaction au profit du principe d'autorité. Le xviïie siècle -éprit l'œuvre du xvie siècle et émancipa l’esprit humain. On yi vit philosopher des rois et régner des philosophes. L’ordre des jésuites fut aboli par la papauté elle-même. L'Inquisition devint ridicule et se cacha pour mourir. La liberté de la pensée-, stimulée par la science en progrès, fit, dans les classes éclairées, des conquêtes définitives. Malheureusement, on ne songea pas assez que cette élite affranchie était peu nombreuse; faute d’un enseignement laïc, la grande majorité des hommes restaient ignorants et superstitieux. La Révolution française appela au pouvoir et à l’influence des classes qui n’y étaient pas préparées. Il en résulta, tant en France qu’ailleurs, la réaction du xixe siècle, ici catholique, là calviniste ou piétiste, ailleurs grecque orthodoxe. C’est la France qui eut l’honneur, au début du xxe siècle, de renouer en En-

rope une tradition glorieuse, en essayant de laïciser la société par la séparation des Églises et de l’État.

2. La France du xvme siècle n’est pas tout entière dans les salons de Paris et de Versailles, à la cour de Frédéric le Grand ou de Voltaire. Le pays resta profondément catholique, avec une nuance de jansénisme dans les hautes classes, surtout de robe. Il y eut, à Versailles, des cardinaux athées et, un peu partout, des abbés frivoles et incrédules; mais le clergé, la robe et le tiers état de France comptèrent même alors une foule de gens austères, catholiques sans autre inquiétude que de leur salut, et une foule bien plus grande encore de pauvres d’esprit en qui la religion du moyen âge survivait. Ces derniers formaient la réserve de la nation. Quand cette réserve donna, les idées du moyen âge reparurent à la surface et suscitèrent une réaction religieuse qui dure encore.

3. L’Encyclopédie commença à paraître en 1751. Voltaire, tranquille aux Délices, puis à Ferney, en fut /'âme, mais Diderot, le plus universel des lettrés, en resta vingt ans la cheville ouvrière, malgré les rigueurs du Parlement et les menaces du clergé. Le manifeste de l’Encyclopédie est l’admirable préface qu’écrivit d’Alembertsur la classification de nos connaissances. Les articles de théologie, écrits par des prêtres libéraux, sont d’un ton irréprochable, bien qu’assez hostiles aux prétentions de la papauté. Mais les tendances irréligieuses du recueil se font jour dans les

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