ULTRAMONTAINS ET LIBÉRAI X
-et à Vcuillot. Un des caractères les plus affligeants de la polémique ultramontaine est sa grossièreté; une fois enrégimentés dans ce parti, les laïcs -même cultivés adoptent le vocabulaire des moines ligueurs, mentent et injurient à plaisir. Victor 'Hugo, en 1850, flagellait ainsi Vcuillot et son organe l 'Univers:
'Regardez : le voilà! Son journal frénétique Plaît aux dévots et semble écrit par des bandits.
Il fait des fausses clés dans l’arrière-boutique Pour la porte du Paradis...
C’est ainsi qu'outrageant gloires, vertus, génies, ► Charmant par tant d’horreurs quelques niais fougueux, Il vit tranquillement dans les ignominies,
Simple jésuite et triple gueux.
50. Bien au-dessus de cçs hommes, dont la plume est trempée de fiel, se placent les catholiques libéraux, qui essaient de réconcilier avec le catholicisme non seulement les principes de 1789, mais des aspirations plus récentes vers la fraternité et la justice sociale. Le premier organe de ce parti en France fut le journal l’Avenir (1830), que rédigèrent l’abbé de Lamennais (1782-1854), le Père Lacordaire (1802-1861) et Montalembert (1810-1870). L’Avenir, où l’Église était exhortée à entrer dans la voie démocratique, fut dénoncé comme subversif à Grégoire XVI; Lamennais, qui se soumit en 1832, publia peu après les Paroles d’un ■ croyant, où il aggrava ce qu’on appelait ses erreurs et qu’un évêque traita « d’apocalypse du démon. » Le pape l’excommunia; il passa au parti révolutionnaire. Lacordaire s’était soumis sans réserve en 1S32; il employa dès lors son grand talent à la prédi-
cation et fit refleurir en France l’ordre des dominicains, où il était entré en 1840. Le comte de Montalembert, également docile aux censures de l’Église, se tourna vers la politique; il défendit avec éclat les nationalités opprimées, la Pologne et l’Irlande, mais aussi, surtout depuis 1848, les idées hostiles à la démocratie, dontleflotmontantl’épouvantait. Des hommes comme le duc Victor de Broglie et les Cochin (Augustin et Denys) ont suivi, jusqu’à notre temps, une voie analogue, à mi-côte entre l’ ultramontanisme et le libéralisme aristocratique.
5 1 . La démocratie catholique a été surtout représentée en Italie par le prêtre Murri, en France par la société laïque du Sillon, fondée par Marc Sangnier. Le Sillon, à cause de son indépendance et de ses tendances qu’on dit fraftciscaines, a été censuré à Rome (août 1910) ; quant à Murri, Pie X lui ordonna d’abord de se taire, puis l’excommunia (mars 1909).
52. La réaction politique qui suivit les Cent-Jours fut marquée, dans le midi de la France, par des violences sanguinaires dirigées contre les protestants et les libéraux; c’est ce qu’on appelle la Terreur blanche. A Paris, malgré la modération personnelle de Louis XVIII, qui était voltairien, la Chambre dite introuvable parut vouloir ramener la France au moyen âge; il fallut que le ministre Richelieu la fît dissoudre par le roi (septembre 1816). Une société de prêtreset de laïcs, la Congrégation, fondée sous le Directoire en 1801, prit alors une importance considérable dans la politique ; c’était le parti du comte d’Artois, du vicomte de Montmorency, du prince Jules de Polignac. Elle