POLITIQUE PONTIFICALE
Hongrie ; le prélat ne put même obtenir une audience de ce vieil imbécile bien gardé. Le successeur de Pie X, Benoît XV, dut compter avec une majorité de cardinaux pro-germains, avec la haine des ordres monastiques contre la Francè « persécutrice », avec la partialité naturelle des aristocraties pour le principe d’autorité qui, dans beaucoup de pays catholiques, notamment en Espagne, conquit et conserva des sympathies à la cause allemande. Il s’efforça de rester strictement neutre, comme s’il eût été encore un souverain temporel. Il adressa des consolations à la Belgique, mais pas un mot de reproche aux envahisseurs de ce pays catholique, qui se conduisaient en assassins et en brigands ; il protesta contre les méthodes nouvelles et abominables de guerre, mais sans condamner ceux qui en avaient donné l'exemple ; il ordonna de prier pour la paix, une paix sans victoire ; mais ne souffla mot des responsabilités encourues par les agresseurs, ni des légitimes exigences de leurs victimes. Le jour vint où des paroles vraiment chrétiennes sur l’infamie de la guerre et l’espoir en l’avènement d’une ère meilleure ne furent prononcées que par un professeur protestant, le président Wilson, que M. Loisy, dans une leçon d’ouverture au Collège de France (2 décembre 1918), appela «le pape de l'humanité » (1).
Mais si le « pape de l’humanité » n’eut qu’un pontificat éphémère, celui de Rome échappa aux excès
(1) « Le nouvel Évangile a été annoncé, comme il convenait, par le chef d’un peuple libre ; le président des États-Unis a parlé en médiateur de la nouvelle Alliance, en pape de l’humanité. »