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AVENIR DU CATHOLICISME

du dénigrement comme à ceux de l’enthousiasme. Sa politique, presque périlleuse à force de prudence, fut couronnée de succès. Il avait trompé beaucoup d’attentes, mais n'avait blessé gravement aucune susceptibilité. Sa charité, à défaut de son jugement, avait été impartiale. Quand l'étoile allemande déclina, Benoît XV eut de bonnes paroles pour « sa chère France t ; l’héroïne nationale française, Jeanne d’Arc, fut canonisée (1920) ; des relations diplomatiques furent renouées entre la France et le Saint-Siège (1921); le gouvernement italien ne fut plus tenu en suspicion, et le successeur de Benoît XV, Pie XI, reçut des honneurs officiels à Rome quand il monta sur le trône pontifical (février 1922).

5. Aujourd’hui (1924), il faut reconnaître que l'avenir du catholicisme paraît plus brillant qu’en 1914. Deux nouveaux États indépendants, la Pologne et la Hongrie, l’un et l’autre catholiques, sont en contact étroit avec les Slaves schismatiques, dont la réunion à l'Église romaine paraît d’autant moins une chimère <jue l’Église russe orthodoxe est plus irrémédiablement ■décriée et que la Russie ne peut se passer d’une forme quelconque de discipline religieuse. La Syrie et la Palestine sont aux mains de nations chrétiennes, ouvrant largement la porte à l'enseignement et à la propagande catholiques. Le catholicisme reste très puissant en Autriche et dans l’ouest de l'Allemagne. La France, ayant repris l’Alsace-Lorraine, où la tradition catholique est vivace, et occupé la rive gauche du Rhin, a été obligée de modifier sa politique qui, depuis la Séparation, consistait à ignorer l’Église.

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