NATIONALISME ET UNIVERSALISME
d’une force purement morale, l'ont compromis sans affaiblir son autorité. Le mouvement dont il est le chef a pour agents principaux des demi-lettrés, plus ou moins initiés à la science européenne, mais cultive, pour se fortifier, ce qui reste de superstitions dans les basses classes, dont 6 p. ioo seulement savent lire et écrire (1911), alors que les Universités surpeuplées du Bengale inondent le pays de libres penseurs en quête d’emplois. La politique est plus intéressée que la religion à l’avenir de l’Inde, et c’est d’elle seule que cet avenirMépend.
15. Nous avons vu que les liens constitués par les nationalités et les langues l’emportent aujourd’hui sur les liens religieux; il y a donc comme un recul de l’universalisme, des idées de fraternité et de solidarité humaines. Mais comme l’universalisme et les sentiprents élevés qu’il implique n’abdiquent pas, ils se développent à leur manière, ailleurs que sur le terrain religieux. La Société des Nations siégeant à Genève, le socialisme libéral et scientifique, même la troisième Internationale de Moscou, répondent, avec des intentions et des procédés très différents, à ces tendances. « Nous ne pouvons tolérer, écrivait un penseur catholique, que les socialistes érigent, en face de l’Église spirituelle des disciples du Christ, une autre église aspirant elle aussi à la catholicité. » C'est pourtant bien le spectacle auquel nous assistons. Après tant d’autres, la conception de l’Église se laïcise à son tour et promet un asile de paixetdejusticeau genre humain.
Avrü 1924.
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