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RELIGIONS ET NATIONALISME EN INDE

peut dire quelles idées subsistent et s'agitent dans la masse profonde des populations rurales et urbaines. Userait contraire à toute analogie historique que celles-ci passassent sans transition de la religion paysanne et ancestrale, qui est la vraie religion chinoise, à l’indifférence complète. Le buddhisme d’une part, l’islamisme de l’autre, n’ont pas non plus dit en Chine leur dernier mot.

14. Si la décadence des religions de l’Inde ne s’est pas arrêtée, le mouvement nationaliste et antibritannique, qui s’y manifeste avec une force croissante, trouve un aliment dans le mysticisme, inséparable du tempérament indou. Un des premiers apôtres de cette cause du svâradj (self-governement) fut la théosophe anglaise Annie Besant, née en 1847, élève de la Russe Hélène Blavatsky (voir p. 569), qui fonda et présida YIndian Home Rule League. De vingt ans plus jeune, l’agitateur Mohandas Karamchand Gandhi est un ascète auquel le vulgaire attribue même des pouvoirs surnaturels ; les enseignements de la Bâghavatgita (révélation du Seigneur, poème mystique et moral inséré au chant VI du Mahâbharata) s’allient dans son esprit à ceux du penseur russe Tolstoï (1828- 1910), dont la « Lettre à un Hindou » (décembre 1908) contient le programme de non-coopération et de résistance passive qui, sous le nom de Satyagrana, devint le fonds delà politique de Gandhi depuis 1918. En 1920, il prêcha l’union des Indous et des Mahométans contre les Anglais et répudia, comme jadis Gautâma, la distinction des castes. Les violences de ses partisans, en contradiction avec sa doctrine

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