Cumont, Les religions orientales
14. — R. Dussaud, Monuments palestiniens du Louvre, p. 4 (avec fac-similé, trad. et commentaire du texte) ; Rev. arch., 1919, II, p. 59-
Aryas, Indous, Perses.
Sommaire. — I. Les Aryas et les langues aryennes.— Diffusion du type physique européen. — Dieux indous et perses.— Histoire de l'Inde. — Animisme et totémisme. — Migration des âmes et ascétisme. — Culte des morts.— Cosmogonies : le déluge.— Les Védas. — Le sacrifice védique. — Les dieux védiques. — Le rituel.— Les Brahmanes et les Brahmanas.- — Les Upanishads.—Les lois de Manu.— Systèmes philosophiques.— Le jaïnisme et le buddhisme
— Vie du Buddha. — Les livres buddhiques. — Le nirvana. — Bua dhisme et christianisme.— Le roi Açoka.— Conquêtes du buddhisme en Asie.— Le lamaïsme. — Hindouisme : Siva et Vishnu. — Réformateurs en Inde : les Sikhs.— Avenir des religions de l'Inde. -
II. Unité indo-iranienne. — Perses et Mèdes. — Le Zendavesta. —Zoroastre .—Les Mages. — Animisme-, culte des animaux et des plantes. — Conflit du bien et du mal. — Souci de la pureté rituelle. — Croyance à la vie future : la pesée des âmes. — Culte du feu.
— Caractères du mazdéisme. — Mithra et la diffusion du mithraïsme dans l’Empire romain. — Analogies avec le christianisme.— Le manichéisme. — Les Mandéens.
Les Aryas et les Indous.
i. Arya, signifiant « noble », est le nom que se donnaient les Iraniens et les Indous, par opposition aux populations indigènes qu’ils subjuguèrent. Les langues
LES ARYAS ET LES INDOUS
des Iraniens et des Indous, le vieux-perse et le sanscrit, sont apparentées à celles des Slaves, des Germains, des Grecs, des Italiens, des Celtes, comme l’italien, le français, l’espagnol le sent entre eux. La parenté de ces derniers idiomes s’expliquant par leur dérivation commune du latin, on a conclu, de la parenté des premières, à l’existence d'une langue disparue, dite indo-européenne et (abusivement) aryenne. Cette conclusion est légitime; celle qui consiste à postuler une race aryenne l’est d’autant moins qu’il n’existe pas davantage de race latine ou romaine, mais un agrégat politique de peuples qui ont parlé et répandu le latin.
2. Les savants cherchaient autrefois dans l’Asie Centrale le foyer des langues indo-européennes; on incline aujourd’hui à le placer en Europe, quelque part au nord ou au sud de la Baltique. Dans l’Europe du nord, les hommes qui parlent des langues indoeuropéennes sont encore, en bonne partie, de grande taille et blonds; or, ce type se retrouve, du moins dans l’aristocratie guerrière, là où ont été parlées anciennement les langues indo-européennes. L’Arya de l’Inde, dans les plus vieux textes, se vante d’être blond et d’avoir de beaux traits; les indigènes, qu’il appelle Dasyus (ennemis), avaient la peau basanée, la face plate (i). On peut donc parler, en Inde comme en Perse, de l’invasion d’un type européen septentrional, qui s’est introduit dans ces contrées en même temps que les langues indo-européennes et qui s’est mêlé peu
(i) Max Müller, Essais sur la Mythologie, p. 374.