‹ OrpheusChapitre 53 sur 359 · UNITE INDO-EUROPEENNE · texte numérisé non relu

UNITE INDO-EUROPEENNE

à peu, sans tout à fait disparaître, avec l’élément indigène préexistant.

3. Le nom du ciel et, par extension, celui du dieu du ciel, Dyaus pitar (sanscrit), Z eus pater (grec), Jupiter (latin), se rencontre dans plusieurs langues indo-européennes; mais ce sont seulement les Iraniens et les Indous, encore réunis vers 1400 (1), qui possèdent en commun plusieurs noms de dieux : Indra, Mitra, les Asuras, les Dévas, ainsi que celui d’une plante sacrée, sâma (sanscrit) , haoma (iranien). Il faut donc admettre que les Indous et les Iraniens avaient un rudiment de mythologie commune; mais on manque d’éléments suffisants pour parler d’une mythologie ou d’une religion indo-européenne.

4. Notre connaissance des religions de l’Inde se fonde sur un très grand nombre de livres en vers et en prose, rédigés en sanscrit, en pâli, en prâcrit, en tibétain, en chinois, etc. La chronologie de ces textes est très incertaine et il s’en faut que les plus anciens en date nous révèlent les idées les plus anciennes; cela est particulièrement vrai des livres védiques et brahmaniques, œuvres de prêtres qui, pareils en cela aux prophètes d’Israël, n’ont emprunté aux conceptions populaires que ce qui convenait à leur doctrine et à leurs desseins. On peut même dire que la littérature religieuse de l’Inde montre l’avènement progressif des idées populaires les plus anciennes dans les systèmes philosophiques et religieux. Ces idées nous sont surtout révélées par la littérature indoue de basse époque, et

(1) Voir plus loin, p. 91.

LES ARYAS ET LES INDOUS

aussi par les relations des voyageurs modernes, qui ont étudié les superstitions des Indous et leurs coutumes.

5. Les textes religieux les plus importants sont les hymnes appelés Védas, avec les commentaires dits Brâhmanas, les lois dites de Manu, les manuels théologiques dits Sûtras et Upanishads, les livres buddhiques, les grandes épopées et les Purânas ou recueils de légendes. Je m’abstiendrai, dans cet exposé très sommaire, d’abuser de mots indous et je ne parlerai des textes originaux que dans la mesure strictement Indispensable.

6. Les seules dates à peu près certaines de l’histoire de l’Inde sont fournies par les peuples étrangers qui ont été en contact avec elle. Les Indous n’ont presque pas de littérature historique. Ils vivent volontiers dans le rêve. Leur art, comme leur poésie et leur philosophie, se meut dans le domaine d’une fantaisie souvent exubérante, comparable à celle de la végétation dans ce pays tropical. La pensée est comme étouffée par le monde et ne s’en distingue pas; d’où la tendance panthéiste de tous leurs systèmes. Les peuples qui ont habité l’Inde sont de souche très diverse, mais tous ont acquis rapidement les mêmes caractères, en conséquence, semble-t-il, de l’influence du climat et du milieu.

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