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HISTOIRE DE L’INDE

Mégasthène à la Cour de Palibothra (Patna) .

Açoka, le Constantin du buddhisme.

Établissement de hordes Scythes et tartares en Bactriane.

-f- Vers 50.

Kanishka, roi scythe, se fait buddhiste. .

+ Vers 65.

Le buddhisme en Chine.

Les Huns dans le nord de l’Inde .

Voyage du pèlerin chinois Hiuen- Tsang en Inde.

Commencement de la conquête arabe.

Invasion de Tamerlan.

Baber fonde l’empire mongol.

Akbar, le Grand Mongol.

Les Français à Pondichéry.

Commencement de la conquête anglaise.

Révolte des Cipayes.

L’Inde rattachée à la Couronne d’Angleterre.

La reine Victoria impératrice de

l’Inde.

8. Toutes les superstitions ont régné et régnent en Inde. L’animisme se manifeste par le culte des ancêtres, des corps célestes, des montagnes, des fleuves — du Gange surtout — des arbres, des plantes, des coquillages, des pierres, des outils, etc. Le totémisme a laissé des traces non seulement dans certaines inter-

LES ARVAS ET LES INDOUS

dictions alimentaires — la vache — , mais dans le culte très répandu d’une foule de dieux sous forme animale, dans les mythes de la création et du déluge. Aujourd’hui encore, quelques tribus non aryennes de langue se partagent en clans à noms d’animaux, à l’intérieur desquels le mariage est prohibé; il y avait autrefois, dans la caste des Brahmanes, certaines classes ou les unions étaient interdites, ce qui peut marquer une survivance du totémisme. La magie, qui fait le fond des rituels, n’a pas cessé de fleurir en Inde jusqu’à nos jours. Ce sont là des caractères communs à toutes les civilisations primitives. Mais il existe, en Inde, deux conceptions populaires, se rattachant l’une à l’autre par un lien logique, qu’on ne trouve aussi développées nulle part ailleurs. Ce sont celles de la migration des âmes et de V ascétisme libérateur.

q. L’idée de la migration des âmes répond à la mêlempsychose des Pythagoriciens grecs. Comme le totémisme, elle est le produit d’une exagération de l’instinct social; l’Indou se sent apparenté à tout ce qui l’entoure et pense que son âme, avant d’animer son corps, a pu exister dans des êtres de toute espèce, organiques et même inorganiques, et qu’elle passera, après sa mort, dans les corps les. plus divers. Cette incessante migration des âmes ( samsâra ) est ce que les Orphiques grecs appelaient le « cercle de la naissance » ( kyklos tés gênêséôs). Très sensible aux misères de l’existence, l’énergie brisée par un climat humide ou de feu, l’Indou voudrait se soustraire à cett loi fatale qui le condamne à ne jamais connaître le repos; d’où la seconde idée très répandue en Inde, celle

de l’efficacité de l’ascétisme, de la contemplation muette, de l’extase. En réduisant le plus possible sa vie matérielle, ses jouissances, sa pensée même, l’Indou croit détruire le principe actif -qui se manifeste dans la série infinie des renaissances [karman). Il y a déjà de l’ascétisme [tapas) dans les Védas ; si la doctrine de la métempsvchose ne s’y rencontre pas, c’est peut-être qu’elle fut d’abord celle des indigènes plutôt que de leurs conquérants européens.

io. A côté des croyances si répandues à la migration des âmes, on trouve en Inde des idées très semblables à celles des Grecs et des Romains : les âmes des ancêtres ' ( pitris ) habitent le ciel auprès du premier homme [Yama)\ elles restent en communication avec les mortels, viennent prendre part aux sacrifices et aux repas qu’on leur offre; les oblations (srâddhas) sont un devoir strict auquel le fils ne peut se soustraire. Cette croyance était celle des envahisseurs aryens et sans doute aussi d’une partie des indigènes, qui construisaient pour leurs morts de grands tombeaux de pierre analogues à nos dolmens. Le rite de l’inhumation céda bientôt à celui de la crémation, qui avait pour but apparent de faciliter l’ascension des âmes vers le ciel, mais dont la cause première fqt plutôt le désir d’anéantir le corps considéré comme dangereux, c’està-dire la crainte des revenants. Les rites funéraires se prolongent pendant un an, afin d’apaiser l’âme du mort qui est censée voltiger encore autour des vivants et qui, ce temps écoulé, va résider au ciel. L’idée d’un enfer pour les délinquants ne paraît très développée que dans les religions dites indouistes; mais

LES ARYAS ET LES INDOUS

on en trouve déjà quelques traces dans les Védas.

11. La coutume de la satî, qui obligeait une veuve à se brûler sur la tombe de son mari et qui n’a été abolie par les Anglais qu’en 1829, semble être extrêmement ancienne, bien que les Védas n’en fassent pas mention.

12. Les légendes sur l’origine du monde et des hommes sont nombreuses et confuses. Il en est de mystiques, comme celle qui fait sortir les choses de l’Unité primitive scindée par la puissance du Désir; il en est beaucoup de puériles et d’extravagantes. Un géant aurait été sacrifié par les dieux et, de ses membres séparés, seraient issus tous les êtres; la même conception se retrouve chez les Scandinaves et chez leslroquois; quelques Peaux -Rouges substituent, dans cette histoire, un chien au géant. L’âme primitive du monde se serait dédoublée en un homme et une femme, puis en un taureau et une vache, puis en un étalon et une jument, et ainsi de suite, pour produire tous les êtres « jusqu’aux fourmis ». Le dieu Brahma aurait « pêché » le monde au fond des eaux, avec l’aide d’un sanglier, d’un poisson et d’une tortue; il aurait créé tour à tour les autres dieux, puis les hommes et enfin le reste des êtres. La nature entière serait sortie d’un œuf d’or, qui produisit le premier homme, lequel créa les dieux 'par sa parole. La version la plus simple, commune à nombre de peuples, parle du mariage primitif du ciel et de la terre, Dyaus et Prithivî.

13. L’Inde connaît une histoire du Déluge : Manu le Noé indou, est sauvé par le dieu Vishnu qui, sous forme d’un poisson, traîne la barque de Manu jusqu'au

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