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L’ASTROLOGIE

L ’Énéide, devenue l’épopée nationale de Rome, est un poème religieux; les Décades de Tite-Livë, le Chant séculaire d’Horace, les Fastes d’Ovide sont inspirés du même esprit et simulent, à défaut de foi, une sorte de piété. Le trône cherche un appui sur les autels; c’est du règne d’Auguste que date le type de l’homme « bien pensant », qui ne croit à rien, mais envoie ses serviteurs à la messe. Enfin, le culte public rendu aux empereurs, surtout aux empereurs morts et divinisés, dont le Sénat avait donné l’exemple en élevant un temple à César, fut adjoint au culte de la Déesse Rome et devint, dans les provinces, comme la formule religieuse du loyalisme. C’est parce qu’ils refusaient de s’associer à ce culte, que les juifs et les chrétiens furent toujours suspects au pouvoir; les chrétiens le furent d’autant plus, qu’ils ne formaient pas les débris d’une nation vaincue, mais un État dans l’État. « Nous sommes d’hier, écrivait Tertullien vers 200, et déjà nous remplissons le monde; nous ne vous laissons que vos temples! »

32. Le paganisme gréco-romain, avant de mourir, fut vivifié par l’astrologie babylonienne. Une sorte de panthéisme solaire, aux allures à la fois scientifiques et mystiques, remplaça, même dans les classes élevées, le culte des vieux dieux. L’astrologie fit oublier les procédés plus grossiers de la divination et contribua au silence des oracles. Déjà, sous Auguste, le poète Manilius avait exposé les doctrines astrologiques; au ni** et au iv* siècle, toute la haute société païenne en raffola. C'était, en somme, une application de l’idée de sympathie universelle : le pouvoir souverain était

LES ITALIENS ET LES ROMAINS '

attribué aux astres qui, du haut des deux, dominent et gouvernent le monde. La conséquence de cette doctrine était le fatalisme, resté endémique en Orient et auquel le christianisme lui-même, avec l’idée de la grâce, a fait sa part. Pour échapper à la contrainte de l’horoscope, il fallait une magie raffinée, pseudosavante, qui allât de pair avec l’astrologie officielle et celle des astrologues de carrefour. Tout cela, comme l’a montré M. Franz Cumont, contribua plutôt à favoriser le christianisme qu’à en arrêter les progrès, car, d’une part, l’astrologie achevait de discréditer les anciens cultes et rites nationaux, et, de l’autre, elle tendait au monothéisme par la place prépondérante qu’elle assignait, dans le système du monde, au dieu céleste manifesté par le soleil.

33. L’histoire des doctrines philosophiques n’appartient pas à notre sujet; mais il est impossible de ne pas dire un mot des écoles mystiques, en particulier du néo-platonisme, qui, depuis l’Alexandrin Plotin (t 290) et surtout depuis son disciple Porphyre (t 3°5). servirent inconsciemment la diffusion du christianisme par l’abus qu’elles firent des constructions dogmatiques et par leur hostilité au rationalisme. L’action de ces écoles fut parallèle à celle des religions orientales et de l’astrologie, dont elles subirent d’ailjeurs l’influence. Aussi le rationalisme devint-il rare dès la seconde moitié du 11e siècle; déjà Plutarque (t 140) est à moitié mystique. Le xvme siècle s’est imaginé que J ulien et Constantin avaient été des politiques incroyants, l’un hostile, l’autre favorable au christianisme: ce furent, en réalité, des dcvo+s. l’un du

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