COURBURE LOMBAIRE
Hauteur des Fîbro-cartilages
Côté de la concavité.
Fibro - cartilage de la i2.« à la i3.e vertèbre dorsale . 2 lig. i/2
Id. de la i3.e dùrs. à la i.re lomb . .... ..... 2 lig. 1/2
Id. de la i.re lomb. à
la 2.c . . . 3 lig.
Id. de la 2.e à la 3.e lomb. ( impossible à constater à cause de l’ossification du fibrocartilage et d’une exostose .
Id. de la 3.e à !a 4-ê
Côté de la convexité.
Fibro - cartilage de la
i2.e à la . 3.e . 3 lig.
Id. de la i3.e dors, à
la i.re lomb . fi lig-
Id. de la i.re à la 2.e
lomb . 61ig-
Id. de la 2.e à la 3.e lomb. 7 lig-
Id. de la 3.e à la 4-e - 6 lig-
Id. de la 4-e a la 3.e
lomb . ... . 4 12S*
Id. de la 5.e à la 6.e. . . . 4 lig- Total . 38 lign.
lomb . 4 Kg-1/2
Id. de la 4.e à la 5.e. . . 51ig. 1/2 Id. delà 5.' à la G.e - 6 lig- (1)
Total . 24 lig-
Différence , i4 lignes.
Les fîbro-cartilages ont clone, du côté de la convexité , un tiers de hauteur de plus que 'du côté de la concavité. La différence est plus grande que dans la région dorsale? et cependant elle porte sur une longueur bien moins considérable.
(1) Lé côté de la concavité des deux dernières vertèbres lombaircÊ-
formant le côté de la concavité de la 4-c petite courbure -lombaire.
Hauteur des V ertèbres de la courbure lombaire ^
Côté de la concavité.
Hauteur de la 12.° vertèbre dorsale. ... » . . 8 lig.
Haut, de la i3.e . 8 lig.
Haut, dé la i.re lomb ... 8 lig.
Haut, de la a.e et 3.e confondues et pi'ésentant à l’endroit de leur union une éxostose de 6 lignes de hauteur.. i61ig.
Haut, de la 4-e . 1 1 lig.
Haut, de la 5.e . 14 lig.
La concavité est devenue convexité.
Total . 65 lign.
La différence est de dix-nèuf lignes, c’est-à-dire d’environ un tiers, à l’avantage de la convexité de la courbure.
Mais pourquoi les vertèbres lombaires ont-elles participé à la courbure , tandis que les vertèbres dorsales n’ont éprouvé presque aucune altération? cela tient évidemment à l’absence des côtes à la région lombaire. Il est clair, en effet, que les côtes doivent se toucher par leurs bords voisins du côté de la concavité de la courbure , et que leurs connexions avec les vertèbres sont un obstacle à ce que le rapprochement de ces vertèbres ait lieu. Cela est si vrai, que la partie postérieure des côtes éprouve toujours des altérations correspondantes; que cés côtes changent complètement de forme (i) , de direction : leurs
Côté de la convexité.
Hauteur de la 12e vertèbre dorsale . xi lig.
Haut, de la i3.e . 11 lig.
Haut, dé la i.r« vertèbre
lombaire.... . 10 lig.
Haut, delà 2.e lomb... x41ig- Haut, delà 3.e lomb... 1 3 lig.
Haut, de la 4-e . x3 lig.
Haut, de la 5.e . 12 lig.
Total . 84 lign.
(1) En revoyant la relation de cette observation , nous nous apercevons que le Rédacteur n’a pas exactement rendu la pensée de M. Cruvcilhier , dans ce qui se rapporte aux explications qu’il donne du pourquoi et comment les choses sont telles qu’on les trouve, et nous nous croyons d’autant plus fondé à en juger ainsi, que M. Cru-
bords deviennent faces , et leurs faces deviennent bords. Les faces supérieures et inférieures sont creusées d’une oouitière pour pro téger les vaisseaux et les nerfs ; les côtes inférieures deviennent presque verticales , et leur descente , si l’on peut s’exprimer ainsi , n’est bornée que par la rencontre de la convexité de la colonne lombaire sur laquelle elles s’appuient. Les espaces inter-costaux sont presqu’entièrement effacés; mais des exostoses se voient dans tous les points de contact des côtes; ces exostoses (i) sont en partie cartilagineuses et unies entre elles, au moyen d’un tissu fibreux qui leur permet des mouvemens.
A la région lombaire , au contraire , la pression des vertèbres l’une contre l’autre n’est bornée par aucun obstacle; cette pression doit nécessairement déterminer la diminution de hauteur de chaque vertèbre ; car on connaît les effets d’une pression modérée, mais continue, exercée sur les parties dures; à plus forte raison, lorsque cette
veilhier nous ayant diL que c’était la première colonne vertébrale déviée, qu’il observait dans la vue d’étudier les lésions physiques que présentent celles qui sont ainsi déformées , n’aurait pas donné comme constante dans les courbures de la colonne vertébrale même au degré de celle qu’il décrit, l’altération de la partie postérieure des côtes , et qu’encore moins il aurait dit qu’elles changent complètement de forme. La première' de ces assertions ne pouvant être absolue; la seconde n’étant point conforme à l’observation , ainsi que nous l’a appris l’examen de cent trente-six colonnes vertébrales que nous avons disséquées ou fait disséquer sous nos yeux. M.
(i) Il ne faudrait pas prendre pour des exostosés , des éfosicns résultant de la collision des côtes dont nous avons parlé ailleurs ; érosions de la surface desquelles s’élève cette sorte de tissu fibreux qui revêt les formes et réunit souvent les principales conditions des substances fibro-cartilagineuses et synoviales des articulations naturelles. On remarque toutefois de vraies exostoses aux côtes et aux vertèbres, dans beaucoup de déviations du rachis; mais en comparant ces deux sortes de lésion, on aperçoit facilement les traits qui distinguent l’une d’avec l’autre.
pression est produite par un poids aussi considérable que celui que supporte la colonne lombaire. Cette pression peut aller jusqu’à la disparition des fibro-cartilages , jusqu à la soudure des deux vertèbres voisines , dont les hauteurs réunies surpassent à peine celle d’une seule vertèore. On conçoit aussi que le corps de ces vertèbres doit être déformé, excavé (i) plus ou moins profondément du côté de la concavité, et le rapport des apophyses transverses avec le corps, plus ou moins modifié. Les muscles des gouttières vertébrales étaient un peu infiltrés , mais d’ailleurs également volumineux; seulement ils étaient amincis et plus pâles dans la partie de leur étendue qui répondait aux convexités des courbures (2).
Il serait difficile de déterminer par quelle région a commencé la déviation de la colonne vertébrale : est-ce par la région lombaire ? est-ce par la région dorsale (3) ? L’une de ces courbures suppose l’autre , et ces deux courbures supposent les deux autres petites courbures dont j’ai parlé. Il est évident que les moyens à extension ne peuvent agir que sur la portion de courbure qui dépend de la différence
(1) Nous ne l’avons jamais trouvé proprement excavé, mais seulement applati.
(2) Qu’on cherche dans un tel état des muscles à rétablir leur équilibre, à leur rendre la plénitude de leur vitalité avant d’avoir rétabli la direction des os sur lesquels ils ont leurs attaches, et on verra si, avec des machines à mouvemens dits oscillatoires, ou même avec des moxas , on atteindra ce double but. Ce n’est certainement pas trop prendre sur nous que d’affirmer qu’il n’y a aucune possibilité de produire de tels effets avec de tels moyens.
(3) L’observation nous a appris à cet égard que la déviation de la colonne vertébrale , indépendante de cause interne , du moins manifeste , ou pouvant être présumée, commence presqu’aussi souvent par !e bas de la taille que par tout autre point de son étendue.
de hauteur des fibro-cartilages ; que conséquemment ils doivent être en général plus efficaces pour les courbures dorsales que pour les courbures lombaires, et’ que leur emploi doit être circonscrit dans des bornes qu’il est bien difficile de déterminer à priori (i). Reste à savoir maintenant quelle est la cause de ces courbures, si elle n’existe pas primitivement dans les vertèbres aussi bien que dans les fibro-carlilages. Toujours est-il que la position horizontale et les moyens à extension ne sont dirigés que contre des effets qui persistent souvent indépendamment de la cause qui les a produits; que par conséquent ces
(i) Nous ne comprenons point l’importance de cette distinction puisqu’il est reconnu que le but de l’extension ne doit être que la dépression des ligamens intervertébraux d’un côté, et l’écartement des vertèbres de l’autre , écartement duquel doit résulter le retour à leurs dimensions normales , des portions de ces ligamens qui les ont perdues.
Quoi qu’il en soit, nous ferons remarquer au sujet de ce dernier passage : ' , ,
Premièrement, que c’est trop réduire l’effet de l’extension que de le borner à son action sur les ligamens intervertébraux , tandis qu’il- est certain qu’il s’étend à la substance des Vertèbres lorsque ces os n’ont pas acquis le complément de leur ossification , et qu’il est encore fort probable qu’appliquée, plus Jong-temps à la vérité, elle peut agir sur ces organes à la suite de leur ramollissement mor- We, ou même dans leur état sain et après l’ossification , qinsi que nous le ferons voir en temps et lieu.
Et secondement, relativement à l’opinion , que l’extension doit tre en général plus efficace dans les courbures dorsales que dans les courbures lombaires , nous dirons que , l’observation exacte conduit à des conclusions opposées à ce raisonnement, quelque conséquent qu’il paraisse , vu que 'sur un nombre donné de déformations de la taille , que nous parvenons à corriger plus ou moins , ans 1 espace de six à huit mois , il arrive le plus souvent que 'les ‘cci ications commencent par en bas , et non au milieu du dos, rnmns encore au uivcati dos cpanles.
moyens sont précieux dans beaucoup de cas, soit pour s’opposer au développement de ces courbures, soit pour redresser celles qui ne font que de paraître; mais qu’ils ne sauraient dispenser d’aller à la recherche de la cause , et de l’attaquer par des toniques internes et externes. Qui j n’a vu des déviations du rachis céder par le seul fait du régime tonique , aidé surtout de l’accroissement des or- ■ ganes? (1)
Observation sur une déviation de la colonne vertébrale ; , recueillie dans le service de M. Serres , médecin en chef i; de la Pitié ; par M. J. G. M.\rtin , élève interne rnern- | bre de la Société Anatomique.
Marie Semi, âgée de 58 ans, constitution détériorée, n’ayant jamais eu d’enfans , entra à l’hôpital de la Pitié U| vers la fin de l’année 1825, fut placée dans les salles .( •de M. Serres, et traitée d’une gastrite. Des imprudences |< de la part de la malade amenèrent une rechute ; le dé- i
(1) Nous ayons dit ailleurs, de quelle influence sur le suGcès du [fi traitement peut être la ponnaissance de ces causes, et nous avons m dit encore que c’était de beaucoup trop réduire l’effet de l’extension il horizontale, que de le croire seulement propre à prévenir des dé- H viations , ou à corriger celles qui ne feraient que commencer. Mais \ nous devons ajouter ici, que nous sommes loin de penser qued’em- I ploi des toniques puisse être la seule conséquence de la découverte .ni des causes des déviations de la colonne vertébrale. Cp serait supposer pi qu’il n’y en a qu’une, et une telle supposition n’est point admissible : J» cela est si vrai , qu’il est fort rare de voir ce moyen réussir.
D’autre part , nous répondons à cette, assertion, qui n’a ou des la des déviations du rachis céder par te seul fait du régime tonique, etc.?]» Qu’il est physiquement impossible que ce régime fasse céder de p vraies déviations avec altération des formes des parties, et qu’il est il propre seulement , dans certains cas , à les prévenir.
voiement survint, dura fort long-temps malgré tous les moyens employés , et mit fin à ses jours.
Autopsie cadavérique.
Extérieur. — Maigreur extrême de tout le corps ; tête volumineuse; thorax déprimé; abdomen très -affaissé. A la partie moyenne , était une saillie longitudinale simulant une coi'de fortement tendue au-dessous des tégumens.
La colonne vertébrale offrait deux courbures , dont l’une , supérieure , peu prononcée , et l’autre , inférieure extrêmement marquée ; la convexité de ses courbures était à gauche. La colonne vertébrale n’avait point subi de torsion remarquable sur elle-même. Le membre supérieur gauche et l’inférieur du même côté étaient infiltrés.
Dissection des muscles de l'abdomen. — Le grand oblique droit était relâché, ses fibres molles et peu résistantes. Le gauche était au contraire fortement contracté, ses fibres peu résistantes.
Le petit oblique droit, relâché; le gauche, fortement tendu de devant en arrière ; consistance des fibres plus forte du côté gauche.
Les pyramidaux étaient très-peu développés.
Le droit antérieur du côté gauche, long de 7 p. 6. lig. , n offrait rien de remarquable; il était traversé par deux bandelettes aponévrotiques ; celui du côté droit , long seulement de 5 p. et demi, était fortement distendu; c’est ce dernier qui faisait la saillie que l’on remarquait à l’extérieur. Ses fibres musculaires paraissaient déchirées dans quelques endroits, et résistaient très-peu aux tractions qu on exerçait sur elles; aucune bandelette aponévrotique ne traversait ses fibres.
Les muscles transverses et le diaphragme n’offraient rien e remarquable. Des muscles psoas, le droit était plus
court et moins résistant que le gauche, seulement son insertion au rachis se faisait dans une étendue plus considérable. Le gauche offrait une masse une fois plus considérable que le droit; il s’insérait plus haut au rachis sans s’élargir. Par cette disposition', le psoas droit , de forme triangulaire, paraissait plus volumindux que le gauche, ses fibres étant disposées en éventail; mais l’épaisseur de ce muscle n’était, sur une étendue de deux pouces, que de deux lignes près de son insertion ; plus loin il devenait plus épais. Le carré droit des lombes était extrêmement petit , et ses fibres fort lâches, incapables de mouvement; il n’en était pas de même du gauche , celuici, très-distendu , tirait fortement en bas la dernière fausse côte.
Les iliaques n’offraient rien de remarquable. De l’inclinaison du thorax sur le bassin résultait ,que du côté droit les côtes flottantes se trouvaient dans la fosse iliaque; il y avait un espace de deux pouces et demi entre
la crête de l’os des îles et la face externe des fausses côtes, dans lequel se trouvaient enfermés le cæcum , son appendice et environ la moitié du colon ascendant , qui, pour gagner le colon transverse , décrivait une courbure insolite en se réfléchissant sur le bord inférieur de la dernière côte flottante.
Toute la muqueuse gastro-intestinale, d’un blanc terne, était plus ou moins l'amollie , ulcérée sur plusieurs points. Le foie contenait trois hydatides , l’une de deux pouces et demi de longueur sur un pouce de largeur ; les deux autres étaient arrondies et du volume d’une grosse noix. De ces hydatides, les deux dernières étaient visibles a la surface externe du foie ; l’autre était cachée dansfla substance de cet organe. La rate était saine; le pancréas offrait un volume assez considérable ; les reins étaient très-petits et gorgés de sang. La matrice était très— petite ; les ovaires atrophiés et très-durs. Des organes thora-
ciques les poumons étaient sains; il n y avait aucune adhérence entre les plèvres ; le cœur était peu volumineux; le ventricule gauche légèrement hypertrophié. Les valvules sigmoïde etsigmoïdo-mitrale étaient entièrement ossifiées, et ne laissaient qu’une très-petite ouverture pour le passage du sang.
L’appareil sensitif interne était sain.
Des muscles de la région postérieure du tronc.
Des muscles trapèze , le gauche paraissait plus large que le droit ; ce dernier avait l’aponévrose qui recouvre la facette triangulaire de l’épine de l’omoplate très petite en comparaison de celle du côté opposé.
Le muscle grand dorsal ne présentait rien de particulier. Le muscle angulaire gauche était plus court de 5 lignes que l’angulaire droit.
Des muscles rhomboïdes , le gauche était plus distendu que le droit. La direction de ses fibres était aussi plus oblique de dedans en dehors et de haut en bas. Le muscle dentelé postérieur supérieur gauche n’offrait rien de remarquable ; le muscle dentelé postérieur inférieur droit était plus petit que le gauche.
Les muscles splénius étaient également tendus ; le muscle sacro-lombaire gauche et le long- dorsal de ce côté étaient fortement tiraillés ; les libres de ces muscles étaient plus résiliantes que ne l’étaient celles des mêmes muscles du côté droit.
Les muscles transversaires, petit et grand cbmplexus , grand et petit droit postérieur de la tête, le petit et le grand oblique n’offraient rien de remarquable.
Il n en était pas de même des inter-transversaires épineux. Du côté de la convexité, le premier, en comptant de bas en haut, avait une ligne de plus que le dorrespondantdu côté de la concavité.
Le 2.c, i 1.
Le 3.c , 2 1.
Le 4.% 1 1. 4.
Les autres muscles du même nom n’offraient rien de remarquable.
Différence de V épaisseur des fibro-cartiiages , en comptant
de bas en haut.
Du côte de Ici concavité. , Du côté de la convexité .
L'e th*a 2 1 . . 3L j.
Le 7.e v ...... f.- . 41: f.
Le 8.e al. . .;. . 4 1. 4.
Le9-e o.... . . . . 41.4.
Le 16.- . . . Si.
Le n.e 5 1.. Vi i . . 51.' j.
Différence à l’avantage de la convexité , 12 lig. Différence de V épaisseur des vertèbres.
Du côte' do, la concavité. Du côté de la convexité.
La i.re lombaire a
La 2.e .
La 3.e .
T tk L e-
JLJ (X lL .••••••••• •
La 5,V . -
Différence à l’avantage de la convexité , 1 1 lignes.
Cette courbure est donc le résultat: i.° d’une épaisseur des fibro- cartilages plus considérable de 12 lig. 7 d’un côté que de l’autre; 2.0 d’une épaisseurdes vertèbres lombaires plus considérable encore de xi 1. d’un côté que de l’autre. En tout 28 lig.,. 4 de plus du côté des convexités que de celui des concavités.
Je croyais pouvoir ajouter deux autres observations de déviation de la colonne vertébrale à sa partie lombaire ;
les convexités tournées à gauche; mais le temps nécessaire pour décrire exactement l’état des muscles des fibrocartilages et des os m’ayant manqué , je me suis borné à observer l’état dans lequel j’ai trouvé la matrice; la situation , la figure et les rapports des organes que je viens de nommer ne m’ayant d’ailleurs paru rien offrir que d’à-peu près conforme à ce que j’ai noté dans l’observation ci-dessus. e
Chez les deux sujets, la matrice offrait un tissu entièment résistant , un volume à peu-près ordinaire , les parois très - épaissies , la cavité entièrement effacée. Chez l’une , les deux ovaires étaient de la meme consistance que le tissu même delà matrice ; chez l’autre , les deux ovaires étaient volumineux, etcontenaieni un liquide jaunâtre.
Voici les remarques qui ont été faites par M. Serres, c’est Lui qui va parler; j’ai écrit sous sa dictée.
« Les déviations de la colonne vertébrale, dans la » partie inférieure de la région dorsale et la partie supé- » rieure de la région lombaire, sont importantes à re- » marquer à cause de leur coïncidence avec l’atrophie '• des ovaires et de l’utérus. Il y a plusieurs années que » nous avions remarqué ce rapport; mais ce n’est que “ depuis nos dernières recherches sur l’infîuence de la » moelle vertébrale dans les fonctions de l’utérus , que 11 nous en avons pressenti l’application. Il est probable » que pette atrophie de la matrice et de ses dépendances, est produite par la compression continuée de ” la partie inférieure de la meëlie épinière. Nous avons ” en effet remarqué que les femmes qui ont offert cette
* d6vjal,on > ont été frappées de stérilité. Ce qui ajoute
* ur,e nouvelle preuve aux observations pathologiques ” SUr desquelles nous avons fondé le rapport physiologi-
que de la partie inférieure de la moelle épinière avec
’ ;e* !.°r*ançs ^nitâux de îa ^mme. Vous vous rappelez cette jeuqe fille décédée à la Salle Sainte-Thérèse ,
» chez laquelle une Inflammation chronique de la por- » lion inférieure de la moelle épinière avait empêché la >> manifestation des règles , et sur laquelle nous trouvâ- » mes le corps de la matrice enflammé , ainsi que les « ovaires, et une matière purulente qui remplissait la cavité » des trompes. Vous vous rappelez également les hydro- « pisiesque nous avons rencontrées sur des femmes para- » plégiques , dont les parties inférieures de la moëlle épinière étaient plus ou moins désorganisées. Enfin ,
» vous avez présens à la mémoire les cas malheureux, si » nombreux cette année, de femmes enceintes etvario- » lées, qui toutes ont succombé après être avortées, et « chez lesquelles nous avons trouvé des épanchemens » sanguins dans la partie inférieure de la moëlle épinière » ou des ramollissemens plus ou moins profonds de sa « propre substance. Tous ces faits prouvent donc le rap- • » port intime qui lie 1 action de la partie inferieure de « la moelle'épinière aux fonctions des ovaires et de 1 u- » térus.
» Si maintenant , la coïncidence delà stérilité avec la
» courbure delà partie inférieure delà colonne vertébrale,
» n’est pas un pur effet du hasard dans les cas qui ont été « soumis à notre observation , vous concevez combien il » devient important d’employer les moyens convena- » blés pour rétablir la colonne vertébrale dans sa recti- » tude naturelle. Aujourd'hui que des médecins éclairés » s’occupent de cette branche de l’art, il est essentiel de » signaler l’influence funeste de cette déviation sur la » fécondation. «
Réflexions sur les trois observations ci-dessus , et sur les. remarques de M. Serres.
La première de ces observations , comparée à celle de M. Cruveilhier, présente, sous le rapport des muscles ,
des fibro-cartilages et des vertèbres , à peu-près les memes changemens de situation , de consistance et de forme. Les courbures sont inséparables de ces étals anormaux.
Voilà deux cas dans^ lesquels [on ne peut nier que l’obstacle actuel à un redressement quelconque ne fût dans l’altération des formes des fibro-cartilages et des vertèbres qu’ils unissent. Ces deux exemples offrent donc deux preuves nouvelles à ajouter à cent quarante du même genre , que nous avons recueillies nous-même. Nous avions annoncé que les premières recherches qu’on ferait, prouveraient nécessairement l’exactitude et la vérité de nos assertions, et ces premières recherches ont produit ces preuves.
Toutefois, ce n’est pas sous ce rapport seul que cette • observation est digne d’attention. Elle montre l’état de divers muscles avec lequel la déviation qui en fait le sujet, coïncide dans une condition telle, qu’il est. physiquementimpossible d’apporter la moindre amélioration à leurs propriétés vitales , pour les rendre capables , nous ne disons pas d’opérer son redressement, mais seulement de contribuer à produire cet effet.
Elle offre encore ce fait que nous avons dit précédemment être des plus concluans contre l’opinion où l’on serait , que la presque totalité des courbures de la colonne vertébrale est causée par l’aclion plus répétée d’un bras , puisqu’elle est très-peu sensible vers l’épaule , et qu’elle est au contraire très-prononcée à sa partie inférieure. Nous avions dit à ce sujet que ces cas n’étaient pas rares , çn voilà une preuve , et les deux observations que M. Martin ne fait qu’annoncer après l’exposé fort exact de celle-ci, en offrent encore deux tout-à- fait semblables.
Les remarques de M. Serres , à la suite de ces trois observations, paraîtront certainement propres à appeler 1 attention des praticiens sur la coïncidence des cour bit-
rcs de ]a colonne vertébrale à sa région inférieure , avec les lésions des organes de la génération , lésions, comme on le voit , de telle conséquence , qu’il est probable qu’elles sont souvent des causes de stérilité.
Mais encore ici se présente cette question , sujet de tant de doutes, qu ilestsisouventaussiimportantquedifficiled éclancii dans la pratique de la médecine, etquiestde savoir, si nous avons dans 1 état actuel de la science, des données sulfisantes pour pouvoir distinguer les cas où les déviations de l’épine sont dues à une maladie de la moelle épinière , d’avec ceux où cet organe n’a été affecté que par suite de cette déviation.
Une autre question , non moins difficile et importante a résoudre , se présente encore; elle est toute relative à | 1 influence que peut exercer sur la fécondité, la déviation [ des vertèbres lombaires. Les remarques de M. Serres, et ; les conclusions qu’il tire de la coïncidence de la stérilité i avec les maladies de la moelle , constatées par ses dissec- ; lions, nous paraissent devoir en faciliter la solution ; et , , pour ce qui nous regarde , l’état dans lequel il a trouvé , , en ces circonstances , la matrice et les ovaires, ne nous permet pas de douter que la participation deces organes à l’affection de la moelle épinière, ne soit une cause suffisante de stérilité. Toutefois , comme nous avons observé nousmème , plusieurs déviations des vertèbres lombaires , qui ont vicié les premières la colonne vertébrale, même chez des femmes fécondes , nous pensons que beaucoup de re- 1 cherches et d’observations restent à faire, dans le principal but de découvrir les diverses causes qui la vicient primitivement dans cette région. Ces nouvelles recherches nous fourniront probablement les moyens d’expliquer deux faits qui ont attiré notre attention : l’un , qui consiste , d’après notre observation , en la coïncidence de la stérilité avec de très légères courbures de la région lombaire de l’épine; et l’autre, en la coïncidence delà
fécondité avec des courbures très-prononcées. De ces deux faits, nous serions porté aujourd’huià conclure que la cause de la stérilité doit être bien plutôt déterminée par une maladie même légère de la moelle épinière , en raison de l’influence de ses nerfs sur le système de la génération , que par une courbure , même assez prononcée , de la colonne vertébrale, dont la cause serait bornée à elle même , et ne tiendrait actuellement qu’à des altérations de forme, auxquelles le système de la génération n’aurait pris aucune part , ainsi que le prouvent les grossesses même de femmes rachitiques.
Quoi qu’il en soit, d’après ce qu’on vient de voir, on peut déjà pressentir de quel intérêt doit être l’étude des difformités de la colonne vertébrale. Les observations que nous rapporterons par la suite , nous montreront encore sous combien d’autres rapports elle doit être utile.
Suite de la relation sommaire des soixante-huit cas de maladie ou de simple déformation de la colonne vertéhrale , dont V exposition commence à la page 1 28 du g second Numéro de ce Journal.
La personne âgée de 21 ans qui fait le sujet de cette observation , est issue d’un père faiblement constitué . mais bien conformé , dont le système nerveux prédomine , et d’une mère douée d’une constitution athlétique; l’un et l’autre jouissent habituellement d’une bonne santé. Elle est la première née de cinq enfans , tous sains et bien conformés. Depuis sa naissance jusqu’aux approches de la puberté, elle n’avait pas éprouvé la moindre indisposition. C’est vers cette dernière époque que ses parens se sont aperçus de son mauvais maintien, auquel ils ont, comme d ordinaire , attribué la déformation de sa taille. Des corsets , des bandages de diversés formes , des
ba,QS aromatiques , des moxas ont été d’abord opposés à cet accident, mais sans succès.
La menstruation s’est cependant établie complètement et sans effort violent, pendant l’emploi de ces moyens. On assure que chez cette jeune personne dès ce moment toutes les parties de son corps ont acquis un développement extraordinaire , et notament un embonpoint peu commun. Les corsets sont devenus si gênans, qu’il a fallu en cesser l’usage. On ne croyait plus d’ailleurs avoir les mêmes motifs de les employer, la taille paraissant plus droite. Environ trois ans se sont écoulés sans qu’on se soit aperçu d’un changement d’état en bien m en mal; mais au commencement de la quatrième année, la jeune personne a essuyé une maladie violente de très-courte durée, dont les symptômes ont été mal observés dans une pension où elle n’a été visitée par un médecin , qu’à son entrée en convalescence. Les seuls renseignemens qu’on peut avoir sur la nature de celte maladie, sont que toutes les grosses articulations devinrent très-douleureuses , et celles du genou et des coudes un peu tuméfiées. La jeune malade fût obligée de garder le lit plusieurs jours de suite , soit à cause des douleurs qui l’auraient empêchée de se lever , de se soutenir et plus encore de marcher , soit parce que des transpirations très-abondantes et presque continuelles faisaient craindre de l’exposer à ces impressions de l’atmosphère.
Depuis trois ans , la déviation devenait plus manifeste ; elle causait vers la fin , de la gêne à la respiration , et des irrégularités dans l’apparition des mois.
Consulté sur son état le 8 octobre 1824, nous reconnûmes une déviation latérale droite peu prononcée vers l’épaule, beaucoup plus au milieu du dos, et plus encore au bas de la taille, d’où résultait une élévation de la hauche de 2 pouces -■ au-dessus de la droite.
Mesurée le matin , cette jeune personne était haute de
4 pieds 8 pouces , et le soir d’un pouce à 18 bg. de moins. La gêne de larespiration était beaucoup plus considérable le soir que le matin. Les systèmes capillaire sanguin et lymphatique étaient excessivement développés ; l’embonpoint extraordinaire.
Nous conseillâmes l’usage de nos moyens extenseurs de la colonne vertébrale après des préparations préliminaires qui nous parurent nécessaires , et qui consistèrent en l’abstinence d’alimens jusqu’alors beaucoup trop nourrissans , et même échauffans. Le vin et le café permis ou même conseillés avant que nous fussions consulté, furent absolument interdits; on les avait crus l’un et l’autre utiles pour faciliterles digestions pénibles depuis quelque lems. L’expérience prouva bientôt que l’usage de l’eau trèsbonne d’une fontaine voisine ( cette jeune personne habitait une maison de campagne) , produisait mieux cet effet. Une nourriture plus végétale qu’animale , fut substituée à celle qui se composait auparavant presque toute de bœuf, de mouton , ou de gibier rôtis.
A la prescription de ce régime fut jointe celle de s’abstenir de se tenir’debout ou assise , et de demeurer étendue nuit et jour sur un plan uni, et d’abord convenablement incliné.
. Mesurée un mois après , cette jeune personne , qui avait passé le terme de tout accroissement sensible , était haute de 4 pieds 9 pouces. Plusieurs expériences furent faites dans la vue d’apprécier l’effet que produiraient la marche ou les exercices auxquels elle se livrait auparavant , et alors que la différence de sa hauteur mesurée le matin et le soir , était au moins d’un pouce à 18 lig.
Dans la première, on n’observa qu’une diminution de dix lignes sur la hauteur du corps mesurée le malin.
Dans la seconde, qui eut lieu huit jours après, la position horizontale ayant été absolument gardée , cette diminution ne fut que de 9 lignes.
( ÏÔÛ )
On laissa i 5 jours s’écouler, même régime et même station au lit observés. La jeune personne mesurée le matin , on la trouva de la taille de 4 pieds 9 pouces 2 lig. ; elle marcha sans béquilles, se tint debout ou assise pendant i5 heures, comme les deux autres fois quelle avait été mesurée. Cette troisième fois , la diminution de la hauteur fut comme la première de 10 lignes; elle avait donc le soir 4 pieds 8 pouces 4 lig.
Rendue à Paris le 7 janvier 1825, elle fut établie sur notre lit à mécanique , sur lequel elle passa plus de i5 jours, n’y étant soumise qu’à un très-faible degré d’extension , la pression de l’ancien collier ne lui permettant pas d en supporter un plus considérable. Ce ne fut que dans les 10 jours suivans , que déjà habituée à cette incommodité , un degré suffisant d’extension lui fut appliqué en deux séances par jour, de deux heures et demie chacune.
Nous reconnûmes alors que chez cette personne la colonne vertébrale , plus extensible vers son milieu, que vers ses extrémités, pouvait céder sans douleur aux efforts delà bascule attirée en bas par notre pied droit, et s’alonger ainsi de 17 à 18 lig. Alors la laissant revenir en partie sur elle-même, nous n’opposâmes à la tendance qu’elle avait à y revenir tout-à-fait , qu’une puissance suffisante pour maintenir un alongement de 8 lig., pendant les deux stations du jour au lit: la nuit, la tension étant beaucoup moindre , et ne devant avoir pour objet que de s’opposer à la flexion du tronc, naturelle dans le sommeil.
Ce degré de tension continué pendant i5 jours, la jeune personne fut mesurée une quatrième fois, le matin. Sa taille était de 4 pieds 10 pouces. Elle marcha , se tint debout ou assise encore pendant i5 heures , et remesurée le soir , elle n’avait perdu que de 7 à 8 lig.
Pendant sept mois i4 expériences semblables ont été répétées deux fois par mois; les progrès de l’élévation de la taille ont été tels qu’on va le voir.
Dans la première de ces i4 expériences , la taille était le matin , de 4 pieds 10 pouces a hg.; le soir , de 8 lignes de moins.
Dans la 2.®, de 4 pieds 10 pouc. 7 lig. le malin; d’un pouce de moins lesoir. Dans la 3.°, de 4 pieds 10 pouc. 8 lig. le malin ; de 1 1 lig. de moins le soir. Dans la 4.®, de 4 pieds 10 pouc. g lig. le matin ; de i3 lig. de moins le soir. Dans la 5.°, de 4 pieds 10 pouc. 1 1 lig. le malin ; de 9 lig. de moins le soir- Dans la 5.e, de 4 pieds 1 1 pouc. x lig. le malin ; de 8 lig. de moins le soir. Dans là 6.®, de 4 pi eds 11 pouc. 1 lig. le matin ; de 7 lig. de moins le soir. Dans la 7.% de 4 pieds 1 1 pouc. 3 lig. le matin ; de 7 lig. de moins le soir. Dans la 8.®, de 4 pieds 11 pouc. 4 lig. le matin; de 7 lig. de moins le soir. Dans la 9.®, de 4 pieds il pouc. 5 lig. le matin ; de 7 lig. de moins le soir. Dans la 1 o.®, de 4 pieds u pouc. 5 lig. 1 e matin ; de 6 lig. de moins le soir. Dans la 1 1.°, de 4 pieds 1 1 pouc. 7 lig. le matin ; de 7 lig. de moins le soir. Dans la 12. e, de 4 pieds 1 1 pouc. 6 lig. le ma lin ; de 6 lig. de moins le soir- Daus ta i3.p, idem. id. id.
Dans la i4.°, de 4 pieds 11 pouc. g lig. le malin , de 5 lig. de moins le soir. i
A la fin du septième mois , la taille de cette jeune personne a donc acquis , parle traitement , mesurée le matin, à partir de ce qu’elle était au 7 janvier , 2 pouces 7 lignes, et mesurée le soir, 2 pouces 2 lignes. On a pu compter, que par la simple station au lit, elle avait acquis , mesurée le soir, 4 lignes dans environ 3 mois.
Le traitement n’ayant consisté, depuis le 12 juillet jusqu’au ier novembre suivant , qu’elle est partie pour la campagne , qu’en des stations au lit , avec accroissement progressif des puissances extensives , telles que nous les conseillions par correspondance, a produit encore 5 lignes d’élévation de la taille.
Le 3 novembre , de retour à Paris , nous lui avons continué nos soins ; et depuis cette époque jusqu’à ce jour 20 mars 1826, il y a eu, du 3 novembre 1825, au 16 janvier 1826 , 5 lignes de plus : il y en a aujourd’hui encore 8 de plus, la jeune personne mesurée le soir, ayant tout le jour marché sans béquilles, etc.
Le redressement résulte donc de la diminution des com bures de la colonne vertébrale , opéré par l'écarte-
menL (le ses deux extrémités, porté ligne par ligne jusqu’à 3 pouces 8 lignes.
Nous avions calculé aussi approximativement, qu’on pouvait le faire, en mesurant la longueur de la colonne vertébrale , avec un cordon appliqué de manière à faire apprécier ses inflexions, qu’il fallait au moins six pouces trois lignes pour obtenir une rectification complète à laquelle nous n’avions pas assuré d’ailleurs qu’on pût parvenir. Restent donc 2 pouces 7 lignes d’alongement à obtenir pour atteindre ce but. Nous n’affirmons point que nous y parviendrons , mais nous croyons pouvoir assurer que nous obtiendrons encore une amélioration telle que , le dos nu , on aura peine à reconnaître à quelques pas de distance , ce qui restera de cette déviation.
Nous terminons cette observation, en disant que les conséquences du redressement , tel qu’il est aujourd’hui, sont que les hanches se trouvent absolument de niveau, que l’épaule droite est de moitié moins élevée au-dessus de l’autre qu’elle ne l’était , et que celui des deux seins , dont le développement était de beaucoup inférieur à celui de l’autre , lui est presque égal aujourd’hui.
Il nous reste à parler des deux personnes non mariées , de la classe de 20 à 45 ans.
La première est âgée de 21 ans et demi ; elle est issue de père et de mère bien constitués , n’ayant jamais été malades , tous deux d’un tempérament sanguin , beaucoup moins développé , toutefois chez le père , dont le système nerveux se ressentit un moment de l’abus qu’il faisait de son aptitude à la culture des sciences abstraites, lorsque celui de ses enfans dont il s’agit, fut conçu. Le grandpère paternel, rachitique, est mort à 35 ans. Chez cette personne , la déviation de la taille se fit d abord remarquer deux ans après l’établissement régulier de la menstruation ; et , selon toutes les apparences , elle avait commencé avant cette époque où 1 on avait cru s apercm on.
f]iie l’épaule droite était plus haute que la gauche. Elle jouissait d’ailleurs d’une assez bonne santé, quoique délicate.
Consulté le 10 mars i8‘i5, nous avons reconnu une déviation latérale dont la convexité était tournée à gauche au lieu de l’être à droite , comme cela se voit plus souvent. C’était la hanche droite qui était la plus élevée ; les côtes étaient beaucoup plus déformées qu’elles ne le sont dans la déviation de l’épine au degré de celle-ci , la respiration était gênée; les digestions presque habituellement troublées par des vomissemens; les membres inferieurs faibles et comme engourdis ; la menstruation irrégulière.
Avant de nous expliquer sur ce que nous pensions cl un tel état, nous avons conseillé la station presque horizontale sur des matelas fermes, sans traversin ni oreiller. Cette jeune personne n’a pu dormir une seule nuit ainsi couchée , et nous avons cru devoir ajourner indéfiniment tout traitement spécialement dirigé contre la déviation. Seulement, pour en prévenir les progrès, nous lui avons recommandé la station sur un lit moins incommode quele premier, mais plus horizontal que celui dont elle se servait auparavant. Depuis huit à neuf mois, il n’est survenu aucun changement qui puisse exiger ou motiver d’autres conseils.
La seconde , âgée de 20 ans et demi , est née de père et de mère rachitiques; elle est elle-même affectée de ce vice au plus haut degré ; mais , ce qu’il y a de remarquable , c’est que , deux de trois frères qu’elle a , en sont absolument exempts , et qu’elle-même n’en a éprouvé les premières atteintes qu’à la suite d’une petite vérole confluente qu’elle a eue à l’âge de 16 ans. Son troisième frère, d’une très faible constitution , a la poiti'ine voûtée devant et derrière , et lés os des membres inférieurs arqués.
Notre avis a été qu’on s’abstînt de toute application de moyens extenseurs de l’épine ; on s’est refusé à le suivre , convaincu qu’on était, que l’application d’une puissance même faiblement extensive, Plongerait facilement; et réellement l’application, par voie d’essai, d’unè force qui dans les cas ordinaires, n aurait pas opéré immédiatement un alongement d’un pouce, en a opéré un dedeux et demi sans la moindre douleur.
Etonné de cette extensibilité , et n’en augurant pas aussi favorablement que la jeune personne et ses paréos , loin de la juger propre à faciliter un redressement sans danger, nous en sommes revenu à notre premier avis , et nous avons insisté pour qu’il fût suivi. Les parens se sont rendus a nos raisonnemens , quoiqu'avec peine; nous pouvons même dire qu’ils y auraient résisté , si espérant beaucoup trop de l’extension, ils ne l’avaient portée, à notre insu, bien au-delà du degré auquel nous l’avions portée nous-même , et s’ils n’avaient ainsi occasioné des douleurs tout le long de l’épine , devenues bientôt insupportables, comme nous l’avions prédit.
Sur les 26 jeunes filles dont nous allons parler , il y en a huit de 3 à 10 ans; douze de 10 â 16, et six de 16 à 20.
Parmi celles de 3 à 10 ans, il y en a une de 3 ans, deux de quatre à cinq , et cinq de cinq à dix.
La première de ces huit, est scrophuleuse et rachitique. Le corps de son père est couvert de cicatrices , résultats d’affections de même nature qui se manifestèrent chez lui dès l’âge de deux ans comme chez sa fille, c’est-à-dire par l’engorgement des glandes sous maxillaires, sous-axillaires et inguinales,' et la déviation de l’épine consistant en la convexité de toute la série des vertèbres cervicales et la déformation du sternum dans le même sens.
Consulté pour la première fois le 12 mars 182.5, nous avons conseillé de substituer au régime alimentaire et
( ig3 )
anx médicament toniques une nourriture moins animale, peu de vin, et pour tous médicamens quelques doux purgatifs de tems en tems , des infusions sudorifiques , des bains chauds; des frictions sur toute la surface du corps, et la station au lit.
Les digestions sont devenues meilleures, la diarrhée presque habituelle, plus rare; le ventre moins tuméfié. Ces changemens se sont opérés dans un mois et demi , et ce nouvel état est demeuré stationnaire pendant environ trois mois , après lesquels un mouvement fébrile s’est manifesté tout-à-coup , en même temps qu’une constipation opiniâtre , une soif continuelle avec chaleur concentrée vers le thorax et l’abdomen. Les glandes sousmaxillaires dans lesquelles nous avions cru remarquer une tendance à la résolution , se sont au contraire tuméfiées avec douleur. — i5 sangsues autour du col , cataplasmes émolliens , bains tièdes , diète végétale et rafraîchissante. Diminutionide ces symptômes le 6.® jour, cessation le dixième ; accroissement cependant de la courbure de la région des vertèbres cervicales , mouvement fluxionnairevers son milieu, point le plus proéminent; chaleur et rougeur à la peau ; gêne et oppression dans l’appareil respiratoire. — Vingt sangsues au-dessus de La tumeur, cataplasme émollient. Diminution de ces derniers symptômes le cinquième jour ; cessation le septième , mais toujours accroissement de la convexité du milieu de la région cervicale.
Cette crise passée , même état qu’auparavant dans l’ensemble des fonctions en général; oppression toutefois plus grande. Séton an-desSus de la proéminence du côté gauche à un pouce des apophyses épineuses , et au-dessous au côté droit à pareille distance des mêmes apophyses.
Un mois après , apparence bien peu sensible d’une diminution de la convexité ; un mois plus tard , diminution P us remarquable , liberté de respirer plus grande, amé-
lio ration clans l’ensemble des fonctions, celle de la digestion exceptée. Etat stationnaire jusque vers le mois de novembre. A cette époque, vomissemens, coliques, fièvre continue. — Nourriture plus végétale; bains tièdes, boissons froides à discrétion bues avec avidité ; quelques laxatifs doux , cessation de ces différens symptômes ; rétablissement. Des deux sétons, l’inférieur ne put plus s’entretenir par suite de l’affaiblissement de la peau amincie par la suppuration. — Entretien du séton supérieur ; continuation des bains tièdes , du régime presque végétal et des frictions aveclaflanelle. — La convexité était diminuée d’un tiers. Aujourd’hui 20 mars, elle l’est encore davantage, bien qu’elle demeure encore considérable.
Nous avions omis de dire que des symptômes de la syphilis s’étaient manifestés à la naissance de cet enfant, et que traités par un médecin expérimenté , ils disparurent entièrement, ce qui ne nous a pas permis de soupçonner la moindre influence de cette maladie, sur l’affection de j l’épine.
Nous livrerons cette observation à la méditation des
praticiens, en les invitant à comparer les effets de la diète et de la médication que nous avons conseillées, avec ceux qu’on obtient des toniques et des mercuriaux. Ce n’est pas toutefois que nous ayions obtenu constamment d’heureux succès de ce système de traitement , car dans la plupart de ces maladies de la colonne vertébrale , qui , dans les premières années de la vie , en ont profondément altéré les os et les ligamens , le mal s’est montre au-dessus de tout remède. Mais dans les affections scro-
phuleuses avec inflammation et ulcères concomitans avec l’imminence de la déviation prochaine du rachis ,
avec 1 liinimimiuv — - i * -1 •,
annoncée par la tendance du tronc à s incliner a droite ou à gauche , dans les attitudes nonchalantes des enfans , nous pouvons répondre aujourd’hui que de la comparaison entre les effets produits dans ces cas par une dicte et une ,
médication toniques, et ceux que nous avons obtenus d’une diète et d’une médication de nature fort opposée , résulte pour nous la conviction , que d’heureux succès ne peuvent s’obtenir que de ces dernières ; tandis qu’ainsi que nous l’avons dit ailleurs, et comme une trop longue expérience nous L’a prouvé , il n’y a qu’une aggravation de mal à attendre de l’emploi des premières.
Nous devons faire remarquer toutefois, que dans les cas où l’influence de l’affection scrophuleuse paraît préparer la déviation de l’épine , ou ceux dans lesquels elle coïncide avec elle, sans être encore parvenue à l’état inflammatoire avec congestion sur quelque partie du corps , c’est par un système de traitement, tout différent , sous le rapport de la médication interne , que nous combattons la diathèse scrophuleuse dans le double but de lui opposer à elle-même un moyen curatif, et en même temps, de prévenir la déviation imminente de l’épine, ou d’en enrayer les progrès , si déjà elle est effectuée.
C’est dans cet état , ou à cette période de la diathèse scrophuleuse , que les bains chauds , les sudorifiques elles frictions , sont par nous les principaux moyens employés , rien d’ailleurs n’étant changé relativement aux alimens; parce que l’observation nous a prouvé que les végétaux frais , les viandes blanches , sont les mieux digérées , et par-là , réellement plus nourrissans que ceux qui , bien que composés d’élémens plus substantiels ^servent cependant d’autant moins à l’assimilation , qu’il n’en est extrait presque rien pat les digestions pénibles et incomplètes auxquelles ils donnent Jieu.
Une diète et un traitement semblables (les sétons exceptes), ont été prescrits par nous , conjointement avec un de nos confrères, à la première des deux ipeti tes filles de l’âge de quatre à cinq ans, née de père et de mère scrophuleux, sans toutefois qu’elle en ait éprouvé la moindre amélioration à son état rachitique au plus
haut degré, et, selon toutes les apparences, compliqué de syphilis. Elle a succombé à une fièvre lente.
L’autre , affectée seulement de cette dernière maladie , offrait une double déviation de la taille encore peu sensible. Un abcès s’était formé à la région lombaire du côté gauche, et s’était fait jour à l’extérieur. Ici, le traitement spécial requis par la nature bien déterminée de la maladie, a dû être le seul employé. La cicatrisation d’une ouverture déjà fistuleuse au-dessus de l’articulation sacrovertébrale, a été obtenue en moins d’un mois. Deux mois plus tard , il ne restait aucun symptôme de la maladie. La petite fille était bien portante; mais la direction de l’épine demeurait la même. Mesurée le matin et le soir , on trouvait dix lignes de moins de hauteur à la seconde opération. Nous avons conseillé la station nuit et jour, d’abord sur un lit dur à surface un peu convexe, et ensuite sur un plan incliné graduellement de trois a six pouces sur cinq pieds de longueur , le corps étant retenu veis le chevet, au moyen de notre collier et de I’agraffe. Il y a depuis quatre mois , un pouce déplus en hauteur; 1 affaissement s’est montré le soir de moitié moins considérable qu’il ne l’était il y a cinq mois. La santé de cette petite fille est bonne , sa constitution se fortifie, ses oiganes acquièrent de l’accroissement.
Des cinq dernières de ces huit , nous n avons pu observer nous-même l’effet du régime et de la médication que nous avons conseillés que sur la plus âgée. Toutefois, d’après les rapports qui nous ont été faits, l’une d’elles, de l’âge de cinq ans et demi, dont la déviation de l’épme présentait une courbure avec élévation de l’épaule gauche , n’a éprouvé aucune amélioration; mais du moins, sonetat n’a pas empiré, et ce peut être considéré comme un
grand bien. •
Une autre a succombé après avoir été traitée d apres
les différentes indications qui ont paru se présenter a
plusieurs de nos confrères et à nous-mème, sous le rapport du traitement interne et de la diète. Aucun moyen mécanique n’a été employé.
Les deux restantes sont en traitement, et les déviations commençantes dont elles sont affectées, offrent si peu de résistance, qu’une extension convenablement réglée et continuée, ne peut qu’amener le développement de leur taille dans la conformation régulière : leur âge encore éloigné du dernier degré d’accroissement des organes ne permettant pas de douter d’une prochaine consolidation.
Parmi celles de ces jeunes personnes âgées de io à 16 ans , pour lesquelles nos soins ou nos conseils ont été réclamés , deux offraient une déviation de l’épine dont la convexité était à gauche, l’une d’elles était gaùchère. Les scrophules, des dartres ou la syphilis, compliquaient leur difformité. Des traitemens spéciaux ont été opposés à ces affections qui étaient causes de la déformation, ou qui , peut-être , n’avaient de commun avec elles que leur concommiltance.Nous n’avons pu encore observer le résultat de nos conseils que sur l’une d’elles âgée de i/j. ans, et ils ne nous ont pas paru jusqu’ici avoirété assez efficaces pour permettre l’application de nos moyens d’extension.
Parmi les dix autres chez lesquelles la plus belle santé se faisait remarquer, du moins bien sensiblement sur sept , lorsqu elles nous ont consulté, une extension modérée a suffi chez quatre , dans cinq mois , et chez huit , dans huit à dix, pour effacer pendant son action jusqu’à la moindre trace des courbures plus ou moins prononcées, quoique toutes le fussent cependant à un faible degré , mais il n’y en a pas encore une qui, mesurée le matin et le soir,
n offre une diminution de hauteur de 6 à 10 lianes le soir. &
Nous avons remarqué en général, sur ces dix jeunes personnes, qu’après les six premiers mois de traitement Par 1 extension , si leur taille, par l’effet du redressement
de l’cpine 011 par son accroissement naturel , a gagné de deux à trois pouces mesurée le malin , il y a le soir une diminution d’un pouce à i5 lignes ; et que cette diminution', toujours considérée relativement à l’élévation obtenue par l’art ou produite par l’accroissement naturel , est d’un tiers moindre à la fin des six mois suivans. D’où il résulte qu’après un an de traitement chez les jeunes personnes de dix à seize ans, l’épaisseur des fibro- cartilages considérés dans leur ensemble , dont la diminution constituait les courbures , s’est accrue avec solidité dans une proportion telle qu’elle est d’un tiers à une moitié plus .considérable , et que nécessairement il y a redressement avec consolidation dans une proportion correspondante.
Les progrès du redressement que nous continuons d’observer chez une de ces jeunes personnes, qui vient d’atteindre sa seizième année , et qui compte quinze mois de traitement, s’annoncent dans les mêmes proportions.
Voilà en partie , sur quelles données nous avons basé ■ l’assertion, que nous avons émise , que bien qu’il n’y eût encore aucun fait, au moins à notre connaissance, qui i constatât des redressemens avec consolidation aux yeux de gens.de l'art, et non à ceux du vulgaire avide du merveilleux,. et toujours prêt à y croire contre l’évidence , nous nous croyions fondé à annoncer que nous espérions pouvoir offrir la preuve que ces consolidations relatives,, dont, par analogie , nous avions présenté la probabilité, I devraient .s'opérer. rimJ
: , > f £ ( La fin de cet article au prochain Numéro. )
(u I; li&ça , 'V :• ■ -
, Suite dès observations rapportées, dans notre précédent !
awi^if oi il nb ans Nnrnéro. ‘ ' .
Le-vice d,e conforjnalfpn de l’articulation du genou , représenté n.° II, pi. Il, a été parfaitement corrigé apxès , deux mois de traitement , au moyen d’un appareil riïéca- i
nique qui a eu pour but d’effacer l’angle du côté externe de l’articulation déformée et marquée G , H. Ce premier but atteint, le membre ainsi rétabli dans sa conformation régulière, a été placé dans une gouttière cl’acier élastique appliquée le long de sa face externe ; apres l’avoir recouverte d’une compresse formée de peau douce et de laine piquée en dedans , une bande de flanelle a ete employée à maintenir le membre dans cette direction parfaitement rectiligne. Le régime et la diète de cette petite fille ont été continués tels que nous les avions annoncés. Sa. santé s’est améliorée notablement; elle a acquis de l’embonpoint.
On trouvera dans notre prochain Numéro le rapport que feront à l’Académie sur cette observation MM. les Commissaires par elle nommés à cet effet. M. le docteur Corref, professeur à l’Académie de Berlin, conseiller d’état de S. M. Je Roi de Prusse, a vu le résultat de ce traitement.
La courbure de la taille de la jeune dame sujet de l’observation de la page 128, est un peu moins prononcée -r la station bipède, plus encore celle sur les ischions s’effectuent avec sûreté. Là marche est encore incertaine. Il y aurait du danger à faire quelques pas sans un soutien à chaque bras. Les mêmes moyens sont continués. La santé est bonne.
L’état de la personne âgée de 22 ans dont il s’agit p. 1 3 1 , est encore le même. La déviation n’a épi'Ouvé aucun changement en bien ni en mal. Quelques accès de petite fièvre indiquent un mouvement intérieur qui doit être surveillé.
L’extension de la colonne vertébrale tentée chez la jeune femme âgée de 18 ans,' dont il est parlé p. 182 , a dû être disconlinuéc. Il n’est résulté, toutefois, aucun ac-
cident grave, de ce moyen tenté, sans que nous l’ayons approuvé ni împrouvé , dans ces derniers temps.
Le maintien de la taille, à très-peu près régulière aujourd’hui, se soutient chez la jeune dame dont il est question à la page 1 34-
M."c *** , âgée de 2/j ans , du résultat du traitement de laquelle avons rendu compte pag. 1 3g et suivantes , sortie de notre établissement depuis deux mois, nous informe que par la continuation de son traitement au moyen de notre lit , sa taille a encore acquis dix lignes de hauteur. Sa santé est excellente. Les traits de sa figure , d’après ce qu’on nous en rapporte , ayant repris leur tranquillité naturelle , ne présentent aucune des altérations que les déviations prononcées de la taille lui impriment ordinairement, par suite des efforts plus ou moins pénibles que la marche et diverses attitudes nécessitent,
Correspondance .
Parmi les lettres que nous venons de recevoir de plusieurs de nos confrères des départemens , nous avons choisi les deux suivantes pour les insérer dans ce troisième Numéro , accompagnées de nos réflexions. Dans le quatrième et les suivans , nous réserverons une place pour la publication de cette partie de notre cori'esponclance, d’autant plus intéressante, qu’elle a pour objet de faire connaître les faits observés par des praticiens. A cel te annonce nous ajoutons l’assurance de notre empressement à accueillir pour les insérer aussi dans notre jomnal, par ordre de date , toutes critiques ou observations
qui pourront nous être adressées. Nous prions seulement qu’on trouve bon que nous y insérions de préférence les critiques et les observations de nos confrères , sans en exclure toutefois celles des personnes, qui , bien qu’étrangères à la médecine , pourraient nous communiquer des faits intéressans , ou nous faire part de quelques réflexions que leurs connaissances, en histoire naturelle , en physique , et en général dans des sciences accessoires à la médecine , pourraient leur suggérer.
Le soin que nous mettons à ne rapporter que des faits bien constatés , et venant d’une source qui en garantisse l’authenticité , qu’il s’agisse du traitement ou de la simple description d’une difformité , devra expliquer pourquoi nous ne publierons pas , d’abord, plusieurs observations qui nous sont adressées. Nous nous plaisons à assurer, toutefois, les personnes qui ont bien voulu nous les transmettre , qu’elles sont déposées dans nos Archives , pour être revues et publiées, dès que nous aurons dans nos collections un assez grand nombre de faits semblables ou analogues, que nous pourrons en rapprocher, pour en tirer des inductions plus ou moins instructives.
Parmi les divers motifs qui nous ont paru rendre cette précaution nécessaire , plus particulièrement au sujet des observations de difformités de naissance , se trouve celui de ne pas nous exposer, à paraître accorder une trop facile croyance, à des rapports qui ne sont la plupart du temps fondés que sur des erreurs populaires , tropsouvent partagées, avec une sorte d’obstination, par des personnes, qui , par leurs relations de société , concourent le plus puisssamment à les faire passer pour des faits authentiques.
i toutefois cette réserve ne nous fera jamais [fermer 1 oreille , moins encore les yeux , au rapport ou à l’cxaracn possible d un fait quelconque, parce que nous ne
trouverions pas dans l’état actuel de nos connaissances, les lumières suffisantes pour nous rendre raison de tout ce qu’il présenterait d’extraordinaire. On ne contracte pas l’obligation de croire parce qu’on écoute. On n’est pas obligé, non plus , de voir dans un objet qu’on considère ce que d’autres déclarent y voir eux-mêmes. Mais dans l’un comme dans l’autre cas, si c’est de bonne source que nous vient la relation d’un fait, nous lui devons attention; et dans notre position nous nous croyons encore obligé de le faire connaître , soit en nous bornant au simple rôle de rapporteur , soit en émettant l’opinion que nous pouvons nous en former, en le comparant à des faits analogues qui nous sont mieux connus.
Ce ne doit pas être en effet parce qu’une difformité nous présente des aberrations organiques , dont la cause ni l’origine ne peuvent se découvrir dans l’état actuel de la science, que nous devons nous refuser à y croire. Telle conformation d’organes se montre en opposition avec les conditions que l’on croit qu’ils doivent réunir , pour que les fonctions qui leur sont dévolues s accomplissent, qui cependant se prête à l’accomplissement de ces mêmes fonctions , ces conditions manquant. T elle autre conformation du même ordre , semontre au contraire , réunissant toutes les conditions de structure , de composition et de rapport qui constituent l’état normal, qui cependant ne peut suffire, ou même servir en partie à 1 accomplissement des fonctions dévolues aux organes en lesquels on les observe.
Ainsi donc , douter, et suspendre son jugement sur un' fait extraordinaire, nous paraît le parti le plus sage, em même temps que , réserver ses méditations pour 1 étude des faits qui sont le mieux établis et démontrés tels quels T nous paraît la meilleure économie du temps.
On pourrait penser un moment que ces considérations, dont nous faisons précéder la publication des deux lettres-
( ao3 )
que nous avons annoncées d’abord , sont ici placées pour disposer nos lecteurs à plus de réserve dans les conclusions qu’ils auront à tirer des faits quelles renferment. On va voir toutefois qu’il n’en est point ainsi, car il ne s’agit que de faits qui ne sont plus nouveaux , et de raisonnemens , de questions ou de conjectuies qui tiennent à des faits connus , ou déjà plus ou moins directement étudiés , et sur lesquels nous sommes convaincu d’avance , que nous n’aurons pas en vain appelé l’attention de nos lecteurs.
Si , donc , ces considérations leur sont offertes en ce lieu, ce n’est point dans le but que nous aurions pu paraître nous proposer, mais setilement dans celui que nous nous sommes réellement proposé, et qui est , de faire connaître avant la publication des observations qui nous sont adressées, l’esprit qui nous guidera dans les choix que nous aurons à faire , au moment où nous les recevrons, ou plus ou moins de temps après leur réception.
Meulan , le 21 mars 1826.
A M. le docteur Maisonabe.
Monsieur et honorable confrère ,
Depuis que j’ai eu l’honneur de vous présenter ma fille, affectée de l’infirmité fort grave que constitue chez^ elle une déviation considérable de l’épine du dos , pour avoir votre avis sur son état , je n’ai cessé de réfléchir sur ce que vous m’avez dit de cette difformité , et des moyens que vous avez jugés propres à la corriger plus ou moins.
J ai eu plusieurs entretiens à ce sujet avec des personnes fort judicieuses. Les unes ont disserté sur les causes de celte déformation; les autres ont agité la question
de savoir , si elle était plus commune depuis que l’on ne poçte plus de corsets , ou si elle ne paraissait telle qu’en raison de l’attention qu’on y fait , attention plus grande aujourd’hui, peut-êlre , qu’autrefois.
Parmi les causes, on a considéré (cette difformité étant plus fréquente du côté droit que du gauche ) l’influence de 1 habitude de se servir plus souvent du bras droit que du gauche, les attitudes penchées plus longtemps gardées, aujourd’hui qu’autrefois , dans les leçons d écriture ou de dessin, et dans les travaux de broderie. , ^ a été objecté, relativement à l’influence de l’exercice du bras droit, que si c’était réellement une cause de cette difformité , elle ne devrait pas avoir lieu de ce côté chez les jeunes personnes qui se servent du bras gauche et vice versa.
Ceux qui faisaient cette objection, expliquaient la fréquence de celte déviation plus ou moins grande chez les jeunes filles que chez les jeunes garçons, par la difféi en<?e de leur éducation physique , beaucoup plus propre chez ces derniers que chez elles, à développer et répartir également les forces.
Ne trouvant rien dans ces discussions qui pût m’éclaiier utilement sur l’état de ma fille., je me suis livré avec toute 1 ardeur d’un père tendre, à toutes les recherches qui pouvaient me mettre en état de prendre le parti le plus sage , comme médecin.
J avais bien retenu tout ce que vous m’aviez fait l’honneur de me dire , avec le plus grand détail , sur ce qui constituait ces difformités , sur leurs conséquences , et enfin sur le plus ou moins de probabilité qu’il y a de les corriger selon les causes qui les ont déterminées et les désordres qu elles ont produit. J’avais d’ailleurs lu et relu votre Journal qui m’a appris , et m’aurait désabusé, si j’avais pu cire séduit par le bruit de ces cures merveilleuses prônées par toute sorte de moyens, et qui frappent d’aulant plus le
public, qu’il aime bien mieux les faussetés qui lui plaisent,
que les vérités qui 1 affligent.
M’étant convaincu enfin , et partageant en cela votre manière de voir, qu’au lieu de s’occuper de ce qui avait pu causer la difformité de ma fdle , il fallait au plutôt songer à ce qu’il y avait à faire pour la corriger, sa santé étant parfaite , je me suis arrêté à l’examen des divers moyens plus ou moins accrédités dans ce moment pour y parvenir par l’extension horizontale de la colonne vertébrale déviée.
Vous ne sauriez m’improuver , Monsieur et honorable confrère, de n’avoir pas de prime-abord donné la préférence à votre lit , et vous me le pardonnerez avec d’autant plus de raison , que , si la confiance d’un médecin en un de ses confrères peut le flatter plus que celle des personnes étrangères à l’art, elle doit surtout produire cet effet quand elle est aussi motivée que l’est actuellement la mienne.
J’ai aujourd’hui une connaissance exacte des diverses machines à extension de toute forme. J’en avais examiné avec soin la plupart, avant d’avoir vu la vôtre. J’ai examiné depuis celles qui me restaient à connaître , et c’est à la vôtre que j’arrête mon choix motivé sur les considérations suivantes.
D’abord les litâ de Wurtzbourg ou ceux dont les agens despuissances extensives consistent dans des ressorts disposés de diverses manières , et tels qu’on en voit particulièrement à Chaillot, ne peuvent, ainsi que vous l’avez démontré , agir d’une manière aussi constamment égale que le vôtre , dont l’agent des puissances extensives consiste dans l’action invariable d’un poids; et quant aux lits de M. Jalade-Lafond , soumis en même temps que le vôtre au jugement de l’Académie , je regarde comme absolument impossible qu’ayant un but tout autre que celui que vous vous proposez , et le seul fondé sur des données
anatomiques , il puisse produire ni le redressement , ni aucun des effets de nutrition qu’il lui attribue , quoiqu’il m’ait dit que « l’extension par les autres moyens que le » sien est moins douce; quelle a l’inconvénient d’être « constamment la même sans alternative d’action et de « repos ; qu’on comprime les muscles d’une manière per- » manente , qu’on empêche par-là leur développement et » leur nutrition ; qu’on affaiblit ainsi les sujets ; en un mot,
’> que sans des mouvemens oscillatoires , tels que les opère » son lit, il pose en fait qu’on ne peut opérer aucun redres- » sement durable. »
Vous sentez , Monsieur et honorable Confrère , que ce n’est point un médecin qu’on peut satifaire avec de semblables raisonnemens. Non seulement je n’ai point été convaincu de la possibilité d’unbon effetde ce moyen , mais j’ai été au contraire frappé de l’inexactitude des allégations, et de la faiblesse des raisonnemens sur lesquels on voudrait la fonder, et j’ai acquis par-là une nouvelle preuve de la solidité de vos objections à de telles prétentions.
En effet , il n’est pas vrai de dire que votre lit partage avec celui de Wurtzbourgles vices qu’on reproche à ce dernier ; je lui trouve au contraire le mérite inappréciable, qui le distingue éminemment de toutes les inventions en ce genre , d’être entre les mains du médecin , non une machine aveugle , de celles dont Dessault nous recommandait çle nous méfier , mais bien un véritable instrument, à la faveur duquel on peut imprimer à volonté et d’une manière mieux assortie à la susceptibilité de chaque individu, comme l’a dit l’Académie, les mouvemens d'extension qu’on juge nécessaires ; avantage que j apprécie d’autant plus , que j’ai encore présent à la mémoire un fait que j’ai observé il y a 33 ans au port de Toulon , où j’ai vu les galériens qu’on employait habituellement a vider les bassins de construction en tournant de longues manivelles de pompe à chaîne , en proie; meme pendant
le repos , à des mouvemens convulsifs des muscles des membres supérieurs , mouvemens dont les intervalles étaient dune durée à-peu-près égale à celle de chaque évolution de la roue dont la fin leur faisait éprouver des secousses violentes , qui les agitaient d’une manière convulsive même plusieurs heures après , pendant le repos , au point qu’on croyait ces malheureux affectés d’une sorte de chorée.
Ce n’est pas que je prétende que ces mouvemens soient comparables, sous le rapport de leur énergie, à ceux imprimés par le lit de M. Lafond. Mais, si à l’observation que je viens d’avoir l’honneur de vous communiquer, on joint celle de l’état de mobilité' des personnes qui viennent de voyager Claris dès diligences pesantes ou mal suspendues , on pourra reconnaître plus d’analogie entre l’effet des mouvemens de ces voitures, sur le corps des voyageurs, et celui des mouvemens exercés sur l’épine des personnes qui se soumettraient à l’action du lit de M. Lafond ; mouvemens qui d’ailleurs, parmi beaucoup d’autres inconvériiens qui en sont inséparables, ont celui de ne pas aller au but rjü’on doit se proposer, celui de n’étendre la colonne vertébrale que pour changer la forme vicieuse des cartilages intei1- vertébraux , et non pour exciter et tirailler des muscles dont les uns ne sont que trop tendus , tandis que les autres ne peuvent qu’après le redressement de l’épine seulement, redevenir susceptibles d’exercer leur contractilité et de recevoir une excitation quelconque.
La connaissance de ces vérités évidentes et. dont il est si facile de se convaincre m’a tellement frappé , que jé ne puis m’ expliquer- comment- l’ Académie a accordé des éloges a M. Lafond pour l’invention de sa machine , comme elle vous Cn a accordé à vous-mcîmè pour l’invention de votre lit dont l’effet est: si opprisé à celui qu’il entend produire avec le sien.
( 20cS )
S’il vous paraissait, Monsieur et honorable Confrère, que ma lettre pût appeler l’attention des praticiens sur ce qui en fait le sujet , j’en verrais avec plaisir l’insertion dans votre prochain Numéro.
Je vous réitère mes remerciemens pour tous les détails dans lesquels vous avez bien voulu entrer avec moi pour me faciliter le succès du traitement de ma fille ; je vous tiendrai au courant des effets que j’en obtiendrai quels qu’ils soient , ainsi que vous le désirez dans l’intérêt de l’art.
Veuillez agréer, etc.
Le docteur David , membre de la Légion- d1 'Honneur , médecin à Meulan.
Réflexions sur la lettre qu’on vient de lire.
Notre honorable Confrère trouvera , ainsi que nos lecteurs, à 1 article Réfutation , etc. , ce qu’il y a à objecter aux causes prétendues de la plus grande fréquence de la déviation latérale , avec convexité de la courbure supérieure du côté droit, cette courbure considérée dans ses rapports avec le nombre de celles qui offrent cette convexité du côté gauche.
Quant à l’influence des corsets , nous ne voyons pas comment ils pourraient être une cause de cette déviation de l’épine, leur action n’étant nullement dirigée selon le sens dans lequel elle a lieu.
Et relativement aux effets des positions auxquelles on assujettirait plus long-temps aujourd’hui qe’autrefois les jeunes personnes, pendant le cours de leur éducation, nous dirons encore que l’influence des positions vicieuses ne nous paraît , en général , asssez puissanlepour opérer des déformations, qu’autant que leur effet n’est point contrebalancé par des positions différentes et les exercices or-
dinaires, auxquels se livrent naturellement les enfans , quelque active que soit la surveillance qui aurait pour but de les empêcher d’exécuter des mouvemens aussi variés qu’étendus en sens inverse. Que de telles situations long-tempssoutenues , déforment selon leur sens , quelque partie du corps, chez des individus en lequels il y a prédisposition à une déformation quelconque , nous le concevons ; mais qu’elles puissent seules, produire une difformité , et surtout dans un sens autre que celui vers lequel elles ont tenu la partie déformée , c’est ce qui se refuse pour nous à toute explication ; et ce qui prouve que le mécanisme de la formation des déviations dont il s’agit n’est pas réellement explicable par l’action de ces causes, auxquelles le public et la plupart de nos confrères les ont jusqu’ici attribuées , c’est que , bien examinées , elles n’offrent rien sous le rapport de leur direction ni de leur configuration , qui puisse les présenter, ainsi que cela devrait être , comme des effets continués et permanens des attiludes qui les auraient produites. Nous allons rendre notre raisonnement sensible.
On attribue à l’étude de la harpe , du piano , du dessin , à divers travaux d’aiguille ou de broderie, la déviation la plus commune de l’épine dorsale, celle dont la convexité supérieure est tournée à droite ; et cependant si on examine la direction de cette colonne osseuse , dans les attitudes qu’exigent ces diverses occupations , on trouve qu’elle varie selon qu’on m’exerce sur la harpe, sur le piano, sur une table à dessiner ou à écrire, ou sur un métier à broder; tandis qu’il faudrait pour qu’elle pût être avec raison reconnue comme cause de la difformité en question , qu elle fût la même dans chacun de ces exercices pour produire une déformation toujours dans le même sens.
Or, ce n’est pas ainsi que cela arrive. La déviation de a taille qui coïncide avec ces divers exercices nè répond pas au sens de 1 attitude particulière que chacun d’eux
a nécessitée. On ne peut donc raisonnablement attribuer la seule déviation latérale droite à ces positions différentes entr’elles , dont pas une ne correspond à sa direction.
Nous ne prétendons pas toutefois que la fréquence de quelqu’une de ces attitudes forcées et souvent réitérées ne soit jamais dans l’âge de 7 à i5 ans la cause principale de certaines déformations qui se prononcent d’autant plus, qu’il y a une disposition interne qui en favorise le développement ; nous avons des preuves du contraire , que nous rapporteront en temps et lieu ; nous voulons dire seulement ici, que -toutes ne peuvent être causes de la difformité dont nous nous occupons actuellement, et qui altère la forme de colonne vertébi'ale autrement qu’elle n’est altérée lorsque sa déformation n’est due qu’à l’babiîtude d’une position contre nature quelcpnque , comme on le voit chez les vieux cavaliers , chez les danseurs de profession , en lesquels les ligamens des articulations des genoux et en partie ceux du pied 1 avec la jambe , se sont distendus d’un côté , et accourcis de l’autre , de manière à établir ces articulations dans un jétât de déformation permanente , consolidée avec le temps dartS la direction vers laquelle ont tendu les efforts I q.üi la préparaient.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit : de tout ce qu’a d’illusoire, et nous pouvons dire aujourd’hui de ridicule, l’idée des mouvemens dits oscülatoires , puisque., comme le dit fort bien notre confièie, ce n’est pas à des médecins qu’on fait adopter de pareilles vues, ni reconnaîtrè des indications telles que celles qu on i a , si contrairement aux faits , prétendu devoii être rem plies. Nous fierons; remarquer seulement que le judicieux, auteur de la lettre qu’on vient de lire, en nous communiquant son observation sur la répétition involontaire des mouvemens douloureux des muscles des forçats employés à vider les bassins de constructions à Toulon , a
{ait un rapprochement tout-à-fait dans l’espèce , qui doit conduire à la conclusion , que les mouvemens réitérés de la singulière machine de M. .Talade-Lafond , devraient pins tard j se reproduire machinalement par le fait seul d’avoir été machinalement imprimés , et deveoir ainsi une cause nouvelle , qui augmenterait la triste et déjà trop grande variété de, ces mouvemens convulsifs, qui affectent non moins péniblement que désagréablement tant de personnes nerveuses , d’ailleurs assez bien portantes. Celte induction est fortifiée par le fait de la mobilité involontaire des muscles de personnes qui ont voyagé en diligence , et nous ajoutons de notre côté , par celui des marins qui ne marchent ni ne demeurent en place debout , comme les personnes libres de régler les mouvemens de leurs muscles , lorsque ces organes n’ont point été fatigués comme chez ces derniers par des actes involontaires que l’empire de l’habitude machinale reproduit à chaque instant, chez les personnes qui y ont été soumises pendant un certain temps.
A Ces inconvéniens graves , nous l’avons dit ailleurs , on doit ajouter ceux qui résultent d’un mouvement toujours le meme, que les organes qui le souffrent soient sains , qu’ils soient malades èm plus ou moins disposés à le devenir, et cèla d’ailleurs, pour tendre à un but tout autre que celui qu’on doit sè proposer.
Nous regarderons , au surplus à l’avenir, cette question
commesurabondamment traitée, lorsque nous aurons ajouté, qu’il ne peut y avoir d’erreur plus manifeste sué les lois de l’économie animale, relatives àda nutrition , què telle qui fait confondre avec l’effet des mouvemens imprimés à un organe quelconque par la volonté, celui dès mouvemens qu’on lui imprime, sans que cette faculté exerce sur leur production la moindre influence. Qu’on se demande , en effet, si on peut raisonnablement, attendre dès mouvemens continuels, même les jffùs énergiques, imprimés à
( '-il? )
irn bras, à une jambe, par des moyens mécaniques, un accroissement de force qui ait le moindre rapport avec celui qui résulterait, seulement de quelques mouvemens volontaires exécutés par l’un ou l’autre de ces membres. Qu’on recoure en meme temps à ce que montre l’observation à cet égard , et on verra si on pourrait citer un seul cas, où de tels mouvemens imprimés à une partie qui n’en peut exécuter d’elle -même , auraient rétabli la locomotion volontaire , etc. , etc.
Notre honorable confrère ne peut s’expliquer comment l’Académie a accordé des éloges à M. Jalade-Lafond pour l’invention de sa machine, comme elle nous en a accordés à nous-même pour l’invention de notre lit; nous pensons qu’il ne trouvera pas sans quelque fondement l’explication que nous allons lui en donner.
L’Académie est un corps savant, qui, entr’autres destinations , a celle d’encourager toutes les productions qui tendent à un but utile quelconque. Elle ne s’était pas proposé de prononcer, dans ce cas, sur la question de savoir, s’il fallait dans les déviations du rachis, diriger ses moyens sur tel organe ou sur tel autre ; elle n’avait voulu juger seulement que cette question : Les machines -présentées sont-elles construites de manière à conduire au 1 but que se proposent leurs inventeurs ? Elle a prononcé affirmativement ; chacun des inventeurs a donc , d’après ce f jugement, mérité des éloges.
Que si elle eût eu à prononcer sur cette question trèsdifférente : Est-ce sur les muscles , pour les agiter sans : cesse , ou sur les fibro-cartilages intervertébraux , pour rétablir T égalité de leur épaisseur , que ces moyens mécaniques doivent agir pour surmonter les obstacles au redressement? Dans ce cas nous répondons que l’Académie aurait pi ononcé négativement sur la première de ces deux questions, et affirmativement sur la dernière ; alors il n’aurait pu y avoir lieu à des éloges pour chacun des inventeurs.
Nous hésitons d’autant moins à exprimer notre sentiment sur cette question, tout intéressé que nous y sommes, que laFacuIté de médecine, corps enseignant, et responsable des conséquences du rejet ou de l’adoption de tels ou de tels autres moyens de ce genre, s’est prononcée en faveur de notre lit à extension, dont elle nous a demandé de faire exécuter à ses frais un modèle réduit, pour servir aux démonstrations publiques, et être exposé dans ses cabinets. Qu’il nous soit permis ici de céder à un mouvement de satisfaction bien légitime que nous avons éprouvé lors de la communication qui nous a été faite de celte détermination, la plus belle comme la plus honorable récompense que nous ayons pu recevoir du fruit de nos travaux en.ee genre , puisque la Faculté de médecine devait être encore plus embarrassée sur son choix que ne l’était l’Académie, par la circonstance que depuis la présentation des deux machines dont il s’agit , plusieurs autres ont été construites , et étaient connues , au moment où la nôtre a encore obtenu la préférence (i).
L Académie , d une part , a donc été conséquente dans son jugement : nous n’en appelons point; et d’autre part, la Faculté, juge obligé d’examiner, dans l’intérêt majeur de 1 enseignement dont elle est chargée , notre lit à mécanique , sous le rapport des indications qu’il est destiné à remplir , et sous celui de la manière dont il les remplit-, s’est prononcée exclusivement en sa faveur: nous devons nous en féliciter, et attacher un grand prix a cet acte, en lequel, nous aimons à le redire, nous retrouvons avec satisfaction la preuve certaine que noire manière de voir sur les déviations du rachis, et les moyens de les corriger, a été partagée par un corps aussi compétent qu elle l’est en cette matière.
( ■) Voyez la lettre qui nous a été adressée par M. le conservateur C a Faculté ? deuxième partie mécanique , etc.
( îi4 )
A M ôjisieur le âocléur M.msonaek.
Fçm|>này , *5 mars x8 ^6.
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Monsieur, Et honoré CONFRÈRE ,
J’éprouve une vraie satisfaction à vous informer du redressement complet de mademoiselle N.... , que j’ai obtenu , à l’aide du lit de votre invention. Il n’a fallu que quatre mois d’extension pour opérer la rectification de trois courbes, bien distinctes, dans la longueur de la colonne vertébrale , avec augmentation au sortir de l’appareil extensif, de trois pouces une ligne , qui se réduisent à deux pouces neuf lignes quand elle y rentre. A peine âgée de i5 ans, on peut croire que quelques lignes de cet accroissement appartiennent au développement naturel du corps ; mais en faisant la part à cette cause d’accroissement de taille, il restera au moins deux pouces et demi d’alongement , qu’il convient de rapporter , à l’effet du traitement employé.
Entre tous les moyens d’extension proposés jusqu’à ce jour , dans le but d effacer ou de diminuer les courbures anormales de la colonne vertébi'ale, celui que vous avez imaginé, me paraît, Monsieur, devoir être préféré. La bascule de votre lit, en agissant, aussitôt qu’elle est mise en liberté, selon les vues qu’on s’est proposé , n’a nul besoin de la main , pour continuer son action. Elle agit continuellement, avec le degré dë force calculé qu elle reçoit du placementplus ou moins avancé du poids, sur le levier quelle forme; son premier effet est de lutter contie la faible résistance des muscles, qui obéissent aussitôt, et d’agir ensuite sur la principale qui réside dans les übiocartilages intervertébraux. Ces substances sont quelquefois tellement amincies parla compression qu’elles souffrent du
corps des vertèbres , inclinés d’un côté, qu’elles paraissent à peine exister ; tandis qu’on les retrouve avec toute leur épaisseur, du côlé où ces os sont plus élevés. Sans doute que les Ijgamens rachidiens et ceux qui unissent entre elles , les apophyses obliques et articulaires des vertèbres, accroissent aussi la somme des résistances , mais dans tout état des choses , à l’aide de votre lit à bascule , on peut se promettre de triompher de tous obstacles de nature à céder , et de pressentir ceux que l’on doit respecter par crainte de danger. En effet. Monsieur, ainsi que vous l’indiquez dans votre journal, avec le secours des deux mains passées sous le menton et l’occiput, et avec le concours du pied, qui fait mouvoir la bascule , on est conduit à juger de la nature clés résistances et a décider si 1 on peut tenter , avec espoir de réussite , 1 extension du rachis pour en détruire les incurvations , ou si 1 on doit au contraire respecter , par exemple , des soudures présumées entre quelques côtes ou quelques verlebres, soudures qui deviennent dans la plupart des cas , des obstacles insurmontables au redressement.
Je trouve aussi, Monsieur, la forme de la mentonnière dont vous faites usage , bien mieux entendue que toutes les autres proposées jusqu’ici , en ce qu’elle fatigue moins le menton, qui est reçu dans une excavation pratiquée sur le devant; et vous avez d’ailleurs transporté du côté de 1 occiput , la boucle qui est moins bien placée en devant.
Il me semble cependant, Monsieur, que vous pouvez encore ajouter à la perfection de votre lit à extension , en h mit an t le jeu de la bascule ; ce qui peut devenir convenable a 1 époque du redressement total, où est, par' exemple, parvenue mademoiselle N., puisqu’alors toute rectification étant obtenue , il est inutile de continuer l’emploi de foi ce de traction, que 1 action de la bascule exei'ce fUr Ja mentonnière , et par suite sur toute la longueur de co onne vertébrale. Ne vous serait-il pas possible
aussi , de placer avec fixité , sur le bassin lui-même , la ceinture dont le bord , quoiqu’arrondi , correspond , selon vos instructions, au-dessus de la crête des os des hanches, et y occasionne cependant quelques douleurs ?
Sien rendant hommage , Monsieur, aux efforts de chacun , pour arriver aux meilleurs moyens de détruire les gibbosités si fréquentes surtout chez les femmes, une juste et décente crilique n’est point interdite, en motivant le jugement qu’on en porte , je demanderai ce qu’on doit penser du point d’appui mobile et étranger à la colonne vertébrale que M. Humbert , à Morlaix , prend souvent sous les aisselles, qui nécessairement mobiles, cèdent et obéissent à l’effort extensif, ainsi que nous le remarquons, quand pour le temps du repos, et l’utilité de l’exercice par la marche , nous suspendons les individus à redresser sur les béquilles.
Je demanderai encore à quoi servent , dans le lit de M. Lafond, ces oscillations continuelles, imprimées à toute la colonne vertébrale , et dont il ne serait pas difficile de faire ressortir plusieurs inconvéniens , celui entre autres de fatiguer des organes souvent malades , ou de les rendre tels.
Je demanderai enfin , Monsieur, ce que se proposent les praticiens qui associent les bains de vapeurs à 1 extension; car les muscles , assurément, sont pour peu de chose dans la somme des résistances qui lui sont opposées.
Je serais désireux de lire dans votre Journal ce que ' ces Messieurs pourraient publier dans 1 intérêt de 1 ait et, dans le leur propre, pour justifier des pratiques que vous s y avez combattues. J’aime à croire qu’ils sont convaincus que vous ne refuseriez pas d’y insérer leur défense, et i ne me restera aucun doute a cet égard, si vous * ou ez. insérer cette lettre dans votre prochain Numéro.
Recevez , Monsieur et confrère , l’expression de mes sentimens les plus distingués ,
JOFFRION, D. M. P.,
Membre de la Chambre des députés et de la Lé gion-d’ Honneur.
Réflexions sur la lettre quon vient de lire.
On voit dans l’observation ci-dessus que la rectification de trois courbures à la colonne vertébrale d’une jeune personne âgée de i5 ans, a produit dans quatre mois une augmentation de taille de trois pouces une ligne , mesurée immédiatement après une séance d’extension , et de deux pouces neuf lignes , mesurée plusieurs heures après. Notre honorable confrère , auteur de celte observation , pense qu’en prenant en considération l’accroissement naturel , à cet âge , des vertèbres et des fibro-cartilages, on peut encore compter que le traitement a produit deux pouces et demi de hauteur. Si, comme nous n en doutons point , les mesures ont été exactement prises , ce résultat est beaucoup plus avantageux qu’aucun que nous ayons obtenu nous-mêmes jusqu’ici, dans un si court espace de temps, sur environ quarante jeunes personnes d’un âge plus ou moins approchant de celui de i4 ans, qui favorise le plus le rétablissement des épaisseurs naturelles des fibro - cartilages , avec maintien de la plus grande partie de l’augmentation de la taille obtenue par l’extension. v
Toutefois nous invitons notre honorable confrère à insister plus long-temps encore sur le maintien de la colonne vertébrale dans un état d’extension le plqs prolongé qu’il se pourra jour et nuit, avec diminution re-
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laüve des forces extensives pour le temps du sommeil, attendu qu’on ne peut compter actuellement sur une consolidation suffisante , ainsi qu’il s’en convaincra , si un ou deux jours de suite on prive la jeune personne de tout soutien , debout ou assise , si surtout elle marche ou demeure levée tout le jour. On peut d’ailleurs se permettre ces essais sans le moindre inconvénient deux fois par mqjs, et ce sera ainsi que , mesurant la jeune personne matin et soir, on s’assurera du degré de consolidation obtenu. Mais nous le redisons , il serait fort étonnant , et nous sommes cependant loin de le regarder comme impossible , qu’il y eût réellement , après les épreuves dont nous parlons, signe suffisant de consolidation , telle que l’augmentation de la taille obtenue se maintînt en totalité, persuadé que nous sommes, que quelque active que soit la nutrition à cet âge , elle ne pourrait l’étre assez pour rétablir dans leur consistance normale les fibro-cartilages dont la dépression aurait réduit l’épaisseur dans des proportions relatives au degré, de déviation de la taille , assez considérable , puisque sa l’ectificalion n’a été obtenue qu’à la faveur d’un écartement de trois pouces des deux extrémités de la colonne vertébrale.
Nous nous félicitons que nos lecteurs, trouvent dans cette observation pratique la confirmation des principes que nous avons émis sur le mécanisme du redressement du rachis. Plusieurs de nos confrères en ont reconnu par les mêmes moyens la rigoureuse exactitude , ainsi que le feront voiries observations dont ils s’occupent, depuis plusieurs mois que nous leur avons fait expédier notre lit.
Relativement à la juste remarque qui a été faite par notre honorable confrère au sujet du jeu de la bascule, qu’il lui paraît bon de limiter lorsque le redressement est absolu, comme il le juge chez la jeune personne, §ujet de son observation , nous dirons que nous avions déjà
senti nous-même l’avantage que présentait cette amélioration; aussi a-t-elle été ajoutée aux lits qui ont été fabriqués après celui que nous lui avons expédié. Nous dirons encore quecette amélioration ne nousavait pasparu avantageuse seulement sous ce rapport , mais de plus sous celui de pouvoir graduer promptement, facilement et avec solidité l’extension fixe. Nous sommes parvenu à réunir ces deux avantages par un mécanisme fort simple , à la faveur duquel nous opérons ce mode d’extension (extension fixe) de manière à pouvoir l’augmenter ou la diminuer depuis un quart de ligne , jusqu’à dix-huit lignes.
Quant à la ceinture , nous devons convenir que comme le collier, meme celui de notre invention qu’on trouve si préférable à ceux employés auparavant, ce sera toujours la partie de l’appareil , importune, fatigante, et souvent même plus bu moins douloureuse à supporter, beaucoup plus, toutefois, chez les jeunes personnes maigres que chez celles qui ont de l’embonpoint; et malheureusement nous n’avons guère l’espoir de pouvoir perfectionner ces moyens d’union du corps avec les puissances extensives. Jamais cependant jusqu’ici nous n’avons été obligé de renoncer au traitement par suite d’accidens qu ils auraient causés ; nous pouvons même dire que les parties sur lesquelles ces bandages doivent inévitablement exercer une pression plus ou moins difficile à supporter, cessent d’en souffrir ordinairement en moins de 1 5 jours.
Il est une remarque que nous devons communiquer à cet égard', à ceux de nos lecteurs ou de nos abonnés qui emploientnotre lit; c’est, qu’il convient d’apprécier plusieurs fois 1 effet des changemens que doivent apporter dans la piession du collier sur le menton ou vers la nuque, l’accourcissement ou l’alongement des courroies de devant ou de derrière qui l’unissent àl’agrafîe. Presque toujours nous finissons par trouver le point où la pression du coliicr se trouve le plus également répartie sur toute la
circonférence de la base de la tête , sur laquelle il doit porter nécessairement et alors, bien que la pression fatigue ordinairement le menton ou la nuque plus que toute autre partie, elle devient supportable , au point même de n’être plus trop incommode sous l’influence des tractions ordinaires.
Il est encore un autre essai qu’il ne faut pas négliger, c’est d’élever ou d’abaisser la poulie sur laquelle passe le cordon gradué : trop haute, elle suspend péniblement la tête; trop basse, elle l’applique trop fortement sur le fond rembourré. Il faut enfin faire en sorte, dans la direction à donner au menton, qu’il ne s’écarte pas trop de la poitrine. La règle à observer à cet égard est, que Ja situation delà tête soit telle qu’elle se rapproche presque de celle qu’on prend naturellement quand on se couche sur un plan semblable à celui que présente le fond rembourré de notre lit.
Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit sur le point du corps où la ceinture doit être serrée. Nous redisons seulement, que quelle que soit la partie sur laquelle elle porte , elle doit exercer une pression inévitable , sans laquelle point d’extension, et par suite point de redressement. Mais toujours demeure-t-il démontré pour nous, que sous tous les rapports, c’est sur les crêtes des os des îles qu’elle doit avoir son point d’appui , qu’on rendra d’autant moins gênant ou douloureux, qu’on renouvellera plus souvent les parties de la ceinture matelassées qui s’y appliquent , ou qu’on interposera des coussinets.
Notre honorable confrère demande ce qu’on doit penser des points d’appui pris sous les aisselles , parM. Humbert. Il nous semble, et certainement notre honorable confrère est trop judicieux observateur pour qu’il puisse lui en sembler autrement qu’il n’est pas difficile de répondre à cette question , comme il y a répondu sans doute lui-même , bien qu’il paraisse vouloir encore s é-
j cia|rer de l’opinion d’autrui. De tels points d’appui en effet, sont si mal choisis, que s’il ne nous avait été assuré , par plusieurs personnes dignes de foi, que M. Humbert 1 s’en sert assez souvent, nous aurions eu peine à croire qu’il y eût jamais songé ; une telle idée n’ayant pu entrer, tout au plus , que dans la tête d’un empirique , stricte imitateur forcé du premier fait en ce genre qui lui a frappé la vue, ainsi qu’on en a- des exemples à Chaillot, et dans de simples maisons d’institution de jeunes demoiselles, i où de bons tours de manivelle et des bains de vapeurs pour faire prêter l épine dont les nerfs sont raccornis , constituent le souverain traitement. Et comment aurions ! nous pu , d’ailleurs , croire à de telles pratiques de la part d’un homme qui ne serait pas étranger à l’art , puisque sans ; doute , nous n’avons pas besoin de dire , qu’il n’y a qu un seul moyen d’écarter les deux extrémités de la colonne vertébrale , comme il le faut pour la redresser , et que ce moyen ne peut consister qu’en l’application des puissances extensives sur chacune de ses extrémités , et nullement sur des parties qui lui sont aussi étrangères que les articulations scapulo-humérales , lesquelles , dans les points d’appui pris sous les aisselles , supportent tous les efforts, et n’en sauraient transmettre , même des moins efficaces , à la colonne vertébrale , qu’en causant des accidens graves de diverse nature , que chacun pressent certainement ?
Nous n’avons encore rien à apprendre , nous en sommes bien persuadé , à notre honorable confrère , sur ce qu’il pourrait désirer savoir relativement à l’effet des mouvemens oscillatoires de la machine à tourne-broche de M. Jalade-Lafond ; il a trop bien jugé lui-même en quoi ils sont vains ou nuisibles ; notre confrère M. David n’en a pas autrement pensé , et certes quel médecin pourrait en penser autrement , aujourd’hui que ces étranges moyens sont irrévocablement condamnés , d’un côté
par une autorité aussi grave que l'est celle de la Faculté ! de Médecine , qui lui en a préféré d’autres , pour en enseigner l’application ; et d’pn autre , par l’autorité non moins puissante des faits vérifiés dans les salles de dissection , et rapportés avec la plus scrupuleuse exactitude , dans la solennité de l’inauguration d’une Société, dont la médecine-pratique attend avec raison les plus importans services.
D’après ces considérations , et pour ne pas nous exposerait ridiculede mettre une importance désormais inutile à faire ressortir les vices d’une telle machine , nous nous abstiendrons à l’avenir d’en parler, à moins que quelqu’un de nos confrères , Ou la partie intéressée ne réclame de notre part une réponse aux assertions par lesquelles on voudrait démontrer de quelle utilité . ou de quel avantage elle peut être. Dans ce cas , nous prenons l’engagement de rapporter dans ce Journal même , ce qui pourrait être écrit dans cette vue, en y joignant notre réponse.
Enfin , notre honorable Confrère désirerait savoir ce que se proposent les praticiens qui associent les bains de vapeur à l’extension. S’il n’entend parler que des praticiens empiriques étrangers à la médecine, il n’y a qu’une réponse à lui faire , bien qu’il en sache autant que nous à cet égard ; c’est que les empiriques ne raisonnent pas ; que comme empiriques ils ne doivent même pas plus raisonner que les singes qui imitent machinalement tout ce I qu’ils voient faire , pas plus que les castors qui construisent aujourd’hui leurs digues , comme le firent les premiers animaux de cette espèce , il y a quelques milliers d’années. Mais s’il entend parler des praticiens nos Com frères, il y a une autre explication à lui donner, et au- > jourd’hui cette explication est facile : c’est que ceux de nos Confrères qui emploient les bains de vapeur , bien qu’ils raisonnent dans l’emploi de ce moyen , raison- ■ ncntmal, et nécessairement mal , puisqu’il est démontré |
qu’ils se Irompenf. évidemment sur le siège et la nature des résistances qu’ils ont à vaincre pour opérer un redressement. Ils voient en effet ces résistances dans des muscles , tandis qu’elles sont ailleurs ; ils veulent les amollir, ils sont conséquens en cela. Toutefois ce qu’il y a d’heureux dans cette erreur , c’est que même avec le concours de ce moyen, inutile, et de sa nature même plus ou moins nuisible , l’extension qu’ils opèrent produit quelquefois l’effet unique auquel il faut tendre , la t dépression des épaisseurs anormales des fibro-cartilages.
Des résultats pareils de pratiques aussi mal entendues, se i voient tous les jours dans l’exercice de la médecine ; quelques accidens plus ou moins graves ou funestes sont les conséquences de leur application; mais d’ailleurs la : nature en triomphe dans beaucoup de cas , et on rap- ) porte au moyen malfaisant, le bien que, plus puissante que lui, elle a pu faire en ces circonstances. C’est ainsi 1 que le public est excusable de croire à la bonté d’un re¬
mède , quelque nuisible qu’il puisse être , lorsqu’il voit quelquefois des guérisons coïncider avec son emploi , etc.
Quant au désir qu’exprime notre honorable Confrère de lire dans notre journal ce que ces Messieurs pourraient publier dans l’intérêt de l’art et dans le leur propre , nous ne pouvons que l’assurer de riotrë plus grande disposition à lui procurer cette satisfaction, si lapoSsihilité nous en est donnée. Mais, c’est en vain jiisqu’iti , que ces iLssieurs ont appris par la lecture de notre premier Numéro , que ce Journal est destiné à receuillir les obsertions relatives à la matière que nous y traitons; la publi- 1 cation de leurs cures leur a paru sans doute mieux servir | es intérêts de l’art dans les journaux politiques que dans , e nôtre ; c’est pourquoi ils se sont bornés à y faire an- | ”0ncer ^es guérisons les plus étonnantes , se dispensant
\ de^ rapp°yter.des Prêtes , de ces preuves , dix moins , natme à faire croire a des redressemens consolidés
de l’épine, tels qu’on ne peut les obtenir que bien rarement , si les procédés pour y parvenir , le régime , et dans quelques circonstances un traitement spécial, n’ont concouru avec des moyens mécaniques qui n’agissent pas constamment à la manière d’un arc qui tend une corde, ou d’une presse à linge renouvelée de Ptanchin, comme le font les lits à ressort et à débossoir, de quelque « manière qu’on les dispose.
Nouvelles remarques sur les déviations de la colonne vertébrale (i), et sur la partie mécanique du traitement qui doit leur être opposé.
En général , la résistance qu’une colonne vertébral* déviée oppose aux puissances mécaniques, qui lui sont appliquées pour en écarter les extrémités , est moins en raison de l’âge de la personne affectée de celte difformité que du lieu où s’est opéré le commencement de la dévia tion , de son ancienneté , des symptômes qui l’ont précé dée , ou qui ont concommité avec elle , et de la force ma térielle de l’ensemble de la constitution. Ainsi :
i .° Les déviationsbornées àla série des vertèbres du col surtout celles qui décrivent une courbe dont les extrémi tés sont très-rapprochées , offrent , à l’âge de douze dix-sept ans , une résistance beaucoup plus considérabl que celles même beaucoup plus prononcées à la régio du dos et des lombes , chez des individus âgés de vingt quarante ans.