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reprit haleine, et donna relâche au patient , qui éprouvait plus de gène que de douleurs réelles. Au bout de quarante minutes, le sieur Gentil descendit seul du lit, rendit avec un peu d’urine l’eau qu’on lui avait injectée dans la vessie , et fut bien content de rejeter en même temps des débris nombreux de sa pierre, qu’on jugea devoir être diminuée d’ùn tiers dans celte première séance.
II y en eut une seconde le 2^ du même mois , et nous eûmes la satisfaction d’y voir, outre les témoins de la precedente , M. Magendie , notre savant collègue , et JVIM. Serres et Aumont, dont les noms sont si avantageusement connus. Le brisement de la pierre fut continué sans aUcune circonstance digne de remarque.
février suivant , la délivrance de Gentil fut complété; il sorti t, de la vessie lavée etdétergée, une quantité plus .considérable; que jamais de fragmens et d & détritus pulvérulens , qui, recueillis les uns. et les autres, ont donné la mesure approximative de la pierre.
, Quelques bains de siège , .quelques injections , et l’usage ,d’un,e boissqn douce et détersive ont été les seuls auxiliaires d’une, opération pour chaque reprise de laquelle le sieur Gentil venait à pied che.z^VI. Civiale , et qui , de ce jeune homme depuis si long-temps triste et souffreteux , a-fait ie mortel le plus gaiej; le plus heureux.
Nous l'ayqns ï£v,u .plusieurs fois,; noiis l’avons, sondé sans rien trpuyer; et tout annonce une cure parfaitement radicale ; .sauf, toutefois, les chances d’une récidive éventuelle dont la lithotomie elle- même ne préserve pas, et contrclaquelle .on peut d’autant moins établir une garantie positive , que, dans l’opération Civiale , la pierre étant tiès-di visée , il est plus facile, d’en laisser un fragment dans la vessie, où il deviendrait bientôt un a,utre calcul.
Deuxième Observation.
Le nommé Laurent, de Reims, ayant clé adressé par
le docteur Surfons , médecin de cette ville, à M. Civialc, et s’étant logé rue Chaussée-du-Ménil-Montant n.° 5g , pour être opéré d’une pierre dont le noyau devait être un haricot blanc, selon une déclaration du malade qu’il serait indiscret et superflu de faire connaître ici, nous nous transportâmes le 4 février de cette année chez le calculeux, où M. le docteur Souberbielle , lithotomistc Irès-exercé et très-répandu , nous accompagna, conduit plutôt encore par le désir de voir prospérer Ja méthode nouvelle, que par la curiosité qu’elle devait naturellement lui inspirer. Quelques jours d’avance M. Civiale avait mis dans l'urètre une sonde flexible , d’abord du numéro' 9 , et graduellement d’un calibre plus fort, afin d’élargir ce canal et d’en rendre l’accès plus facile à la grosse sonde du brise-pierre. Celle-ci fut introduite sans obstacle, après la certitude itérativement acquise de l’existence du calcul que nous jugeâmes être peu compacte et de la grosseur d’un marron. Alors l’archet fut mis en jeu , et le corps étranger ne tarda pas à être entamé, mais sans qu’on pût entendre autre chose qu’un bruit sourd et parfois très-obscur. La vessie étant très-irritable et très contractile, on abrégea la manœuvre, et on n’y revint que le 7, après qu’on eût fait usage de quelques sangsues , et qu’on eût multiplié les injections émollientes. Dans cet intervalle , il était sorti plusieurs petits morceaux friables de la pierre, et beaucoup de sédiment salino-terreux , Le résultat de cette seconde opération fut l’éjection de quelques portions du calcul divisé , et de deux ou trois petites masses d’une matière animale visqueuse, qui, pressée entre les doigts, laissait sentir des granulations légères et faiblement agglutinées.
Dans une troisième réunion qui eut lieu le 10, la pince ayant saisi quelque chose qui parut peu solide et peu volumineux , il se trouva que c’était le haricot générateur de la pierre , lequel était dépouillé de son incrustation
et portait un germe saillant assez gros et frais comme en pleine germination.
Quelques jours apres nous nous assemblâmes pour la dernière fois avec MM. Souberbielle , Nauche , Delattre, etc., pour mettre fin à notre entreprise. La grosse sonde à trois branches ne ramena que de faibles fractions avec lesquelles se trouva pèle mêle une sorte de membrane que nous prîmes d’abord pour une coque vide d’hydatides , et que nous reconnûmes ensuite être la pellicule du haricot. Le docteur Souberbielle ayant parcouru , en tous sens , la vessie , avec une algalie ordinaire , annonça qu’il existait encore un fragment, mais cribleux, léger et susceptible d’une extraction facile. En effet ce dernier fragment s’étant avancé de lui-même audelà du col de la vessie , il fut aisé à j\L Civiale de l’en retirer à l’aide d’une longue pince, dite de Hun ter, et qu’on pourrait tout aussi bien appeler de Hallés qui en a parlé le premier.
Laurent, entièrement débarrassé de sa pierre et ivre de joie et de bonheur, partit au bout de peu de jours pour R.eims, d’où il doit de temps en temps nous faire donner de ses nouvelles par le docteur Simons.
Troisième Observation.
M. P. de Paris vient tout récemment de nous fournir une troisième observation, qui ne sera pas moins concluante que les deux premières.
Ce jeune homme s’étant lui-même préparé à l’opération , soit en prenant quelques bains de siège, soit en se dilatant le canal urétral avec des bougies d un calibre gradué , il y fut soumis pour la première fois le deux du mois courant, en notre présence et sons les yeux de M. Souberbielle et de plusieurs de ses confrères. La pierre de la grosseur d’un œuf de pigeon , ou à pou près, mais n’ayant qu’une dureté médiocre, lut saisie tt
attaquée avec un plein succès. Le 5 on ne réussit pas à la trouver , et celte seconde séance fut nulle. M. Civiale ayant reconnu la nécessité d’employer un lithontripteuf plus fort que celui qui avait servi trois jours auparavant , pratiqua une légère moucheture à l’orifice de l’urètre; il ouvrit par ce moyen un libre accès à 1 instrument, qui dès-lors agit en toute liberté et fit beaucoup d’effet.
Le 18 eut lieu le troisième acte, auquel se trouvèrent M. le Docteur Canin , ex-chirurgien principal des armées , M. le Docteur Puzin , chirurgien-major des gardes-du-corps de Monsieur, frère du Ptoi , et plus de douze autres témoins également éclairés et honorables.
Ce jour, introduire le lithontripteur, trouver et chargcrle calcul, quoique bien diminué , enruginer, en moudre une grande partie, fut l’afFaire de quelques moraens. De peliles agglomérations de graviers et beaucoup de sable très-lin Comparable à la terre des couteliers, furent rejetés avec les urines et les injections. On retira de la vessie avec la longue pince de Hallés trois ou quatre petits paquets d’un mucus, enveloppant quelques grains calculeux. La cure fut regardée comme prochaine ; on convint néanmoins que dans quelques jours M. P . serait de nouveau examiné et sondé ; et que , dans le cas où l’on rencontrerait quelques débris de la pierre échappés aux dernières recherches, on l’en délivrerait par le moyen des injections , ou s’il le fallait par l’emploi de la pince dont il était loin de s’effrayer.
Celle troisième opération va être suivie de plusieurs autres qui sont arrêtées d’avance ; et incessamment un personnage d’un nom et d’un mérite éminens s’y soumettra pour une pierre qui, depuis long-temps , faille tourment et le malheur de sa vie.
Nous eussions bien désiré rencontrer une femme ayant un Calcul, pour pouvoir la traiter et la guérir par la nouvelle méthode; ce qui doit être bien plus facile en1-
core chez les femmes que chez les hommes , à raison de la structure toute différente des organes : structure qui donne de plus aux personnes du sexe l’avantage d’étre infiniment moins sujettes à la pierre dont elles peuvent de bonne heure rejeter les premiers élémens.
Mais de quelque bon augure que soient les faits que nous venons de rapporter, il ne faut pas croire que les choses puissent toujours se passer aussi bien. On va voir qu’outre qu’il y aurait de la témérité à compter sur des succès constans et imperturbables, il est des cas dans lesquels l’appareil lithontripteur ne peut ni être appliqué , ni remplir l’objet de son application. Qu’une pierre, par exemple, ait des dimensions extraordinaires et sans proportion avec le développement de la pince destinée à la saisir, on sent que dans cette circonstance , qui, heureusement ne se voit que de loin en loin , il faudrait renoncer à la mélhode lithontriptique et appeler à son secours la taille hypogastrique. Cette méthode ne sera pas moins impuissante à l’égard des pierres adhérentes, enkystées, châtonnées, lesquelles, par bonheur encore , sont aussi très-rares, et à cause de leur fixité, de leur immobilité, font beaucoup moins souffrir, et sont plus long-temps supportables que les calculs libres et errans, les seuls qu on puisse charger et étreindre avec les instrumens de M. Giviale. j,.
Des pierres ayant pour noyau , une grosse aiguille métallique, un cure-dent, un cure-oreille d’or, d ivoire, d’os, de baleine; un poinçon d’acier, un bout de tuyau de pipe en corne ou en fer; une balle de plomb, ou un petit éclat de bombe , ou d’obus, comme on en trouve des observations dans les mémoires de l’Académie royale de chirurgie, comme nous en avons vu et déposé dans les cabinets de la faculté de médecine de Paris, et comme, avant nous, les Collot,, Moinickcn, Covillard, Maiesschal, J.-L. Petit , Morand, Dcsault, etc., en avaient
trouvé clans quelques unes de leurs opérations. De pareilles pierres assurément ne seraient pas destructibles par notre mécanique , quoique , pour tout dire , elles pussent , à sa faveur, perdre de leur volume, de leur pesanteur, et devenir un peu moins douloureuses , ce qui ne les mettrait pas encore hors du domaine de la taille.
Par le procédé Civialë , on parviendrait , sans doute , à user et à briser un noyau de prune autour duquel se serait formée une concrétion calculeuse , et telle qu on en a vu deux ou trois fois. A plus forte raison viendraiton à bout d’un épi de blé , de seigle , ou de gramen commun , ou d’un morceau cl’alumette de sapin , ou d’un fragment de bougie , ou d’un gros pois , d’une fève , etc. , comme les lithotomistes en ont trouvé au centre de plusieurs pierres. Quant aux haricots, nous avons fait a leur égard nos preuves d’une manière irrécusable. Mais il est des vessies si sensibles , si rétrécies, si racornies, enfin tellement affectées qu’on aurait bien de la peine à y faire agir les inslrumens lithontrip leurs , et qu’il serait peutêtre imprudent de les y porter, quoiqu’on sache très-bien que, l’état pathologique de la vessie ne dépendant souvent que de la présence de la pierre, quand elle est murale surtout, il suffit d’ôter ou de détruire ce corps étranger, pour que le viscère se rétablisse même assez promptement.
Les enfans , à moins qu’ils ne soient en très-bas âge, ne nous paraissent pas devoir être absolument exclus de l’opération Civiale. On objectera peut-être la petitesse de leur pénis; mais, outre que cette supposition est un peu gratuite puisque les attrectations , les alongemens forcés que la douleur à l’extrémité de l’urètre les habitue à exercer sur cette partie, en accroissent singulièrement et prématurément la mesure et le volume ; ne peut-on pas faire construire des instrumens assortis à cette classe si intéressante de calculeux, comme on a fait dans l’autre méthode,
à laquelle nous nous ne sommes pas sûrs que , maigre celle précaution, il ne fallût en renvoyer plusieurs.
D’après ce qui précède , et voulant tenir un juste milieu entre l’enthousiasme qui exagère tout, et la prévention contraire qui cherche à tout rabaisser, nous estimons que la méthode nouvelle proposée par M. le docteur Civiale, pour détruire la pierre dans la vessie, sans le secours de l’opération delà taille, est également glorieuse pour la chirurgie française , honorable pour son auteur , et consolante pour l’humanité; que nonobstant l’insuffisance dont elle peut être dans quelques cas, et la difficulté de l’appliquer dans quelques autres , elle ne peutmanquer de faire époque dans l’art de guérir qui la regardera comme une de ses ressources les plus ingénieuses et les plus salutaires; enfin , que M. Civiale , qui a bien mérité de sa noble profession et de ses semblables , a aussi acquis des droits à l’estime et à la bienveillance de l’Académie, dans le sein de laquelle la philantropie a son culte, comme les sciences y ont leur autel.
Signé, CHAUSSIER, PERCY , rapporteur.
L’académie approuve le rapport et en adopte les conclusions.
Certifié conforme :
Le Secrétaire perpétuel , Conseiller- d'Ltat , Commandeur de V Ordre ÏXoyal de la Légion - d' Honneur ,
Baron CU.V IER.
Depuis que ce rapport a été fait à l’Institut, M. Civiale, comme on l’a déjà vu , a fait l’application de son procédé opératoire sur un grand nombre de calculeux, et nous l’avons vu opérer. Voici quelques observations sur ce procédé. Nous n’ajouterons rien à ce qu’il a dit des cas favorables à l’emploi de la litholrilie. Nous exprimerons scu-
lement le désir, que noire confrère, qui a très-judicieiïsementdit, que la pratique seule peut marquer les limites dans lesquelles il doit être circonscrit, publie une travail dans lequel les contre-indications soient exposées d’une manière précise, avec l’énonciation des symptômes qui peuvent décéler les altérations de la vessie , de la prostate , des reins , etc. , qu’il regarde comme des complications défavorables au succès de l’emploi de la lithotritie , et que nous reconnaissons telles, sans les considérer cependant comme des contre-indications.
Pour ne nous occuper donc , que de l’exécution du procédé opératoire, nous dirons :
Premièrement, qu’il nous semble, qu’il n’a pas été assez pourvu jusqu’ici au moyen de surmonter les difficultés qui se présentent assez souvent dans le temps de cette opération , qui a pour objet de saisir la pierre et de la tenir solidement assnjeltie dans une situation telle, que l’instrument qui doit la briser en la perforant, agisse sur son centre ;
Secondement, qu’il reste encore à trouver le moyen de s’assurer de ne pas pincer la vessie, en saisissant la pierre ; .
Troisièmement, que l’action de l’archet serait d’autant moins offensive, sous le rappport de l’ébranlement qu’elle cause nécessairement dans les parties de l’appareil urinaire , sur lesquelles la canule exerce une pression plus ou moins considérable , que cette dernière partie de l’appareil instrumental serait plus solidement assujettie, et plus qu elle ne peut l’être par la main de l’opérateur.
Ces perfectionnemens au procédé opératoire , dont il s agit, nous paraissaient nécessaires , avant que noire conft ère , M. Heurteloup , qui nous a montré en détail ses inslrumens destinés à la même opération , ainsi que la chaise sur laquelle il établit le malade pour l’opérer, nous eut fut voir comment, en ayant senti lui-même la nécessité, il ci oit elre parvenu à les y introduire, ainsi qu'il nous
paraît y être réellement parvenu. Nos lecteurs pourront, d’après la description que nous donnerons des instrumens et de la chaise , employés par notre confrère , M. Heurteloup , dans la lithotritie , apprécier comme nous , ces perfectionnemens à un procédé opératoire qui fera époque dans les fastes de la Chirurgie. M.
Changement apporté à la direction variable du fond rembourré et aux poulies placées aux pieds du lit à extension de la colonne vertébrale , de l'invention du docteur Maisonabe.
L’observation ayant appris que le degré d’inclinaison , du fond rembourré le plus convenable , était celui clans lequel l’extrémité sur laquelle porte la tête, est plus élevée de six pouces que celle sur laquelle portent les pieds ; c’est celui qui est généralement adopté aujourd’hui dans la construction de ce lit, dont ce même fond rembourré ne porte plus en partie sur des tasseaux, et en partie sur les extrémités de vis en bois placées à l’intérieur des pans , mais seulement sur deux tasseaux.
A ce changement , qui est une amélioration , s’en trouve ajouté un autre non moins avantageux sous un autre rapport : il consiste en ce que les poulies sur lesquelles passent les cordons qui s’unissent à la ceinture , sont plus élevées qu’elles ne l’ont été d’abord, et qu’elles le sont aujourd’hui à la hauteur de celle sur laquelle passe le cordon qui s’unit à l’agraffe. Il résulte de ce changement que les cordons des pieds du lit tendent à exercer une traction en ligne horizontale avec celui delà tête, et que cette disposition procure un soulagement sensible dans les trois modes d’extension et notamment dans Iç fixe ,1e bassin étant comme suspendu , au lieu d’être retenu appliqué contre le fond rembourré'.
Imprimerie de Migncret , vue du Drognn , 3N. j-
Remarques sur l’action des Lits mécaniques pour l’extension de la colonne vertébrale.
La plupart des inventeurs de lits mécaniques à extension ont moins cherché à simplifier ce procédé qua l’embarrasser de quelque addition, dont chacun pût s’attribuer l’invention. De là un très-grand nombre de leviers, de rouages, de ressorts, qui ont Je giave inconvénient d agir d une manière aveugle et forcée. Le premier principe de mécanique établit que la machine la plus simple est la meilleure, si elle remplit toutes les indications. Ce principe acquiert encore plus d’importance lorsqu’il s’agit d’un moyen qu’on doit appliquer au corps de l’homme : ici c’est un intermédiaire dont il faut pouvoir toujours mesurer la puissance et borner l’action , car une bonne machine chirurgicale ne doit être qu’un instrument de plus entre les mains du médecin. Ces réflexions nous sont inspirées par une lecture faite à l’Académie par M. Pravaz. Ce médecin a voulu généraliser à tous les hts mécaniques les inconvéniens qu’il trouve aux machines a extension de la colonne vertébrale; et comme ] ai sous les yeux le lit du docteur Maisonabe, qu’on emploie tous les jours avec succès dans l’établissement du Mont-Parnasse, je puis opposer à ces vaines critiques le résultat de l’expérience faite depuis cinq ans par plusieurs médecins. Ces assertions Valent bien les raison nemen s d’un élève de l’école polytechnique
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, J1™ !r°"ïe *“* ii,s mécaniques des incon-
Mécanique et Instrumens . 9
véniens qui n’existent pas , ou qui sont inévitables , ce qui prouve qu’il parle d’une partie qu’il ne connaît pas et d’objets qu’il n’a jamais vus.
i°. 11 prétend que la colonne vertébrale étant ellemême extensible 3 il faut développer une puissance considérable pour agir même médiocrement sur la partie moyenne de la colonne , siège ordinaire de la déviation. Celte circonstance est la cause du long espace de temps que dure le traitement, parce que l’action qu’on exerce éprouve une progression décroissante à partir du point d application. Mais enfin, quand les fibro-cartilages supérieurs et inférieurs à la déviation ont cédé, d’après leur extensibilité naturelle, il faut bien que la force s’exerce sur le point même de la déviation. Cette décomposition de la puissance d’une vertèbre à l’autre est même avantageuse, parce qu’on est sûr de ne point agir trop fortement ni trop directement, et qu’on arrive peu-à-peu au redressement. Quant à la force à employer, nous pouvons toujours la rendre supérieure à la résistance; car la difficulté n’est pas d’agir fortement, mais d’agir avec mesure et par degrés. Voilà ce que l’expérience et le temps
apprendront a M. Pravaz.
2°. M. Pravaz établit que la traction n’est pas la même sur toutes les parties du rachis. Il n’y a pas le moindre doute , et c’est précisément ce qui fait qu’après un certain temps , lorsque les divers fibro-cartila-es supérieurs et inférieurs ont cédé, toute la force se°porte sur la partie déviée, qui alors est seule susceptible d’extension. M. Pravaz parle des frotteraens exercés sur le plan incliné par le corps ; mais ces frottemens sont nuis et ne peuvent être comptes dans
l'action qui se passe entre chaque vertèbre. M. Pravaz n’a donc aucune idée de l’organisation de la colonne vertébrale.
5°. M. Pravaz pense que les liens blessent toujours les parties qu’ils embrassent. D’abord, lorsque les collierset lesceinturessont bien faits, les maladesne sont nullement blessés par leur application. Nous offrons à M. Pravaz de lui montrer à l’établissement du Mont- Parnasse plusieurs malades qui sont soumis à l’action du collier et de la ceinture depuis plus d’un an , et qui n’en éprouvent aucun inconvénient. Quelques-uns seulement ressentent quelquefois de légères douleurs et ont des rougeurs passagères au menton , qui disparaissent par l’habitude même des parties comprimées. Que M. Pravaz indique donc un moyen d’agir sur la colonne vertébrale, sans prendre attache sur quelque partie du corps.
4°. M. Pravaz dit que les appareils d'extension , loin d’exercer une traction constante et progressive , se relâchent à chaque instant. M. Pravaz a tort de généraliser ce reproche , qui ne peut être fait à tous les appareils. D’abord, j’espère que M. Pravaz n’entend pas par relâchement cette diminution presque insensible de tension qui doit arriver toujours , à cause de l’extensibilité et de la compressibilité du corps et des tissus employés dans les appareils. Le rigorisme mathématique est ici fort ridicule ; et M. Pravaz devrait savoir combien ces différences sont inutiles à examiner dans les actions mécaniques : c est ce qu’on pourrait appeler des infiniment petits. Au reste, la bonne confection des appareils est très-importante dans les machines à extension ; et nous offrons encore à M. Pravaz de
lui en montrer qui ne se relâchent point, demanière à rendre l’extension sensiblement diminuée. En renouvelant les tractions quatre fois par jour, comme cela se fait à l’établissement du Mont- Parnasse , on pourvoit facilement à cet inconvénient inévitable de tous les appareils.
D’après M. Pravaz , il semble que tous les moyens soient insuffisans pour guérir les déviations de la colonne vertébrale, et cependant tous les jours les médecins sont témoins des cures qu’on obtient par les lits mécaniques à extension. Nous offrons encore à M. Pravaz de le convaincre de ce fait s’il n’a jamais vu de guérison.
On pense bien que toute cette critique des appareils connus a pour but de proposer de nouveaux moyens. Car c’est la tactique ordinaire de critiquer tout ce qu’ont fait les autres, pour vanter ce qu’on a fait soi-même. Voyons donc ce que propose M. Pravaz. C’est une Machine de son invention qui agit sur les parties moyennes du rachis : ce qui est impossible, comme nous l’avons dit, sans exercer son action sur les parties supérieures et inférieures, sans être soumis au relâchement forcé des appareils, sans presser sur les parties où les liens portent, car il est nécessaire qu’ils portent sur quelque chose, etc., etc. 11 faut bien avoir envie d’innover pour se mettre à construire une machine défectueuse et pour la proposer en remplacement d’autres, sans en avoir constaté les effets par de nombreuses guérisons ; tandis qu’il en est qui ont été perfectionnées et qui sont employées tous les jours avec succès. Mais on ne parlerait pas de M. Pravaz, et il faut, pour le plus grand
bien de i humanité , qu’on s’occupe de lui et de ses inventions.
Nous ne parlerons pas d’une machine à extension que M. Pravaz veut encore proposer, et dans laquelle le point d’appui de la puissance extensive est transportée sur le sol. C’est une idée émise par Mitchell et Shaw, et que ce dernier avait abandonnée long temps avant sa mort. La difficulté n’est pas d’avoir un point d’appui pour la puissance extensive, mais des points d’application sur le corps, qui offrent une résistance suffisante et qui soient les plus rapprochés de la partie déviée. Voilà le nœud de la question. Am. D.
Note sur un nouveau Mannequin à l’usage de l’étude des A ccouchemens 3 et désigné sous le nom de Mannequin tocomathiquc ,
Présenté à l’Institut par M. Ozanee.
L’accouchement est un acte douloureux et souvent difficile, auquel la nature a soumis la naissance de l’homme. Il fallait que cet être souffrant trouvât dans l’intelligence même dont il est doué, de nouvelles ressources pour triompher de ces douleurs et en abréger le cours. Ce sont ces soins précieux , aussi variés que pénibles, qui constituent la science des accouchemens. 11 ne suffit pas, pour être bon accoucheur, de connaître la structure du bassin , les organes génitaux de lit femme, la conformation du
fœtus, les voies de son développement, les phénomènes de la grossesse et de raccouchement. Il ne suffit pas, en un mot, d’être théoricien , il faut de la pratique , et malheureusement , faute de moyens dans l’enseignement propres à nous familiariser avec les difficultés et les accidens, nous ne pouvons acquérir cette pratique que sur des êtres qui nous appellent pour les secourir. Il est bien un moyen propre à inculquer les principes de l’art , c’est le mannequin naturel que nous possédons., et dont on reconnaît toute l’utilité pour le commençant, et qui n’est autre chose que la partie inférieure de la charpente osseuse du rachis unie à celle du bassin , recouverte d’une simple peau de chamois ou de daim ; mais ce qui convient à l’entrée de la carrière ne suffit pas pour la parcourir jusqu’au bout. En effet , les difficultés ne se rencontreront jamais à découvert, l’œil qui jusque-là nous a guidé ne pourra nous éclairer lorsque nous agirons dans la profondeur des parties au milieu des ténèbres les plus épaisses , et l’on pense que le toucher seul, qui peut donner une idée de la disposition des parties, est totalement négligé. Habitué dans le commun usage de la vie à n’avoir de plus sûr guide que la vue, il est souvent impossible de nous diriger sous l’influence d’un autre sens tant que la vue peut encoi’e nous diriger, et alors le toucher resté imparfait ne nous donne que des idées confuses.
Ainsi donc, l’art impuissant nous renvoie à la nature, et c’est sur l’être vivant et souffrant qu’il nous faut risquer nos premiers essais.
Ces considérations ont inspiré à l’auteur le dessein de suppléer à ce défaut de l’art ; 1 auteur a pensé
que si, à une imitation parfaite du mannequin naturel on parvenait à joindre une représentation aussi exacte que possible de la matrice , figurée dans l’état de développement qu’elle acquiert pendant la grossesse , et que si on trouvait moyen, à l’aide de la mécanique, de communiquer à cet organe les differens mouvemens et les variations de force et de dimensions que ses contractions lui impriment chez 1 individu vivant, on rendrait un service insigne à l 'étude des accoucbemens.
Souvent on a cherché à remplir celte lacune dans l’enseignement, et divers mannequins ont été construits à cet effet , mais tous n’ont présenté poiir matrice qu’une poche inerte , incapable de mouvemens spontanés, et par conséquent peu susceptible de donner à l’esprit une idée exacte de la vérité. Or, ce sont ces contractions spontanées qu’on s’est surtout attaché à reproduire , et pour la facilité, de l’effet on a cru devoir en distinguer de deux sortes : i°. de transversales, ou circulatoires, qui ont lieu dans les parois et tendent à les rapprocher les unes des autres. 2°. De verticales, ou longitudinales, qui tendent à rapprocher le fond de la matrice vers l’oriGee. Par la combinaison de ces deux forces opposées, la matrice, rétrécie dans tous ses points , peut donner lieu aux accidens les plus variés. Ces effets obtenus, il a été facile de multiplier les difficultés qui se rencontrent dans tous les cas, de les reproduire et de les répéter autant de fois qu’il le devient nécessaire pour familiariser les élèves avec elles. En conséquence , les résultats ont donné lieu au mannequin dont suit la description :
C’est un corps complet de femme couché sur un lit disposé de manière à ce que le bassin de ce mannequin soit dans une position convenable et facile à explorer. Ce lit , supporté par un massif de bois de orme carrée, y est fixé de telle sorte qu’on peut l’éever ou l’abaisser selon la commodité de l’opérateur. Ce mannequin offre surtout une grande solidité dans ses points d attache , et ne peut vaciller dans aucune manœuvre. II est d’une grande stature, présente sur la poitrine les deux seins développés comme ils le sont à neuf mois de grossesse. L’abdomen se présente d abord peu élevé , comme il est à-peu-près à trois mois de conception. On peut , à l’aide du mécanisme, élever sa surface , et le faire saillir, soit comme dans une grossesse à mi -terme, soit comme chez une leinme parvenue à la fin de sa grossesse. Le nombril se prononce et proémine à mesure que Je ventre s’élève, de manière à former une saillie d’autant plus marquée qu on peut représenter une époque plus avancée. Ce ventre , de consistance ordinaire , permet à la main appliquée sur lui de percevoir ainsi à l’extélieur les diflerens mouvemens opérés dans son intérieur , soit que l’utérus entre en action, soit que la main introduite agisse sur Je fœtus.
Lorsqu on veut procéder aux manœuvres, le mannequin est place à la commodité de l’opérateur. Dans celte position , les cuisses écartées , on aperçoit la vulve sous la forme d’une division longitudinale, de la longueur ordinaire, et dont les bords qui représentent les grandes lèvres sont formés de bourrelets élastiques et résistans , qu’on ne peut franchir qu’avec un effort. Ainsi , déjà l’opérateur est à même de
prendre une idée de la gêne qu’éprouvent les muscles de l’avant-bras par la réaction [de ces parties. Les grandes lèvres écartées, on voit à leur partie interne et supérieure les petites lèvres. Celles-ci franchies, on parvient dans le bassin. Ce conduit cylindrique , dune longueur de cinq pouces et demi , à plis longitudinaux , est disposé de manière à per¬
mettre aux parois qui le composent de se rapprocher 1 une de l’autre, sans pour cela comprimer le corps qui le traverse, et empêcher celui-ci de bien prendre connaissance de l’étendue des détroits du bassin et de sa cavité. On trouve à son extrémité postérieure une saillie circulaire qu’il embrasse de tous cotes, et qui représente Je col de l’utérus. Ce col , qui n est là que pour donner un point de comparaison et non une idee de la texture sur l’être vivant, offre des dispositions différentes quant aux dimensions de son ouveiture, suivant létal où l’on suppose la matrice. Fermée à djx et douze lignes avant le travail , il s ou\re gi aduellement pour donner passage au fœtus. Et à mesure que la dissolution s’opère par suite des contractions utérines , la main peut le traverser et plonger dans la cavité de la matrice sans rencontrer d autre obstacle que la saillie sacro-vertébrale, qui ui en oppose un d autant plus grand que les conractions sont plus fortes; la poche qui représente l’uterus, soumise au toucher, présente toutes les dimen- * que cet organe acquiert à la fin de la grossesse ; et si ce mécanisme est mis en jeu, bientôt la main exploratrice reçoit de toutes parts l’impression de l’organe qui s applique sur elle à plusieurs reprises , tanenvironnant de ses contractions circulaires ,
tantôt en la soumettant aux commotions réitérées Je ses contractions verticales. A cette époque on peut donc prendre une idée de l’étendue et des mouvemens de la matrice, et bien mieux encore lorsqu’on y a préliminairement introduit un fœtus (introduction qui se fait avec facilité par la partie latérale gauche du tronc , sans déranger en rien la disposition des parties). En effet, à cette époque, la main dans cette matrice peut parcourir toutes les régions du fœtus, scruter ses différentes positions, interroger ses rapports avec le bassin ou l’utérus , les rectifier, les modifier, les changer, les bouleverser môme totalement, comme elle pourrait le faire dans le sein de la mère en mal d’enfant. En outre, les contractions venant contrarier les mouvemens de la main, elle 1 habitue à se placer dans la position la plus favorable pour éviter leur effet, et enfin la mettre à même de triompher, par l’adresse, d’un obstacle qu il y aurait tant d’inconvéniens à surmonter par la force. Pour ne point restreindre l’usage de ce mannequin à 1 usage exclusif des cas graves , les contractions de la matrice peuvent changer leur marche tumultueuse et se régler pour donner lieu à des effets coordonnes , qui rentrent dans le domaine des lois de la nature. Ainsi le fœtus expulsé comme dans l’accouchement naturel , parcourra progressivement jusqu’au dehors le trajet des voies génitales, comme dans 1 acte de 1 enfantement, et donnera une idée à l’élève d un phénomène qu’il ne se figurait qu’à grands frais d imagination, lorsqu’il ne pouvait encore le soumettre à le preuve de ses sens.
L’auteur a pensé qu’après s’être applique a repré-
senter les parties contenant le produit de la génération, il était essentiel que ce produit lui-même fût mieux représenté qu’il ne l’a été jusqu’ici. Formé ordinairement d’un sac rembourré d’étoupes , muni d’une tête et de quatre prolongemens informes desti- ; tinés à représenter les membres, il n’offre aucune [ indication particulière. Une extrémité saisie , la masse entière suivra , dans quelque situation qu’elle se trouve. Tandis qu’au contraire, dans la réaction, tout est calculé. Un effort mal dirigé rompra plutôt la partie sur laquelle il est appliqué, que d’ébranler la masse. Ainsi un squelette de fœtus artificiel a été construit exactement semblable au squelette naturel. Les articulations existent avec tout leur jeu , et toutes les pièces sont disposées de manière qu’aucun mouvement, aucune plicature ne puissent s’opérer que dans les jointures seulement et nulle autre part, sans en- : courir les risques d’une solution de continuité. Cette : charpente est revêtue d’un rembourage destiné à remplir les parties molles. Les fontanelles sont représentées de telle sorte qu’elles cèdent sous le doigt qui les presse, puis se relèvent aussitôt que la pression a cessé , en produisant une crépitation comparable à celle du parchemin froissé.
C’est avec ces modifications qu’on est arrivé à la composition du simulacre actuel, effigie encore bien approximative, mais plus capable néanmoins que l’ancienne de compléter le système d’exercices auxquels ce nouveau mannequin doit donner lieu.
Sur un nouveau Taffetas épispastique ,
Préparé par M. Mauvage.
Jusqu’ici la chimie a tourmenté les cantharides de toutes les manières pour éviter les inconvéniens et profiter des avantages de leur application. Tous les essais ont été infructueux. Alors on renonce aux cantharides et on cherche à leur substituer d’autres substances avec aussi peu de succès. M. Mauvage paraît avoir résolu le problème : son taffetas épispastique répond parfaitement aux vues des praticiens ; M. Vauquelin qui en a fait l’analyse n’y a pas trouvé de cantharides , mais cela ne prouve pas qu’il n’y en ait pas. La commission de l’Académie royale de médecine avait dit que M. Mauvage méritait les encouragemens du gouvernement pour le service qu’il avait rendu par l’invention de son taffetas épispastique ; mais l'Académie n’a pas cru devoir déroger à ses réglemens en faveur de ce moyen , et l’a renvoyé à la commission des remèdes secrets , puisque 1 auteur ne veut point publier son mode de préparation. On sait que les personnes qui soumettent un remède secret quelconque à l’examen de cette commission sont obligées d’en faire connaître la recette seulement aux membres. Nous ne saurons pas pour cela la composition du taffetas de M. Mauvage, parce que rien ne transpire de ce qui se passe dans cette commission, mais nous saurons au moins s il y a ou s’il n’y a pas de cantharides.
Sur de nouveaux Mamelons artificiels ,
Présentés par M. le comte de Perrochel.
Ces mamelons confectionnés avec la tétine de la vache paraissent très-supérieurs à tous ceux qu’on a proposés jusqu’ici ; mais ce qui les rend précieux et leur mérite la préférence , c’est la différence énorme du prix. M. Breton vend les mamelons cinq francs et M. de Perrochel sept sous seulement ; il est vrai qu’il n’en fait pas une spéculation. En Allemagne et même en France, les mamelons préparés avec la tétine de vache sont déjà connus; mais ils ont quelques inconvéniens. Ils se décomposent et se putréfient comme toutes les substances animales : ils ne s’appliquent pas bien sur le mamelon des femmes , en sorte que l’enfant ne tette que de l’air. Les bouts de caoutchouc ou gomme élastique présentés par un médecin de Lyon et perfectionnés par M. Verdier s appliquent mieux sur le sein. Cependant on leur reproche encore de laisser passer quelquefois le bout du sein , d’où des ulcérations et des déchiremens trèsdouloureux pour la mère. Les bouts de M. de Perrochel n ont pas cet inconvénient et laissent faire le vide beaucoup mieux que les bouts de caoutchouc.
Nouveaux Instrumens pour explorer la vessie et le canal
de l’ urèthre ,
Proposés par M. AiaussiT.
M. Amussat a présenté à l’Académie deux instrumens de son invention. Le premier est un instrument d’argent, composé, 1°. d’une canule droite, longue de sept pouces et demi, dont la cavité n’est pas percée dans le centre , et qui est graduée à l’extérieur en pouces et en lignes ; s°. d’un mandrin, qui, du côté du pavillon , est terminé par une tête à pans , et de l’autre par une lentille : le tout ajusté forme une sonde droite. Lorsqu’on tourne le mandrin , la lentille présente une crête saillante au-dessus du niveau du bout de la canule, et, pour reconnaître dans quel sens se trouve la crête, il y a sur la tête du mandrin un bouton indicateur.
M. Amussat a inventé cet instrument pour reconnaître les rétrécissemens commençans et toutes les autres affections du canal, qui, souvent méconnues, donnent lieu à des inflammations , et , par suite , à un petit écoulement intarissable que l’on attribue à toute autre cause.
Pour reconnaître ces rétrécissemens, il faut porter dans l’urèthre un instrument qui puisse se développer au-delà du point malade, et qui, en sortant, puisse s’accrocher à l’obstacle , s’il y en a un : tel est l’instrument de M. Amussat. Pour s’en servir, on l’in-
trodult au-delà du point où l’on suppose le mal; alors on tourne la tête du mandrin entre ses doigts , de manière à faire saillir la crête de la lentille en haut, en bas ou par côté, suivant qu’on veut explorer la partie supérieure, inférieure ou latérale de l’urèthre, puis on tire doucement à soi l’instrument. Dans l’état sain, la crête ne doit pas être arrêtée ; elle doit l’être s’il y a rétrécissement. M. Amussat cite plusieurs cas dans lesquels il a fait cesser des écoulemens chroniques en détruisant des rétrécissemens qu’il n’avait pu reconnaître qu’à l’aide de cet instrument.
Le second instrument consiste dans une algalie de cuivre jaune très-sonore , dont le pavillon est terminé par un entonnoir. M. Amussat dit que l’idée de cet instrument lui a été suggérée par les inconvéniens et les méprises occasionées par l’usage des sondes ordinaires. Il observe que les sondes d’argent sont beaucoup moins sonores que celles qui sont fabriquées avec un alliage de cuivre et de zinc , que leur pavillon n’est pas assez isolé ; enfin que les yeux de ces sondes ont l’inconvénient, aussitôt quelles sont dans la vessie , de se remplir d’urine ; laquelle vient frapper le pouce qui bouche le pavillon , et le choc qu’éprouve le doigt est presque le même que celui que l’on ressent lorsqu’on touche une petite pierre située derrière le col de la vessie. M. Amussat assure avoir éprouvé deux ou trois fois ce qu’il vient de dire ; il ajoute que , dans le cas où on a pratiqué l’opération de la taille à des personnes qui n’avaient pas de pierre, l’erreur avait été commise par cette fausse sensation. Le contact de la sonde avec les tumeurs de la prostate ou les colonnes charnues de la vessie en ont aussi
quelquefois imposé. Enfin les yeux de la sonde ordinaire s opposent à la transmission des sons.
Amussat reconnaît a sa sonde de cuivre les avantages 'd’être plus sonore, d’apporter par conséquent à l’oreille un son beaucoup plus distinct, d’autant quelle offre un pavillon à l’une de ses extrémités ; enfin elle n’expose pas à la fausse sensation dont nous parlions tout-à-l’heure , nous voulons dire la percussion de l’urine contre le pouce.
M. Amussat, joignant l’exemple au précepte, dit qu il a reconnu avec sa sonde des pierres qui avaient été méconnues avec les sondes d’argent ; enfin , il ne désespère pas de pouvoir distinguer le volume des pierres d’après le son qu’elles rendent.
Il y a une grande différence pour l’exploration de la pierre , suivant qu’on se sert d’une sonde pleine ou d’une sonde creuse , et les praticiens le savent si bien , qu’ils ne se décident à l’opération qu après avoir bien senti la pierre avec le cathéter qui doit servir de guide à l’instrument tranchant.
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