TS
pi. vin
Explication de la Planche VIII.
Fig. /, coulisse à vis , en fer , destinée à tenir abaissée à volonté la bascule du lit à extension de la colonne vertébrale , et à produire par cet effet l’extension fixe.
1.1, deux parties transversales de cette pièce attachées , au moyen de quatre vis , sur l’épaisseur du bord inférieur de la traverse inférieure du panneau du chevet, lieu où elle se voit telle qu’elle se présente ici.
2.2, vide de cette coulisse , dans lequel peut monter et descendre le goujon 5 , qui se voit à l’extrémité de la bascule.
3 , écrou tenant à la vis qui fait partie de la pièce de fer 4, laquelle pouvant être élevée ou abaissée à volonté dans la coulisse , peut de même être arrêtée sur les différens points de son étendue , et y retenir le goujon qu’elle empêche de monter, pour maintenir l’extension fixe.
La dimension de cette pièce est pour un lit à extension, de grandeur ordinaire, d’environ 5 pouces de hauteur, de manière à pouvoir permettre au goujon une étendue de mouvement d’environ trois pouces et demi.
Il nous a paru convenable de substituer cette pièce à celle composée dune simple vis avec son écrou, qu’on tournait à droite ou à gauche , placée sur la largeur de la meme traverse inférieure, pour serrer ou rendre libre la coulisse surmontée d’un crochet qu’on voyait, et qui subsiste encore à l’extrémité delà bascule, pour être engagé
ans le nœud coulant du cordon gradué.
Ce changement nous a paru avantageux, en ce qu’il ren t une exécution plus facile, plus prompte et plus sure, les graduations de la tension, en même temps qu’il permet de voir le degré auquel on la fixe.
J ous i appellerons ici que, lorsqu’on veut exercer les
{raclions sur la tète, dont, il a été parlé ailleurs, il convient, pour mettre la bascule en état d’agir dans toute l’étendue du mouvement d’environ trois pouces et demi que permet la coulisse, de fixer d’abord les quatre courroies du collier aux quatre boutons del’agraffe, et toujours de manière à ce que les deux antérieures se trouvent plus longues que les deux postérieures, pour que le menton ne soit pas trop élevé ; et ensuite d’attirer et de fixer le bassin vers les pieds du lit, au moyen des courroies latérales de la ceinture, à un degré tel, que déjà il s’opère un commencement d’extension qui tient le rachis disposé à subir les divers degrés cl’alongement qui peuvent être produits dès ce moment, soit au moyen de l’extension par tractions, soit au moyen de la bascule fixée à quelques degrés plus bas , soit par la position du poids sur la bascule.
D’après ces dispositions , la moindre pression exercée avec le pied sur la bascule produit une augmentation d extension , de laquelle résulte l’alongement de toute la colonne vertébrale , depuis une ligne jusqu à dix-huit , terme modéré au-delà duquel on pourrait le porter dans beaucoup de cas, sans inconvénient, avec les précautions requises. Nous avons dit ailleurs que l’effet de ces pressions réitérées sur la bascule, étant, de produire de suite un alongement , et de faire juger de celui dont la colonne vertébrale est susceptible , on doit régler le degré d extension fixe pour le reste de la séance, plus ou moins audessous de celui où on l’a portée momentanément , et c est ce qu’on fait en rendant mobile , par un tour de vis , la pièce n.° 4 > pour la faire descendre, et la fixer de nouveau, immédiatement sur le goujon.
Dans les lits que nous avons expédiés avant l’emploi de la pièce dont nous venons de donner la description , on voyait une bande de toile on de sangle , clouée sur les deux côtés de l’extrémité de la bascule, et formant une
anse dans laquelle on passait le pied pour l’attifer en bas. La coulisse ne permettant plus aujourd’hui de passer le pied au-dessous de la bascule, c’est sur une pièce de fer placée à gauche de son extrémité que le pied doit agir pour y produire le meme effet : c’est encore un changement que nous avons dû faire à cette partie de notre lit.
Fig. 2 , notre nouveau collier.
i, i , \ , ses quatre courroies dont les extrémités s’attachent à l’agraffe.
2 , 2 , sa face interne oxi l’on voit à sa partie antérieure une excavation destinée à reçevoir le menton.
3 , 4 i parties de la boucle et du tirant qui servent à serrer ce collier sur la nuque. Ces objets étant attachés à la face externe du collier , on n’en peut voir qu’une partie , cette pièce ne présentant ici que celle de ses deux faces qui doit toucher à la peau.
Fig. 3 , l’agraffe, pièce d’acier à laquelle nous venons de dire que se fixent les quatre courroies du collier.
1.1, i,i, boutons qui entrent dans les trous des courroies du collier.
2.2, tige de l’agraffe au milieu de laquelle on voit une ouverture 5 , 5. A travers cette ouverture passe l’extrémité du cordon gradué 4, dans l’anse duquel on engage une petite tringle en cuivre à deux têtes 3,3, au moyen de laquelle ce cordon est uni à l’agraffe.
Explication de la planche IX.
Les trois ligures de cette planche représentent les trois piincipales pièces dont se compose la machine de Venel, envoyée par Jaccard son successeur à Orbe, à M. le docteur Leveillé à Paris , qui l’a remise à la Faculté de Vnédecine , accompagnée delà lettre qu’on va lire. C’est cette meme machine qu’il faut donc évidemment reconnaî-
( ioo )
tre pour celle de Venel , dont la description par Bruchner doit être tenue pour exacte , quoique M. d’Ivernois ait écrit le contraire , comme on le voit dans le passage suivant de son essai déjà cité :
« Quant au jugement qu’il (Scarpa) porte sur le procédé de Venel d’après la détestable description qu’en donne Bruchner (i) , je ne crains point de dire que ce jugement est erroné. Où Bruchner a-t-il pris par exemple que ce procédé consistait à serrer les pieds entre deux plaques de fer, qu’il astreignait les enfans à garderie repos pendant un an et demi que durait le traitement? Comment a-t-il pu dire, que la machine de Venel et son bandage sont plus nuisibles qu’utiles, si l’enfant fait quelques pas? Jamais Venel, ni M. Jaccard son successeur, ni moi qui suis son élève, n’avons prescrit le repos aux enfans atteints de la torsion des pieds; nous prenons au contraire tous les moyens pour que les malades se livrent à des exercices variés, courent et marchent autant qu’ils le veulent (2). Quand l’enfant n’a qu’un pied déformé, la progression s’exécute si facilement qu’on s’aperçoit à peine qu’il porte un appareil, c’est seulemementlorsque les deux pieds sont trèsdifformes , que l’enfant marche avec difficulté pendant les premiers jours du traitement: Scarpa est encore tombé dans l’erreur en disant que la machine de V enel est seulement applicable dans le cas de difformité légère , et chez les enfans peu de temps après leur naissance , ou avant quils puissent se tenir sur leurs pieds. Assurément rien n est
(1) Médecin allemand qui a donné une description do. cette machine , d’après Wantzel , médecin lui-mème , auquel Jaccai'd avait donné' des soins sous la direction de Venel , pour la correction de
ses deux pieds-bots.
(2) Ce qui est absolument contr’indiqué tant qu’il n’y a que le bord externe du pied qui peut porter de toute son épaisseur sur le sol , comme cela est dans tous les vrais pieds-bots.
plus faux que celte assertion avancée sur la foi d autrui (i); J’ai appliqué avec succès celte machine , sousla direction de M. Jaccard , et depuis que je l’emploie a Pans sur un grand nombre d’enfans bien plus âgés que ceux dont parle Scarpa ; entre autres malades , je citerai une demoiselle de 24. ans', ayant les pieds tordus, qui fut parfaitement guérie en 1811, par ^application de la machine dont nous parlons; un jeune homme de 18 ans que j ai guéii l’année dernière, etc. , etc. (2) Ainsi donc tout ce que dit cet auteur touchant notre procédé , d après Bruchner et autres , est dépourvu de fondement et réfuté par les faits les •plus multipliés et les plus concluans(o). Au reste , en supposant que l’appareil de Scarpa ait toute l’efficacité qu’il lui accorde, il exige , pour guérir un enfant de trois ou quatre ans , un espace de six mois pendant lequel on est obligé de prendre toutes les précautions possibles pour que rien ne se dérange , ni le jour ni la nuit , et il faut de plus avoir grand soin de changer les plaques d acier lorsqu’elles sont trop faibles. La machine de Venel (4) demande la moitié moins de temps dans les cas ordinaires pour une guérison complète , elle exige beaucoup moins de précautions , et n’est pas si susceptible de se déranger que celle dont nous venons de parler , elle n’est d’ailleurs
(1) Rien au contraire n’est plus vrai. M.
(2) Ce n’est ni ce que dirait ni ce que croira un homme de l’art ,
même des moins versés dans la physiologie. Il doit en être en effet de cette demoiselle de ans , parfaitement guérie , comme du jeune homme de 18 ans que nous avons vu il y a deux mois dans notre établissement, et qui est de nos abonnés à ce Journal. 11 est privé de l’usage des muscles de la jambe , et ne marche depuis cette prétendue guérison qu’avec de fortes lames de fer sans lesquelles la plante du pied ne porterait pas sur le sol. M.
(3) On verra par la lettre de celui, dont il se dit l’élève , que le lait de la guérison du médecin ’Wanlzel dément cette assertion. M.
(4) C’est toujours de la machine -de Jaccard dont il parle, M.
composée que d’un seul appareil peu dispendieux qui peut servir pendant tout le traitement. Ces considérations suffiraient sans doute pour donner la supériorité au procédé de Venel sur celui de Scarpa , s’il ne l’avait déjà acquise par tant d’années d’expériences positives en sa faveur. >>
Pour mettre d’abord nos lecteurs en état de juger de la confiance que doivent inspirer les assertions contenues dans cet article, nous nous bornons à mettre sous leurs yeux copie de la lettre que nous avons annoncée plus haut et dont l’original ainsi que la machine de Venel et celle de Jaccard qu’elle a accompagnées nous ont été confiées par monsieur le Conservateur des collections de la Faculté , parmi lesquelles chacun peut les voir.
A Monsieur le docteur Léveillé, à Paris.
Orbe , le 4 juin 1817,
Monsieur ,
« Ensuite de la demande , que m’a faite M. le docteur Percy , ( votre ami et le mien ) , de vous envoyer quelques unes des machines mécaniques que j’emploie dans mon établissement à Orbe, pour combattre les difformités osseuses des extrémités inférieures , je m’empresse , Monsieur , de vous faire parvenir :
Premièrement, une des machines de M. Venel, mon prédécesseur , décrite en allemand parle docteur YV antzel ( lequel avait été guéri de torsions congénitales des pieds par mes soins , sous la direction deM. Venel , mon prédécesseur ) , et par M. Bruchner , etc.
Depuis une quinzaine d’années , je n’ai plus fait usage de ce genre de machine , étant d’une application trop longue et trop fatigante pour les patients. A mesure que j’ai observé et avancé dans ma pratique, j’ai constamment
( io3 )
hanlrA corrigé , et simplifié les divers moyens mécanU qnes que j’étais dans le cas de faire confectionner et
d’employer. . , . .
La seconde machine est le fruit de mon expenence et
de mes observations , j’en fais usage depuis une disame d’années dans tons les cas de difformité des pieds .comme torsions congénitales ou innées, pieds verses en dedans, en dehors , soit par suite d’accidens , luxations consecutives ou atrophies et paralysies des extrémités . je ai constamment employée avec succès dans des sujets de tout âge : mais comme il faut que la force soit proportionnée a la résistance, et modifier la machine d apres le degre de là difformité , on conçoit que l’on est oblige d en faire confectionner une pour chaque sujet d’âge et de difformités
différentes.
Direction d'en faire l’application.
Placez d’abord le calcanéum ou talon dans le trou de la petite bottine ou talonnière qui est en arriéré ; lacez ladite talonnière sur le bas de la partie antérieure de a jambe , et de manière que le dessous du talon touche la plaque qui supporte l’équerre qui doit être placé a la partie externe du pied, vis à vis l’astragale : apportez la pointe du pied qui doit être habillée d un bas de laine au bout duquel est une courroie avec des trous pour etre fixée au-dessous du sabot à un bouton quiyest à cet effet; arrangez les coussinets dessous les courroies qui sont fixées à la partie interne du sabot, lesquelles courroies sont destinées à contenir le pied en se fixant aux boutons placés l’un à l’équerre , l’autre à la partie externe du sabot, etc.
Enfin , placez le lévier ou baguette dans la douille de l'équerre , laquelle baguette en la rapprochant du genou à sa partie supérieure, doit, d’après la courbure qui lui est nécessaire ou indiquée , ramener le pied de dedans en dehors et de bas en haut , et se fixer par le moyen de la
“70,C V doit ,faire le lour d" 8cnou pour venir SV graf.er au dessus de la bague Lte , etc. (i)
La ,ü:ois:ème. Piice esl 1» plos simple de celles nue j emploie depuis quelques années pour combaltre les différentes déviations des genoux , soit en dedans , en dehors , en avant , faisant angle avec la cuisse , etc'
Elle peut remplir toutes les indications dans le traitement de ces trois difformités , en le modifiant d’après les circonstances.
Direction.
L’application de cette machine est très-simple; on fixe la partie supérieure par le moyen de la courroie garnie de la plus grande plaque de cuir qui est au haut de la pièce et qui doit faire le tour de la cuisse en passant dessous pour les genoux raccornis (2), et à la partie externe pour les genoux cagneux , etc.
Une seconde courroie à peu près au milieu de la pièce fixfèe à deux boutons et garnie d’un coussinet , fait le point d’appui, soit sur le genou , soit en dedans.
La troisième courroie, à la partie inférieure de la pièce , doit passer sous le bas de la jambe , de manière qu’en la serrant , la pièce devient un lévier dont l’appui est sur le genou , la résistance au haut de la cuisse, et la force au bas de la jambe , etc.
Le vieux sabot en fer que je vous envoie , n’est, Monsieur, que pour vous donner une idée des moyens qu’employait mon prédécesseur, M. Yenel , et certifier que les descriptions qui en ont été faites en Allemagne sont exactes. Un rhumatisme chronique duquel je souffre depuis
(1) N’est-ce pas là la machine dont, se sert M. D’Ivernois, la
même dont nous servons nous-méme dans ce. moment dans notre établissement, pour un des cas où elle convient mieux que toute autre ? M.
(2) Nous nous abstenons de toute réflexion sur le langage peù médical de cette lettre , pour ne pas nous distraire de notre objet-. M-
• ( ioS )
plusieurs mois est la cause qui me prive de vous donner des détails plus circonstanciés.
Un jeune homme, M. Mellet (i) ,qui estactuellementà Paris, pour faire des études en chirurgie, et qui a travaillé pendant quelques années dans mon établissement comme élève, pourra vous donner tous les renseignemens relatifs à l’application des deux, machines que j’ai le plaisir de vous envoyer. M. Mellet est un jeune homme que je prends la liberlé de vous recommander. Son adresse : Mellet , élève en chirurgie , quai des Augustins , N.° 21.
Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération et entier dévouément.
Jaccard, chirurgien-orthopédiste , à Orbe en Suisse y par Pontarlier.
Réflexions sur la lettre qu on vient de lire .
Plusieurs vérités, qui infirment les asseyions renfermées dans le passage qu’on a lu précédemment, extrait de la brochure de M. D’Ivernois , ressortent évidemment de cette lettre , et comme on le voit , il en résulte :
i.° Que la machine de Venel a été exactement décrite par Bruchner et Wantzel , et que , par conséquent, dans sa composition entrent réellement deux plaques de fer entre lesquelles les pieds doivent être serrés , etc.
20 Que c’est avec cette même machine que le médecin Wantzel a été guéri de torsions congénitales des pieds par Jaccard , sous la direction de Venel.
3° Que M. D’Ivernois, n’a pas même connu cette machine , et qu’il n’a doncpuy apportcraucune modification.
4“ Que c’est à tort que M. D’Ivernois , après avoir fait preuve qu’il ne connaissait pas la machine de Venel, a
(1) M. Mellet avait lormé depuis deux ou trois ans à Paris un établissement où il traitait, des pieds-bots; il l’a abandonné depuis cinq à six mois. ]yp
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désigné comme appartenant à ce médecin , celle de Jaccard dont il se dit Félève.
Il est à remarquer dans cette même lettre que M. d’Ivernois , qui aurait été l’élève de Jaccard avant M. Mellet , et qui était alors àParis,.n’y est pas même nommé , tandis que c’est INI. Mellet que Jaccard désigne comme son élève , pouvant lui donner tous les rensei gnernens relatifs, à l'application des deux machines qu’il lui envoie ; c’est-à-dire , celle de Venel et la sienne , qui sont deux objets tellement distincts , tellement différens l’un de l’autre, que nous ne pouvons nous expliquer comment on lit dans l’extrait d’un rapport fait au nom d’une commission , sur l’emploi de diverses machines propres à corriger la difformité connue sous le nom de pied-bot ( Bulletin de la Faculté de Médecine de Paris , vol. VII , pag. 123 ) , que la commission a vu avec plaisir, que M. d’Ivernois , élève
ctparent (i) de M. Jaccard, et qui fait usage de la machine dont il est question , l’a toujours attribuée à Yenel , et plus loin qu’il paraît bien constaté , que l’on ne pèut accorder à M. Jaccard que d’avoir perfectionné et rendu plus légère, la machine de Yenel.
Toutefois nous ne pouvons mieux nous expliquer encore comment M. Mellet lui-même attribue à Yenel la même machine dont Jaccard dit dans sa lettre quelle est le fruit de son expérience et de ses observations , et qu il en fait usage depuis une dixaine d'années. Quoi qu il en soit , notre intention n’est point ici d’accuser ces Messieurs de mauvaise foi , mais seulement de rendre à chacun ce qui
(i) Dans sa brochure , M. d’Ivernois se dit au contraire le neveu de Venel. Cette circonstance ne nous semblerait pas propre à motiver la satisfaction qu’aurait éprouvée la commission, en voyant un neveu attribuer sans preuve, a son oncle, ce qu’un autre revendique à bon droit.
nous paraît lui être dû, et dans tousles cas de faire rentrer dans le domaine de l’art une machine, celle de Yenel, que nous regardons comme fort, utile en même temps que nous reconnaissons aussi comme telle , mais ayant une destination moins importante, cellede Jaccard qu on a voulu lui substituer, en en faisant perdre jusqu au souvenir, Nous nous permettrons encore , au sujet de ce meme rapport , une remarque qui a pour objet de faire observer que dans sa rédaction ou dans son insertion au Bulletin de la Faculté et de la Société de Médecine , il s est glissé nécessairement quelques inexactitudes dont la plus remarquable est le passage qui porte ce qui suit , guillejneté comme extrait de la lettre de Jaccard « Depuis une » quinzaine d’années je ne fais plus usage de cet appareil » (machinede Yenel); il est d’une application trop Ion- « gue et trop fatigante pour les patieqs. Je lui ai substi- » tué une machine de mon invention, et dont je me sers j> dans tousles cas de difformité des pieds, comme tor- » sions congénitales , etc. Je l’ai employée avec succès » chez beaucoup de sujets, en la modifiant toutefois à raison de l’âge et des infirmités que je voulais com- » battre. » C’est en vain que nous avons cherché ce passage dans la lettre de Jaccard ; on peut voir dans la copie que nous en donnons , et que nous certifions conforme à l’original qui nous a été confié , et que nous allons rendre avec la machine de Venel et cellede Jaccard , à M. le Conservateur de la Faculté, qu’il n’y a réellement point de passage, ainsi littéralement conçu, et que celui que nous venons d’extraire du Bulletin précité , présente avec celui de la lettre de Jaccard qu’il paraît avoir été destiné à représenter , deux différences notables; la première, qui consiste en ce que, d’après le Bulletin , Jaccard se serait servi de sa machine pendant quinze ans, tandis que d’après salettre ce n’est que pendant dix , çt la seconde , en ce que , d’après ce même Bulletin , Jaccard aurait dit
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bien plus positivement qu’il ne l’a fait dans sa lettre, qu’il était V inventeur de la machine dont il s’agit, ce qui serait encore davantage en faveur de notre assertion à cet égard.
Quant à la ressemblance de la machine de Jaccard que le rapport déclare être la même que celle dont se sert M. d’Ivernois , avec un appareil déposé alors depuis une vingtaine d’années dans les cabinets de la Faculté > si cette ressemblance était telle qu’elle est annoncée, et que cet appareil vînt de Venel , on pourrait dire qu’il a servi de base à la composition de la machine actuelle de Jaccard , et en considération de ce fait, on pourrait encore lui conserver le nom de son inventeur; mais d’abord le rapport ne dit point que cet appareil vienne de Venel , tandis que la lettre de Jaccard ne laisse aucun doute que le sabot de fer en vienne, et que ce ne soit à l’emploi de ce meme sabot , fort différent , nous le répétons, de sa machine, que soit due la correction des torsions congénitales des pieds du médecin Wantzel.
Que si on lit ce rapport , on y trouvera d’ailleurs plusieurs preuves de l’exactitude de ce que nous avons avancé relativement à la durée du traitement ou des soins ultérieurs non moins importans , qu’exige la correction du pied-bot , et du peu de fondement de toutes assertions contraires, desquelles il résulterait que quelques mois peuvent suffire pour opérer un changement tel dans un pied-bot , qu’on pût le dire guéri , mot, tout-à-fait impropre, puisqu’il présente l’idée de toute absence d’infirmité due à un traitement de quelques mois, ce qui n’est point et ne peut point être. Il est dit en effet dans ce rapport, que le 23 janvier 1820, les commissaires s’étant réunis chez M. d’Ivernois, il leur a présenté deux enfans, l’un de onze et l’autre de cinq ans et demi.
Que le premier auquel il donnait des soins depuis neuf mois , avait à l’origine , le pied droit fortement
renversé en dehors , et qn’à l’époque où la commission le vit, ce pied était à fort peu de chose près dans sa situation naturelle , et que la machine servait alors non à corriger une difformité qui n’existait plus , mais à en prévenir le retour (i).
Et que le second , dont le traitement avait commencé depuis quatre mois environ , avait, lorsqu’il entra chez M. d’Ivernois , le pied droit également renversé en dehors , qu’on remarquait déjà alors une amélioration sensible qui annonçait une guérison aussi complète que la précédente , ce qui serait arrivé depuis , c’est à-dire, en deux mois environ , attendu que ce rapport fut fait avant le 6 avril , puisqu’à sa suite on trouve le procès-verbal d’une séance de la Faculté de cette date.
Comme nous l’avons dit ailleurs , ce rapport, tout de bienveillance , dans la vue d’encourager un jeune homme auquel on trouvait de l’instruction et de la franchise , et dans la partie dont il s’occupait, plus d’expérience qu’on n en attendait de son âge encore peu avancé , se termine par l’expression du vœu que l’administration en le secondant le mît à meme de multiplier ses succès déjà nombreux , (Le rapporteur ne fait cependant mention que de deux cas qui ne constituent meme pas le pied bqt le plus fréquent,' qui est ordinairement bien plus difficile à corriger que celui du genre des deux qui y sont cités. ) et par la proposition a la Société de servir plus utilement M. d’I-
(i) Ce renseignement, aurait été plus instructif , s’il avait été dit dans le rapport que le pied-bot avait été examiné hors de la machine , car lien ne ressemble plus à un pied bien conformé qu’un pied plus ou moins difforme , enfermé dans un soulier ordinaire ou dans une chaussure qui ne permet d’apprécier ni la direction , ni la confoimation de ces différentes parties , et s’oppose jusqu’à un certain point à ce qu il soit entraîné dans des directions vicieuses dont il est susceptible , abandonné à lui-méme.
( i iô )
Vérnois , en luiaccôrdant son approbation , et contribuant ainsi à faire connaître son établissement , d’autant plus Utile, dit le rapporteur, qu’il est exclusivement consacré à un genre de maladies dont les hommes de Vàrt refusent assez ordinairement de se charger, non à cause des difficultés qu’elles présentent, mais à raison du temps et de la patience qu’elles exigent.
On pourrait bien se demander sans doute pourquoi une commission composée de médecins faisant partie de la Faculté , et qui tant de fois alors avait réclamé l’exécution des lois sur l’exercice de la médecine, en encourageait elle -même, dans cette circonstance, la violation.
j Explication de la Planche IX.
Les trois figures qu’on voit' dans cette planche représentent les diverses parties dont se compose le sabot de Vcnel , dessinées d’après cette machine exposée dans les cabinets de la Faculté , c’est-à-dire celle qui a été envoyée par Jaccard à M. Léveillé , pour Percy , qui l’y a fait déposer. On pourra comparer la description que nous allons en faire avec celles des auteurs allemands Bruchner et Wantzeï , que Jaccard , dans sa lettre à M. Léveillé , déclare exactes , mais que nous n’avons pas sous les yeux.
Nous conseillons qu’avant de lire la description de chacune des parties de ce sabot , représentées dans celte planche, on revoie ce que nous avons dit de sa destination et de sa manière d’agir, aux pages 291 et 292 de la i.rc partie de ce Journal.
Fig. i.ré, face inférieure de la pièce qui constitue le fond du sabot.
1 , 1 , 1, pièce de tôle séparée dans cette planche pour la facilité de la description , mais continue avec Celle représentée^. 3, qui forme le côté externe du sabot,
qu’il soit destiné à la correction du pied du côté droit , ou à celle du gauche.
2 , 2,2, 2 , pièce transversale composée dans ses deux tiers d’une partie plate, et dans le tiers restant d’une partie formant une vis 4*
Cette pièce passant au-dessous de celle 6, 6, b, b et dans la coulisse 3, forme un retour d équeire par lequel elle s’unit au côté interne du sabot , dont on voit la moitié inférieure à la fig- 2 , moitié sur laquelle se trouvent ie— présentées deux vis de pression 2, 2, agissant sui les deux pièces 7,7, qu’on voit dans cette meme figure, représentant le dessus de ce Sabot , et dont la charnière qui les unit est indiquée par !\. La partie de cette figure limitée par les deux lignes de points, à la rencontre desquelles on voit 3 , est celle par laquelle la pièce représentée par la fig. 1 , s’unit à elle par sept clous rivés dont on voit les tètes.
Au moyen de cette disposition , la pièce du sabot fig. 1 formant son fond , peut être rapprochée jusqu à contiguïté , ou plus ou moins éloignée de celle formant son côté interne , selon que l’écrou à oreille de la vis 4 est plus ou moins avancé de son bord sur la pièce 2, 2, 2, 2. On voit près de la vis un trou destiné à recevoir une vis dont nous ne connaissons pas la destination.
6, 6, 6, 6 représentent dans le sabot que nous avons sous les yeux une pièce de fer d’environ 4 pouces de longueur. Cette pièce passe dans deux coulisses 5 , 5, et comme nous l’avons dit , au-dessus de la pièce 2, 2, 2, 2. Llle se termine en haut par un cercle peu prononcé. Elle est quarrée dans un peu plus de sa moitié supérieure, chacun de ses côtés ayant environ 3 lignes de largeur. Sa partie inférieure forme une vis à l’extrémité de lac|uelle on voit un écrou à oreille. Cette pièce est disposée de manière à avancer et à reculer , mais nous n’en connaissons pas plus la destination que nous ne connaissons celle
du trou de la pièce 2 , 2 , 2 , 2 , des deux échancrures, en partie de figure circulaire, que l’on voit au bord supérieur de cette pièce , et du bouton 7 , objets toutefois qui ne doivent être que d’une utilité secondaire , que nous pourrons d’ailleurs faire connaître, lorsque nous nous serons procuré les descriptions qu’ont données de cette machine Bruchner et Wantzel.
Celte figure ne représente ici que les diverses parties que nous venons de décrire , à sa face inférieure. Sa face supérieure, correspondant à la plante du pied, n’offre qu’un plan absolument uni.
Fig. 2. Les N. 05 6,6,7, 7 > 8 , g , 10, n, 12, indiquent seuls les objets qu’on voit à la face supérieure du sabot, dont les vicies qui les séparent laissent apercevoir le fond, c’est-à-dire, deux portions de la face supérieure de la pièce que représente la fig. 1. Nous avons déjà vu que les N.os 1,1,2 , "2 et 3 , indiquaient des objets appartenant à la moitié inférieure de la partie interne du sabot. Nous rappellerons dans la description de cette figure , où l’on voit le bouton N.° 5 , ce que nous avons dit de cet objet qui est le même que celui représenté à la figure 1.
Nous n’avons donc qu’à donner l’explication des N.° suivans :
6, 6, parties de la face supérieure de la pièccyTg'. 1.
7,7, deux pièces unies par une charnière a 1 extrémité de la ligne des points et au milieu du côté interne "du sabot. Chacune de ces pièces est mobile au moyen de la charnière.
8 indique une partie de cette pièce presque demi-circulaire, qui porte sur le tendon d’achille, recouvert de coussinets.
q indique une partie de l’autre pièce, qui retient en bas les orteils sur la face supérieure de laquelle elle agit toujours avec l’intermédiaire de coussinets.
La première de ces pièces est poussée et retenue contre le côté interne du talon au moyen de la vis de pression 2.
La deuxième est poussée et retenue de même , contre l’extrémité du pied vers l’articulation du gros orteil avec le premier os du métatarse. C’est ainsi que ces deux actions produisent l’effet de redresser le bord interne du pied , en distendant le bord du même côté de l’aponévrose plantaire et le tendon du fléchisseur du gros orteil.
10 , portion de la face interne d’une pièce de tôle placée dans l’intérieur du sabot , en face des deux précédentes, et poussée comme elles par la vis de pression qu’on voit indiquée par le chiffre 3 à la fig. 3 , de manière à agir sur la convexité du bord externe du pied, pour la faire rentrer et rendre ainsi ce bord droit.
1 1 , bord supérieur , demi-circulaire , appartenant à la pièce représentée par la fig. 3 , au-devant de laquelle se trouve , en dedans du sabot, la pièce 10.
12 , la même vis avec son écrou qu’on voit à la fig. 1.
Figure 3. 1 , 1 , 1 , face externe de la pièce qui forme le
côté externe du sabot.
2 , douille destinée à recevoir l’extrémité inférieure d’une baguette ou levier courbe ou droit, selon les besoins, dont l’extrémité supérieure s’attache, au moyen d’une jarretière, au côté externe du genou. On trouvera la figure de cette dernière pièce dans la planche qui représentera la machine de Jaccard.
3 , vis de pression destinée à pousser contre le bord convexe du pied la pièce de tôle, 10 de la fig. 2.
4, pièce triangulaire percée à son angle inférieur d’un trou dans lequel passe la portion de vis qui termine une des extrémités de la pièce 2 , 2 , 2 , 2 , que l’on voit
fig- '•
3,5, partie de la pièe de tôle ro.
6, partie de lavis 4 de la figé 1,
On peut concevoir actuellement la manière d’agir du
sâbot de Vend. On doit donc reconnaître que les trois principales pièces dont il se compose , etsur lesquelles agissent les trois vis de pression , ont pour principal objet le redressement des deux bords du pied en pressant dessus, et l’abaissement des orteils, en même temps cependant que tout le sabot , attiré au moyen du levier de manière à ce que la plante soit portée vers sa direction régulière , tend à établir les rapports réguliers du pied avec la jambe.
Les nouveaux procédés destinés a operer le broiement de la pierre pour l’extraire de la vessie , attirant aujourd’hui avec raison l’attention des praticiens, et notre intention étant de présenter dans notre Journal tout ce qui est relatif à cette partie des progrès de l’art les plus marquans , nous avons cru devoir offrir à nos lecteurs l extrait suivant d’un Rapport de M. Percy, sur les instrument de M. Civiale , qui vient de recevoir le prix de 6, coo fr. donné par l’Institut. Dans notre prochain Numéro , nous leur ferons connaître les travaux de M. Arnus- Sat, auquel, pour le même objet, il a été aussi décerné
des prix. .
Extrait du Rapport fait à V Académie royale des Sciences r par MM. le chevalier Chaussieu et le baron Percy , sur le nouveau moyen du docteur Civiale , pou? detiuiic la pierre dans la vessie sans V opération de la taille.
En 1818, au mois de juillet, M. .Civiale présenta au Ministre de l’intérieur la demande d avances pécuniaires pour faire construire des instrumens de son invention qu’il disait propres à détruire la pierre dans la vessie , sans recourir à l’opération de la taille. Cette deman e fut renvoyée quelques jours après , sous le n.° 20,689 , a la Société de Médecine ,'avec un mémoire explicatif < e plusieurs dessins relatifs, i." à la théorie d’une poche
4 enVclopper et exlrairele calcul, et 2.0 à l’appareil instrumental que l’auteur nommait déjà alors lithontripleur.Le i4du même mois, la Société donna à M.Civiale les deux commissaires que l’Académie lui a donnés en dernier lieu; mais, celte fois , ils ne firent pas de rapport, et les choses en restèrent là.
Cependant cet appareil lithontripteur fut exécuté l’année suivante par un mécanicien de Paris, avec les modifications et les perfectionnemens dont il jouit aujourd’hui ; de sorte qu’on peut faire remonter à quatre ou cinq ans la méthode qui nous occupe , quoiqu’elle n’ait été bien connue, et qu’elle 11’ait eu toute sa consistance que depuis un peu plus de trois années.
Le premier pas à faire , et peut-être n’y en avait-il pas de plus difficile , c’était de faire pénétrer une sonde droite dans l’urètre et dans la vessie. On avait Lien vu Desault et M. Deschamps sonder avec une algalie demicourbe. Lassône, en décrivant anatomiquement l’urètre, avait bien fait entendre que ce canal tortueux, mais flexible et par-tout extensible, excepté à son orifice extérieur, pouvait se prêter à toutes les directions et même devenir lout-à-fait rectiligne sous une sonde ayant cette forme. On avait bien trouve , dans 1 officine d’un chirurgien de Portici , de longues sondes d’airain , toutes droites, qui ne devaient avoir servi qu’au cathétérisme ; il faut ajouter que le médecin Gruithuisen avait cru aussi à la possibilité et même à la facilité d’introduire dans l’urètre et dans la vessie, le tube d’argent de quatorze pouces de long, et ayant quatre lignes de diamètre, par lequel il propose de commencer son opération ; mais personne n avait encore fait usage de cet instrument parmi nous ; a moins que le docteur Amussat, qui aspire ouvertement a a piiorilé sur ce point , et dont on connaît le beau travad sur l’urètre, n’eût employé, avant 1818, de sem- > a es sondes; ce qu il ne nous appartient pas plus d’ap-
profond! r , qu’il ne nous conviendrait de décider entre M. Civiale , à qui on attribue la découverte tout entière , et son confrère M. James Leroy, qui en revendique une grande partie. Nous aimons mieux croire que ces médecins estimables, contemporains et condisciples, ont pu avoir , sans s’être fait de confidence , la même pensée ; comme il est clair que M. Civiale s’est rencontré avec le Docteur de la Gazette de Saltzbourg sans jamais avoir entendu parler ni de lui ni de cette Gazette; et qu’étant partis l’un après l’autre du même point, et en suivant la même route, c’est M. Civiale qui a dû arriver le premier.
C’était donc par la sonde droite qu’il fallait commencer, et notre docteur eut bientôt acquis l’habitude de la manier avec autant d’aisance et de prestesse , que la sonde courbe ordinaire.
Il n’y avait pas d’autre moyen de porter les autres instrumens jusqu’à la pierre, ni de leur imprimer les mouvemens nécessaires. Mais quels seront ces autres instrumens P II en faut d’abord un qui s’empare du calcul , qui le saisisse dans sa totalité , et ne le laisse plus échapper qu’au gré de l’opérateur.
Nous ne pouvons pas dire , par rapport à cet instrument, qu’il soit véritablement de l’invention de M. Civiale, puisqu’on en trouve le modèle parmi les tireballes décrits et gravés dans Barthélemy Maggi et André de la Croix ; qu’on le rencontre de même dans le livre de Franco qui l’a appelé son quadruple vésical; et que M. Deschamps l’a fait représenter dans l’une des planches de son ouvrage ; mais enfin s’il ne l’a pas tout-à-fait imaginé, comme il ne lui eût pas été très-difficile de le faire , on peut dire que c’est lui qui a su l’appliquer le plus à propos. C’est encore une sonde , mais une sonde d’acier, pouvant entrer dansla première, droite et creuse comme elle , et portant trois branches très-élastiques , courbes , restant rapprochées et invisibles tant qu elles
sont enfoncées dans la sonde principale , qui leur sert de gaine, et quand on les pousse au-dehors, s’épanouissant par l’elTet de leur ressort, et formant comme une cage, comme une bourse d’acier où l’on parvient plus ou moins vite à faire entrer la pierre , sur laquelle on là ferme aussitôt, en retirant la sonde à soi, c’est-à-dire en arrière, autant que le volume du corps étranger, ou le sens dans lequel il a été chargé, peuvent le permettre.
Dans la seconde sonde , ou plutôt dans le cylindre formant la pince, est un long stylet d acier qui y entre et peut y tourner librement, et qui se termine, du côté de la vessie et entre les serres de la pince, par une lime en fraise , ou par une petite scie circulaire , un trépan pyramidal, un simple carrelet, selon la circonstance , la grosseur et la nature présumée de la pierre. Celle-ci étant bien fixée , on pousse contre elle le stylet mobile , et au moyen d’une poulie dont il est pourvu à son extrér mité extérieure , d’un tour d’horloger sur lequel on le monte , et d’un long archet à corde de boyau , on le fait tourner comme quand on veut percer un trou dans une plaque de métal. A peine la machine est en activité , qu’on entend le bruit sourd ou sonore du broiement, ou du brisement qui s’opère sur le calcul, selon la mollesse ou la dureté dont il jouit , et le patient ne manifeste que très-peu de douleur.
A mesure que le travail avance, on fait marcher dans la même proportion le stylet contre la pierre , en suspendant un moment l’action de l’archet, que l’on reprend bientôt pour comminuer de plus en plus la concrétion ennemie, et hâter, si l’opérateur ou le malade ne sont pas trop fatigués , l’œuvre de sa destruction , laquelle , ne devant s’achever qu’à deux ou trois reprises , est ajournée à des termes plus ou moins rapprochés. Une mixtion spontanée ou une injection d’eau tiède dans la vessie, termine ordinairement la séance , et fait rejeter
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par l’urètre, qu’a dilaté la grosse sonde, des éclats, des fragmens plus ou moins nombreux et considérables, oii du sédiment bourbeux qui se précipite bientôt et qu’on peut recueillir aisément.
Dans le principe M. Civiale employait, au lieu de l’archet, une manivelle qu’il est assez disposé à reprendre, d’abord parce qu’il la trouve plus simple et au moins aussi commodel et en second lieu parce que l’idée de l’une est de lui, tandis que celle de l’autre passe pour lui être étrangère.
Nous omettons à dessein un foule de détails descriptifs et de minutieuses précautions, qui, bien que concourant à l’ensemble de l’opération , ne pourraient être saisis à une simple lecture. Mais il nous importe de dire et il faut qu’on sache que nous avons assisté aux diverses épreuves, presque publiques , que M. Civiale a faites de sa méthode, tant sur le cadavre, que sur des individus vivans, et que nous nous sommes intuitivement assurés de l’exactitude de tout ce qu’il nous avait annoncé d’avance.
Ainsi des pierres véritables ayant été introduites par une incision , dans la vessie de plusieurs cadavres , y ont été saisies et incarcérées dans la pince, presque sans difficulté ; et une fois prises et bien arrêtées, le lithontripteur les a mises en pièces, ou pulvérisées presque sans désemparer.
C’est dans le cours de ces épreuves que nous avons pu remarquer que durant la térébration, la vessie esta l’abri de tonte lésion de la part de l’instrument (1) , et nous convaincre du peu de fondement des craintes que nous avions conçues à cet égard dans l’opération sur le vivant.
Combien dans celle-ci, nous avons du x'edoubler d’al-
(1) C’est mie erreur de la part de. M. Percy; nous avons la preuve du contraire. M.
tention et de vigilance , pour en bien observé toutes les circonstances, en apprécier tous les procédés, en peser également les avantages et les inconvémens afin <1 etre en état rie fixer le degré de confiance qu on pourrait loi
accorder, et de prononcer avec connaissance de canse,
et avec la plis rigoureuse impartialité , sur le rangqu elle méritait d’occuper parmi les inventions essentiellement
^itiLcs. . , -r ;
• Première Observation-
Le 1 3 janvier dernier (i) , nous nous rendîmes au domicile de M. Civiale , bit étaient déjà arrivés plusieurs Médecins et Chirurgiens d’une réputation honorable tels que MM. Larrey, Sue, Giraudy , Nauche , Sédillot et autres , et nous y trouvâmes le sieur Gentil , âge de trente-deux ans, ayant depuis près de quatre une pierre assez grosse et dure , de l’existence de laquelle nous nous assurâmes par une exploration décisive , et qui, plein e courage et de résolution , attendait le- commencement d’une épreuve , dont il espérait bien sortir sam et sauf , et de laquelle il avait mûrement calculé les chances , avant de s’y soumettre, et de lui donner la préférence sur l’opération ordinaire.'
S’étant placé lui-même sur un petit lit, et la pierre ayant été de nouveau reconnue, M. Civiale lit pènétier jusqu’à elle , et presque du premier coup , la grossé sonde droite , portant dans son intérieur la pince et le lithontripteur. Le méat urinaire n’offrit aucune résistance au passage de cette sonde préalablement enduite de céràt, et la pierre fût chargée d’emblée. Alors on procéda a la trituration. Chaque coup d’archet fit entendre a tous les assistaris un bruit ou craquement qui annonçait à-là-fois la dureté d’une pierre murale ou d’oxalate de chaux , et la vivacité de son morcellement. Trois fois l’operatem