‹ Orthopédie [electronic resource]Chapitre 21 sur 25 · MÉCANIQUE ET INSTRUMENTS DE CHIRURGIE · texte numérisé non relu

MÉCANIQUE ET INSTRUMENTS DE CHIRURGIE

Observations sur les Cornets Acoustiques ;

Par M. Itard.

La thérapeutique des maladies de l’oreille est certainement une des parties les moins éclairées de la science. Mais, ce qui est encore plus impuissant que la plupart des mpyens curatifs employés pour guérir la surdité, ce sont les moyens mécaniques que la physique nous fournit pour pallier cette infirmité. Si l’on veut se faire une juste idée de cette lacune de la science , qu’on réfléchisse un instant sur tout ce qu’elle a fait pour un autre de nos sens, pour celui de la vue. Qu’on se demande tout ce que gagnerait l’oreille, si des instruments d’acoustique, aussi parfaits que les télescopes et les microscopes , avaient été mis à la disposition de ce sens, pour étendre, agrafa.;,, rectifier, faciliter ses fonctions . ei rendre accessible à des sons mïTTe fois plus imperceptibles, et

des millions de fois plus éloignés que ceux qu’il lui est donné par la nature de percevoir. Quel monde nouveau ouvert tout-à-coup aux jouissances de l’bomme et aux explorations de son génie !

Mais, sans attendre de la science et du hasard une aussi merveilleuse découverte , ne peut-on au moins désirer que la physique médicale fournisse au sensauditit quelque àppareil propre à l’aider dans ses fonctions débilitées, et qui soit pour le sourd ce que les verres convexes ou con caves sont pour le presbyte ou le myope. Tel est le problème qui se présente naturellement à l’esprit, quand on se livre a l’étude des lésions acoustiques; et tel fut en effet celui que je me proposai, quand je fis, des maladies de l’oreille et de l’audition, le sujet de mes recherches et la matière d’un livre.

Je ne parlerai pas de ce que j’ai publié il y a quelques années à ce sujet; mais je dois faire connaître d’après quelles inductions , d’après quelles expériences subséquentes je suis parvenu à regarder ce problème comme insoluble, et à rectifier les idées et les espérances que je m’étais faites sur ces sortes d’instruments. Ceci formera un préliminaire un peu long à l’examen des cornets acoustiques de M. Négrier ; mais nous espérons que la nouveauté du sujet en fera excuser 1 étendue et 1 aridilé.

J’ai démontré, il y a long-temps, qu’un grand nombre de sourds - muets sont doués d’audition , mais d’une audition non - seulement faible, mais encore incomplète , qui ne leur permet de percevoir distinctement qu’un certain nombre des sons de la voix , tandis que les autres sons . en plus ou moins grand nombre, selon les différents individus, viennent mou rir inaperçus dans l’oreille. Iîm éprouvant, il y a quelques «nnées , sur ces demi - sourds de 1 Institut' royale, l’action 0 - -î . ac cornets acous-

tiques, je trouvai que les sons perceptibles, qui pouvaient être distingués dans la proximité de l’oreille , en élevant et en accentuant fortement la voix, pouvaient letre de plus loin et plus facilement au moyen de l’instrument, et qu’au contraire ceux des sons vocaux dont la perception distincte n’était pas possible dans les conditions les plus favorables, ne le devenaient pas davantage à l’aide des cornets.

Ainsi cet instrument, quelle que fût l’intensité qu’il donnait à la voix, n’était qu’un moyen de l’entendre de plus loin ou de moins près, mais non pas plus complètement et plus distinctement. Cette expérience expliquait pourquoi les sourds-muets, même les plus entendans , se refusaient constaùiinent à l’usage des cornets acoustiques. Mais dès-lors comment le même instrument aidait-il à l’audition des personnes devenues sourdes accidentellement, des vieillards surtout, alors même que leur surdité se trouvait plus profonde que celle de quelques sourds de naissance? Pouvait-on établir comme constante cette différence entre la surdité congéniale et la surdité accidentelle?

Cette question se trouvait liée à l’étude des fonctions des cornets, et il était facile d’éclairer l’une par 1 autre. Pour y parvenir, je fis sur un grand nombre de sourds accidentels , de tout âge et de divers degrés, les mêmes expériences et avec les mêmes instrumens que sur les sourds-muets de naissance. Il se trouva que près des deux tiers étaient sourds à la manière de ces derniers, c’est-à-dire que 'leur audition , outre qu elle était faïÉlë , n’était que partielle , et qu’à une portée plus ou moins rapprochée l’oreille ne per-

cevait distinctement qu’un certain nombre de sons vocaux. Aussi ces mêmes sourds ne retiraient-ils d’autre avantage des cornets, que d’entendre d'un peu plus loin les sons dont l’oreille avait conservé la perception distincte. Ce qu’il y a de remarquable en ceci, c’est que presque tous les sourds de cette espèce l’étaient devenus dans le jeune âge , ou du moins avant quarante ans. L’autre tiers, au contraire, se composait de sourds, qui étaient pour la plupart affectés d’une cophose plus profonde, mais qui présentait pourtant celte singulière différence, que l’ouïe, quoique très-affaiblie , avait conservé sa justesse par rapport à la perception distincte de tous les sons vocaux, pourvu, qu’ils fussent émis avec une intensité proportionnée à celle de la surdité. Cette classe de sourds, qui se trouvait presque en totalité composée de vieillards,, se servait avec avantage des cornets acoustiques, 'qui transmettaient fidèlement à leur oreille tous les élémens de la parole. Cet avantage s’explique, ce me semble, assez facilement : il ne faut à ces sourds, pour entendre nettement, que des sons plus intenses, et cette intensité, ils l’obtiennent du retentissement du cornet. Chez les autres, au contraire, l’oreille demande à cet instrumentée qu aucun instrument ne peut créer ni reproduire, la propriété de percevoir des sons qui ne la frappent point ou qui ne la frappent plus. Ce n’est donc point un rapprochement juste que celui que j avais établi antérieurement à ces expériences, entre la surdite incomplète et la myopie; car il y a, entre ces deu* ,u~ firmités des sens de l’uuïc cl de la vue, cette grande différence , que le myope , en plaçant les objets à la

portée de sa vue, voit, tout aussi distinctement que l’homme le plus clairvoyant , les modifications de forme et de couleur, tandis que les sourds , pour la plupart du moins, placés dans la proximité la plus convenable des corps sonores, ne perçoivent qu’une partie des sons qui en émanent et se trouvent obligés de deviner les autres. Ainsi, en supposant que la physique parvienne jamais à composer pour le sens de l’ouïe des instrumens aussi parfaits que ceux dont le sens de la vue est redevable à cette science , on peut assurer d’avance que la plupart des sourds n’y gagneraient rien ou presque rien; ce serait l’équivalent d’un télescope ou d’un microscope mis entre les mains d’un homme affecté d’une goutte sereine ou d’une cataracte commençante.

Dans ce que je viens de dire de l’action des cornets acoustiques, je me suis borné à la considérer dans la transmission des sons formés par la voix, et non de ceux qui émanent des corps sonores proprement dits, tels que les instrumens de musique, ou qui constituent seulement ce qu’on appelle le bruit. Il y a entre ces sons et les modulations de l’organe vocal des différences notables qu’il serait trop long d énumérer et d’expliquer ici. Je dirai cependant qu on tomberait dans une grande méprise , si l’on préjugeait des avantages qu’un sourd doit retirer de tel ou tel cornet acoustique, pour entendre la parole d apres ceux qu’il en obtient pour la perception de la musique et même des bruits les plus faibles ; car cette •seconde espèce de perception est soumise à des conditions Lcau-©o«-p^ pin* simples rpio oollc de la voix articulée. 11 est plus facile, en effet, à une oreille

juste, quoique sourde, de distinguer un ré d’un mi, qui se trouvent à des degrés différens sur l'échelle musicale, que de saisir la différence d’un pa et d’un bu, qui représentent deux sons à l’unisson très-modifiés par les lèvres. A plus forte raison , le même sens peut-il percevoir les diverses modifications du bruit , et s’y montrer même très-sensible (comme on le voit dans certaines surdités, même dans celles qui sont congéniales ) , et n’en être pas moins incapable de distinguer tous les sons élémentaires de la parole. J’ai dû m’arrêter un instant sur ces singulières anomalies de la copbose, comme propres à éclairer la théorie physiologique des instrumens acoustiques. 11 découle d’ailleurs de cette importante considération , des conséquences qu’on aura probablement bientôt l’occasion d’appliquer à la juste évaluation d’un fait, à la guérison de deux sourds-muets de naissance , promise depuis plus d’un an à l’Académie.

Mais revenons à nos cornets. L’action de ces instrumens, consiste : i°. à recueillir une plus grande quantité d’ondes sonores que ne peut le faire la conque auditive; 2°. à les renforcer de toutes les vibrations qu’elles excitent dans les parois de l’instrument; 5°. à les transmettre ainsi accumulées et renforcées au méat auditif. Le plus important de ces trois effets et le plus difficile en même temps à approprier à la nature et au degré de la surdité , c’est le renforcement du son. Cette propriété, réside dansla matière et la forme de l’instrument. Parmi les matières les plus propres à produire cet effet, il faut mettre en tête certain^ métaux dont on a augmenté Plasticité par le travail du marteau; tels sont l’argent , la tôle et

le fer-blanc battus. Quant à la forme , la plus favorable est la spiroide , surtout si l’on y conserve le décroissement progressif de la cavité infundibuliforme. Voilà pourquoi cette disposition, qui est celle de plusieurs coquilles univalves, donne à ces dépouilles de mollusques toutes les qualités requises pour faire des cornets acoustiques très-retentissans. Depuis que le Traité des Maladies de l’oreille et de l’audition a fait connaître la manière de les employer, 1 usage s en est fort répandu, et ce qui a contribué beaucoup aux avantages qu’on a pu et qu’on peut en retirer, c est l’habileté que le sieur Greiling (1) a apportée à leur exécution, et dans les modifications diverses dictées par la diversité des cas. Il s’est même trouve des circonstances où il n’a fallu prendre de ces coquillages que la forme seule , qu’on a imitée autant que possible ; à cet effet, on a construit des cornets en cuivre ou en argent, modelés sur les univalves spirées, et qui, joignant aux avantages de cette structure celui d’une matière plus élastique que le carbonate calcaire dont se composent les coquillages, offrent bien plus et même quelquefois beaucoup trop de résonnance. Car, en observant analytiquement les effets des différens cornets, on trouve que leur résonnance doit être plus ou moins ménagée, selon le plus ou moins de sensibilité qui reste encore au sens auditif , et qu’il y a, opposition constante entre l’intensité du son et sa netteté. Aussi, pour rendre moins intense et plus net celui qui est transmis à 1 oreille par ces

(i) Fabricant d’inslrumcus de chirurgie. Quai do la Cité, u. 35,

cornets a coquille , je me suis avisé de placer à leur orifice une cloison membraneuse, qui représente celle du tympan et modifie avantageusement l’action des ondes sonores. Une forme qui produit des effets fort approchans de ceux qu’on doit à la forme spirale est celle qui se compose de trois ou quatre sections d un tube conique , réunies en faisceau les unes à côté des autres, au moyen de deux ou trois coudes soudés à leurs extrémités. Toutes ces formes à sinuosités multiples donnent lieu à un mugissement continuel qui, pour certaines surdités profondes, pour la cophoæ sénile surtout, a l’avantage d’exciter la sensibilité de 1 organe, à la manière des bruits violens continus, tels que le roulement du tambour, qui, comme on sait, favorise l’audition de beaucoup de sourds. Pour ceux, au contraire, qui le sont à un degré moins intense , ou dont la surdité se trouve accompagnée de bourdonnemens, il faut s’attacher à afl'aiblir autant que possible celte grande résonnance de l’instrument, et 1 on y parvient en donnant moins de longueur au conduit sonifère , en rétrécissant le pavillon, en substituant a la forme enroulée Ou en limaçon la forme conique, ou le demi-circulaire, ou la courbe qu affectent les cornes de certains animaux. On fait choix, pour la même raison, d’une matière moins retentissante que les métaux, et l’on emploie le bois, la corne, la gomme élastique. Enfin , malgré ces dispositions très-propres à modérer l’intensité du son, on se trouve souvent obligé de ramener l’instrument à des formes plus simples encore, et telles, qu’il ne représenta plus cfu’un simple réceptacle ondes sonores, propre à les rassembler sans les modifier.

Telles sont ces espèces de conques appliquées en voûte sur le pavillon auditif, et disposées comme la main que beaucoup de personnes à ouïe dure s’y appliquent pour recueillir les sons de la voix. Cette conque repose sur un plancher beaucoup moins concave, qui loge l’auricule, et la dépassant par ses bords se met en contact avec les parties osseuses des régions temporale et mastoïdienne. Ce mode de transmission des sons en augmente l’intensité sans nuire à leur netteté; double avantage que ne peut réunir, comme nous l’avons dit, le son qui arrive à l’oreille à travers les sinuosités fortement résonnantes des instrumens acoustiques. Enfin on peut , dans quelques dysécées , supprimer le plancher de ce pavillon métallique, qui ne consiste plus alors qu’en un segment de calotte, dont un des bords reste libre au devant et au-dessus de l’oreille , tandis que l’autre , en suivant son contour, s’applique sur les parties osseuses du temporal. Les deux oreilles, quand le cas l’exige, en sont munies, et un ressort commun qui passe au sommet de la tête maintient chaque cornet en sa place.

C’est à la catégorie de ces cornets acoustiques fixes qu’appartient celui que M. INégrier a fait présenter à l’Académie. L’auteur avoue en avoir pris l’idée dans le Traité des Maladies de l’oreille et de T audition, niais il fait observer avec juste raison qu’en comparant au cornet à demeure qui y est représenté celui qu il a imaginé , on doit regai'der le sien comme nouveau. En eûet, tout est ditférent , et le pavillon et le conduit S&mfarp , et la place que l’instrn“*-©rrt' doit occuper. Le pavillon présente une ouverture plus ah*

longée , mais moins élevée ; le conduit, au lieu delre cylindrique droit et court, se trouve aplati dans un sens , allongé , et contourné sur lui-même , ce qui permet à l’instrument de laisser le pavillon de l’o- .reille à découvert, et d’avoir le sien à part dans le voisinage de celui-ci. Pour l’homme, le corps de l’instrument repose sur l’apophyse mastoïde ; chez la femme , il occupe la région pariétale , où il peut être caché par un bonnet. Par la disposition demi-circulaire de son conduit, il présente encore l’avantage que nous avons reconnu aux cornets courbes, celui d’en augmenter la sonoréité; et, ce qui ajoute à ces effets, c’est la surface plane que présente la partie de ses parois destinée à se trouver en contact avec les os du crâne. Remarquons, comme un troisième avantage attaché à sa/ forme , la diminution progressive de son diamètre, depuis le pavillon jusqu a l’embouchure auriculaire.

Tel est l’instrument de M. Négrier; tels sont les avantages que nous y avons reconnus. Disons un mot de quelques défauts que nous avons cru y trouver. Nous nous bornerons à signaler les deux plus importans.

Le premier réside dans la matière employée pour l’embouchure du cornet. Cette extrémité, destinée à s’adapter à l’orifice du canal auditif, est formée d une olive en ivoire, qui est unie à un bout de tuyau en peau, lequel est collé à son tour à l’extrémité du conduit métallique. Ainsi divisé dans sa continuité et formé de trois substances inégalement sonores , cette partie, destinée à apporter les sons à 1 oroillc, ne saurait remplir qu’imparfailement cette lonclion. Une

expérience bien simple peut mettre en évidence les résultats de celte imperfection. Qu’on prenne deux règles en bois, de la môme longueur, de la même épaisseur, mais faites, l’une d’une seule pièce, l’autre de plusieurs parties clouées ou attachées les unes cà la suite des autres. Si l’on pose une montre à l’extrémité de la première de ces deux lattes, tandis qu’on tient l’autre extrémité entre les dents., ayant en même temps attention de se boucher avec les doigts les deux conduits auditifs , on entend trèsdistinctement les battemens de la montre. La même expérience, faite avec l’autre latte, celle qui est formée de plusieurs morceaux, ne transmet que trèsfaiblement le même son à l’oreille.

Cette transmission serait encore plus faible et plus infidèle s’il n’y avait pas identité de matière dans le conducteur. Le bizarre cornet que voici en offre une preuve bien frappante. Dans l’intention de diminuer sa résonnance, on l’a fait de plusieurs zones d’argent et de gomme élastique, réunies alternativement les unes à la suite des autres. Le succès a outrepassé les résultats que s’en promettait l’inventeur. L’instrument est si peu sonore, qu’il n’est bon à rien, si ce n est à prouver, qu’associées avec les substances rigides, les substances molles se trouvent tout-à-fait dépourvues de la propriété de propager le son. Le second défaut des cornets qui nous occupent est dans le moyen que M. Négrier a choisi pour les assujétir sur les tempes. Le ruban ou la lanière qui sert à cet usage cl. qui pasàe sous le menton, outre l’inconvénient d© faire soupçonner l’appareil qu’on cherche à d*%txiser , a surtout celui de ne mettre que faiblement et impars

lailement en contact l’embouchure du cornet avec 1 orifice du méat auditif. On peut y parvenir, à la vérité, en serrant fortement le lien, mais ce ne peut être qu’aux dépens de la libre circulation du sang dans les vaisseaux que le cordon rencontre dans son trajet ; et cetinconvénient est grave pour les personnes affectées desurdité, presque toujours accompagnée debourdonnemens. Mais il est très-facile de remédier à cet inconvénient en remplaçant ces cordons par un ressort demi-circulaire qui embrasse la voûte du crâne et porte à ses deux extrémités les deux cornets, qu’il maintientinvariablement en place. M. Négrier indique bien ce moyen contentif, mais sans faire sentir la préférencequ’on doitlui donner, puisque les cornets qu’il nous a envoyés sont disposés avec des cordons. Quant au défaut de construction que nous avons reconnu dans l’embouchure de l’instrument, il est tout aussi facile d’y remédier. J1 suffira de prolonger jusqu’à son orifice auriculaire le conduit métallique. Nous avons fait subir cette correction à l’un des quatre cornets qui nous ont été présentés, et en l’essayant comparativement avec celui des trois autres qui est destiné pour la même oreille, nous avons pu constater les avantages de ce changement. Au reste , qu’on l’emploie avec ou sans cette amélioration , le cornet inventé par M. Négrier nous paraît devoir être d’une application commode et d’un usage plus ou moins avantageux. Toutefois, par suite des inconvéniens attachés aux cornets de cette espèce, dont le pavillon est nécessairement peu large , peu ouvert , le conduit plus ou moins court et peu sinueux, il ne peut être Utile qu’aux personnes affectées d’une surdité peu

profonde; encore faudra-t-il , comme dans là prescription et l’application raisonnée de toutes les espèces de cornets, tenir compte des observations pratiques consignées dans cette notice, et plus encore des inductions qui en découlent, et qui se présenteront naturellement à l’esprit des médecins intéressés à approfondir cette partie inculte de la science.

Note sur un nouvel appareil pour respirer le chlore

gazeux ;

Par le docteur Cottebeati.

Sans rien ôtera M. Gannal du mérite d’avoir proposé l’application du chlore gazeux au traitement de cette maladie, etc. , M. Cottereau fait sentir tous les vices inhérensau mode inspiratoire proposé par ce chimiste, ét il cherche à démontrer qu’il les a fait complètement disparaître dans l’appareil dont il fait usage et dont nous allons donner la description. Cet appareil se compose d’un flacon ( de contenance d’une livre ) à trois tubulures, dont celle du milieu est fermée à l’émeri par un tube qui plonge jusqu’à deux ou trois lignes du fond, et dont le diamètre intérieur, large de six lignes , reçoit un thermomètre centigrade appuyé sur la paroi inférieure du flacon des deux autres tubulures. La première est obstruée par un tube évasé, et coupé inférieurement en bec de flûte, formant la terminaison d’un petit flacon d’une once et demie p deux onces, lequel est garni d’un rob',not immédiate— ment au-dessus de la tubulure, et recouverte de pa-

pier noir pour garantir le chlore liquide qui y est contenu de l’action de la lumière. La dernière est fermée à l’émeri par un tube recourbé, long de six pouces et muni également d’un robinet : c’est le tube inspiratoire, dont l’extrémité extérieure est aplatie légèrement , pour être plus facilement introduite entre les lèvres des malades. Enfin, le tout est placé sur un support en fer-blanc ou en ivoire , dont la partie supérieure forme un récipient, tandis que l’inférieure constitue une espèce de fourneau dans lequel une petite lampe à 1 huile ou a 1 esprit-de-vin reste allumée continuellement pour élever à 3a degrés centigrades quatre onces d eau contenues dans le flacon qui fait le corps de l’appareil. Celte eau fournit les vapeurs aqueuses qui doivent être mêlées au chlore, qu’on laisse écouler lentement , et par gouttes , du petit flacon où il est renfermé.

Descripl ionde la pompe laryngienne de Madame Rondet.

Cet instrument, propre à insuffler de l’air dans le poumon des enfans au moment de la naissance, est composé de trois parties : i°. tube laryngien de C haussier; 2°. réservoir en gomme élastique qui sert à chasser l’air qui doit être insufflé dans le poumon ; 5°. partie moyenne servant de jonction aux deux précédentes, espèce de corps de pompe ou de virole en cuivre, munie de deux soupapes qui permettent alternativement l’introduction de l’air dans le réservoir de caoutchouc. «I cnn passage dans le tube laryngien. L’Académie approuve cet instrument, qu’elle met fort

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au-dessus de celui de C haussier, en ce qu’il permet d’introduire dans le poumon un air pur au lieu d’un air respiré. Le seul reproche quelle lui adresse , c’est de n’être pas à la portée de toutes les bourses.

A ce sujet s’élève une longue discussion sur le résultat des insufflations d’air dans le poumon. Les uns disent que c’est une opération dangereuse, en ce qu’elle expose à l’emphysème : d’autres prétendent qu’on n’a rien à craindre , pourvu qu’on procédé avec ménagement : après quoi le rapport est adopte.

A propos de cet instrument , dont on vient de lire la description, M. Evrat présente une sonde de gomme élastique, percée par les deux bouts , mais dépourvue d’ouvertures latérales, et fermée au moyen d’un stylet terminé par un bouton olivaire : c’est l’instrument dont il se sert depuis plus de trente ans dans son immense clientèle pour insuffler de l’air dans le poumon des enfans qui naissent dans un état de mort apparente. M. Evrat croit que cette sonde est infiniment préférable à tous les instrumens du même genre, quelle que soit sa simplicité, ou plutôt à cause de cette simplicité. Outre qu’elle se prête plus facilement à la configuration des parties, qu’elle ne court pas le risque de blesser, elle envoie directement l’air dans les ramifications bronchiques , sans qu’il aille frapper contre les parties latérales ; et si l’air insufflé est moins pur qu’avec la pompe de Madame Piondet, il est plus chaud et plus approprié sous ce rapport à la délies—' tesse des organes des nouveau-nés.

Nouveau moyen pour appliquer le calorique ;

Tar le docteur Maïor.

M. May or s’est occupé depuis long-temps de rechercher les moyens de pouvoir appliquer le calorique sur tous les points du corps et à une température donnée. Il a invente, dans ce but, un instrument qu il appelle marteau . Cet instrument peut n’avoir que quelques lignes de diamètre, ou un ou deux pouces en carre, suivant la maniéré plus ou moins énergique avec laquelle on voudra agir, la brûlure plus ou moins large qu on voudra produire , et le besoin qu’on aura de réitérer ce moyen un plus ou moins grand nombre de fois.

Un marteau d’un pouce de diamètre est en général suffisant pour le second et le troisième degré ; mais il pourra être plus large pour la simple rubéfaction. Ce marteau sera plongé dans l’eau ou le liquide qui doit lui communiquer ses qualités, et il les acquerra en moins d’une minute. Le vase qui contiendra l’eau et le marteau sera placé tout près du malade , afin que 1 instrument ne perde pas sensiblement de sa chaleur en le portant rapidement sur l’endroit choisi pour son action. 11 y sera appuyé pendant une à dix secondes, et ce temps sera déterminé par l'effet qu’on voudra produire, le volume du marteau, la délicatesse des tissus qu’il doit affecter et le degré de chaleur du liquide. Quant à cette dernière condition, il est à observer que, bien que le terme de l'ébullition juit

presque toujours celui que l’on doive choisir, il pourra arriver qu’on se contentera de quelques degrés de moins, et même de soixante degrés seulement, tout comme aussi il pourra se faire qu’on croira avoir besoin de quelques degrés de plus que les quatre-vingts. Dans ce dernier cas, on choisira un autre liquide que l’eau, ou bien l’on fondra quelques poignées de sel dans celle-ci. Dans toutes ces suppositions, le thermomètre indiquera au besoin la température du liquide , et par conséquent celle du marteau, afin que l’opérateur le dirige en conséquence. On comprend, au reste , que l’action du marteau sur la peau ne se compose pas uniquement du degré de chaleur qu’on lui aura communiqué, mais encore du temps plus ou moins long qu’il restera en place ; de sorte qu’on pourra , avec quatre-vingts degrés , n’avoir qu’une simple rubéfaction, si le marteau n’efïleure que bien légèrement la peau , et obtenir la destruction totale ou partielle de celle-ci, avec moins de quatre-vingts degrés, si l’application du marteau est prolongée, et si, surtout, l’instrument est volumineux et le tissu cutané mince et délicat.

Dans tous les cas, la brûlure ne s’étend jamais, en largeur, au-delà des parties touchées par le marteau, et l’instrument y laisse exactement son empreinte , comme un cachet. La sensation que produit le marteau ne laisse pas que d’être parfois assez vive, et elle se prolonge plus ou moins en s’affaiblissant graduellement; mais il paraît que celte douleur ne laisse pas d’impression fâcheuse, car les malades ne se refusent pas à une seconde et troisième application , et il n’est pas rare qu’ils la redemandent euji-m cures. Du reste, 1829. Mécan. et Instrum. 2

cetle brûlure artificielle ne tarde pas à s'enflammer et se comporte d’ailleurs comme on sait qu’il arrive aux lésions accidentelles de cette nature. M. Mayor se contente de la couvrir d’un morceau de taffetas gommé qui suffit pour faciliter l’écoulement des matières séreuses et purulentes, et pour empêcher les pièces de vêtemens de s’attacher et d’irriter par leur frottement.

L’application du marteau peut être sujette à une foule de modifications importantes , tout comme elle est susceptible de se prêter aisément à toutes les combinaisons des praticiens et aux exigences de tous les systèmes et de toutes les opinions. Car, si le marteau, ainsi qu’on le conçoit, peut remplacer parfaitement fa plupart des moyens avec lesquels on se propose de faire l’application du calorique, il n’est pas moins propre à agir dans le sens ou des agens thérapeutiques qui ne font qu’irriter, ou de ceux qui provoquent, outre l’irritation , un écoulement séreux ou puriforme. Mais il aura sur tous ces moyens variés le trèsgrand avantage de la rapidité d’action, de l’énergie, de la certitude, de l’à-propos et d’une exécution si simple et tellement facile, qu’on peut la confier hardiment à toute personne intelligente.

Le marteau pourra servir alternativement de répulsif, de dérivatif, de stimulant, de suppuratif, de modificateur de la vitalité, soit pour concentrer ou rappeler celle-ci sur un point déterminé, soit pour lui donner une impulsion spéciale et salutaire. Il pourra remplacer au besoin la moutarde, les cantharides, l’ammoniaque, le tartre stibié , le garou , le séton, le phosphore , la potasse , les diflérens moxas et le fer rouge. Il y aura toujours cependant quelque chose

de spécial dans le raarleau, qu’on saura tôt ou tard mieux apprécier, et qui le rendra tout particulièrement utile dans tel ou tel cas donné. Je crois déjà pouvoir le recommander essentiellement dans les maladies aiguës et dans toutes les affections où le danger est imminent, où il n’y a pas un instant à perdre , et où un révulsif énergique et brusque est particulièrement indiqué pour dégorger un organe essentiel et le soustraire à une fatale dégénérescence. Il fera ici ce que fait le moxa dans les affections chroniques. Comme le moxa, le marteau communique à la partie sur laquelle on l’applique une certaine quantité de calorique, et il désorganise le derme en tout ou en partie ; mais l’irritation du marteau est plus rapide , plus passagère que celle du moxa, et elle est plus promptement suivie d’un certain écoulement de fluides , d’où dépendent sans doute , en grande partie , les heureux effets de la médication révulsive , en général , et tout particulièrement de celle qui nous occupe.

Sondes-Bougies de M. Liégard.

Cet instrument présente onze à douze pouces de long, deux lignesde diamètre , excepté dans la position conique qui lorme bougie , et qui a un pouce de diamètre à la pointe, laquelle est mousse. Celte sondebougie est munie d’un œil à un pouce de son extrémité vésicale.

L’auteur prétend qu’avec cet instrument il n’est point d’obstacles qu’on ne puisse surmonter, si l’on a la patience d’appuyer légèrement pendant un quart-

d heure et plus sur la bougie en lui imprimant quelques mouvemens de rotation.

11 y a certainement un peu d’exagération dans cette prétention; mais on ne saurait disconvenir que les sondes-bougies ne soient fort utiles dans certaines circonstances. M. Cullerier les avait introduites dans sa pratique, et M. Bard a suivi l’exemple de son beaupere avec un succès dont il renouvelle l’assurance à cette occasion. Aussi il est à désirer que M. Liégard veuille bien poursuivre ses expériences, en s’attachant à distinguer les cas où son instrument est préférable à tous les autres.

Lettre de M . Heurte loup, sur un nouvel instrument appelé

Irrigateur.

Messieurs ,

« Après l’une des tailles périnéales , si la pierre se brise, il est important défaire une injection dans la vessie à travers la pla;e pour entraîner les fragmens qui ont pu échapper à la tenette.

» Ces injections ont été faites jusqu’à présent avec une canule simple, qui, par bien des raisons , n’a pu faire atteindre le but qu’on se proposait. J’ai l’honneur de soumettre à l’Académie un appareil d’irrigation destiné à remplir cette importante lacune de la science du cystolomisle.

» Cet appareil d’irrigation a pour avantages i° de tendre mécaniquement la bas-fond de la vessie, afin que les fragmens cessant d’être retenus dans les plis que forme cet organe contracté à cause de sa viduité, puissent être chassés au-defiors par le liquide injecté ; 2°. de projeter dans la vessie une masse d’eau considérable , disposée en nappe , laquelle masse d’eau partant du fond de l’organe pour arriver vers la plaie, de laquelle elle sort avec grande force, est convenablement dispo-

sée pour balayer le fond distendu de l’organe, et d’entraîner les fragmens au-dehors -,

» 5*. D’entrouvrir convenablement la plaie au moyen d’une tige qui bascule , afin que le fragment entraîne' par le flot de l’eau injectée ne trouve pas à sa sortie un obstacle causé par le rapprochement des bords de cette plaie 5

» 4°, De permettre de recharger la seringue sans la î-etirer de la plaie, afin que la canule restant en place, on puisse faire des injections nouvelles, ce qui remédie au double inconvénient de renouveler des introductions qui sont toujours douloureuses, et de refouler un fragment que la première injection aurait déjà ramené au bord de la plaie -,

» 5*. Enfin , de donner facilement et d’une seule main à l’injection une impulsion considérable , impulsion qui n’est obtenue avec les seringues ordinaires qu’en employant péniblement les deux mains et en déployant de grands efforts musculaires.

» Si vous considérez, Messieurs, combien sont fréquens les cas où le cystotomiste laisse des fragmens dans la vessie, après la taille , vous estimerez de quelle importance 'doit être la création d’une bonne combinaison mécanique propre à faire atteindre le but de débarrasser complètement la vessie , lorsqu’il aura été nécessaire de l’ouvrir pour extraire les corps étrangers qu’elle contient.

» D’après l’usage auquel je l’ai destiné , j’ai nommé l’appareil que je vous présente, YIrrigateur (1). »

J’ai l’honneur, etc.

(1) Cet instrument, dont nouspensons que pas un lythotomiste ne pourra, se passer, se trouve chez M. Henry Greiling, fabricant d’instmmens (le chirurgie, quai de la Cité, maison Duhamel.

Note sur le Forceps perce-crâne

du docteur Baudelocque. ( Voyez la planche II, fig. 5.)

Cet instrument est composé de deux branches qui se croisent et se reçoivent mutuellement à-peu-près à la manière du forceps de Smellie ; les cuillers de cet instrument n’ont pas d’ouverture; elles sont pleines, épaisses chacune de trois lignes, n’ont que seize lignes de largeur, afin de traverser avec la plus grande facilité l’ouverture d’un bassin déformé, qui n’aurait que deux pouces dans le détroit abdominal, et d’avant en arrière; leur longueur est telle, qu’elles peuvent saisir une tête située au-dessus du bassin, leur courbure correspond à celle de ce canal.

Les deux branches sont allongées, elles ont chacune cinq lignes d’épaisseur et six de largeur ; toutes deux sont taraudées pour recevoir une vis, à laquelle tient un bras de levier coudé ; là vis a trois filets, afin que sa course soit plus rapide ; sa longueur est de cinq pouces; le mouvement du bras de levier est tellement facile , qu’il n’est pas besoin d’employer d’efforts pour le faire tourner.

J’ai imaginé cet instrument pour remplacer les perce-crânes, avec lesquels on pratique l’excérébration ou l’encéphalotomie, et les crochets aigus avec lesquels on fait la céphalotomie ou le broiement de la base du crâne; par conséquent il ne s’emploie que sur le fœtus mort.

Son application est la même que celle du forceps ; mais qu’il soit placé d’avant en arriéré, ou latéralement, sur la tête, son eflet est toujours le même ; il comprime aveu une telle force, que la voûte et à-la-

lois la base (lu crâne sont affaissées en un instant, la matière cérébrale s’écoule alors, soit parles orbites, soit par l’ouverture des narines et de la bouche ; presque constamment le cuir résiste à l’action de 1 instrument, et les os qui constituent la base du crâne chevauchent sur eux-mêmes , sans former aucune esquille.

Explication de la figure i et 2 de la planche II , représentant le Porte- lacet pour la guérison des Polypes ;

Par le docteur Hatin.

Les figures 1 et 2 représentent les nouveaux instrumens du docteur Félix Hatin, propres à faciliter la ligature des polypes qui naissent de la base du crâne. Fig. 1. Conducteur à plusieurs branches, fermé et vu de face.

I'ace AA. branches supérieures.

BB. Branche inférieure.

CC. Pivots qui unissent les branches supérieures à 1 inférieure, et sur lesquels les branches supérieures se meuvent.

D. Vis qui traverse les extrémités labiales des branches supérieures, et sert à les rapprocher.

E. 1 raverse qui croise les branches supérieures. 1

rF. Pointes livees qui fixent cette traverse à la partie la plus large de la branche inférieure, et bornent de chaque côté l’écartement des branches supérieures

G. Traverse fixée à la branche inférieure par une pointe qui traverse la partie moyenne et borne le rapprochement des branches supérieures.

HH. Partie verticale de l’instrument vu en raccourci ou de face.

Fig. 2. Le même instrument transformé en serre* nœud , vq de face.

AA. Partie horizontale de l’instrument.

B. Partie verticale.

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