QUATRIÈME MÉMOIRE
L'AMÉRIQLE MOYENNE
Henri dk SAISSIRE
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GKNÈVE
IMPRIMERIK RAMBOZ KT SClirCHARDT
DE
L'AMERIQUE MOYEMNE
Ce travail esl siirtoul destiné à donner une idée de la faunt^ des Orthoptères du Mexique et des Antilles. Je Fai fait en majeure partie d'après les matériaux que j'ai rassemblés en voyage. Toutefois j'ai cherché à compléter mes documents par Tacquisition de quelques collections que M. Salle avait recueillies au Mexique dans les mêmes années que moi. De bien utiles compléments pour la faune de File de Cuba m'ont été fournis par M. le professeur Fél. Poey de la Havane. J'ai aussi de grandes obligations à M. Ed. Norton, du Connectirut, pour les séries d'Orthofitères qu'il a bien voulu m'envoyer des Ëtals-Unis, et qui m'ont été trèsutiles pour la comparaison des types méridionaux avec ceux des régions septentrionales.
Quoique dans Torigine mon intention fât de m'occuper seulement de la faune de TAmérique moyenne, c'est-à-dire du Mexique, du Texas, des Antilles et du Guatemala, j'ai été conduit à faire exception à ce plan pour quelques espèces originaires des autres parties du nouveau conli-
nenl, que j'ai cru^evoir prendre en considéralion , les unes à cause de leurs affinités avec les espèces mexicaines, les autres à cause de la variété de leurs formes qui me permettaient d'étendre et de rectifier la méthode de classification.
Je n'ai pas jugé nécessaire d'augmenter beaucoup le nombre des genres adoptés pour l'arrangement des nouvelles espèces ; mais j'ai beaucoup subdivisé les anciens genres, afin d'y ranger les espèces suivant un ordre rationnel. Je crois que cette manière de procéder est tout au profil de la clarté et de la commodité de la méthode. En efi'et, le lecteur arrive en général sans trop de peine à saisir les grands genres, et il lui est ensuite facile de suivre l'ordre hiérarchique des subdivisions, ou d'arriver à l'espèce par des tâtonnements lorsqu'il est bien fixé sur le genre; mais il a toujours beaucoup de peine à comprendre d'emblée avec netteté les coupes génériques, lorsque celles-ci sont très-nombreuses et qu'elles ne diffèrent les unes des autres que par des caractères peu appréciables, dont on n'apprend à connaître le sens relatif qu*après s'être déjà familiarisé avec le groupe qu'il s'agit d'étudier.
Je dois ajouter que, à moins d'indications contraires, les types ici décrits font partie des collections du Musée de Genève, car c'est dans cet établissement que j'ai déposé la presque totalité de celles que j'ai recueillies en route ou que je dois à des secours étrangers.
DE l'aMËRIQUE moyenne.
FAMILLE DES BLATTIDES
Insectes à formes larges et aplaties, ou pour le moins déprimées, jamais comprimées; corps ovale, aplati ou convexe; pattes appropriées à la course.
Tête cordiforme ou triangulaire, aplatie et placée dans une position plus ou moins horizontale : le vertex dirigé en avant, la bouche en arrière, appliquée contre la poitrine; la tête, à cause de cela, placée sous le prothorax, entièrement cachée, ou ne le débordant que par le vertex. Ocelles en général nuls.
Antennes sétacées, ou finement moniliformes, rarement plumeuses.
Organes buccaux de forme très-fixe; mandibules fortes, armées de quatre à six dents. Mâchoires atténuées à l'extrémité et armées en général d'un crochet ou de deux dents; palpes maxillaires ayant le dernier article creusé en dessous d*une rainure garnie d'une membrane palpaire. Palpes labiaux courts, le dernier article offrant à l'extrémité un point membraneux.
Prothorax en forme de bouclier horizontal, elliptique ou parabolique.
Organes du vol placés au repos dans un plan horizontal, parfois nuls ou imparfaitement développés.
Ëlytres se croisant sur le dos par leur bord interne; l'élylre gauche recouvrant le droit.
Ailes pliées suivant leur longueur; leur moitié postérieure renversée sous l'antérieure; (exceptionnellement repliées au milieu suivant un pli transversal, Diploptériens et genre Anaplecta).
Pattes comprimées, fortes, bien organisées pour la course, à hanches
très-grandes, à trochanlers bien développés, à tibias très-épineux; à tarses toujours composés de cinq articles.
Insectes ne possédant aucun tambour, et ne rendant aucun son musical.
Les Blattes sont des insectes très-agiles qui, pour la plupart, courent avec une grande vélocité. Leurs habitudes sont nocturnes. Elles fuient la lumière; de jour elles se réfugient dans des lieux obscurs, dans les habitations, sous les écorces des arbres, sous les pierres, etc., et elles en sortent de nuit. Certaines espèces ont des mœurs purement sylvestres, et ce sont les moins agiles; d'autres vont chercher dans les magasins, fours, caves, greniers, une nourriture plus abondante que celle que leur fournit la nature; elles s'introduisent dansles marchandises, surtout dans les ballots qui renferment des denrées alimentaires, particulièrement des farineux. Elles sont ainsi transportées dans les vaisseaux, et, non contents de les infester d'une manière fort désagréable, elles deviennent souvent fort préjudiciables au commerce par leur extrême voracité. La même circonstance contribue à les répandre continuellement d'une extrémité du globe à l'autre, en sorte que les espèces les plus vagabondes tendent à devenir de plus en plus cosmopolites. Déjà dans le siècle dernier, Fabricius a décrit, comme propre à l'hémisphère oriental, des Blattes américaines, parce qu'elles avaient été rapportées d'Asie. Ce sont surtout les espèces du genre Periplaneta (Eacerlacus) qui tendent à se répandre avec rapidité. La P. orientalis est devenue vulgaire en Europe et en Amérique; les P. Americana et Australasiœ le sont dans les ports de mer de tous les continents. La Panchiora Maderœ est aussi répandue dans le midi de l'Europe. Un grand nombre d'autres Blattides exotiques se fussent sans doute aussi emparés de notre continent si les rigueurs de nos hivers ne mettaient un terme à leur existence, car ces insectes redoutent beaucoup le froid ' ; mais entre les tropiques on voit^ même de petites espèces, tendre à se répandre sur toute la circonférence de notre globe; ainsi les Euthyrrapha et les Holocompsa, qui, originaires du Brésil,
« Voyei Waga, Aetwe de Zoologie, 1857, U7.
DE l'amêriqle moyenne. 9
vivent mainlenanl aux Antilles, à File de France, à Madagascar, etc.
On a observé qu'en s'emparant d'une région, les grandes espèces détruisaient parfois les petites Blattes indigènes, de même que le surmulot détruit le rat noir partout où il le rencontre en s'avançant en Europe. Cependant il arrive aussi que la petite espèce détruit la plus grande, lorsque toutes deux sont enfermées dans un même lieu, et que la plus petite est notablement plus féconde que la plus grande. Ainsi Labillardière raconte qu'à son départ de Brest le vaisseau était infesté par la Periplaneta orientalis; msiifi que bientôt la Blatta germanica ayant pullulé, la première disparut entièrement.
Les Blattes sont des insectes qui ne font que du mal. Elles dévorent les provisions des maisons et des vaisseaux, salissent les appartements et détériorent les marchandises. On réussit d'autant moins à se mettre à Tabri de leurs dégâts que plusieurs espèces sont assez petites pour passer par les moindres ouvertures et pour s'introduire dans les coffres et armoires par le trou de la serrure. Leur incroyable fécondité s'oppose à ce qu'on puisse en purger les lieux qu'elles ont envahi. Dans des voyages de long cours, on a vu la famine menacer les équipages des navires par suite des ravages de petites Blattes qui pullulaient avec une si prodigieuse rapidité que, lorsqu'on ouvrait les tonneaux de vivres, on les trouvait remplis jusqu'au sommet par des myriades de ces insectes. Labillardière relate que l'abondance de la Blatta germanica avait fini par devenir un tourment affreux dans le vaisseau qui le portait, et que, non contents de dévorer les vivres, ces insectes attaquaient la laine, le papier, les citrons, etc.; lorsqu'on oubliait de boucher les encriers, ils avaient bu l'encre en un instant et ne paraissaient en éprouver aucun malaise malgré le vitriol qu'elle contenait. Suivant Mérian les grandes Blattes sont friandes d'ananas et d'autres fruits.
11 paraît que les Kakerlacs ont la faculté de façonner les fissures dans lesquels ils se cachent, en sorte qu'ils se créent des refuges où il est impossible de les atteindre. Gœtze rapporte que, dans un magasin où Ton prenait par centaines la Periplaneta orientalis, ces insectes communiquaient de la cave au magasin par des fissures qu'ils avaient élargies
et transformées en canaux propres à permettre la circulation à travers un mur de plusieurs mètres d'épaisseur.
Récemment le professeur Waga a constaté que la poudre persanne peut être employée avec efficacité contre les Blattes et que souvent ces insectes meurent pour avoir seulement couru sur des surfaces saupoudrées de cette substance •.
Comme les Blattes ne possèdent aucun appareil musical, elles ne peuvent produire aucun son stridulent, comme celui que font entendre les Orthoptères sauteurs; ce sont même des insectes entièrement muets.
Caractères généraux et spéciaux.
Les Blattes sont immédiatement reconnaissables à leurs formes et à la longueur de leurs antennes. On trouve, il est vrai, dans cette famille des types qui rappellent certains genres de Coléoptères, de Crustacés terrestres ou de Myriapodes, mais sans qu'il puisse naître aucune confusion avec ces ordres éloignés.
Les espèces, quoique se ressemblant beaucoup entre elles, offrent cependant des caractères distinctifs généraux assez nets, qui permettent d'établir de grands genres; mais les caractères secondaires, suivant lesquels on pourrait diviser ces genres, sont si variables qu'on aurait de la peine à leur accorder une valeur générique.
La tète est lisse et n'offre pas de suture frontale. Les yeux sont plus ou moins écartés, en général échancrés, rarement entiers. Au bord interne des fossettes antennairé^ on distingue deux taches ou fossettes qui représentent les ocelles non développés. Exceptionnellement ces organes existent cependant : chez les Polyphaga ils sont même très-gros et saillants.
Les antennes sont toujours longues et grêles; en général sétacées,
« Revue de Zoologie, 1857, 506.
DE LAMflRKjUE MOYENNE. 11
quelquefois épaisses et s'alténuant de la base à rexlrémilé^ parfois aussi un peu plumeuses (ou {garnies de poils hérissés).
Les oi^anes buccaux sont, dans toute la série, d'une si parfaite uniformité qu'ils n'oflrent guère de caractère utile à consulter.
Le pr#tli«Mix offre des formes variables qui sont Tun des éléments les plus essentiels pour rétablissement des {genres. Quoique minimes, ces variations de formes sont cependant fort importantes par leur fixité; mais il faut, dans leur appréciation, tenir compte du degré de transformation auquel atteint Tinsecte parfait; car, suivant que Tinsecte traverse ou non toutes les phases normales de ses métamorphoses, le prothorax acquiert les formes normales qu'il a dans Tinsecte parfait ou conserve plus ou moins celles qu'il affecte chez la nymphe. Il arrive ainsi que, dans un même genre, le prothorax (ainsi que les organes du vol) offre simultanément plusieurs formes qui sont matériellement fort différentes, quoique en principe elles ne doivent pas être considérées comme telles. Ces deux cas doivent être étudiés séparément: — lo Chez les insectes qui acquièrent leur complet développement. Le prothorax devient toujours plus ou moins elliptique ; son ellipse est tantôt régulière (Blabera Alropos, gigantea^ etc.; fig.6,38,etc.), tantôt irrégulière, l'un ou l'autre de ses bords étant plus arqué que l'autre («g. 9).
il suffit en général de distinguer au prothorax deux bords, un bord antérieur et un postérieur y dont les points de séparation sont ordinairement assez faciles à distinguer. Cependant je me sers quelquefois aussi du terme de bords latéraux^ lorsqu'il est utile de décrire la forme des marges latérales du prothorax et surtout lorsque les |)oints de séparation du bord antérieur et du postérieur ne sont pas apparents; mais les bords latéraux ne sont qu'une fiction de l'esprit , ils n'ont rien de défini dans la nature.
Les deux bords, l'antérieur et le postérieur, forment quelquefois de chaque côté à leur rencontre un angle prononcé (angles latéraux);
d'autres fois ils se confondent insensibrement Tun avec l'autre par une courbe continue et forment alors, non pas des angles, mais des lobes latéraux arrondis.
Le bord antérieur est presque toujours simplement arqué ; le postérieur est souvent brisé au milieu et aux points où s'insèrent les élytres (épaules). Lorsqu'il est fortement brisé aux épaules, le prothorax prend une forme trapézoïdale (fig. S); il offre alors : un bord antérieur^ un bord postérieur, étendu d'une épaule à l'autre, et deux bords latero-postérieurs qui sont comme des troncatures obliques, partant des épaules et divei^eant d'arrière en avant (fig. 42). L'extrémité postérieure du prothorax est le plus souvent tronquée ou un peu arquée, en sorte que l'écusson n'est pas recouvert. D'autres^ fois elle est très-arquée, prolongée en forme de cintre ou d'angle, de manière à recouvrir tout ou partie de l'écusson (fig. 7, 25).
La surface du prothorax est lisse ou bossuée, mais en général elle est un peu arquée, de manière à former dans la partie antérieure une petite voûte allongée qui recou\Te la tête (fig. 38). Cette voûte est déterminée par la pression de la tête ; la déformation qui en résulte a pour conséquence qu'il se dessine en général aussi à la surface du bouclier prothoracique deux gouttières obliques divei^entes (fig. o, 8, 20) '.
Quelquefois les deux sillons obliques se joignent en arrière au milieu et forment une gouttière en fer à cheval. D'autres fois ils ne sont pas évidents, mais le disque du prothorax est finement chiffonné dans tout l'espace que les sillons devraient occuper et circonscrire. Souvent cet espace est seulement indiqué piir de petites taches qui forment un dessin en forme de lyre évasée {Paneklora Mad^rœJ; lorsque le milieu devient lui-même marqueté, fespace taché prend la forme de cloche ou de trapèze, et parfois cet espace se couvre tout entier d'une tache pleine (Blabera). Ces taches sont donc* pour ainsi
* Ou jx^ul prixiiiirt^ te ni^roe chifTiHiiMHiienl au aniy^n cTune simple expèriente, en pnMUiDl une leuille de p;ipier eltiplîque doDt oo «ppuîe U (Miriie «ntèheiire $iur un objet conTexe, lie uianîèfv à \và Uvrc prendre une forme convexe el v«>ùlèe, tout tii ftH^ant b |itrtie |M»$tèfieuv>^ à resler pbûe ou à devenir uu peu conçoive en de:»su$.
DE l/AMf:R10UE MOYENNE. 15
(lire, les derniers vestiges de la déformation du disque du prothorax, et elles ont probablement la même cause physiologique que son chiftbnnement, savoir la pression exercée par la tête sous la partie antérieure du prothorax et la dérorinatioii de cette partie qui réagit sur la portion médiane et postérieure. Dans le genre Brachycola l'espace en général occupé par la tache est excavé ou rugueux, et le dessin en forme de lyre apparaît souvent sous la forme d'un bourrelet en fer à rheval (fig. 35).
Enfin le prothorax peut être lisse, sans trace de sillons ni de tache discoïdale. Il est alors en général dur et corné (Nyclohora, Periplanela alaris^ Corydia^ Phoraspis, etc., fig. 9, 10).
Kn général le vertex affleure ou dépasse le bord du prothorax, et ce bord est lui-même dévié par la tête, de manière à former l'extréniité de la petite voûte dont il vient d'être parlé; mais lorsque le prolhorax est très-développé, le bord antérieur est assez dilaté pour dépasser la tête en la cachant entièrement. Si le prolongement du prothorax en avant de la tête devient considérable, le bord antérieur n'est plus dévii* en forme de voûte par le vertex, mais il reprend sa |)osition normale, et continue horizontalement la courbe des bords latéraux. En d'autres termes, la voûte, au lieu de rester ouverte en avant pour laisser passer le vertex, se referme devant lui et il se forme ainsi une calotte complète. La pression de la tête produit alors à la partie antérieure du prothorax, non plus une voûte, mais une bosselure arrondie qui ne s'étend pas jusqu'au bord antérieur, et qui sert, pour ainsi dire, de chapeau à la tête. C'est ce que je nomme le capuchon (cucullus) (Zelohora, Monachoda; fig. 35, 34, c).
Lorsque le prothorax est élevé , il offre souvent deux petits dos d'àne longitudinaux en avant des points d'insertion des élytres. Je dis aloi*» que les épaules sont marquées ou prononcées (fig. 54, e).
Les marges latérales du prolhorax, loi-squ'elles sont en plus grande partie formées par le bord antérieur, sont souvent rabattues en bas (deflexus) (Epilampra mexicana, /leussleriana, etc.), ce qui donne au prothorax un aspect plus triangulaire; souvent aussi ils sont un peu
réfléchis en haut (reflexus) (Zelobora), ou sont même retroussés (Pelasodes).
Très-exceptîonnellement on voit chez des espèces à développement complet persister la forme du prothorax propre aux espèces à développement imparfait (Brachycola tuberculata). — 2® Chez les insectes qui n'atteignent qu'un développement incomplet. 'Le prothorax conserve une forme analogue à celle qu'il affecte dans les nymphes (puppa, subiiliago). Au lieu de devenir elliptique, il reste parabolique, c'est-à-dire que son bord antérieur est très-arqué, et le postérieur transversalement tronqué dans toute sa largeur, en ligne droite ou brisée. Il est alors souvent peu caractéristique, car il n'acquiert pas les détails de forme qui caractérisent les genres (excepté dans le genre Brachycola). Lorsque la tête affleure ou dépasse le bord du prothorax , la petite voûte antérieure est en général plus ou moins prononcée (Blahera Thunbergi, Bl. Claraziana, Epilampra Heussleriana, etc., fig. 8, 24, 41), lorsque, au contraire le bord antérieur dépasse la tête, on distingue souvent déjà un capuchon bien formé fMonastria biguttataj.
Il faut remarquer que, dans le cas d'incomplet développement, le prothorax de Yimago ne conserve pas toujours dans toute son intégrité la forme nymphale (ou parabolique). Il existe plusieurs formes intermédiaires qui conduisent par degrés de la forme parabolique à la forme elliptique, et qu'on voit se réaliser chez divers types dont le développement dépasse la forme nymphale, sans cependant atteindre à celle d'imagfo parfait. Au premier degré, le bord postérieur du prothorax devient arqué ou brisé ^ et de sa rencontre avec le bord antérieur il résulte des lobes latéraux anguleux ou presque aigus (Homeogamia Ç, Epilampra marmorata, etc.). Lorsque la transformation du prothorax va plus loin, les lobes latéraux s'arrondissent en général et le bord postérieur devient de plus en plus convexe, tandis que l'antérieur le devient de moins en moins '.
* La conséquence à tirer de celte observation est que le premier degré d'incomplet développement du prothorax se voit lorsque le bord antérieur est plus arqué que le postérieur.
I)K L'AMfiKIOlE MOYENNE. 15
a) Le type nymphoîde à bord postérieur arqué conduit ainsi par son maximum de métamorphose à la forme elliptique régulière, où le bord antérieur n'est pas plus arqué que le postérieur. On en voit des exemples dans les genres Corydia, Blalla, ElUpsidium, Blabera.
b) Le type nymphoîde à bord postérieur brisé conduit de son côté par son maximum de développement à la forme trapézoïdale où le bord postérieur est plus arqué que l'antérieur (Homeogamiaçf, Para- Iropes, Zelobora Peruana, etc., (ig. 42); si le milieu du bord postérieur est brisé aussi , on arrive à la forme pentagonale (Epilampra Yersiniana, Paratropes, etc., fig. 5, 7).
Ainsi la forme nymphale du prothorax est parabolique ou demi-elliptiquc (en supposant que Fellipse a été coupée suivant son petit axe et placée dans le sens longitudinal) ; et la forme tmageaire ou normale du prothorax est celle d'une ellipse transversale ou d'un trapèze.
La forme tmageaire se rencontre chez les espèces à développement complet, c'est-à-dire à organes du vol complètement développés; cependant elle se produit aussi à divers degrés chez les espèces à développement incomplet : Periplaneta orientalis, P. hislrio, et chez quelques Polyzosteria et Blalta.
hà forme nymphale se rencontre chez les espèces à développement incomplet. Cependant il est des exceptions où on la voit apparaître aussi chez des types complètement ailés.
3t. Dans le genre Brachycola (fig. 35) le prothorax reste parabolique même chez les espèces ailées, mais il est vrai de dire que presque tous les représentants de ce genre ont un développement imparfait; la B. luberculala seule acquerrant des élytres complets.
j'i. Le genre Planelica ' a un prothorax en trapèze, mais en trapèze renversé, large en arrière, étroit en avant, à Tinverse du type normal b (vide supra). Cette configuration découle de la forme parabolique, le liord antérieur étant devenu tronqué ou plutôt droil et entièrement relevé par une tôte largr*. En même temps le prothorax est un
' Sauwurt*, Mélaogcs orthoptérologiques, 1'*^ fasiicule, page 30. fig. %i.
* <Ihei les Panesthia le bord antérieur de\i(*tit ni«^iii<* (Vliancré f|iiuiqiie la ioniK* large H elli|»li<|ia' du l*roihorax «e cooserre mieux.
16 ORIHOPTÈRES
peu excavé en forme de selle, au lieu d'être froissé pour former des
sillons obliques au disque.
On voit par ce qui précède que, chez les espèces à développement imparfait, la forme du prothorax est trompeuse, attendu qu'elle ne coïncide pas avec celle que devrait acquérir cette pièce chez Fespèce normalement développée et qu'elle acquiert en effet chez des espèces voisines. C'est donc seulement d'après les caractères lires des autres parties du corps qu'on pourra juger des genres respectifs auxquels appartiennent les espèces qui conservent la forme nymphoîde. Comme dans un même genre on rencontre souvent des espèces à développement imparfait, mêlées à d'autres à développement parfait, on verra nécessairement la forme parabolique figurer à côté de la forme elliptique. Les mâles ayant un développement en général plus complet que les femelles, il arrive souvent que le mâle a son prothorax elliptique, tandis que chez la femelle cette pièce reste parabolique (Blahera Claraziana, ThunbergiJ. Lorsque les deux sexes acquièrent leur parfait développement, le prothorax du mâle a souvent encore son bord postérieur plus arqué, ce qui le rend moins large à proportion et parfois plus trapézoïdal. ( Petasodes reflexa^ Blahera, Zetobora^ Blatta, etc.)
Organes du toI. Jls sont assez variables. Les veines qui leur servent de squelette sont d'autant plus nombreuses que ces organes ont des dimensions plus grandies. Chez les petites espèces, le peu d'étendue des ailes fait que la force de résistance de leur membrane est presque suffisante pour leur permettre de se passer de nervures, et le nombre de ces appuis diminue. Dans les ailes de grande dimension, la multiplicité des nervures devient au contraire une nécessité, et l'on y trouve des réseaux vénulaires très-compliqués, qui seuls peuvent assurer la rigidité de ces organes membraneux '.
* Il est évident que, l*épaisseur de la membrane des ailes restant à peu près la même chez des espèces de grandeurs diverses, la résistance de la membrane sei'a en raison inverse du carré des longueurs des ailes de ces insectes ; donc Taile sera relativement beaucoup moins forte chez les grandes espèces, et exigera un beaucoup plus fort réseau de nervures pour conserver, relativement au poids du corps de rinsecte, une résistance égale.
DE l'amërique moyenne. 17
ËLYTRES. Lorsque ces organes sont parfaitement développés, ils dépassent Textrémité de Fabdomen et sont en grande partie membraneux (Polyphaga, BlcUta, Epilampra Yersiniana, Blabera Alropos, etc.). Us offrent alors des veines ou nervures très-distinctes, dont la distribution est assez constante dans ses grands traits, variable dans ses détails, ce qui permet d'en tirer d'excellents caractères.
Les auteurs, en particulier Fischer, ont donné une nomenclature fort compliquée de la vénulation élytrale dans les Orthoptères, mais elle ne convient pas entièrement aux Blattides, et ses détails ne trouvent pas une application aussi utile chez ces insectes que chez les Orthoptères sauteurs, en sorte qu'il est bon de la modifier et de la simplifier pour l'étude de ce groupe.
Il faut distinguer dans l'élytre les veines principales et les veines secondaires (fig. 1, 2).
Veines principales : Il part de l'épaule (ou articulation) un gros tronc opaque qui forme souvent saillie; c'est ce que nous nommons le tronc humerai (truncus humeralis) ' (t).
Ce tronc se bifurque très-vile, pour former : !*• la veine scapulaire (vena scapularis, F.) (s) qui va gagner le bord externe ou antérieur de l'élytre en se ramifiant Cette veine est en général peu importante chez les Blattes. Elle manque chez un grand nombre d'espèces; cependant elle devient très-forte chez quelques-unes (Epilampra Yersiniana, etc.); 2® la veine humorale (vena hnmeralis)* ou nervure principale (h) qui traverse l'élytre dans toute sa longueur et qui en atteint l'extrémité en formant des ramifications longitudinales (h). Cette veine forme souvent une arête saillante; elle est toujours appréciable, à sa base au moins , même sur les élytres cornés.
Une veine arquée qui naît aussi de l'épaule, mais qui reste distincte du tronc humerai dès sa base, va gagner le bord interne ou postérieur de l'élytre; c'est la veine anale (vena analis) (a). Elle est longée par ud sillon très-important, sillon anal ou sillon dorsal, qui est l'un des caractères les plus constants de Télytre.
* Truncus communis veiue scapularis et externomediae, Fisch.
* Vena extemomedia, fel ramus externomediœ» Fisch. 3
Champs. — (Fig. 1.) Les veines que nous venons d'indiquer partagent rélytre en trois parties fort distinctes, ou champs, savoir: 1® le champ marginal (campus marginalis) (M) qui s'étend entre le bord externe {marge) et la nervure humérale (ou principale); 2® le champ anal (campus analis) (A) circonscrit par le sillon anal; 3® le champ discoïdal (campus discoidalis) (D), situé entre les deux aulres et qui s'étend jusqu'à l'extrémité de rélytre. Il faut remarquer cependant que chez les Blattes il n'y a d'important que la partie postérieure de ce champ, c'est-à-dire celle qui dépasse le milieu de l'élytre, et dont la réticulation est très-différente de celle de la portion basilaire. Pour les besoins des descriptions, nous nommons cette partie champ postérieur (campus poslicus) (P).
Veines secondaires ou nervures. — Le champ marginal est quelquefois partagé par une veine basilaire qui part du tronc humerai (veîia médiantina, Fischer). Chez les Blattes, cette veine n'est que rarement apparente, car la marge est le plus souvent cornée; mais la place en esl marquée par une sorle de sillon, résultant de ce que la partie basilaire est légèrement relevée. Cette partie est pour moi Vaire basilaire (area basalis) {area mediastina, Fischer). Le reste du champ marginal est le plus souvent occupé par des nervures obliques parallèles qui partent de la veine scapulaire et de l'humérale, et qui sont comme pennées sur cette dernière. Ce sont les nervures costales. Elles sont longitudinales et peu saillantes chez les Blabera (fig. 2); très-saillantes et très-obliques chez certaines Blatta, etc. (fig. 17, 18, c).
Le champ discoïdal est occupé dès sa base par des nervures arquées qui émanent de la base de l'élytre ou du tronc humerai el qui sont d'abord très-rapprochées , resserrées qu'elles sont entre la veine humérale et la veine anale (nervures discdidales ou intercalées, F.). Elles divergent ensuite en éventail et se ramifient avant le milieu de l'élytre pour former les nervures longitudinales du champ postérieur (/). La dernière branche longe souvent le sillon anal et devient rameuse vers l'extrémité {v. subintemomedia, Fischer). Le plus souvent ces nervures résultent des ramifications d'un seul tronc discoïdal. Les veines longitudinales du champ postérieur sont en général parallèles et rappro-
DE l' AMÉRIQUE MOYENNE. 19
chées, et donnent à ce champ une apparence striée (fig. 16, 31). Cependant, chez certaines Blattes de petite taille, elles sont remplacées par des nervures obliques pennées sur la veine humérale, comme le sont les nervures costales du champ marginal. La veine humérale est alors bipennée, comme l'est en général la nervure principale des feuilles simples dans les plantes dicotyléclonées (Blalla lapponica , ericelorum, pallida, fîg. 18, p) *. Chez les Blattes, les nervures discoïdales n'entrent pas en conjonction et ne forment pas de nœud ou sttgma discoîdal émettant des secteurs comme chez les Acridides; mais quelquefois la derni<^re nervure discoîdale (r. suhinlemomedia) produit quelque chose d'analogue en longeant parallèlement le sillon anal et en contournant son extrémité par une petite courbe, ou crosse arquée, qui émet trois ou quatre nervures longitudinales prolongées jusqu'au bout de l'élytre. Cette vénulation particulière s'observe dans le genre Thyrsocera (^(ig. 20, n).
Le champ postérieur et l'extrémité du champ marginal sont en général réticulés par suite de la présence de petites nervules transversales qui coupent les bandes inter\'énulaires.
Le champ anal est parcouru par des nervures longitudinales arquées iamllaires) (lig. 2, A) ; il est souvent aussi réticulé.
Variations de la structure des élytres. — Les exceptions dans la structure di*s «'lytres sont nombreuses, et il en résulte souvent des apparences trompeuses. Nous essaierons de les indiquer d'une manière générale : 1® Inégalité des deux élytres. Comme les deux élytres se croisent dans ime partie de leur étendue (sauf dans les genres Anaplecta et Euthyrrapha) et que toujours le gauche recouvre le droit, les deux organes ne sont pas identiques. Le champ postérieur de l'élytre droit, qui est recouvert par l'élytre gauche, est toujours plus membraneux, plus variable; aussi, dans les descriptions, avons-nous toujours en vue félytre gauche.
* (jtM*lqu«ïfoi8 les secteurs du champ posUVieur son! (kennôs sur une branche longitudinale de la veine humérale, qu'on pourrait aussi envisager comme la première veine discoîdale confondue à sa l>ase avec le tronc hum^Tal (Blatta peUucida, diaphana. delieatula, lig. 17, p).
2® Bifurcation des nervures. Les ramifications des veines secondaires ne sont pas toujours assez constantes pour servir de caractères spécifiques. Dans le champ postérieur, les veines longitudinales sont le plus souvent simples à partir du milieu de Félytre; quelquefois cependant elles se bifurquent. Les bifurcations situées près de l'extrémité n'ont aucune fixité; les autres en ont plus. Pour connaître le numéro d'ordre de la veine bifurquée, il faut partir de la bifurcation et compter en outre les nervures longitudinales qui sont intercalées entre elle et les ramifications de la veine principale, et cela en allant en ligne directe vers la veine principale ou humérale (externomedia, Fisch.) '. Il faut de plus ne compter comme faisant partie de cette dernière que les ramifications qui naissent au delà du milieu de l'élylre.
3® Augmentation de la réticulation. Lorsque félytre est très-membraneux, il arrive parfois que les nervules transversales du champ postérieur manquent. D'autres fois, les bandes longitudinales intervénulaires ont une tendance à se plisser, ce qui fait paraître l'élytre densément strié. Les plis sont en général assez prononcés pour ressembler à des nervures longitudinales lorsqu'on examine l'élytre par réflexion, mais cette apparence disparait lorsqu'on examine l'organe par transparence; aussi doit-on toujours étudier la vénulation par transparence lorsqu'on veut se rendre compte de sa distribution. 1 1 Chez plusieurs espèces, ces plis commencent à former des lignes intercalées, très-fines, demi-opaques; enfin chez d'autres, elles deviennent plus opaques encore et ressemblent en tous points aux nervures longitudinales entre lesquelles elles s'intercalent. Ces gradations sont très-sensibles dans plusieurs séries d'espèces (voyez les espèces du genre Panchlora). Lorsque les bandes intervénulaires sont ainsi partagées par une nervure longitudinale intercalaire, la réticulation du
* Ce nombre varie suiTant le point de départ ; il faut donc toujours partir du point de bifurcation. On n'obtient ainsi que des nombres empiriques, mais cependant assez précis; ainsi, fi g. % la bifurcation h serait celle de la quatrième nervure longitudinale au deux tiers de la longueur de Télytre. Toutefois le caractère tiré de ces ramifications des nervures longitudinales n*est pas très-constant. (Voyez les espèces du genre Panchlora.)
DE l'amërique moyenne. 21
champ postérieur se trouve doublée; en effet, les bandes longitudinales intervenu laires qui, coupées par les nervules transversales, formaient une seule ligne de mailles carrées, ces bandes seront alors occupées par deux lignes de mailles, car la nervure longitudinale intercalaire partagera en deux toutes les mailles primitives. Je dis alors que la réticulation du champ anal est double.
49 Induration, lorsque, partant des types les plus complètement développés, à élytres très-membraneux, on arrive par degrés aux types à élytres raccourcis et cornés, on peut suivre dans la réticulation une dégradation presque régulière. Quand les nervures augmentent en nombre, comme il vient d'être dit, elles perdent de leur régularité; les mailles, de quadrangulaires qu'elles étaient (carrées ou en losange), deviennent polygonales ou irrégulières par la bifurcation des vénules transversales (Panchlora). C'est là le premier pas vers la structure coriacée. Chez certains types, on voit en outre les nervures s'épaissir, en sorte que la membrane des mailles ne forme plus que de petits ovales, ou des polygones à angles émoussés (Epilampra). Si l'épaississement des vénules est plus grand encore, celles-ci finissent par envahir presque toute la surface de l'élytre. Cet organe devient alors Irès-coriacé et ta membrane des mailles tend à s'oblitérer entièrement. (Cette apparence est celle du champ anal chez nombre d'espèces.) L'élytre devient quelquefois entièrement conié. Dans ce cas, le parenchyme réticuleux a pour ainsi dire tout envahi, et les mailles n'apparaissent plus que comme de grosses ponctuations réticuleuses (Homeogamia 9 . et le champ anal et scapulaire chez nombre d'espèces). Enfin, au dernier degré d'induration, l'élytre devient non-seulement corné, mais encore lisse et poli; alors les derniers rudiments des mailles se voient dans les fines ponctuations disposées en lignes parallèles longitudinales qui représentent encore les derniers vestiges des bandes intervénulaires {Phoraspis, Anaplecla, Epilampra lucida, jasjpidea, etc.).
Cette oblitération à divers degrés de la vénulation procède à peu près de la même manière dans les trois champs de l'élytre, mais elle
est toujours plus avancée vers la base de Torgane, dans Igi^amp anal et à la base du champ marginal; c'est vers TextréipHéde Télytre, surtout dans le champ postérieur qu'elle Test le moins. Le caractère vénulaire le moifis-sujet à s'oblitérer est le sillon anal. Celui-ci se voit encore chez les types à élytres cornés; il finit cependant aussi par disparaître dans certains genres où l'induration atteint ses limites extrêmes. (Phoraspis, Epilampra, Enthyrrapha, Corydia, Prosoplecta).
La dureté des tissus diminue donc graduellement de la base à l'extrémilé de l'élytre; exceptionnellement cependant, une partie de l'élytre devient entièrement cornée, tandis que le reste de son étendue se conserve parfaitement membraneux {Holocompsa^ Hypercompsd).
Le degré de dureté de l'élytre varie beaucoup dans les mêmes genres (Epilampra, Paratropes, Periplanela, etc.), mais il est des genres où sa nature cornée est un fait constant {PhoraspiSy Anaplecla, Enthyrrapha, Prosoplecta).
On peut dire, en termes généraux, que les élytres sont d'autant plus longs qu'ils sont plus complètement développés, et d'autant plus membraneux qu'ils sont plus longs. Lorsque ces organes restent ru-, dimentaires ils sont toujours cornés, et lorsqu'ils n'atteignent que la longueur de l'abdomen ils sont souvent coriaces (Phoraspis, Epilampra lucida, Brachycola tuberculata, etc.).
Chez nombre d'espèces, le mâle acquiert des élytres membraneux, tandis que la femelle, qui les a moins développés, les conserve cornés (Homeogamiay Periplàtieta orientalis, Blahera Thunbergi, Clarazianay eti!.).
5® Atrophie. L'atrophie des élytres commence, à proprement parler, lorsque ces organes restent assez courts pour ne pas dépasser l'extrémité de l'abdomen (Blatta bupresloides). Elle devient plus prononcée lorsqu'ils n'atteignent pas l'extrémité de l'abdomen (Blahera Thunbergiç^j Periplaneta orientalis ç^ ^ etc.). L'état rudimenlaire commence lorsqu'ils ne s'étendent que jusqu'au milieu de l'abdomen. Ce degré d'atrophie porte d'abord sur la longueur des organes; ceux-ci n'apparaissent plus que sous la forme de lames cornées courtes et
DE 1/amërique moyenne. 23
lai^ s (Blalla abbreviatay etc.). Si Tatrophie esl poussée plus loin, ils ne forment plus que des lames transversales (Monastria btgutlata Q, Blabera Thunbergi Q). Si elle porte aussi sur la largeur, les élytres ne sont plus que deux tuiles latérales qui ne peuvent se joindre par leur bord interne, mais qui sont comme articulées, et où Ton distingue encore le tronc humerai qui leur sert d'axe {Brachycda irilobila Q j Blabera capucina ^f, Periplaneta orientalis Ç). Un degré de plus et ils ne forment plus que des écailles latérales soudées par la base (Periplaneta hislrio Ç, Polyzosleria orieîilalts, B.). Enfin ils ne se séparent plus du thorax et sont seulement indiqués par un petit sillon dessinant de chaque côté comme une écaille latérale qui ne se détache pas (Periplaneta mysteca).
Il est à remarquer que l'atrophie des élytres ne consiste pas seulement dans un rappetissement de ces organes, mais aussi dans l'absence complète de leur portion terminale. Lorsque l'élytre n'atteint que le milieu de l'abdomen, le champ anal, dessiné par le sillon dorsal, est complètement développé, mais il n'existe que la base du champ . discoîdal, et le champ postérieur, ainsi que l'extrémité du champ marginal, font entièrement défaut; en fait de veines, il n'existe que le tronc humerai et les nervures de la base de l'élytre. L'élytre est donc, non pas réduit à de petites dimensions, mais comme tronqué.
Ailes. Ces organes, à moins d'être complètement rudimentaires, sont toujours membraneux, quoique leur partie antérieure ait la tendance à se colorer et à s'indurer. Les ailes se replient au repos, la partie postérieure se renvei^se sous l'antérieure, en se plissant en éventail ou seulement comme une simple lame. Ce renversement se fait autour d'une forte nervure qui sert de charnière, et qui partage l'aile en champs antérieur ei postérieur (fig. 5). Le champ antérieur (M, D) est toujours plus long que le [)ostérieur (P), mais souvent moins large. Au bord externe, le point de séparation des deux champs est indiqué par une sorte d'échancrure (e).
Vénulation. En comparant la vénulation de l'aile à celle de l'élytre.
on y découvre des analogies si évidentes que les veines, comme les champs qu'elles délimitent, peuvent être homologués.
Dès la base du champ antérieur, on trouve un tronc articulaire (fig. 4, t) qui est l'analogue du tronc humerai de l'élytre. De ce tronc on voit sortir: 1® la veine scaptdaire (s) qui longe la marge; 2® la veine humérale ou principale (h), (v. extemomedia , Fisch.), qui part souvent de la base de la veine scapulaire.
La veine scapulaire longe la côte de fort près; souvent, surtout chez les grandes espèces, elle est simple et n'offre rien de remarquable. La veine humérale s'étend jusqu'au bout de l'aile en partageant le champ antérieur en champ marginal et champ discoïdal (M et D). Cette veine se ramifie par bifurcations longitudinales et va former l'extrémité de l'aile. On pourrait l'envisager comme une branche postérieure de la veine scapulaire, puisqu'elle s'insère souvent sur cette dernière; mais son analogie de situation et de forme doit plutôt la faire considérer comme l'analogue de la veine humérale de l'élytre. Les veines scapulaire et humérale émettent des nervures costales obliques très-courtes qui gagnent le bord de l'aile et qui sont les analogues des nervures costales de l'élytre. Elles émanent de l'une et de l'autre des deux veines; quelquefois cependant elles sont pennées presque exclusivement sur la veine scapulaire ou sur la veine humérale, suivant que la première est très-longue ou très-courte. Chez de nombreuses espèces, les nervures costales sont assez rapprochées pour former vers le milieu de la marge comme un stigma demi-opaque. Chez les Holocompsa, elles forment même deux véritables stigmas opaques auxquels vont aboutir les veines scapulaire et humérale qui, dans ce genre, sont presque les seules de l'aile.
Le champ discoïdal est partagé par une très-forte veine qui émane aussi du tronc humerai. C'est la weinediscoïdalç (d). Nous croyons qu'elle est l'analogue de la première discoîdale (v. intercalée) de l'élytre, mais qu'ici elle semble émaner du tronc humerai, parce que l'espace corné qui forme ce tronc s'étend jusqu'à elle et l'enveloppe dans une même masse opaque '.
' En effet, les veines humérale et discoîdale sont parfois réunies à la base en un tronc commun dans l'élytre comme dans Faile et restent parfois séparées dans Taile comme dans l'élytre.
DE l'amërique moyenne. 25
La partie antérieure du champ discoîdal, ou l'espace qui sépare la veine humérale et la veine discoîdale, est en général très-membraneux, incolore, partagé par une nervure longitudinale et réticulé en carrés par de fines nervules. Cest ce que je nomme l'aire vitrée (area fenestrata) (v). — L'aire vitrée offre donc deux bandes longitudinales de mailles carrées. Parfois chacune de ces bandes est encore partagée par une vénule longitudinale, en sorte qu'il existe quatre lignes de mailles. Je dis alors que l'aire vitrée est doublement maillée.
La veine discoîdale est, par sa force, la veine principale de l'aile, quoiqu'elle ne corresponde pas à la principale de l'élytre (v. humérale); elle semble avoir absorbé toutes les veines longitudinales du champ discoîdal (v. mbextemomedia , v. intercalata, v. inlemomedia, F.). Elle émet des rameaux obliques (r) qui remplissent tout le champ discoîdal. Enfin le bord postérieur est sous-tendu par une veine fine (anale antérieure) (sub^ intemomedia^ ¥.).
Le champ />05(^>ur ou anal est soutenu antérieurement par la veine anale postérieure (a). L'espace situé entre les deux veines anales forme une double charnière; il est souvent coriace à la base (c), parfois membraneux par place, suivant les exigences de la duplicature de l'aile et des conditions que doit remplir la charnière. Souvent il forme une sorte de pli qu'on pourrait comparer au sillon anal de l'élytre. En général les deux nervures s'écartent un peu l'une de l'autre à l'extrémité et le petit espace triangulaire qui les sépare est rempli par une fine membrane (e).
Le champ anal est très-membraneux et diaphane; il est tendu par des veines simples, rayonnantes (nervures axillaires\ qui partent de la base articulée de l'aile, et sur lesquelles la membrane se plisse en éventail, tout en se repliant sous le champ antérieur.
Tous les champs sont plus ou moins réticulés par des nervules transversales, en général incolores.
La vénulation du champ postérieur offre les variétés suivantes : 1^ Souvent les plis intervénulaires deviennent cornés et fo ment
des vénules longitudinales intercalées. Le champ est alors doublement
réticulé.
2® En général les rayons antérieurs s'insèrenl sur la veine anale, laquelle est alors rameuse. Souvent les premières nervures axillaires se bifurquent.
5® La moitié antérieure du champ anal est occupée par des nervures rameuses, et ne peut donc se plisser en éventail (Periplaneta orientalis, etc.)
4® Le champ anal est assez petit pour se cacher sous le champ antérieur sans se plisser; il est entièrement rempli de nervures rameuses, fortes, et ne peut pas se plisser. Il ne fait que se renverser à plat sous le champ antérieur {Periplaneta alarts, Heterogamia).
5^ Chez certaines petites espèces le champ anal étant très-petit, est dénué de nervures axillaires et ne fait que se renverser en dessous sans se plisser. Ceci est possible chez les très-petites espèces où l'aile est assez minime pour n'avoir besoin d'être renforcée que par quelques rudiments de nervures.
Variations dans la structure de l'aile prise dans son ensemble. — La vénulation de l'aile, ainsi que les proportions de ses champs, sont trèssujets à varier dans un même genre *• Voici quelles sont, sous ce rapport, les principales variations génériques ou spécifiques:
1® En général la veine anale est droite et le champ postérieur se replie en pivotant sur cet axe droit. Mais chez certaines espèces à dos très-bombé (fig. 22), l'élytre et Taile deviennent nécessairement bombés aussi. L'aile a alors besoin d'un mécanisme particulier pour se replier et se déployer. En effet, les veines anales devenant arquées par suite de la convexité de l'aile, elles ne peuvent plus servir d'axe de pivot; d'ailleurs le champ antérieur et le champ postérieur qui, au repos, sont convexes et s'emboîtent comme deux calottes sphériques, ces deux champs, ne pourraient se déployer en pivotant sur un axe droit, puisqu'ils deviendraient par là convexes dans deux sens contraires (Epilam-^ pra cribrata, E. lucida, etc.). — Chez les espèces de cette catégorie, les ailes possèdent en général des veines très-fortes et rameuses. Le champ antérieur est subitement coupé à son bord postérieur suivant
• Burnieister a donné, sous ce rapport, des règles trop absolues.
une ligne arquée, convexe en arrière, qui représente la veine anale antérieure; la veine anale postérieure est elle-même arquée suivant une ligne convexe en avant, et elle se ramifie pour former les rayons axillaires qui supportent la membrane du champ anal (figlO). L'espace qui sépare les deux veines anales et qui forme charnière est alors fort irrégulier; il est rempli par une membrane très-souple qui permet aux deux champs de Taile de basculer Tun sur Tautre, quoique ceux-ci ne se touchent que comme deux arcs tangents. On peut dire que l'axe de la charnière est remplacé par une peau souple qui laisse une grande latitude au jeu des deux plans. Le champ anal, à son tour, est assez souple pour devenir alternativement convexe dans un sens ou dans Tautre, suivant qu'il se déploie ou qu'il se reploie.
2^ L'aile ne dépasse pas au repos sensiblement Télytre; souvent elle est plus courte en cas de développement imparfait. Dans le genre Eu^ thyrrapha cependant les ailes dépassent notablement les élytres.
3<> Dans les genres Ànaplecla et Prosoplecta, l'extrémité de l'aile ferait saillie, mais, grâce à un mécanisme tout exceptionnel, l'extrémité se reploie en dessus, de manière à ne pas dépasser les élytres. Dans ces genres les ailes ont une structure et un plissement entièrement diflerents de ce qu'on voit chez les autres Blatlides *.
¥ L'atrophie des ailes suit celle des élytres; en général elle est plus prononcée encore. Parfois l'élytre existe, tandis que l'aile est tout à fait rudimentaire (Phoraspis).
Caractère des champs de Faile. L'aile est souvent entièrement hyaline; mais en général le champ antérieur a des veines fortes et colorées; on voit aussi tout le champ antérieur se colorer et avoir une tendance à devenir opaque; le champ marginal devient fréquemment coriace et se colore comme l'élytre, surtout au delà du milieu; cela tient à ce que la seconde moitié de ce champ est la partie de l'aile qui, au repos, est le moins protégée par l'élytre. L'aire vitrée n'est jamais opaque, souvent
* Voyei au genre Prfmplecta. Le champ aot^riear de Faile se replie d'abord longiUidinaleiiM'nt, puis ausfi transTertaleiDent ; il est donc partagé en quatre quarts par deui plis disposés en croii. Otlp structure entraîne une Ténolation tout exceptionnelle (fig. IH).
hyaline. Le champ postérieur est toujours finement membraneux, transparent, incolore ou faiblement coloré, et ses rayons sont ténus lorsqu'ils ne sont pas rameux.
Pattes. Ces organes offrent des caractères essentiels. Les cuisses sont comprimées, tantôt inermes, tantôt armées d'une rangée d'épines articulées sur l'arête inférieure. La constance de ce caractère le rend fort important, mais chez certaines petites espèces, on a quelque peine à distinguer si ce sont bien des épines que portent les cuisses, ou seulement des poils roides. Les tibias ont quatre arêtes et sont toujours garnis d'épines à toutes leurs arêtes. Les tarses possèdent toujours cinq articles; les deuxième, troisième et quatrième sont très-petits et offrent en dessous une sorte de semelle. La longueur relative du premier article est un caractère spécifique très-utile. Burmeister a déjà signalé que le quatrième article avorte parfois à la patte postérieure gauche chez certaines espèces *. Enfin le cinquième article est muni, entre les crochets, d'un lobule membraneux (arolium), qui fait défaut dans quelques genres.
Cette partie du corps est déprimée, souvent un peu bombée, large, arrondie à l'extrémité chez les femelles, atténuée chez les mâles.
Le ventre offre chez les femelles six à sept segments apparents; les suivants sont envaginés; chez les mâles, il en offre huit. Le dernier segment (plaque sous-génitale ou sous^nale) est très-grand et il revêt la forme d'un triangle arrondi, à bords parfois sinués. Chez les mâles, le pénultième arceau est souvent échancré; son bord est même quelquefois assez concave pour que le segment soit entièrement caché au milieu sous celui qui précède. Le dernier segment est petit, arrondi en ovale; il porte sur son bord les deux styles anaux (styli).
Le dos offre, dans les deux sexes, huit à neuf arceaux. Le dernier ar-
* Cet avorlemenl est fréquent chez la Periplaneln americana. le ne Tai pas observé chez d'autres espèces.
DE l'ajjèrique moyenne. 29
reau porte les filets (cerci). Ces organes sont tantôt lancéolés, tantôt longs, subulés et poilus, tantôt petits et styliformes ou même pyrami- <laux. Chez les femelles on voit quelquefois les filets reposer dans deux gouttières du bord du dernier segment ventral, qui apparaissent en bosse à la face inférieure. La plaque suranale qui fait suite au dernier arceau est de forme très-variable et ne peut guère servir que de caractère spécifique; elle n'affecte pas la même forme dans les deux sexes.
Considérations sur les métamorphoses imparfaites
des Blattes.
Quoique divers observateurs se soient appliqués à suivre le dévelo|>pement des Blattes, on ne connaît cependant qu'assez imparfaitement rhistoire de leurs transformations.
Les œufs sont enfermés dans des capsules à loges que les mères portent avec elles fort longtemps. Les larves qui sortent de ces fourreaux ressemblent déjà beaucoup aux insectes parfaits, si ce n'est qu'elles sont t*ntièrement aptères. Durant leur temps d'accroissement, elles changent six fois de peau, et arrivent ainsi à l'état de nymphe.
Les nymphes (puppa, subimago) ne portent pas chez les Blattes, comme rhez les Orthoptères sauteurs, des rudimeats d'ailes et d'élytres. Elles sont toujours parfaitement aptères, mais, à part cette circonstance, elles ofl'rent déjà la plus grande ressemblance avec les insectes parfaits. I..es raractères spécifiques ne sont cependant pas encore développés, et la surface du corps est souvent plus rugueuse, mais dans les genres saillants lin reconnaît déjà chez elles plusieurs caractères génériques. Les caractères de tribu qu'on tire de la présence et de l'absence des épines fémorales et des pelottcs des crochets tarsiens, sont, dès le début du développement, bien distincts. Le type du prothorax est déjà indiqué, quoique
cette pièce soit encore parabolique ou en forme de segment de cercle; la tête dépasse le bord antérieur si eile doit le dépasser dans l'insecte parfait; elle est au contraire cachée si le bord du prothorax est trèsavancé, et on reconnaît souvent déjà les traces du capuchon lorsque celui-ci doit exister plus tard (Zelobora , Monaslria). Dans quelques genres^ le prothorax est déjà un peu tronqué à son bord antérieur, ou il est déjà presque elliptique (Periplaneta). Les pièces anales ont aussi une forme approchée de celle qu'elles affecteront; dans le genre Périplanela, celles des femelles sont très«nettement caractérisées. Il y a cependant à ces règles des exceptions remarquables. L'une des plus frappantes se voit dans les genres où les mâles diffèrent essentiellement des femelles, les femelles restant aptères, c'est-à-dire ne traversant pas la dernière métamorphose et ayant souvent des formes très-divergentes de celles de leurs mâles. La nymphe du mâle a alors la même forme que la nymphe de la femelle et ne ressemble en rien à ce que sera le mâle adulte (Heterogamia , Homeogamia *). Dans ces genres à développement inégal et imparfait, on dirait même que les nymphes n*atteignent pas des formes aussi avancées que dans les genres à développement parfait.
On peut distinguer trois types principaux dans les nymphes, à savoir:
Celui des genres où le prolhorax ne dépasse pas ou ne dépasse que peu la tête.
Celui des genres à corps dilaté, où le bord du prothorax dépasse notablement la tête.
Celui des genres où les femelles restent parfaitement aptères tandis que les mâles sont parfaitement ailés.
I. Nymphes des Blattes à prothorax peu dilaté, ne dépassant pas la tête ou ne In dépassant que faiblement (page 12).
Ici les nymphes ressemblent essentiellement aux insectes parfaits, elles ont des formes générales tout analogues; le corps est un peu atténué en avant. On doit distinguer dans ce groupe :
* Nous ne coqDaissons pas les nymphes çf des Perisphœria^ mais il est probable que le même fait s'y produit.
1® Les nymphes des genres, espèces et sexes aptères. — Ici la ressemhlance entre la nymphe et Vimago est si parfaite qu*il n'est pas toujours possible de les distinguer Tune de l'autre (Polyzoslerta, et certaines espèces dans les genres Periplanela^ Brachycola^ Paneslhia, etc.). La nymphe est parfois granuleuse; Timago est au contraire, plus que la nymphe, sujet à porter des impressions^ sillons, plis du prothorax, points enfonces , etc.
2® Les nymphes des genres, espèces et sexes ailés. — Ici la ressemblance est moindre en ce sens que jamais la nymphe ne possède aucun organe du vol, même rudimentaire. Mais chez ces espèces, les angles latéraux du mésothorax et du métathorax sont prolongés en anière, en forme de lobes triangulaires, et c'est dans ces lobes que se développent les élytres et les ailes. Chez les espèces intermédiaires à ces deux groupes, qui, à l'état parfait, n'acquièrent que des élytres rudimentaires, les lobes thoraciqiies sont très-peu sensibles; enfin, il est même des espèces où les rudiments d'élytres ne réussissent pas à se dégager, et où la forme un peu avancée des angles mésothoraciques et métathoraciques subsiste à l'état d'imago * {Panesthia dilatata, Sss., etc.).
Dans les genres qui diffèrent surtout par les détails de la forme du prothorax, les caractères génériques n'apparaissent pas toujours encore avec distinction chez la nymphe; aussi ne saurait-on toujours rapporter la nymphe à son genre. Ainsi les nymphes des genres Blatta, Ischnoptera et autres voisins ne peuvent pas toujours être distinguées génériquement. Il est souvent plus facile de rapporter empiriquement une nymphe à son espèce en l'en rapprochant d'après la livrée, que de la placer dans son genre.
Les nymphes de certaines Periplaneta ont déjà un prothorax chiffonné, des filets anaux très-longs, des pièces anales tout analogues à celles des insectes parfaits et très-caractéristiques chez les femelles {P. orienlalis, americana).
Les Nyctobora à l'état de nymphe, sont aplaties, couvertes de tégu-
* Ce fait, que penonue n*a signale encore, doit ^ire nol^, car il peut, dans bien des cas, fdire |»rendi«* un imaijo pour un wbimngtè.
ments durs, revêtues de poils soyeux, et le prothorax est assez analogue à celui des imago, quoique plus parabolique.
Les Epilampra ont souvent l'angle postérieur du prothorax déjà marqué, mais souvent aussi leurs formes se confondent avec celles des Blatla, etc.
Nous ne connaissons guère les nymphes des Phoraspis et des Corydia.
Celles des Thyrsocera sont convexes, lisses, ornées de belles couleurs.
Celles des 3/ona^fria sont très-voûtées, rugueuses, granulées; le prothorax offre un capuchon distinct; il est strié et très-caractéristique déjà chez la larve.
Les Panesthia sont déjà grossièrement ponctuées, et leur prothorax est déjà chiffonné et offre presque les mêmes caractères que chez les insectes parfaits.
IL Nymphes des Blattes à formes dilatées^ à protharax grand, drossant notablemetit
la tête (page 13).
Dans ce type, les larves et nymphes sont entièrement aplaties, trèslarges, et tous les bords de leur corps sont dilatés d'une manière extraordinaire. L'insecte a une forme ovale et lamelïeuse très-frappante; il n'est pas atténué en avant comme dans le premier type. Le prothorax est très-grand; il offre une bosselure en forme de capuchon. Vu en dessous, son centre est occupé par la tête et ses bords la dépassent beaucoup en tous sens. Les bords latéraux des segments sont légèrement prolongés en forme de lamelles demi-transparentes. Les bords lamelleux de l'abdomen ne sont pas serra tifor mes, mais entiers ou sublobulés; la plaque suranale forme elle-même une grande lame qui complète la courbe postérieure du corps; elle est élargie en arrière et fortement bilobée. Le corps proprement dit n'occupe que le centre de ce grand bouclier dorsal. Telles sont les larves des Zetobora {Trihonium), des Monachoda {M. grosso), etc. Chez ces nymphes, le bord postérieur du mésolhorax et du mélalhorax est rentrant en forme d'angle obtus, et lorsqu'on examine par transparence les lames latérales de ces segments, on y distingue deux raquettes obliques et allongées, qui sont les premiers vestiges des organes du vol, encore enfermés entre les feuillets des téguments.
DE l/AMtRIOUE MOYENNE. 53
III. Nymphes des genres où les femelles restent entièrement aptères et où les mâles sont
par fa if an eut ailés.
Ce type conslilue une soiie (l'aiiomnlir. Les femelles ont une forme tout exceptionnelle qui rappelle les Glomeris plutôt qu'elle ne ressemble à celle des Blattes. Les mâles^ étant complètement ailés, sont des Blattes à développement parfait. Les deux sexes ont donc des formes très-divergentes, et les nymphes étant nécessairement analogues aux femelles (puisque la femelle aptère conserve la forme de nymphe), les mâles font un grand saut dans leur dernière Iransformation. Les nymphes çf ressemblent, en effet, aux 9 ^l diffèrent entièrement de leur imago. On peut néanmoins encore les reconnaître à la présence des styles anaux, et aux prolongements angulaires des segments thoraciques qui annoncent le futur développement des ailes. Dans ce cas sont les Heterogamia et probablement les Perisphœria. Chez les premiers, les nymphes ont un corps en ovale très-arrondi, large, souvent très-voûté. Chez les secondes, elles ont une forme ovale très-vorttée. — Chez les Homeogamia il en est de même, quoiqu'ici les deux sexes soient ailés; les nymphes des deux sexes sont ovalo-circulaires el affectent des formes très-éloignées de celles de l'insecte parfait.
Mmmiére die 4l«UBff««r les mjwmpU^m des lascctcs pmwtmiimm
Le fait que chez beaucoup d'Orthoptères la dernière transformation ne s'opère qu'incomplétemcmt, est souvent fort embarrassant dans l'élude de ces insectes. Un individu étant donné, on ignore souvent si Ton a affaire à une nymphe ou à un insecte parfait. Chez plusieurs espèces, Vimago reproduit complètement la forme de nymphe (puppa)*; chez d'autres, il affecte des formes intermédiaires entre le type de nymphe et celui d*insecte parfaitement développé.
Chez les Blattes on n'a pas, pour se guider dans l'appréciation de ce qui est ou non un imago, les caractères si commodes qui permettent de
* Voir \et olMenratioDi concernant le prolhorax vi les élylres dans l'analyse de« caraclèn*&, p. 14, i.'>.
54 ORIHOPTËRES
reconnaître les imago chez les Orthoptères sauteurs, caractères qui ont été mis en lumière, avec une grande clarté, par Yersin. 11 faut donc rechercher un autre critérium qui conduise au même résultat. Malheureusement il n'en existe aucun qui soit parfaitement général.
Burmeister a donné à cet égard d'excellentes règles générales que j'ai toujours trouvées confirmées, et qui se résument dans les deux propositions suivantes :
1^ Tous les individus dépourvus d'élytres, chez qui le bord postérieur du mésothorax et du meta thorax est droit, appartiennent à des
espèces aptères.
2^ Tous les individus chez qui ces pièces offrent latéralement des
appendices en forme de lobes libres ou soudés, sont des insectes
parfaits*.
Quant aux règles spéciales que donne Burmeister (Handbuch, II, 479), elles sont peut-être trop empiriques pour se trouver toujours justes, ou du moins elles ne sont exactes qu'à la condition d'être appliquées seulement aux espèces qu'il a connues.
Nous essaierons d'indiquer ici, d'après ce qui précède et pour autant qu'il est possible de l'apprécier, comment, une Blatte étant donnée, on peut distinguer si elle est ou non parvenue à l'état d'imago. Il faut ici distinguer deux cas :
I. Individus possédant au moins quelques vestiges d^ organes du vol,
1® Toutes les Blattes qui possèdent des élytres complets ou rudimentaires sont des insecles parfaits.
2<^ Lorsque le mésothorax offre seulement de chaque côté un petit appendice articulé, ou même soudé en forme de raquette, de tuile ou d'écaillé, qui représente un vestige d'élytre, l'insecte est un imago, qu'il soit une Q {Periplaneta orientalis), ou même un cf (Blabera capucina).
3® Lorsque le mésothorax n'offre de chaque côté qu'un sillon dessinant un lobe qui ne se détache pas, l'insecte est arrivé à son dernier terme de développement, c'est im imago (Periplaneta mysteca).
* Il ne connaît aucun mâle qui soil dans ce cas, mais notre Blabera capucina en fournit un exemple.
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