‹ Orthoptères de l'Amérique moyenneChapitre 89 sur 149 · LÉGION DES DIPL0PTËRIEN · texte numérisé non relu

LÉGION DES DIPL0PTËRIEN

Élylres cornés, dénués de sillon anal, ne dépassant guère l abdomen, et offrant vers leurs insertions une saillie presque en forme de tubercule.

Ailes pliées longitudinalement en deux, dépassant les élytres^ mais leur extrémité se repliant en dessus au repos , de manière que toute taile soit couverte par lélytre. Le champ anal atteignant le bout de l'aile; Véchancrure anale située, non à la limite du champ antérieur et du champ anal, mais plus en arrière.

Les Diploptérxens se distinguent facilement des autres Blattes muliques par leurs élylres cornés, glabres et dénués de sillon anal- Ils ont un certain faciès de Coléoptères qui permet de les reconnaître à première vue. Leurs corps est bombé, lisse et luisant, et leurs élytres durs et convexes emboîtent exactement le corps sans le dépasser notablement ; ces organes sont fort peu croisés par leur bord interne, en sorte que leur suture est presque droite.

Les insectes de ce groupe sont très-voisins des Anaplecta; ils ont, comme ces derniers , les ailes pliées longitudinalement en deux, avec l'extrémité renversée en dessus suivant un pli transversal; mais ceux-ci en diffèrent par leurs formes aplaties et par la présence aux élytres d'un sillon anal très-prononcé *.

DeftcrlptloB de Talle ^es IMploptérIeBS.

Les ailes offrent dans ce groupe uo mode de duplicalure fort remarquable qui n'a pas d'analogue que nous sachions chez les insectes, et qui ue semble pas avoir été

* 11 est probable que le genre Anaplecta devra ôlre réuni à la Légion des Prosoplectiens, qui recevrait alors une définition un peu plus large. En effet, nous n'avons pas réussi à trouver des épines aux cuisses des Anaplecta^ mais nous avons néanmoins cru devoir laisser figurer ses insectes dans la tribu des Épinenset sur la foi de Burmeister, ne possédant pas les matériaux nécessaires pour nous livrer à une étude approfondie du genre Anaplecta, Nous admettons, du reste, que le caractère tiré de la duplicalure de raÙe est d*un rang frupérieur à celui de la présence ou de Fabsence des épines fémorales, en sorte qu*il sera probablement convenable de réunir les Anaplecta aux Prosoplectiens pour en fonner une tribu distincte.

DE l'amèrique moyenne. 155

décrit encore ' . Elles se plienl en quatre ou cinq doubles ï la manière d'une serviette et au moyen d'un mécanisme assez compliqué. Leur structure mérite donc d'être e&piiqnée dans ses détails^

 première vue^ les ailes des Diploptériens semblent offrir une forme tout analogue ii celle qu'on connaît chez les autres Blattides. On y remarque deux champs distincts : l'un grand, allongé, îi veines longitudinales, qui forme l'extrémité de l'organe (fig. 1 , P), l'autre beaucoup plus court, placé en arrière du premier, ï veines rayonnantes, et se plissant en éventail (fig. 1, r). Le premier se présente donc comme l'analogue du champ antérieur, vu sa grandeur et sa forme , et le second comme l'analogue du champ postérieur, ^ cause de sa position, de sa structure et de l'incision qui, an bord postérieur, le sépare du pre* <^ mier champ ; exactement comme dans le type nor-

mal la limite entre le champ postérieur et l'antérieur est marquée par une échancrure du bord postérieur de l'aile. Mais on ne tarde pas ï reconnaître que les contours de l'organe revêtent ici une forme trompeuse, car l'examen de la vénulation, loin de confirmer cette apparente analogie, prouve au contraire que les champs normaux ne correspondent pas ï ceux qu'on est tenté de considérer comme tels dans le présent type en se basant sur les formes générales. On est alors tenté de voir dans l'aile des Diploptériens une exception singulière qui échappe ï la loi d'unité organique, et il faut quelque effort pour ramener la structure de cet organe ^ celle qui caractérise le type normal chez les Blattides.

Afin de faciliter l'analyse qui va suivre, nous donnerons au grand cliamp antérieur P le nom de partie principa^f et au petit champ postérieur r celui de pariie rayatmée.

DcPUCATCRB. 1^ partie principale se plie d'abord en deux suivant un pli longitudinal qui la partage en deux parties plus ou moins égales (fig. 2, A, B) *. 1^ duplirature s'opère de manière que la moitié antérieure reste étendue a plat, tandis que

* Burmeister dit seulement que l'eitrèmité de l*aile se réfléchit en'haut pour se cacher tous réhrtre.

* Fig. 1 . — 3, aile dépliée de Hololampra ponehna : r, partie rayonnée postérieure. Fig. 1.— P, partie principale ; r. partie rayonnée.

Tig. 2.-^A, lone antérieure ; B, lone renversée, fig- 3, k, ^ aaf, looe antérieure ; 6 6', xone renrersée. Tig. 3.-HI 6, portion basibire ; a'I/, portion réfléchie.

Fig 4, Aile pliée en long, n*o(rrant plus à la vue que la zone antérieure, la aooe renversée étant appliquée sous celle-ci — K, lobe interne de la partie rayonnée faisant saillie.

Pîg- 2- la moitié posiérienre B se renverse en dessous et

/^ s'applique comme un second feuillet sous la moitié

antérieure (fig*4). Nous nommerons zone antérieure (fig. 2, A) la portion de Taile placée en avant du pli, et zone renversée (B) la portion placée en arrière de ce dernier, qui se rabat en dessous en pivotaot sur Taxe longitudinal.

Le champ principal ainsi replié, se brise ensuite suivant un pli transversal (fig. 4) et sa portion terminale (a') se renverse en dessus pour s'appliquer sur la portion basilaire (a), de manière que l'extrémité de l'aile se trouve tournée vers la base. Nous nommerons portion basilatre de l'aile ou de ses zones, celle qui se trouve en deçà du pli transversal (fig. 4, a: fig. 3, a, 6), et portion réfléchie la partie qui s'étend au deik du pli et qui se renverse en dessus (fig. 4, a' ; fig. 3, a\ b').

Fig. 3. Fig. L

Aile dépliée. Aile pliée suivant son axe longitudiiial.

Lorsque l'organe est développé, la partie principale est donc coupée en quatre quarts par deux plis qui s'entrecroisent (fig. 3, aa\ bb')^ et chacune des deux zones possède une portion basilaire et une portion réfléchie *. Lorsque l'aile est au repos, ces quatre quarts sont superposés les uns aux autres, et la partie principale (fig. 1 , P; se trouve alors pliée en quatre doubles et forme un paquet qui ne dépasse guère les limite<^ de la portion basilaire de la zone antérieure (a, fig. 3 et 4).

Mais il reste encore k réduire le champ rayonné (r). Celui-ci ne dépasse pas en longueur la portion basilaire du champ principal, en sorte qu'il n'a pas k se replier transversalement. Il se renverse donc simplement en se plissant en éventail sous le paquet formé par le champ principal, c'est-à-dire sous la portion basilaire (6) de la zone renversée du champ principal, laquelle est déjà appliquée sous la portion basilaire (n) de la zone antérieure. Dans cette situation, le bord antérieur du champ

* Fig. 3. a, portion basilaire de la zone antérieure ; a', portion réfléchie de la même ;

6, portion basilaire de la zone renversée ; b\ portion réfléchie de la même sone.

a b, portion basilaire de la partie principale ; a% portion réfléchie de la partie principale.

rayoDoé se trouve placé soua la cdie de Taile, le boni postérieur de la zone renversée, auquel il est fiié l'ayant entraîné jusque-lk. Lorsque le champ rayonné (r) est large, il peut arriver que son lobe interne dépasse le bord postérieur du paquet alaire (fig. 4, r') ; alors ce lobe se renverse encore une fois en dessous, suivant un pli qui coupe obliquement les derniers rayons axillaires (fig. t , c c), en sorte que ceux-ci se bri»ent obliquement pour permettre k la duplicature de s'effectuer. Lorsque, au contraire, la partie a' est notablement moins large que la partie a, et que la zone rayonnée est peu ample, elle peut encore s'empaqueter en se plissant sous le bord antérieur de la portion a, et en faisant suite h la portion 6.

Nous chercherons k compléter l'explication de la duplicature de l'aile chez les Diploptériens au moyen de quelques figures théoriques qui en représentent la coupe.

Fig. 5.

Fig. 6.

Soit figure 5 la coupe transversale de la première moitié de l'aile dépliée ; a, b, la partie principale et r la partie rayonnée postérieure ; p le point où se fait le pli longitudinal ; a la zone antérieure ; b la zone renversée ' . La figure 6 représentera la coupe de l'aile pliée suivant ses plis longitudinaux seulement, comme sur la figure 4. 1^ figure 7 représentera la coupe de l'aile complètement pliée, la portion réfléchie (a^ fig. 4) étant appliquée contre la portion basilaire (a, fig. 4) : c p, p 9, 9 2« comme figure 6 ; e' p' eip' q\ les deux feuillets de la portion réfléchie renversée en dessus; a. b, a\ b', comme figure 4.

Fig. 9.

• Fig. 5—8. Coupe transTersale de la première moitié de faile; c, la côte oa bord antérieur; c q, partie principale ; p, axe du pli longitudinal de ce champ ;ç s, partie rayonnée postérieure; a, aooe antérieure (partion basilaire); 6, lone renversée .portion basilaire); a\ zone antérieure portion réfléchie); 6', tooe renversée (portion réfléchie).

Fig. 5. Aile dépliée ; coupe suivant la ligne x ^ de la flgure 2.

Fig. 6. Aile pliée suivant ses plis longitudinaux ; coupe suivant la ligne x y de la figure 4.

Fig. 7. Aile entièrement repliée; les lettres primées représentent la/>of/i<Mi ré/Uckk.

Tig. 8. Aile avec le lobe interne du champ rayonné renversé une seconde fois = s 1', ce lobe qui dépasse le bord postérieur (interne) du paquet alaire et qui se réfléchit en dessous (fig. 4, K).

L'aile ainsi repliée offre donc, pour le champ principal quatre doubles ; pour son ensemble cinq doubles (iig. 7). Lorsque le lobe interne du champ rayonné se replie encore en dessous, on a la coupe représentée figure 8, ce qui donne presque six doubles. La coupe longitudinale de Taile au repos serait la suivante (fig. 9) : — 0, o\ les articulations de Taiie ; ^ i* le pli transversal ; e, l'extrémité de Taile ; y, l'extrémité du champ rayonné '•

Structure hes plis. Le pli longitudinal et le pli transversal de la partie principale forment deux axes de charnières qui se coupent au milieu ou vers l'extrémité de l'aile, suivant que la portion réfléchit est plus ou moins grande. Les charnières qui permettent aux quatre champs de se replier les uns sur les autres sont formées par une membrane souple, soutenue par des points solides.

Pli longitadinaL Dans la portion basilaire. Taxe simple est placé entre deux veines cornées parallèles ou contiguës qui lui servent d'appui ; dans la portion réfléchie ou terminale, il est très-variable suivant les genres.

Pli transversal. La charnière transversale est plus solidement construite. Dans la portion basilaire, elle est formée par des veines transversales qui relient entre elles les veines longitudinales. Dans la porton réfléchie, elle est formée par des veines analogues {Diploptera^ pi. II, fig, 28), b moins que le champ réfléchi ne soU tout en* tier coriace et assez solide pour se passer des nervures (Plecloplera^ p. 164, fig. it)« ou assez petit pour n'en pas exiger {Prosoplecta, page 162, fig. 10).

Vénulation et analogies des zones. Comme nous l'avons vu, l'aile se partage loogitudinalement en trois zones :

P La zone placée en avant du pli longitudinal ou zone antérieure.

2^ La zone rabattue en arrière du pli longitudinal ou zone renversée.

3® La zone rayonnée postérieure, qui se plisse en éventail. Les deux premières constituent k elles deux la partie principale de l'organe. L'étude de la vénulation de l'aile des Diploptériens montre que la première zone offre une vénulation tout analogue h celle du champ antérieur de l'aile normale des Blattes, en sorte qu'on doit I envisager comme étant exactement l'analogue de ce champ. On y distingue, en eflet (p. 162 et 164, fig. 10, 1 1), les deux branches de la veine sca-

* Fig. 9. Coupe longitudinale de l'aile repliée. et 0', ai*ticulatious de Taileau tronc.

0/, portion basilaire de la zone antérieure = a (fig. ^}.

1 0, portion réfléchie de la zone antérieure = a' {id.)

oT, portion basilaire de la zone renversée =b (td.)

V c', portion réfléchie de la zone renversée = 5' {fd.)

o'v, champ rayonné postérieur . . =r (ûl.)

polaire (i, $'); la ve'me humérale avec quelques veines costales (h). Taire vitrée plus ou moios réticulée, partagée par une v. vitrée simple (v) ; la v. discoïdale simple ou bifurqoée (d). Une seconde veine discoïdale simple {d') el une veine anale (a).

La première zone n'est donc pas autre chose que le cliamp antérieur de l'aile.

Ce point élucidé, il en découle que la deuxième zone, qui fait suite ^ la première, ne peut être, en vertu de sa connexion, que l'analogue de la première partie du champ anal, et c'est aussi ce que prouve son articulation au thorax ; h zone antérieure a une articulation séparée (fig. 9, o), comme le champ antérieur dans le type normal, tandis que la zone renversée n'a qu'une articulation commune avec la zone rayonnéeo^ Ainsi la zone renversée n'est bien que la partie antérieure du cliamp anal ; seulement ici cette surface ne se plisse pas, mais ne fait que se renverser en dessous * ; ses veines deviennent fortes et rameuses comme celles du champ antérieur*, en raison de la longueur de celte zone et afin d'avoir la force de supporter la portion articulée.

Ainsi chez les Diploptériens, la |>artie antérieure du champ anal se comporte, quoique ^ un degré plus avancé, comme celui de divers autres Blattides où ce champ prend des nervures rameuses et se renverse sans se plisser. Mais le cas exceptionnel qui se présente chez les Diploptériens et qui rend leurs ailes en apparence si différentes du type normal, c'est que la première partie du champ anal (zone renversée) devient aussi longue que le champ antérieur, de manière ^ s'étendre jusqu'au bout de l'aile , ^ faire symétrie avec le champ antérieur, et à prendre, ^ cause de son appendice articulé (portion réfléchie), nn aspect tout différent de celui qu'il revêt dans le type normal.

La troisième zone ou partie rayonnée représente donc ici, non pas Tanalogue du champ anal, comme on ne peut manquer de le supposer h première vue, mais seulement l'analogue de la partie postérieure de ce dernier. Il a conservé sa structure normale, tandis que la partie antérieure du champ anal (la zone renversée) l'a perdue.

La division des champs de Taile des Diploptériens, telle que nous l'envisageons ici en la basant par analogie sur la vénulation, se confirme entièrement par l'ordre de la duplicature de ces champs. En effet, la zone renversée se renverse sous le champ antérieur, exactement comme le fait la première moitié du champ anal chez toutes les Blattides, avec cette seule différence qu'ici elle ne se plisse pas; le champ rayonné KC renverse ensuite une seconde fois en dessous en sens contraire, comme le fait trèssouvent la seconde moitié du champ anal ^. Quant ii la duplicature transversale, elle

* L.e champ postérieur tout entier le renverse du reste sans se plisser dans divers genres, par exemple chef les Hoiocompsa, Corydia, etc

* La tendance vers cette forme se voit cbet diverses Periplaneîa, où les veines axillaires deviennent rameuses et fortes.

* Chex la Peripianeta orientalii çf oo observe une duplicature alaire longiUidinale presque identique,

n'arrive qu'après la duplicature longitudinale, el elle ne doit être envisagée que comme un simple expédient auquel recourt la nature pour ramena sous les élytres la portion de Taile qui les dépasse.

Afin de résumer ce qui précède, nous dirons donc que, pour établir l'unité de composition organique dans l'aile des Diploptériens, il faut envisager l'organe en état d'extension sans tenir compte du pli transversal, et le diviser en trois parties par des lignes longitudinales. Alors :

L'espace situé en avant du pli longitudinal est le champ antérieur.

L'espace situé entre ce pli et le champ rayonné est la première partie du champ postérieur ou anal.

L'espace rayonné est la seconde moitié du champ postérieur ou anal.

La première zone peut donc se nommer indifféremment zone antérieure ou champ antérieur.

La deuxième ne peut être appelée que zone lenv^rsée.

La troisième ne doit pas être désignée par le terme de champ anal ou poitérieur^ puisqu'elle ne représente qu'une partie de ce champ; c'est pourquoi nous l'avons nommée partie rayonnée ou zone rayonnée.

Il resterait maintenant k élucider à quoi correspond la portion articulée de l'aile que nous avons nommée portion réfléchie^ et qui ne semble pas exister dans le type normal. Cette question trouvant naturellement sa place dans un paragraphe suivant, nous nous bornerons ici k y renvoyer ' .

Dbploiembnt bt RBPLOiBMBNT DB l'ailb. L'actiou qui permet aux ailes de se déployer et de se replier d'une maï)ière si compliquée ne parait pas dépendre d'aucun mécanisme musculaire particulier. Nous supposons que la membrane souple qui forme les charnières tient l'aile pliée au repos [)ar sa seule force élastique. En effet, lorsqu'on cherche k déplier ces ailes après les avoir détachées du corps, on a beaucoup de peine k maintenir les doubles séparés ; ils se referment naturellement les uns sur les autres. La cause qui opère le développement des ailes pourrait résider dans la i^ressiou de l'air que l'insecte insuffle dans les trachées; mais il est fort possible que l'organe soit forcé de se déplier par le seul fait que sa partie antérieure est déviée en

quant au principe, à celle qui caraclériiie les Diploptériens. En ciïet, Taile est tronquée à Textrémité, en sorte que le champ antérieur n'est guère plus long que le champ postérieur ou anal ; la première moilié du champ anal est parcouru par des nervures rameuses, et elle se renverse sans se plisser ; la seconde moitié du champ anal a une structure rayonnée ; elle se renverse une saconde fois sous sa partie antérieure, mais en se plissant. Si Ton tronquait Faile des Diploptériens au niveau du pli transversal, de manière à en supprimer toute la portion articulée (réfléchie), on aurait une aile fort analogue à celle de Fespèce citée.

' Voyei page 16] et suivantes, et en particulier page 162.

avani par les muscles du iborax. En eflet, lorsqu'on dévie ainsi Taile d'une Blatte quelconque en la saisissant par son bord antérieur, on voit Torgane s'étaler, et il faut forcément que les plis longiiudinaux disparaissenl, puisque ceux-ci se forment au repos seulement par le fait que le bord antérieur se porte en arrière, en sorte que la surface de l'aile se rassemble sur un petit espace en se ramassant sur le dos de l'insecte. Or, les plis longitudinaux, en se dépliant, obligent la portion réfléchie en dessus k s'étaler aussi, attendu que l'aile ne peut se développer en largeur sans que le pli transversal se déploie lui-même entièrement ^ Tant que l'aile est développée, son extrémité ne peut se replier transversalement en dessus, attendu que le pli d'une de ses deux moitiés est k l'inverse de celui de l'autre^. Mais du moment où l'aile s'est doublée longitudinalement, le pli transversal des deux doubles se fait dans le même sens, et l'élasticité de la charnière doit suffire pour obliger l'extrémité \k se réfléchir en avant. Nous pensons donc que la seule action musculaire qui imprime au bord antérieur de l'aile un mouvement en avant ou en arrière peut suffire, au besoin, pour faire déployer ou reployer l'aile, quelque compliquée que soit sa duplicaiure.

Passagb du type normal ad type Dhs DiPLOPTÊRiENS. Après avoir montré que l'aile des Diploplériens rentre bien dans le système alaire des Blattes, il me reste k indiquer par quelles transitions naturelles les deux types passent de l'un k l'autre.

Rappelons d'abord que dans le ty|)e normal l'aile se divise en deux parties distinctes ip\. I, fig 3) : 1^ le champ antérieur DM, qui forme l'extrémité de l'aile, qui ne se plisse pas et dont la vënulation est longitudinale ; 2^ le champ postérieur ou anal A, dont la vénulalion est rayonnée et qui se plisse en éventail.

La limite de ces deux champs est marquée par une échancrure du bord externe (pi. I, fig. 3, 4, e).

Passons maintiMianl aux D%itlopténen$.

I. Genre Prosopleeta (page 162, fig. 10). Ici le caractère des Diploptériens ne fait encore qu'apparaître; il n'est pas encore très-développé.

1^ Le champ anal ' se prolonge déjk presque aussi loin que le champ antérieur, et concourt avec lui ^ former l'extrémité de l'aile.

2^ La partie antérieure de ce champ, qui devient la zone renversée (6 h'), n'est plus rayonnée, mais elle a une vénulation rameuse, en sorte que cette zone ne se

* 11 est Cacile de se rendre compte de ce fait au moyen d*une feuille de papier qu'on plie en quatre doubles, en imitant la duplicaiure de la partie principale de Faile des Diploptera^ et qu'où cherche à déployer par Fextrémité qui représente la base de Torgane.

a* Fig 3. Le pli qui sépare a de a' est en rainure, tandis que le pli qui sépare 6 de 6' est eo arête.

* Toute la partie située en airière du pli longitudinal, / /'.

plisse déjà plus. Cependant elle n'est pas encore assez grande pour devenir la symétrique du champ antérieur ; elle ne possède encore qu'un seul tronc de nervures et n'offre pas le long de la charnière de nervures transversales. La zone renversée a donc encore un caractère mixte, intermédiaire entre celui du champ anal rayonné et celui du champ antérieur.

3^ L'échancrure anale qui, dans le type normal, tombe sur le bord postérieur, à l'extrémité de la veine anale (soit ici à l'extrémité du pli longitudinal), est refoulée plus en arrière. Or, qu'est-ce que l'échancrure anale .'^ pas autre chose qu'un angle rentrant accidentel, formé par la rencontre des bords inégalement arqués de deux champs d'inégale grandeur. Dans le type normal, elle marque la limite du champ antérieur et du champ anal rayonné; elle doit donc se trouver dans les types aberrants

Fig. 10.

sur la limite des deux parties de Taile qui remplissent pour ainsi dire ToflBce de ces deux champs. Lorsque la portion antérieure du champ anal viendra se joindre au champ antérieur, cette échancrure sera reléguée en arrière, sur la limite de cette portion et de celle qui conservera les fonctions du champ anal. Dans le genre Proto* pkcla, elle est déjk assez déviée en arrière pour tomber au milieu de la marge de la zone renversée, ce qui conBrme le fait déjà énoncé que cette zone a encore un caractère mixte, intermédiaire entre celui du champ rayonné et celui du champ anté-

rieur.

4® La portion réfléchie {a' b^) est encore très-petite, elle ne forme qu'un petit lobe terminal demi-membraneux, dénué de nervures ; la charnière est encore toute mem-

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braoeuse et n'offre pas d'appuis solides ; Taxe longitudioal y est eocore iodécis, mal iodoré. La moitié renversée (b') est coupée obliquement, et notablement moins grande que la moitié antérieure (a'). Enfin, envisagée dans son ensemble, la portion réfléchie a la forme d'un coin triangulaire qui est comme intercalé entre le champ anlértenr et le postérieur. Aussi sa duplicature transversale ne peut-elle s'effectuer que suivant la ligne oblique du bord antérieur de ce triangle (().

5^ Les veines du champ antérieur et du champ postérieur ne pénètrent pas dans le triangle réfléchi qui n'appartient encore ni ii l'un ni ii l'autre de ces champs , mais elles sont déviées en avant et en arrière vers les marges, comme pour faire place au triangle qui forme l'extrémité de Taile.

De lu portion réfléchie de l'aile. Cette portion forme ici un triangle intercalé qui, k en juger par la direction des nervures, a Tair de pénétrer comme un coin entre les deux champs de l'aile ' • En recherchant si dans l'aile normale cette surface n'a pas d'équivalent, il serait difficile de méconnaître son analogie avec le petit triangle membraneux qui unit l'extrémité des deux champs (pi. I, fig. 10, a'), en remplissant le petit espace que la rondeur de leurs lobes terminaux laisse libre. Chez les Proêoplecia^ ce triangle s'agrandit au point de former lui-même l'extrémité de l'aile, et il s'avance entre les deux champs en les refoulant de droite et de gauche, comme l'indique la forme arquée de leurs nervures (voyez la figure ci-dessus).

Dans le présent type, le pli transversal sur lequel tourne l'appendice articulé, n'esl^ pas encore une ligne droite transversale, mais il suit les bords de cet appendice et forme la ligne brisée f, t\ en sorte que la portion réfléchie se brise suivant l'axe oblique formé par la ligne ( (car lorsque la zone renvenée est repliée en dessous, la ligne t' vient tomber sur la ligne ()*. La portion réfléchie se renverse donc obliquement en avant suivant l'axe ( et elle dépasse un peu au repos la marge antérieure de l'aile. Observons cependant que la zone renversée est moins grande que la zone antérieure, et que l'extrémité l' du pli longitudinal ( se dévie un peu en arrière, d'où il résulte que la portion a' est notablement plus grande que 6' . Si donc l'aile formait une surface plane, le pli i' ne pourrait pas venir tomber sur le pli ( lorsque la zone renversée ft, 6' basculerait autour de l'axe longitudinal / 1' ; mais /' tomberait sur une autre ligne moins divergente (soit par exemple sur (' ou sur tout autre). Or l'aile forme, au contraire, une surface convexe, et il se trouve que le pli (' tombe bien sur ( lorsque la

* Il e»t même à présumer que matériellement il en est ainsi et que, durant le dé?eloppenient de l'organe, ce triangle exerce une pression contre rextrémité des deux champ», pression qui ne permet pas aux nervures de se développer en ligne droite

' Il est i remarquer que Taile étant très-conrexe, la projection borixonlile n'en conserve pas eotiè* rement les proportions ou les formes, el que les plis étant pratiqués dans une surface gauche ils forment des Ugnes courbes.

zone renversée est repliée sons la zooe nntérieure. Pour que cela soit possible^ il faut que la portion a' se ploie et devienne convexe, en forme de voûte conique, tandis que la portion correspondante b\ qui est beaucoup moins grande, reste plane en soustendant la portion a'. La portion réfléchie {a') de la zone antérieure ne pourra donc se rabattre en dessus qu'à condition de former un pli rentrant en se brisant suivant les axes t" et t"' *. Ce dernier pli est sans doute fort singulier, mais il ne faudrait pas en exagérer l'importance ; nous pensons qu'on doit l'envisager comme un simple accident devenu inévitable par le fait que, lorsque l'aire a' se renverse en dessus, pour s'appliquer à plat à la surface de l'aile comme le feuillet d'un double de serviette, elle est obligée de se fausser pour perdre sa convexité et pour diminuer sa surface de manière à la rendre égale à celle de l'aire correspondante 6' *.

II. Genre Plectoptera (6g. 11). Chez ce type, la nature a fait un grand pas de plus dans la transformation de l'aile.

1^ Le champ anal est devenu assez long pour que la portion réfléchie de la zone renversée soit parfaitement symétrique de celle de la zone antérieure ; le pli longitudinal partage la portion réfléchie en deux moitiés égales qui se ferment l'une sur l'autre comme deux feuillets d'un livre, en sorte qu'il ne se forme plus de pli secondaire dans l'aire a'.

'T 2® La partie antérieure du champ anal (ou zone renversée) participe déjà entièrement du caractère du champ antérieur, et sa vénulation imite celle de ce champ ; elle ofire deux fortes veines, et la charnière est bordée par des veines transversales.

Fig. 11.

* Le pli t" est en saillie ; le pli V est rentrant.

' D découle de ceci : 1® Que la duplicature compliquée de Taile des Pnmplecta ne répond pas k un type spécial, mais qu'elle est seulement la conséquence forcée de la forme qu'a prise l'aile. 2® Que cette duplicature est encore imparfaite, puisque l'extrémité de l'aile dépasse au repos le bord antérieur de la côte (r). Elle se présente comme un simple état transitoire résultant d'uqe sorte de tâtonnement de la nature et qui conduira au type suivant.

5® Lécliaocrure anale a continué ii reculer; elle ne se trouve plus placée sur le bord fie la zone renversée, mais à la limite «le celle-ci et de la zone rayonnée. C'est dire que la partie antérieure du champ anal n'appartient plus ^ ce champ, mais que. de fait, il a passé dans le champ antérieur, tandis que le champ anal est réduit ii ta zone rayonnée.

k^ La portion réfléchie de l'aile est devenue très-grande, aussi grande que la portion basilaire. Il a fallu que l'axe du pli transversal devint perpendiculaire ^ Taxe longitudinal pour que, au repos, la portion réfléchie ne tombât pas en dehors des limites de la portion basilaire, car si l'axe transversal était resté oblique, ces deux portions auraient formé un V en se repliant Tune sur l'autre, et l'extrémité de l'aile n'aurait pins alors été recouverte par Télytre. — Ainsi, à mesure que (fig. 10, p. 162) le /nangle intercalé (portion réfléchie) s'agrandissait, son extrémité tendait de plus en plus, lorsqu'il était replié au repos, ii faire saillie sur le bord antérieur de l'élytre. Il fallait donc qu'il se déviât vers la ligne médiane pour se cacher entièrement sous cet organe. Mais la portion réfléchie ne pouvait dévier dans ce sens qu'en redressant le pli transversal (, ou, pour le moins, en le rendant moins oblique. Cette déviation devait avoir pour conséquence : i® De rendre sur l'aile dépliée le triangle intercalé (portion réfléchie) plus obtus; 2^ de faire osciller l'extrémité du pli oblique f dans la direction de la base de Taile, et de le faire empiéter sur le champ antérieur tandis que le pli (' empiétait de son cdté sur le champ renversé (fig 10). Ainsi, à mesure que la portion réfléchie grandit, il faut que son extrémité repliée dévie de plus en plus vers la ligne médiane pour se cacher sons l'élytre, et que les plis / et t' oscillent vers la base de l'aile en formant entre enx un angle de plus en plus obtus. Enfin, lorsque l'axe longitudinal de la portion réfléchie finira par tomber an repos sur celui de la portion basilaire, l'angle du pli transversal sera remplacé par une ligne droite, parce qu'alors les plis ( et (' seront devenus perpendiculaires an pli longitudinal, et cette ligne droite coupera les extrémités du champ antérieur et du champ anal (zone renversée), en les rejetant dans la portion réfléchie.

5^ Nous avons vu comment, dans le genre Pro$oplecta (fig. iO , le coin triangniaire a'b\ qui forme la portion réfléchie, a fait dévier les nervures de l'extrémité dn champ antérieur et du champ renversé en pénétrant entre ces deux champs. Or, dans la nouvelle transformation, le triangle intercalé, en s'ouvrant de plus en plus* et en avançant vers la base de l'aile, refoule toujours plus l'extrémité des nervures longitudinales; il finira donc parles rendre perpendiculaires il l'axe longitudinal, lorsque le.*

* Sopposex (fig. iO) que les lignes t et V pivotent sur le sommet fixe du triangle (o), tandis que leor^ extrémités t et t' avanceraient dans la direction de la base jusqu'à devenir perpendiculaires au plilongitodioal / /' en refoulant devant elles les nervures.

166 ORIHOPTÈRES

deux jambes de Tangle formé parle pli transversal (t^t') seronl elles-mêmes devenues perpendiculaires à cet axe. A ce moment, les nervures se brisant k angle droit, n'ont plus Tespace de se développer; leur extrémité s'atrophie S et il n'en subsiste que des tronçons transversaux qui s'étendent de Tune ii l'autre en se soudant chacun par son extrémité ^ la veine longitudinale voisine. Il se forme ainsi un système d'arcsboutants qui bordent la charnière et la consolident. Chez les Plectoptera et les Diploptera^ cette structure est très-distincte dans le champ antérieur (fig. 11 et pi. II, fig. 28); elle est moins complète dans le champ renversé.

Chez les Plectoptera (fig. 11), les modifications qui viennent d'être indiquées existent au complet. Le pli transversal forme une ligne droite ; la portion basilaire n'est pas seulement refoulée, elle est encore tronquée. Cependant, il n'y a évidemment de tronqué que son extrémité, car la marge de la portion basilaire renferme encore les veines costales ainsi que le stigma qui, dans l'aile normale, se trouvent toujours situés au delà du milieu du bord antérieur. La portion réfléchie s'est allongée, elle est devenue entièrement coriacée ; les extrémités terminales des nervures qui devraient j pénétrer ont disparu \

Si l'on a suivi les développements qui précèdent, on aura compris que dans le genre Plectoptera le champ antérieur de l'aile normale se trouve réduit k la portion basilaire de la zone antérieure ; que la portion réfléchie doit être envisagée comme une exubérance du triangle intercalé (pi. I, fig. 10, a') qui a fait atrophier l'extrémité du champ antérieur et de la zone renversée; que la portion basilaire de la zone antérieure est donc l'analogue du champ antérieur tronqué, et que la portion basilaire de la zone renversée est l'analogue de la première partie du champ anal tronqué aussi.

m. Genre DIploptera* C'est ici que le caractère des Diploptériens acquiert son maximum d'intensité. L'aile est assez complètement transformée pour qu'on puisse dire qu'un nouveau type se trouve formé. (Voyez pi. II, fig. 28.)

1*" L'extrémité de l'aile est taillée comme dans le type précédent, et elle s'est élargie.

* Sur la figure 10, ou yoit de quelle maaière celte atrophie commence. Tandis que le triangle intercalé, en grandissant, dévie Textrémité des nervures, le pli transversal tj en pivotant en avant pour se redresser, enjambe sur Textrémité du champ antérieur et sépare ainsi le lobe terminal de ce champ pour le faire passer dans le triangle réfléchi. La structure de cette extrémité ainsi annexée à la portion réfléchie se fond dans celle de cette portion ; les nervures deviennent indistinctes, souples, en sorte que le pli peut les briser obliquement sans les interrompre. Enfin elles finissent par disparaître entièrement, en se fondant dans le tout coriace de la portion réfléchie {Plectoptera, fig. 1 1 \

* Le genre Anaplecta appartient au môme type, mais la portion réfléchie de Taile n*y est pas encore aussi allongée qu'ici. Ne possédant que peu d'exemplaires de ces insectes rares, nous n*avons pu en étudier l'aile comme nous l'aurions voulu.

DE l'amêrique moyenne. 167

2* La zone renversée a pris tous les caractères de la zone antérieure; elle s'est pour ainsi dire entièrement détachée du champ postérieur pour passer dans le champ antérieur. La vénulation de cette zone imite même symétriquement celle du champ antérieur \ en sorte qu'on serait presque tenté de prendre la zone renversée pour nn feuillet dédoublé de la zone antérieure. En un mot, la zone renversée est devenue sons tons les rapports Vhomologue de la zone antérieure, et, en réalité, c'est le champ principal tout entier qui est devenu champ antérieur.

3* L'échancrure anale est placée comme dans le type précédent.

4* La portion réfléchie forme la moitié du champ principal, comme dans le type précédent, mais de coriacée qu'elle était elle est devenue elle-même prfaitement membraneuse, et elle a pris une structure toute analogue k celle delà portion basilaire; l'aie longitudinal lui-même est devenu entièrement membraneux. En un mot, la structure du champ antérieur, après s'être étendue sur la zone renversée, a aussi envahi la portion réfléchie.

5* Les veines de la portion basilaire ont franchi la charnière, et se emiinueni jui^ qu'à VextTimili de la portion réflichie. Les veine$co$tale$ qui, dans les deux types précédents, occupaient le bord de U portion basilaire de la zone antérieure occupent ic celui de la portion réfléchie. Ainsi la portion basilaire $*e$t fondue avec la portion réflé^ rkie^ et le système de vénulation qui n'appartient qn'k la première, s'est distribué sur l'ensemble de la zone de la même manière qu'il était distribué dans le type normal sur sa première moitié seulement. En effet, les veines costales étant caractéristiques du champ antérieur, il faut conclure de leur position dans le nouveau type que la portion basilaire de la zone antérieure n'est plus l'équivalent du champ antérieur du type normal ; que la portion réfléchie n'est plus non plus l'équivalent du triangle intercalé, mais que c'est maintenant la zone tout entière qui représente le champ antérieur normal, la portion réfléchie s'étant comme fondue avec la portion basilaire. On pourrait appliquer le même raisonnement aux deux portions de la zone renversée.

Il nous manque ici un terme intermédiaire, entre les Plectoptera et les Diploptera^ qui permette de saisir comment s'opère la transformation qui conduit de l'un ^ l'autre de ces genres. On dirait que le champ antérieur et le champ renversé, après avoir été refoulés par le triangle intercalé qui a empiété sur eux pour former la portion réfléchie de l'aile (Plectoptera) , on dirait que ces champs ont ii leur tour empiété sur la portion .réfléchie , non pas en s'agrandissant ii ses dépens, mais en étendant sor ce dernier leur type d'organisation (Diploptera).

Le type des Plectoptera^ après avoir découlé de celui des Protoplecta^ a servi à son tour de point de départ pour des modifications ultérieures. Les veines transversales

* Voyes plut bas i la description do ^nrt .

qui bordent la charnière, après avoir élé formées dans le type Pkcloptera par leitréroilé infléchie des veines longitudinales, sont devenues une création acquise; elles ne sont plus les tronçons terminaux de ces veines, mais bien des veines transversales acquises au type et qui n'empêchent pas les veines longitudinales de se continuer plus loin. Les veines longitudinales doivent donc être envisagées comme tronquées à la charnière (fig. 10). Or, le phénomène embryologique qui développe dans les ailes membraneuses ces replis dont il résulte des nervures longitudinales, ce phénomène doit tendre à les développer également dans la portion réfléchie lorsque celle-ci devient membraneuse. Chez les Diploplera^ on voit, en effet, les veines normales de la portion basilaire se prolonger jusqu'au bout de l'aile en s'étendant k travers toute la portion réfléchie. Avec un fort grossissement, on observe même déjà chez les Plectoptera des rudiments du même genre qui franchissent la charnière. A vrai dire, il n'est pas étonnant que chez les Diploplera la portion réfléchie de l'aile soit parcourue par des veines longitudinales et réticulées; ces insectes sont grands, et les ailes d'une grande dimension absolue deviennent toujours membraneuses et réticulées, c'est une loi générale. Mais ce qui a lieu d'étonner, c'est que la vénulation de la portion basilaire, au lieu de ne faire que sepro'onger à travers la portion réfléchie, se transporte et se répartisse sur tout l'ensemble de la zone antérieure comme elle le fait sur le champ antérieur du type normal, en sorte que les veines costales qui dans le type précédent occupaient le bord de la portion basilaire, se trouvent ici transportées sur le bord de la portion réfléchie.

On voit donc distinctement que la portion réfléchie n'est plus ici l'équivalent du triangle intercalaire, mais qu'elle s'est fondue avec la portion basilaire, et que ces deux portions reforment par leur ensemble le champ antérieur normal, au milieu duquel la charnière subsiste comme un fait surajouté. Dans ce cas-ci, la charnière doit être envi» sagée comme une entité qui a pris naissance durant le cours des modifications et qui leur a survécu, de même que les veines transversales qui bordent la charnière ont été crées en passant par les veines longitudinales sans arrêter le développement ultérieur de ces veines.

Dans l'exposé qui précède, j'ai cherché à montrer comment le type normal se transforme graduellement dans le type à aile redoublée. Malheureusement on ne connaît encore que fort peu d'espèces appartenant au groupe des Diplopteriens^ en sorte que les matériaux sur lesquels j'ai dû me livrer à cette étude sont trop incomplets pour permettre de saisir avec netteté la série des transformations qu'y subit la structure de l'aile, et il m*a fallu combler les lacunes par des déductions théoriques. Lorsqu'on connaîtra un plus grand nombre d'espèces de ce groupe, on découvrira sans doute d'autres termes transitoires qui établiront peut-être tous les degrés du passage

DE l'amêrique moyenne. 169

d'oD type à Tauire, et Ton découvrira peui-étre aussi des types extrêmes qui révéleroot des transformatioDS plus avancées encore.

Nous résumerons en quelques mots ce qui vient d'être développé.

Les transformations de l'aile subies chez les Diploptériens sont les suivantes :

Le triangle intercalé s'agrandit au détriment du champ antérieur et de la portion antérieure du champ anal jusqu'il occuper la moitié de la surface de l'aile.

La portion antérieure du champ anal devient une dépendance du champ antérieur et en prend le caractère.

1^ champ antérieur, le triangle intercalé et la portion antérieure du champ anal se fondent ensemble en un seul tout (champ principal), qui reprend la forme de l'ancien champ antérieur, et forme ainsi un nouveau champ antérieur plus étendu, mais tout en conservant les deux plis qui se sont introduits dans ce champ durant le cours des transformations.

Ainsi, la nature fait pour ainsi dire passer peu à peu dans le champ antérieur, et le triangle intercalé et la partie antérieure du champ anal, en agrandissant ainsi le premier aux dépens de ce dernier.

Genre PROSOPLEGTAS Sauss.

Prosoplecta, Sauss. Revue de Zoologie, XVI, 325.

Corps ovoïde ou globuleux, trh-bomhé.

Prothorax elliptique, ayant son bord antérieur subexcisé, offrant de chaque côté un lobe relevé; tête débordante.

Èlylres cornés, dénués de sillon anal, très-bombés et luisants, sans nervures distinctes, mais occupés par des lignes de ponctuations; le champ anal presque carré ou subcirculaire.

Ailes amples, ayant seulement leur extrémité repliée en dessus, et suivant un pli transversal oblique; la portion réfléchie antérieure, plissée en outre de manière à Tormer un pli longitudinal rentrant. La portion basilaîre occupée par des nervures nombreuses infléchies symétriquement à Fextrémité vers les marges; pas de nervures transversales bordant la charnière. La portion réfléchie, en forme de coin triangulaire, demi-

* spo«w en a?ant ; — irXtxTitv plier.

coriacée, dénuée de nervures, le pli longitudinal seul marqué par une ligne cornée. La portion basilaire de la zone renversée formant une partie du bord postérieur de Faile; l'échancrure anale peu prononcée, tombant à la limite des deux portions de la zone renversée et non à la limite de la zone renversée et de la zone rayonnée.

Faciès des Coléoptères de la famille des Chrysomélines (Coccinella).

Ces insectes sont de petite taille. Leurs élytres bombés et luisants se superposent fort peu par leur bord interne; Faire scapulaire est allongée; la veine scapulaire est grosse, longue et simple; la veine humérale est peu importante; elle est très-arquée pour contourner la base du champ anal, et se résout presque immédiatement en secteurs longitudi- •

naux; les veines discoïdales contournent le champ anal et émettent des secteurs plus ou moins rameux. Les ailes offrent seulement le premier degré de la douMe duplicature, car il n'y a de réfléchi qu'un fort petit lobe terminal.

Comme on l'a vu plus haut, le genre Prosoplecta est un genre intermédiaire bien caractérisé où les caractères des Diploptériens commencent seulement à se développer sans avoir encore exclu ceux du type normal des Blattes.

Ailes de la Prosoplecta Coccinella.

Ces organes sont amples, membraneux, fortement veinés. Le champ renversé est trop étroit pour être symétrique du champ antérieur. La portion basilaire est très-grande; la portion réfléchie est très-petite, car l'aile ne dépasse l'élytre que par un petit lobe terminal. Le pli transversal n'est pas perpendiculaire à l'axe longitudinal, mais fort oblique d'à- y vaut en arrière et de dedans en dehors (l'aile étant prise dans l'extension), en sorte que le champ réfléchi, en se renversant, vient appliquer le lobe terminai de l'aile sur l'extrémité du bord antérieur. Ce petit champ est obscur, demi-opaque; il n'offre d'autre nervure que l'axe du pli qui le partage, et qui est un peu corné. Il n'existe pas de veines transversales pour former la charnière.

D'après ce qui a été développé, pages 161 et suivantes, on doit établir

comnie suit les analogies des diverses parties de Taile de ce type comparées avec les parties correspondantes du type normal :

a) portion basiiaire (a) = champ antérieur.

b) portion réfléchie (b) = première moitié du triangle intercalé.

Îa) portion basiiaire {a') = portion antérieure du champ anal *. b) portion réfléchie (6') = seconde moitié du triangle intercalé.

1* Zone antérieure

2^ Zanerenvenée

(b. b\) 3^ Zone rayonnée j = partie postérieure du champ anal '.

La Structure de ces organes a été expliquée à l'endroit ci-dessus indiqué; il ne nous reste donc qu'à en compléter la description au point de vue des caractères génériques et spécifiques.

ti.

Aile droite de la Protopleeta coccinella, renvenée.

Champ antérieur. La marge antérieure (c) est très-dilatée, et le bord très-convexe. La deuxième branche de la veine scapulaire (s) fournit 14 veines costales assez longues, quoique peu obliques, qui remplissent la marge demi-opaque, et entre ces veines le bord émet des vénules intercalaires. La veine scapulaire ($) devient onduleuse dès la deuxième veine costale, ne se composant plus que de petits tronçons angulaires qui Ter-

* Noos nommerons ici cette portioo : ekamp rtnvene

* Nous DoomeroDs ici cette lone : ekamp rayonné.

ment les bandes costales. La veine humérale (h) est grosse, très-arquée à la base; au delà des veines costales scapulaires elle émet deux branches costales bifurquées(c',c') *, et s'infléchit aussi pour tomber presque à angle droit sur la côte, en complétant ainsi la série des veines costales. La bande située entre la veine scapulaire (s) et la veine humérale (A) est réticulée en mailles carrées après son premier tiers par de grosses vénules transversales. La veine vitrée (v) se termine en s'infléchissant presque en demi-cercle vers la marge, comme la veine humérale; la bande vitrée antérieure (v') est réticulée en carrés; la bande postérieure (v') est étroite, et les vénules transversales sont seulement indiquées sur la veine discoïdale (d); celle-ci est grosse et fourchue; la deuxième discoïdale {d') est fine et simple. Toutes ces veines longitudinales s'infléchissent à l'extrémité en arc de cercle vers la marge ; quelques-unes franchissent le pli transversal, et deviennent demi-membraneuses en pénétrant par leur extrémité dans la portion réfléchie. La veine anale (a) seule s'arrête brusquement avant le pli transversal et se termine par de petits arcs-boutanls qui vont s'appuyer contre les veines voisines. C'est là le premier rudiment du système de vénulalion qui devient très-prononcé chez les Plectoptera. Le disque est réticulé par gros carrés.

Champ renversé (b). Celui-ci est assez étroit. Il ne contient que la première veineaxillaire(a;),qui est grosse, forte et rameuse. Elle se bifurque au milieu, et sa^deuxième branche est deux fois bifurquée, ce qui donne en tout quatre branches; mais à l'aile gauche, la première branche s'anastomose avec la deuxième en formant une longue cellule, arquée au bout. Ces veines, pour faire symétrie avec celles du champ antérieur, s'infléchissent en arrière vers l'extrémité, et vont gagner le bord postérieur de l'aile sans pénétrer dans la portion réfléchie. Quelques vénules transversales relient ces veines entre elles. La veine anale postérieure (/) est fine à la base; elle sert d'axe au pli longitudinal; elle se prolonge à travers la portion réfléchie, et va gagner le bout de l'aile en s'infléchissant un peu en arrière (/').

* A l'aile droite , elle émet deux veines costales simples et une bifurquée comme sur la figure.

DE l'amërique moyenne. 173

Portion réfléchie {a' .b'). Elle est petite, triangulaire, d'une structure uniforme, demi-opaque, et n'offre d'autre nervure que la veine anale postérieure qui forme l'axe du pli longitudinal. Celte veine est très-fine à la base de l'aile; elle devient plus épaisse, quoique peu opaque, dans la portion réfléchie.

Champ rayonné {r). Il contient sept à huit veines axillaires simples qui partent toutes de la base de l'aile. Ce champ est lâchement réticulé.

Le type Prosoplecta appartient à l'Asie, mais il nous a été nécessaire de le décrire ici pour expliquer d'une manière complète la modification qui s'opère dans l'aile des Prosoplectiens américains.

On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre :

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