Henri Martin : Histoire de France, t. I, p. 339 et
ne semblent pas y avoir laissé de trace de leur séjour et on reconnaît aujourd'hui qu'il n'est pas acceptable de faire descendre de ces barbares, les Cagots ou Chrestiaas des Pyrénées occidentales.
C'est par la vallée d'Aspe que passa une grande partie de l'immense armée d'Abd-El-Rahman qui envahit la Gaule en 732. Malgré la sanglante défaite que leur infligea à Poitiers Charles Martel, les Sarrasins conservèrent assez longtemps les passages des Pyrénées pour que les habitants de ces contrées leur attribuent encore « abusivement, selon Marca, la fortification de tous les tertres qui sont fossoyés et maintenant abandonnés ». Encore de nos jours, d'après les traditions populaires, une foule de constructions antiques dans la vallée d'Aspe viendraient des Maures. Il ne' serait pas étonnant que quelques-unes d'entre elles, tours ou forteresses, remontant jusqu'à cette époque reculée, fussent bâties soit par les Sarrasins, soit aussi bien par les Francs qui, à l'époque de Charlemagne, défendaient le versant nord des Pyrénées contre ces ennemis redoutés. En effet, Marca nous rapporte que « sous Charlemagne, pour conserver la frontière, on avait construit des forts dressés à l'opposite de Huesca et de Saragosse sous le commandement d'un comte ». Ne serait-ce pas de ce temps-là que daterait l'origine de la ville de Canfranc (camp des Francs), située non loin de l'entrée d'un défilé qui permet de défendre du côté espagnol l'accès du Somport ? Malgré les admirables positions occupées par les troupes de Charlemagne, ces parages furent reconquis par les infidèles. « En l'année 809, le comte Aureolus qui avait le » commandement de ces quartiers étant décédé, Amoroz Sarra- » sin, gouverneur de Saragosse, se saisit des forteresses des » Français, y establitdes garnisons », ce qui fut l'occasion d'une guerre qui ne se termina qu'en 817, sous Louis le Débonnaire
S'il en faut croire une légende du vieux bréviaire de Lescar, commentée par l'abbé Menjoulet2, au commencement du cinquième siècle, Saint Léonce, évêque de Trêves, serait passé par la vallée d'Aspe pour aller honorer le tombeau de St Jacques en