‹ OsseChapitre 28 sur 132 · Chronique d'Oloron, p · texte numérisé non relu

Chronique d'Oloron, p

Cent cinquante ans plus tard, les fors de la vallée qui avaient été incendiés avec l'abbaye de St-Jean-de-Laxé, furent renouvelés par Archambaud de Grailli, captai deBuch, marié à Isabelle de Foix, sœur de Matbieu de Castelbon, vicomte de Béarn, mort intestat. Isabelle céda à son mari ses droits sur le Béarn, et les nouveaux princes, après avoir pris non sans difficulté S possession de l'héritage de Mathieu, parcoururent les différents bourgs et vallées de leur vaste domaine. Le jeudi 17 octobre 1398, ils arrivent à Bedous, et dans l'église de St-Micliel font échange de serments avec les gens de la vallée. Ceux-ci leur jurent hommage et fidélité, et les seigneurs leur promettent de tenir et d'observer « leurs fors, coutumes, privilèges, franchises et libertés, » et pour réparer leurs chartes détruites, leur en font faire une nouvelle qui, après les informations suffisantes, fut dressée au château de Pau le 6 décembre 1398 2.

Nous la résumerons tout au long, car les avantages qu'elle mentionne furent reconnus aux Aspois jusqu'à 1789.

Les princes se mettent d'accord avec les gens de la vallée sur la question de l'élection des Jurats qui, dorénavant, seront nommés par tous les habitants de la vallée sur l'avis des gens des lieux où ces magistrats seront élus. Ils seront au nombre de soixante-dix et ainsi répartis : d'Escot, quatre ; de Bedous, huit ; d'Accous, dix ; d'Aydius, six ; d'Osse, six ; de Lées, six; de Lescun, six ; de Cette, six ; de Borce, six ; d'Etsaut, six ; d'Urdos, six. Ils devront prêter serment au Prince. La vallée est juridiquement sous la dépendance du Bayle ou bailli d'Oloron qui doit s'y faire représenter par deux lieutenants, un à chaque vie. Le Bayle ou son lieutenant est tenu de se rendre au lieu où rappellent les plaignants et de tenir sa cour dans les trois jours, sans préjudice de l'audience tenue au nom du seigneur une fois par semaine. Les Aspois n'étaient justiciables qu'en leur vie, à moins qu'ils en appelassent au seigneur. On ne pouvait les saisir pour dette en dehors de la vallée, et le corps d'un Aspois

1. — Flourac. Jean PT, vomir de Foi.r, vicomte someram de Béarn, etc., chapitre premier.

2. — Seguense lous priviledges, franquesses et libellais, etc., pâtre 1 el suivantes.

trouvé mort ne pouvait être enseveli sans enquête préalable. Ils pouvaient parcourir toutes les terres du seigneur « quittes de péage el lesne »*. Le meurtrier était tenu de payer trois cents sols Morlaas de ley 2 au seigneur et six cents au premier parent du mort, puis exilé pendant dix ans3. Même peine était prononcée contre le perturbateur de la paix publique ; le traître, quelle que soit sa condition, devait être livré corps et biens au seigneur. Enfin les jeunes -vus qui allaient à la guerre marchaient en avant du vicomte, lui servant de garde du corps.

Ce nouveau for respecte l'autonomie de la vallée autrement que celui de Gaston VII. Aussi fut-il invoqué par les Àspois en tous leurs différends qui, dans la suite, leur furent suscités par les seigneurs du Béarn, comme les garantissant dans la possession de coutumes et de libertés dont ils avaient toujours joui4. C'est ainsi qu'ils furent dispensés des droits prélevés sur les ventes de gréa gré, dit droit de Capsos,par la Cour Majour, le 17 novembre 1477 « tant par rapport à leur droit naturel qu'à la pauvreté et stérilité » de la dite vallée et en Futilité môme dont elle est au souverain » en cette frontière, puisque c'est elle seule qui a toujours gardé » le passage d'Espagne avec soin et grande fidélité ». La même Cour les reconnaît seuls propriétaires de leurs montagnes pour tirer seuls profit des pâturages, forêts, carrières et mines qui s'y trouvent et pour exercer le droit de carnal, c'est-à-dire de capture du bétail étranger5. Mais, par contre, pour reconnaître la suzeraineté du vicomte du Béarn, qui laissait à la vallée tous les droits souverains, la vallée fut obligée de payer annuellement 36 florins0, moyennant quoi les habitants étaient exempts du droit

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