Menjoulet. Chronique d'Oloron, t. E, i
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» de eé qu'il aura vu et qu'ils gardent fidèlement le chemin et » qu'ils le défendent contre tout le monde selon leur pouvoir 1.»
Nous surprenons ici la cause qui porte le vicomte à intervenir dans les affaires particulières de la vallée ; les jurats ou magistrats locaux ne remplissaient pas leurs devoirs avec l'indépendance nécessaire, ils étaient trop nombreux et par conséquent divisés entre eux, et comme résultat la garde des passages étant compromise, le Béarn pouvait se trouver inopinément en danger.
Pour prévenir des éventualités fâcheuses, Gaston VII se réserve la nomination des jurats, qu'il réduit au nombre de vingttrois pour les onze communautés, savoir dans Tordre de la charte : Bidos (peut-être Escot ?) ; Sete et Etsaut ; Bedoos ; Acos ; Atas et Lees ; Borse; Laxé et Orgunh ; Vedos (Urdos); Aydius ; Ousse ; Lescun. Ainsi deux jurats par communauté, peut-être le capdulh Accous en fournit-il un de plus ? — Quoique choisis dans les communautés, ils forment un corps solidaire, dont l'autorité de chaque membre est égale dans toute la vallée. Ils jugeaient définitivement tous les cas, faisaient la police, veillaient à l'entretien des routes et des ponts et pourvoyaient à la défense militaire du pays 2. Ils n'étaient donc point alors, comme cela eut lieu plus tard, les administrateurs particuliers des communautés, qui n'eurent d'administration locale qu'à partir du xvie siècle.
Mais le vicomte avait, à côté des jurats nommés par lui, des représentants directs de son autorité. C'était d'abord un Beguier ou viguier (vicaire), officier de justice et lieutenant du seigneur. Cette charge n'était pas nouvelle en Aspe. Marca mentionne un certain Dat Loup d'Aspe qui, au xne siècle, était Beguier héréditaire d'Aspe3. Les autres agents du vicomte étaient uu trésorier ou claver qui percevait le cens, les amendes et la quête de la troisième année de chaque règne, et un préposé au carnal, c'est-à-dire au droit de saisir les bestiaux égarés dans les terrains en défens 4.