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de péage et de guidonnage, dans toutes les terres du vicomte1. Tous les souverains de Béarn reconnurent leurs privilèges, qui furent maintenus également par lettres-patentes de Louis XIII et de Louis XIV. Pourtant sous ce roi absolu, l'indépendance des Aspois fut soumise à de rudes épreuves par suite des entreprises des fermiers généraux. En 1672, M. de Sève, intendant de la généralité de Bordeaux et ressort du Parlement de Pau, les maintint dans leurs privilèges au sujet du droit de capsos qu'on leur contestait. Les commissaires, députés pour la réformation générale des forêts, reconnurent en 1673 leurs droits sur leurs « terroirs et montagnes, eaux et forêts », contestés par le procureur du Roy en la dite information. En 1689 le conseil d'État les déchargea de l'arpentement prescrit en Béarn pour rétablissement d'un impôt terrier2. Enfin, en 1693, les privilèges de la vallée d'Aspe furent attaqués par M. Etienne Chapellet, fermier général du domaine du Roy en Béarn, ce qui donna lieu à un grand procès, où les titres de la vallée furent soumis à un examen approfondi devant le Parlement de Navarre, chambre des comptes, aydes et finances.
Ce procès fut l'occasion de la rédaction d'une pièce excessivement intéressante, dressée par Me Jean de Laclède, praticien du lieu de Bedous, syndic et procureur de la vallée d'Aspe et portant le titre de Déclaration générale des biens, droits et privilèges dont les jnrats, manans et habitans de la dite vallée jouissent en commun. Cette pièce comprend cinquante-cinq articles, où sont condensés tous les privilèges et toutes les dispenses d'impôts de la vallée d'Aspe. Elle a servi de base au procès, et plusieurs de ces articles furent l'objet de contestations et de discussions, qui nous montrent combien les agents du fisc royal étaient pointilleux, et comme il a fallu que les titres et les droits de la vallée fussent bien établis pour résister à un tel assaut.
La déclaration générale est elle-même contenue dans un recueil de pièces sur la vallée d'Aspe, publié selon toute apparence à l'occasion de ce procès et intitulé : Sega m se lous priviledges, franquesses et libertats donnais et autreiats aux