‹ OsseChapitre 35 sur 132 · Ep. de Jude, v · texte numérisé non relu

Ep. de Jude, v

\\. — Ep. à Tito, 1, (>, 8, traduction Le Maistrc Saei.

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reculés, continuèrent à se marier, ce qui provoqua contre eux les foudres des conciles de Reims en 1 1 lî> et de Latran en 1 l^J.

Les prêtres avaienl adopté comme porte respect un costume particulier qui leur valut le nom de caperaas ; ils eurent une influence légitime dans les affaires du pays, comme nous le voyons dans la charte octroyée à la vallée par Gaston VIII en

Pour en revenir à ce qu'était le culte chrétien à cette époque, il se célébrait en latin, que les gens de la vallée comprenaient encore, et lors de la sainte communion le peuple participait au calice aussi bien qu'au pain, qui était déjà l'ait sans levain, usage qui s'était introduit au ixe siècle dans l'Eglise latine et que l'Eglise grecque lui reprochait comme une dérogation à la coutume apostolique. Quant à la participation du peuple a la coupe, basée sur la parole de Jésus-Christ : « Buvez-en tous », bibitc ex hoc mu tics y elle fut pratiquée dans la vallée d'Àspe longtemps après que l'Eglise Romaine en eut retranché l'usage au xue siècle l.

L'influence des missionnaires disparut devant celle du clergé séculier, dont la piété fut pourtant assez peu éclairée pour laisser s'accréditer la légende de Sarrance, occasionnée par la découverte d'une statue de quelque divinité antique que les premiers missionnaires avaient sans doute fait disparaître dans le Gave. Il forma un corps à part et selon l'esprit de l'Eglise de Rome, une hiérarchie s'établit entre les différents capercid* de la vallée, à la tète desquels fut placé celui d'Accous, il était archidiacre. Dans le for d'Aspe de 1247, il prend même le titre d' « avesque d'Aspe >. Erreur de copiste, dit-on; elle serait singulière dans un tel acte. N'est-ce pas plutôt un témoignage de l'indépendance du clergé de la vallée? D'ailleurs, les kspois agissaient assez librement à l'égard des évêques de leur voisinage : nous en avons une preuve lors de leur conflit avec la vallée de Lavedan, car en admettant que l'évèché d'Oloron fut alors vacant comme rétablit l'abbé Menjoulet, ce ne fut pas auprès des évêques de Lescar ou de Tarbes, pas même auprès du Métropolitain d'Auch qu'ils portèrent leurs plaintes; ils les soumirent directement au

1. — Note de M. lo pasteur Gcrber. (Archives du Conseil presbytéral.)

pape, qui dans ces temps d'oppression universelle était le symbole de l'indépendance des populations contre la tyrannie des évêques.

Cependant l'esprit du christianisme accomplissait dans la vallée son œuvre de charité et de civilisation. Nous en voyons la manifestation, d'abord par l'établissement des maisons hospitalières de Sainte-Christine et de Sarrance, fondées en faveur des pèlerins et autres voyageurs, ensuite par la création dans chaque communauté d'un fonds destiné à venir en aide aux faibles et aux deshérités. Ce fonds, sous le nom de dîme et de prémice, était administré par l'assemblée générale des habitants de la paroisse et destiné à « payer le maître d'école, réparer le temple, nourrir et entretenir plusieurs enfants orphelins et des veuves et faire autres œuvres pies 1 ». Il servait même à défrayer les habitants de la taille et autres charges locales 2. Voici la manière dont on le constituait. Chaque habitant devait « payer » annuellement de trente fromages, un fromage, de trente » agneaux, un agneau, de trente laines, une laine, et de trente » conques de froment, une conque, et ainsi du reste des autres » grains ; avec cette circonstance que quand ils en auraient au » delà, on ne seroit pas tenu d'en donner davantage ». Et comme cette rente était volontaire et pouvait être supprimée par la volonté des communes, elle n'était grevée d'aucune charge. Ces rentes appartenaient aux communautés et non à l'Eglise, qui n'y avait aucun droit. C'est ce que reconnut le Conseil Souverain de Béarn en 1571 et 1573, lors de la mise sous séquestre des biens ecclésiastiques. Ces rentes, qui avaient été indûment confisquées, cum si fosse bees de caperaas (comme s'il se fût agi de biens d'Eglise), furent remises à chaque communauté 3. Un siècle plus tard le clergé catholique, qui avait essayé à plusieurs reprises4 de s'en emparer, réussit aie faire au moins

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