‹ OsseChapitre 34 sur 132 · M. Gerber : notes manuscrites · texte numérisé non relu

M. Gerber : notes manuscrites

milieu du gracieux bassin de Bedous, alors couvert d'épaisses forêts. Ils y construisirent un monastère, qu'ils placèrent sous l'invocation de l'apôtre St Jean. Pour vaincre la méfiance naturelle des habitants, ils suivirent sans doute les procédés adoptés par les missionnaires de cette époque et que Colomban avait d'abord mis en usage. Défrichant le sol autour de leur habitation, ils gagnèrent leurs voisins en leur donnant les produits de leur culture, se mirent à leur parler du Christ, fils du Créateur unique, venu sur la terre pour sauver les hommes, et ne tardèrent pas à persuader aux Aspois de renoncer à leurs pratiques idolâtres et superstitieuses. Les faux dieux furent détruits et des lieux de culte s'ouvrirent tout d'abord à Bedous, siège du temple païen1 où il fut placé sous l'invocation de l'archange St Michel, le vainqueur du Diable 2, comme signe de la victoire de la foi nouvelle sur le paganisme agonisant; à Osse, sous celle du premier martyr chrétien, le diacre St Etienne ; ailleurs sous celles des premiers missionnaires des Gaules : St Félix (Athas) ; St Saturnin (Jouers) ; St Martin (Accous) ; Lées fut probablement le dernier village du vallon qui reçut la religion du Christ, à en juger par la patronne de l'Église, la Vierge Marie, dont le culte ne prédomina qu'assez tard. Quand les habitants d'un lieu étaient jugés suffisamment instruits, les missionnaires ordonnaient prêtre de la nouvelle paroisse le plus capable et le plus digne, selon les prescriptions de l'apôtre St Paul à son disciple ïite, missionnaire dans l'île de Crête : « Établissez des » prêtres ou anciens en chaque ville, selon l'ordre que je vous » ai donné, choisissant celui qui sera irrépréhensible, mari » d'une seule femme (unias uxoris vir), dont les enfants seront » fidèles... et qui soit sobre, juste, saint, tempérant et fortement » attaché aux vérités de la foi3. » En effet, il n'était pas alors de rigueur de placer des célibataires à la tête des paroisses ; il était bien plus important d'entourer ce choix de l'assentiment de tous. Ce ne fut qu'au xie siècle que le pape Grégoire VII rendit obligatoire le célibat pour les prêtres qui, dans certains coins

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