Déclaration Lrénéralr, art. lu
il. — Déclaration générale, art. 3n et 40. 0. — L. Cadier. Etats <ln Béarn, page I2>.
Chaque vie possédait un magistrat qui, sous le nom de Bayle, remplaçait le viguier ou beguier représentant du seigneur au xme siècle ; le Bayle recevait les plaintes et citait les parties devant la cour des jurats, dont il faisait exécuter les sentences. Les jurats et le Bayle tenaient audience dans chaque communauté, tous les lundis, à la maison commune ou parquet judicial.
Il y avait aussi à chaque vie un notaire tenu d'inscrire dans un registre, « les contrats passés entre les habitants des com- » munautés, lesquels devaient être déposés tous les trois ans » dans le coffre qui contenait les papiers importants de » chacune d'elles ».
Les municipalités locales étaient donc constituées lorsque se produisit la réforme religieuse du xvie siècle, à l'égard de laquelle le petit pays de Béarn, favorisé plus que d'autres d'une grande indépendance politique, devait montrer une attitude décidée. Pendant un demi-siècle, sous rinfluence de la foi évangélique, son développement intellectuel et son bien-être s'accrurent dans de telles proportions qu'on est en droit de se flemander ce que l'humanité et la patrie française en particulier ont perdu par l'arrêt subit de la prospérité de cette petite nation, qui laissée à elle-même aurait été, comme une petite Suisse, à la tête de la civilisation européenne. Elle était en effet en avance de plusieurs siècles sur les contrées qui l'environnaient, lorsqu'une compression politique sans nom et une persécution religieuse comme il n'y en eut jamais, anéantit son essor et brisa sa fière indépendance.
C'est d'Osse que partit pour la vallée le mouvement réformateur. Il est regrettable que les archives communales aient été en partie détruites par un incendie en 1814, car il eut été fort intéressant d'en connaître les circonstances et les détails. On sait seulement que cette réformatiou eut lieu sous l'épiscopat de Gérard Roussel, évêque d'Oloron. Mais comment la population du lieu acclama-t-elle à l'unanimité ce retour à l'Evangile ? Quel rôle y remplit l'abbé laïque d'Osse qui avait le droit de présentation des recteurs de la paroisse ? Questions restées jusqu'ici sans réponse. Nous verrons dans la suite de ce travail par quels moyens 1rs évêques catholiques du pays surenl replacer défini-
tivemenl sous le joug de Rome ces populations jadis frémissantes à la moindre atteinte apportée à leurs libertés.
Après la Révocation, le Réarn esl entièrement soumis ; il a conservé les noms de ses libres institutions, mais l'esprit qui les soutenait a disparu. Plus de libres élections, plus décharges acceptées et remplies pour l'honneur, résultant de la confiance d'une libre population. Tout se vend : les premières charges des communautés aussi bien que celle du procureur syndic, qui avait à défendre les intérêts des différente villages l. Il y a dans la vallée un maire, M. Lassale-Athas et un lieutenant du maire, M. Laclède de Bedons, qui ont acheté ces emplois pour eux et leurs descendants, et sont devenus les représentants du pouvoir royal plutôt que les exécuteurs des volontés de libres citoyens. Ils vont cependant figurer comme députés aux Etats provinciaux dont ils font partie de droit, mais ces fiers Etats de Réarn, jadis détenteurs du pouvoir souverain et allant, jusqu'à déposer le seigneur du pays, ne sont plus qu'une cour d'adulateurs se disputant entre eux pour obtenir dans sa ville ou clans sa vallée L'honneur de posséder la statue du grand Roi 2.
5° La communauté d'Osse.
D'après quelques registres échappés au désastre des archives d'Osse, relevons quelques traits de l'administration locale, concernant les conditions des terres, des habitants, la police communale et quelques affaires particulières.
L'Assemblée générale de la vallée avait abandonné aux assemblées des communautés ses droits sur les terres qui les entouraient. Les habitants n'en avaient la jouissance qu'avec l'agrément de l'assemblée générale de la communauté, qui réglait tes cultures de chaque année. C'est ce qui résulte d'une délibération du mois de mars 1709, que voici : « D'une commune » boutz (voix) es estât résolut et arrestal qu'en conséquence de » la grande. perte que certains habitans on recebul en Ions
î. — Déclaration générale.