Epîtrc aux Romains, ch. I, v
2. — Actes des Apôtres, ch. XVI, v. 31. X, 43. XIII, 39, etc.
celle qu'il a décrite dans son Exposition de la Foi Catholique (1671).
Ces changements de doctrines et de méthodes sont inévitables quand la foi n'a d'autre base que l'autorité des prêtres et une tradition qui n'a rien de fixe. Du moment que l'église romaine a abandonné renseignement invariable de TÉcriture Sainte, il ne pouvait en être autrement. Cette charte de l'église chrétienne, nous la réclamons uniquement, et à la parole du pape infaillible nous opposons la Parole de Dieu.
La Bible est le livre le plus populaire qu'on puisse imaginer. L'Ancien Testament, écrit pour le peuple d'Israël, le Nouveau, pour les premières communautés chrétiennes, parlent l'un et l'autre le langage du peuple et non celui des philosophes et des savants. Point de définitions abstraites et de subtilités théologiques, mais par contre aucun livre n'a parlé plus magnifiquement des compassions de Dieu.
Une chose étonne celui qui l'ouvre pour la première fois, c'est de n'y point trouver ce qu'on lui a dit de la religion chrétienne, et d'en découvrir une exposition claire, simple, qui lui va directement au cœur. La Bible ne demande point une soumission aveugle à ce qu'elle enseigne. Je vous parle, dit St Paul aux Corinthiens, comme à des personnes intelligentes, jugez vous-mêmes ce que je dis*, et aux Thessaloniciens : « Éprouvez toutes choses, retenez ce qui est bon. 2 » Toujours appel au bon sens et à la conscience, rien ne doit être cru sans examen, par simple autorité. On lui reproche d'être obscur. Sans doute, il y a certains passages où il est question de mœurs, de coutumes, de pratiques qui ne nous sont plus familières et par conséquent difficiles à entendre, et les progrès des sciences philologiques et historiques nous sont ici d'un précieux *
îé — 1" Epître aux Corinthiens, ch. X, v. 15. 2. — 1" Epître aux Thessaloniciens. ch. V, v. 21.
secours. Les prophètes nous deviennent tous les jours plus intelligibles. Mais ces obscurités sont loin d'être aussi nombreuses qu'on pourrait le supposer, et où la Bible est particulièrement claire et limpide, c'est lorsqu'elle traite les grandes questions si importantes pour chacun de nous: Dieu, le péché, le salut, la vie éternelle ; alors, malgré les efforts de certains docteurs qui voudraient tirer leurs propres conceptions des déclarations positives de la Bible, celles-ci sont si claires qu'ils préfèrent qu'on ne la consulte pas.
Nul penseur n'a donné de l'homme une idée plus exacte que ce livre. S'il en reconnaît la misère et la fragilité, quelle haute idée il donne de sa noblesse et de sa vocation divine. Né sur la terre, il aspire à Dieu K Mais, hélas, quelle confusion dans sa nature, s'il a des désirs infinis, son cœur est trompeur et désespérément malin par dessus toutes choses 2. Il est incapable de sortir seul de l'abîme où la chute l'a plongé. C'est pour cela que Dieu lui envoie son Fils, non pour le condamner, mais pour le sauver. Mais malgré la lumière divine, l'homme préfère son égarement. Il aime mieux les ténèbres que la. lumière, parce que ses œuvres sont mauvaises 3.
Ah ! qu'il est vivant le Dieu de la Bible ! Non seulement il a créé l'homme, mais il l'entoure de ses soins, le ménage, redoute de l'affliger4 sollicite son amour et ne le laisse jamais sans lui témoigner sa longue patience et sa miséricorde infinie5. Les prophètes, les psaumes en particulier, si chers aux huguenots, nous montrent ce Dieu facile à,