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Év. selon St Luc, ch. XII, v

8. - Actes des apôtres, VI, XV. I. Cor. I. 10-13. Ép. aux Galates II, v. 11.

Mais ces divergences, conséquences inévitables des opinions et des sentiments particuliers, découlentbien souvent de la vertu sacrée entre toutes: la sincérité. Les hommes ne peuvent tous voir la vérité sous le même angle, les vouloir tous assujettir à la même doctrine, c'est les mettre sur un lit de Procuste. Il a fallu la puissance de l'église de Rome pour courber tous les hommes sous son niveau égalitaire. Mais le temps du compelle intrare est passé et l'heure de la liberté semble avoir définitivement sonné. Avec elle viendra le triomphe de la vérité. La conscience qu'on la poursuit sincèrement est une des plus grandes joies de la vie. Quand on est épris de cette noble passion, on se sent plein de sympathie pour tous ceux qui la partagent, dans quelque camp qu'ils se trouvent. La liberté conduit forcément à la tolérance et au respect des opinions.

Malgré nos précautions pour éviter de froisser certains de nos concitoyens, nous ne nous flattons pas d'y avoir réussi. Ce qui nous rassure cependant, c'est que la plupart ont répudié les agissements du passé et condamnent aussi bien que nous l'emploi de la violence quand il s'agit de croyances qui ne peuvent s'imposer que par la persuasion.

Nous tenons d'ailleurs à dire ici bien haut que, quelque partialité qu'on puisse nous reprocher pour les protestants jadis si maltraités et si calomniés, nous répudions absolument tout ce qu'ils ont pu commettre de contraire au grand principe de la liberté de conscience, que malheureusement leur éducation catholique et leurs préventions étroites leur empêchaient de comprendre et d'appliquer généreusement.

Qu'avant de se scandaliser, ceux qui seraient d'un avis différent du nôtre nous permettent de leur rappeler cet épisode de l'histoire évangélique : Un jour l'apôtre Jean vint dire à Jésus : « Nous avons vu un homme qui ne fait pas partie du corps de ceux qui te suivent et qui pourtant fai-

sait en ton nom des miracles, et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit point. » A quoi le Seigneur répondit : « Pourquoi vous y opposez-vous : qui fait des miracles en mon nom ne peut dire du mal de moi : Qui n'est pas contre nous est pour nous1. » Cette réponse du Maître, n'est-elle pas une admirable leçon de tolérance. Qu'ils s'en souviennent, tous ceux qui se réclament du Christ!

Que tous ceux qui m'ont aidé dans ce travail reçoivent ici le témoignage public de ma reconnaissance. Je mentionnerai d'abord mon bien vénéré père, le pasteur de Pau, président honoraire du Consistoire d'Orthez, qui non seulement m'a donné le goût des études historiques, mais m'a fourni de nombreux renseignements sur la réformation du Béarn ; ensuite M. Flourac, archiviste du département qui, non content de faciliter mes recherches en mettant à ma disposition les documents qui pouvaient m'être utiles, m'a parfois aidé à les déchiffrer; M. Abel Lefranc, archiviste aux Archives Nationales, qui a mis à ma disposition les précieux dépôts concernant la confiscation des biens des protestants du Béarn ; M. Soulice, bibliothécaire de la ville de Pau, dont les publications et les renseignements particuliers m'ont été d'un précieux secours ; M. Lespy, ancien professeur du Lycée de Pau et ancien secrétaire général des Basses-Pyrénées, le Béarnais qui connaît le mieux sa langue, qui a bien voulu revoir mes citations béarnaises. Le Révérend Wentworth Webster, l'anglais sympathique devenu basque et béarnais par ses études et son affection pour notre pays, qui m'a appris à tirer parti des archives du Conseil Presbytéral d'Osse; M. le pasteur Benoît de Montauban, l'historien des martyrs du désert, qui m'a fait un devoir de mettre au jour des documents intéressant le passé des Églises réformées ;

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