‹ Ossian, barde du IIIe sileChapitre 22 sur 73 · L'Irlande · texte numérisé non relu

L'Irlande

4. Connal, ami de Cuchullin, élait fils de Cabaït, prince deTogorma, ou l'île des Vagues-Bleues, probablement l'une des Hébrides. Sa mère élait fille de Congal, et s'appelait Fioncoma. Il eut un fils de Foba , fille de Connacbar-Nessar , qui lui succéda sur le ti une de l'Ulsler. En récompense es services qu'il rendit dans la guerre contre Swaran, on lui donna une

mort les hommes de Loclin : veux-tu manier encore la lance de ton père?

— Chef, répond Connal, ma lance est aiguisée; elle aime l'éclat du combat et la rouille du sang ; mais , quoique mon bras demande la guerre, mon cœur veut la paix. Chef des guerres de Cormac, vois-tu d'ici la flotte de Swaran ? Ses mâts se dressent innombrables comme les roseaux du lac de Lego ; ses vaisseaux offrent l'aspect d'une forêt chargée de vapeurs, lorsque les arbres secoués plient tour à tour sous l'effort des vents. La foule de ses guerriers est trop grande; Connal incline pour la paix. Fingal lui-même, le premier des mortels, voudrait éviter le bras de Swaran; Fingal qui balaye les guerriers comme la tempête disperse les bruyères, quand le fracas des torrents tourmente les échos de Gona, et que la nuit s'assied sur la colline, dans son manteau de brumes.

— Fuis donc, lâche ami de la paix, dit Calmar; fuis dans tes collines silencieuses où ne brilla jamais le trophée du vainqueur ; va poursuivre le chevreuil du Cromla, et percer de tes flèches d'enfant les cerfs du Lena! Mais toi, Cuchullin, fils de Semo, arbitre des combats, viens chasser avec nous les hommes de Loclin ; courons écraser leur orgueil sous des monceaux de cadavres, et que jamais vaisseau du royaume des Neiges ne bondisse sur les flots d'Inistore ' ! Levez-vous, vents orageux d'Érin^; mugissez, ouragans des bruyères! Puissé-je mourir au milieu de la tempête, enlevé dans un nuage par les fantômes irrités des morts, si jamais la chasse valut pour moi l'ivresse des batailles!

— Calmar, reprit Connal sans s'émouvoir, jamais je n'ai fui; j'ai volé aux combats à la tête de mes guerriers; mais ma renommée est faible encore. J'ai vu gagner des batailles, et triompher les hommes courageux ; mais écoute ma voix, ô fils de Semo, et souviens-toi du trône antique de Cormac ! Donne à pleines mains de l'or, et la moitié de ce royaume pour acheter la paix, jusqu'à ce que Fingal arrive avec son armée : c'est

certaine étendue de pays qui s'appela Tir-Clionnuil ou Tir-Connal , c'està-dire terre de Connal,

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