‹ Ossian, barde du IIIe sileChapitre 32 sur 73 · LES BARDES · texte numérisé non relu

LES BARDES

Voyez, enfants de la verte Érin, voyez les météores secouer sur la tombe de cette infortunée leurs crinières d'un feu rougeâtre. Voyez son âme s'élever dans les airs sur les rayons de la ]une.

Autour d'elle sont penchées les ombres de ses pères, Sarno'' le guerrier, et Fidallan ^ aux yeux brillants de courage.

^ . On verra dans le poëme suivant la suite de l'histoire d'HidalIan.

2. Sarno , jjère de Comala , ne survécut point à la fuite de sa 011e.

3. Fidallau, ancêtre de Comala , fut le premier roi d'Inistore.

70 COMALA.

Quand ta belle main, ô Goraala, voltigera-t-elle sur la harpe? Quand ta voix se fera-t-elle entendre sur nos rochers? Tes compagnes te chercheront sur la bruyère, et ne te trouveront plus.

Tu les visiteras quelquefois dans leurs nuits solitaires , et tu verseras les parfums de la paix dans leur âme. Ta voix retentira longtemps à leur oreille ; elles aimeront à se souvenir des songes de leur sommeil.

Voyez les météores s'agiter autour de cette infortunée : voyez son ombre monter doucement vers les cieux, à la pâle clarté de l'astre des nuits.

(3TW)

LA

GUERRE DE CAROS.

Caros est cet usurpateur célèbre, connu dans l'histoire sous le nom de Carausius, qui se fit déclarer empereur, en l'an isk. — Il s'empara des îles Britanniques, et remporta plusieurs victoires navales sur l'empereur Maximien Herculus. C'est sans doute ce qui lui fit donner par les Calédoniens le surnom de roi des vaisseaux. — 11 répara cette fameuse muraille d'Agricola, dont parle Tacite, et qui avait été bâtie contre les incursions des Calédoniens. — Il paraît que, tandis qu'il y travaillait, il fut attaqué par un parti que commandait Oscar, fils d'Ossian. — C'est ce combat qui fait le sujet de ce poëme adressé à Malvina, fille de Toscar.

Fille de Toscar, apporte-moi ma harpe. Le désir de chanter vient, comme un reflet de lumière fugitive, réchauffer mon âme sombre : car mon âme est triste comme la plaine, lorsque l'obscurité couvre les collines d'alentour, et s'étend par degrés sur les champs qu'éclairait le soleil.

0 Malvina! je vois l'ombre de mon fils près du rocher de Crona.... mais, non, ce n'est qu'une vapeur que colorent les derniers rayons du couchant.

Que j'aime le nuage qui trompe mes yeux sous la forme d'Oscar! Éloignez-vous de lui, vents impétueux qui rugissez sur Arven.

Quel est ce vieillard qui s'approche de mon fils, et dont j'entends la faible voix? Un bâton dans sa main soutient ses pas chancelants, ses cheveux blanchis flottent sur ses épaules, une gaieté fière brille sur son front. Il tourne souvent les yeux vers l'armée de Caros.

C'est Ryno, ce barde célèbre; il vient d'observer l'ennemi.

« Chantre des temps passés, lui dit mon fils, que fait Caros? Le roi des vaisseaux déploie-t-il les ailes de son aigle au-dessus des flots agités ?

— Oui, Oscar, il les déploie, répondit le barde, mais c'est derrière ces pierres amoncelées ' ; il regarde en tremblant par-

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