‹ Ossian, barde du IIIe sileChapitre 58 sur 73 · CARRIL · texte numérisé non relu

CARRIL

Alcléta, mère vénérable de Calmar, pourquoi sans cesse tourner tes regards vers le désert? Tu attends le retour de ton fils. Mais ce ne sont pas ses guerriers que tu découvres sur la colline : ce n'est qu'un bocage lointain. Ce n'est pas la voix de Calmar que tu entends : Alcléta , c'est le rugissement du vent de la montagne.

À. Calmar, fils de Malba; sa mort est rapportée fort au long dans le troisième chant du poëme de Fingal. Il était fils unique de Malha, et sa famille fut éteinte à sa mort. Sa demeure était sur les bords du fleuve Lara, dans les environs du lac de Lego , et sans doute près de l'endroit où étail alors Cuchullin ; et c'est la vue de l'habitation de Calmar qui lui rappelle sa mort et la douleur de sa mère.

ALCLÉTA.

Qui franchit ainsi le torrent de Lara, sœur de l'illustre Calmar? Alcléta n'aperçoit-elle pas la lance de son fils?... Mais la vieillesse affaiblit ma vue ; regarde, ma chère Alona, n'estce point le fils de Matha que j'aperçois?

c( Non, ce n'est qu'un vieux chêne, répondit en pleurant la belle Alona ; Alcléta, c'est un chêne penché sur le torrent de Lara. Mais quel est celui qui s'avance dans la plaine? Sa démarche précipitée est un présage de malheur; il porte la lance de Calmar; ô ma mère! elle est couverte de sang! »

ALCLÉTA.

De sang!... C'est celui de l'ennemi; ni la lance, ni l'arc de mon fils ne revinrent jamais du combat sans ces traces glorieuses ; les armées disparaissent devant lui, comme la bruyère sèche sous le feu dévorant!

Jeune homme', où est le fils d' Alcléta ? Revient -il en triomphe au son de ses boucliers? Tu parais triste, tu gardes le silence; ah ! Calmar n'est plus ! Arrête, guerrier, ne me dis point comment il a péri ; je ne pourrais entendre parler de sa blessure!...

Page 1