LE COMBAT D OSCAR ET DE DERMID
tachent du front de l'Arven. Leur nom seul faisait pâlir les plus intrépides guerriers. Quel autre que Dermid égala jamais Oscar? Quel autre qu'Oscar fut égal à Dermid?
Ils tuèrent le vaillant Dargo, Dargo qui jamais n'avait fui.
Sa fille était belle comme le jour naissant, douce comme la paisible clarté de la lune; ses yeux avaient l'éclat de deux étoiles qui scintillent au travers d'un nuage pluvieux.
Le souffle printanier du zéphyr est moins doux que n'était son haleine; la neige nouvellement tombée, qui s'élève et s'abaisse sur la bruyère ondoyante, est moins blanche que le beau sein de la jeune fille.
Les deux héros la virent et en furent épris ; chacun d'eux l'aimait comme sa gloire, chacun d'eux voulait la posséder ou mourir. Mais le cœur de la belle se fixa sur le jeune Oscar : ce fut pour lui seul qu'elle sentit les feux de l'amour.
Elle oublia qu'il avait versé le sang de Dargo : dans l'iuresse de sa passion, elle pressa la main qui avait tué son père.
<r Fils de Garuth, dit Dermid, j'aime la fille de Dargo; oui. Oscar, j'aime cette femme plus que la vie. Son cœur ne s'ouvre qu'à toi; mais rien ne peut guérir mon amour. Oscar, mon ami, prends pitié de moi : donne-moi la mort.
— Quelle folie est la tienne! que mon glaive soit teint du sang de mon ami!
— Et quel autre qu'Oscar est digne de m'ôter le jour ? Je veux mourir avec joie, avec gloire, en mourant de ta main; car vivre sans amour est impossible à mon âme.
— Eh bien, Dermid, prends ton glaive, puisque tu le veux, et défends-toi. Mais, hélas ! puissé-je tomber avec toi, puisséje mourir de la main de mon ami ! d
Ils combattirent près du torrent de Branno. Le sang rougit ses flots fugitifs et la mousse qui les borde. Dermid, frappé au cœur d'un coup mortel, tomba en souriant et tendit à son ami désolé sa main défaillante....
oc Tu meurs, fils de Diaran ! et c'est la main d'Oscar qui t'a immolé 1 ô toi qui ne cédas jamais dans les combats , faut-il que ton ami te voie périr ainsi! »
A ces mots, Oscar s'éloigne le cœur brisé, et va retrouver l'objet de son amour.
La fille de Dargo s'aperçut de sa douleur.